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L'intervention armée mit fin au "<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Printemps_de_Prague" target="_blank">Printemps de Prague</a>", et à la perspective qu'il esquissait d'un "socialisme à visage humain". <br /><br />Avec ce qui se passe actuellement en Belarus, ces commémorations ont, cette année, un goût particulier, puisque le risque d'une intervention militaire russe flotte dans l'atmosphère, de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Brest_(Bi%C3%A9lorussie)" target="_blank">Brest</a> à Mahiliow/<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mahiliow" target="_blank">Mogilev</a>, en passant par Minsk/Mensk (pour des explications sur ces doublons nominaux, lire <a href="https://globalvoices.org/2020/08/20/lukashenko-or-lukashenka-why-international-media-use-different-spellings-for-belarus-embattled-leaders-name/?utm_source=facebook.com&amp;utm_medium=social&amp;utm_campaign=targetings-Global+Voices&amp;utm_content=instant#0_5_9097_7947_2306_220617865" target="_blank">ici</a>). Contrairement à ce qu'affirment tant une certaine gauche <a href="https://wikirouge.net/Campisme" target="_blank">campiste</a> ou rouge-brune, que les néolibéraux, la Belarus n'est pas un des derniers régimes communistes et anti-impérialistes, à protéger vigoureusement pour les premiers, et à faire tomber pour installer le capitalisme, selon les seconds. Si le régime a conservé des ingrédients de socialisme, il est parfaitement au fait des subtilités les plus profondes du libéralisme globalisé, <a href="https://webdoc.france24.com/bielorussie-reseau-loukachenko/" target="_blank">de l'usage des paradis fiscaux</a>, pour enrichir le clan au pouvoir, <a href="https://www.intellinews.com/what-s-in-belarusian-riot-police-s-arsenal-189410/?source=belarus" target="_blank">aux achats d'armes</a>. Il est aussi&nbsp; un satellite complaisant de l'impérialisme - économique et politique - russe, lequel considère l'ancienne URSS comme sa chasse gardée. Ce qui se joue aujourd'hui en Belarus n'est donc pas un ectoplasme bolchévique sorti des placards rouillés de la Guerre Froide, comme l'affirment les néo-libéraux, mais simplement le désir d'émancipation d'une population, fatiguée de souffrir à la fois d'un régime dictatorial et des calculs cyniques de Moscou, ainsi que parfois de ceux de l'Occident, qui parvient à faire ses "affaires", malgré les sanctions et les embargos occasionnels. <br /><br />La menace d'une intervention militaire russe, si elle reste à ce jour hypothétique, rappelle bien, elle, en revanche, les procédés de l'époque soviétique. Et pour cause.<br />Le bloc soviétique n'était qu'un apanage, habilement recyclé, de l'impérialisme russe, qui, de surcroît, jouait la carte du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Panslavisme" target="_blank">panslavisme</a> et du messianisme </span><span><a name='more'></a></span></span><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;">à l'égard des peuples slaves du bloc</span></span>.&nbsp; La répression du Printemps de Prague était un sec et strict rappel que toute velléité d'émancipation de la sphère d'influence russo-soviétique, était, de la part des Tchèques et des Slovaques, une impardonnable trahison de la "fraternité slave" et du rôle de guide, quasi messianique, que la Russie devait y jouer.<br /><br />Dans son édition du 22 août 1968, le quotidien "Oslobođenje" ("Libération") de Sarajevo, journal de référence dans toute la Yougoslavie à cette époque, consacrait l'intégralité de sa une à l'invasion de la Tchécoslovaquie par les troupes du Pacte de Varsovie (Photo ci-dessus):<br /><br />- En haut: "Troubles graves en Tchécoslovaquie (pages 2,3, 4 et 12)"<br /><br />- A gauche: "Les troupes du Pacte de Varsovie ont occupé la Tchécoslovaquie. Avant-hier soir, entre 22h et 4h15, les forces soviétiques, polonaises, hongroises, est-allemandes et bulgares ont pris possession de l'intégralité du territoire du pays // La Présidence du Parlement de la République Socialiste Tchécoslovaque demande le retrait des troupes étrangères // Réactions consternées dans le monde // Les Tchèques et les Slovaques soutiennent <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexander_Dub%C4%8Dek" target="_blank">Dubcek</a>" <br /><br />- A droite "Déclaration du Président Tito: nous sommes profondément préoccupés par l'entrée de troupes étrangères en Tchécoslovaquie. Il faut conserver la paix et le sang-froid"<br />Le reste est difficile à déchiffrer mais Tito parle de non-respect de la souveraineté d'un pays socialiste, et de la nécessité de répondre aux menaces contre-révolutionnaire de façon démocratique. Une session extraordinaire du comité central de l'Union des communistes yougoslaves est également annoncée.<br /><br />Cette une du grand quotidien de Sarajevo rappelle la position à part de la Yougoslavie dans le "monde communiste", et notamment sa ligne indépendante face à Moscou. Le pays fut l'un de seuls Etats socialistes à condamner l'intervention. <br /><br />Cette prise de position courageuse aura pourtant des conséquences sur le destin de la Yougoslavie. Suite à la condamnation de l'intervention par Tito, les relations entre Moscou et Belgrade, déjà mauvaises, deviendront exécrables. En 1971, une réunion Brejnev-Tito fait éclater les divergences au grand jour, malgré le communiqué officiel qui fait état de conclusions très positives. Tito craint une intervention militaire soviétique, sous prétexte de soutien à la Yougoslavie minée par l'agitation liée au "<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Printemps_croate" target="_blank">Printemps Croate</a>". L'inquiétude des autorités yougoslaves est telle qu'elles vont aux Etats-Unis s'assurer que Richard Nixon continuera bien de soutenir la voie à part de la Yougoslavie, et s'opposera à une intervention militaire soviétique en Yougoslavie. Ce dernier se voudra rassurant, tout en demandant des preuves à Tito qu'il tient le pays bien en main (les Américains ont des doutes sur la stabilité du pays dès cette époque). Pour priver les soviétiques de leur "prétexte" d'intervention, comme pour rassurer Nixon quant à sa maîtrise des problématiques du pays, Tito achèvera à son retour, la répression du Printemps Croate, procédant à de nombreuses arrestations et purges. Tout cela aura des conséquences par la suite, notamment dans une certaine frustration croate qui se muera en radicalisation. Nous avions développé l'ensemble de ces faits dans <a href="http://yougosonic.blogspot.com/2017/08/iconoclasmes-3-enfumer-nuit-gravement.html" target="_blank">ce post là</a>, je vous invite à le relire si la question vous intéresse. <br /><br />On le voit, "l'indépendance" de la Yougoslavie entre l'Est et l'Ouest était fragile, et le pays n'échappait pas aux soubresauts géopolitiques du continent européen, ni à la complexité des forces et influences, malgré ses tentatives d'y tracer sa propre voie. <br /><br />Restent aujourd'hui le souvenir et les symboles, ainsi que la gratitude, intacte, de nombreux Tchèques et Slovaques, gratitude qui explique peut-être que dans la très capitaliste et libérale Tchéquie d'aujourd'hui, Prague possède encore une "rue des Partisans Yougoslaves". <br /><br /></span></span></span><div style="text-align: center;"><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #ffd966;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-hdqhzlF_EZ0/X0Ju6Nyg-MI/AAAAAAAAEeA/_d6bDpaZdpkFiwLynVus2DddDVeyQQhngCLcBGAsYHQ/s1872/JUgoslavskych%2BPartyzanu.jpg" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="1673" data-original-width="1872" height="458" src="https://1.bp.blogspot.com/-hdqhzlF_EZ0/X0Ju6Nyg-MI/AAAAAAAAEeA/_d6bDpaZdpkFiwLynVus2DddDVeyQQhngCLcBGAsYHQ/w512-h458/JUgoslavskych%2BPartyzanu.jpg" width="512" /></a></span></div><span style="color: #ffd966;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><i>Rue des Partisans Yougoslaves, dans l'arrondissement de </i></span></span><span class="oi732d6d ik7dh3pa d2edcug0 qv66sw1b c1et5uql a8c37x1j muag1w35 ew0dbk1b jq4qci2q a3bd9o3v knj5qynh oo9gr5id" dir="auto"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><i>Bubeneč à Prague. <br />Le texte qui accompagne est très clair sur le rôle de Tito et du Parti communiste Yougoslave dans la lutte contre le fascisme et l'écrasement de l'Allemagne nazie.</i></span></span><br /></span></span></div><span style="color: #ffd966;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><br />Aujourd'hui, la Serbie, pays héritier de la Yougoslavie, fait des courbettes incessantes à Moscou, au nom d'une pseudo fraternité orthodoxe qui sert surtout les intérêts économiques et géopolitiques de Poutine, et ceux de la classe dirigeante serbe. C'est une trahison honteuse d'un héritage historique et politique de la Serbie, et un mensonge anthropologique, les peuples russes et serbes étant relativement différents, au delà de l'aspect religieux. La Serbie soutient aussi sans état d'âme la Belarus de Loukachenka/Loukachenko, comme elle soutient bon nombre de salopards de part le monde. La Russophilie poutiniste progresse aussi en Croatie, dans les nébuleuses complotistes et extrémistes. Quant à "Oslobođenje", outre que la qualité du titre a baissé, au dire de ses lecteurs, son ancien directeur, Zlatko Dizdarević, est devenu un soutien du régime sanguinaire de Bachar Al Assad (et de ses alliés, donc des Russes), au nom d'une vision du monde "campiste" détestable, surfant sur une haine viscérale de l'Occident et sur des vieux mythes yougoslaves périmés (le non-alignement, les relations de Tito avec le monde arabe, etc. ). Nous reviendrons sur cette dérive du journaliste, connu pour son courage durant le siège de Sarajevo, dans un prochain post (en cours d'écriture).<br /></span></span><br /><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;">On  me répondra sans doute que Tito aussi était autoritaire, et qu'il  entretenait des bonnes relations avec de nombreux dictateurs de par le  monde (dont Hafez Al Assad). Certes oui, et loin de moi de défendre Tito sur ce point.  Cependant, on ne peut enlever à l'intéressé d'avoir eu, dès les débuts  de la Guerre Froide, le flair et la clairvoyance de comprendre que  Staline et l'URSS considéraient l'Est de l'Europe (et en particulier les pays slaves) comme leur chasse  gardée, et qu'ils prendraient possession de la Yougoslavie si elle demeurait dans leur giron.  Tito a donc rompu avec Staline en 1948, et il se tiendra à cette  rupture, non sans difficultés ni compromis, mais il s'y tiendra. Il épargnera ainsi à son peuple de vivre sous un joug ultra-répressif, lui permettant de voyager et de vivre dans une "relative" liberté dans de nombreux domaines. On ne  peut donc pas </span></span></span></span><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;">non plus </span></span></span></span>enlever à Tito d'avoir été cohérent avec sa ligne, et  d'avoir ainsi exprimé son opposition à l'intervention soviétique en  Tchécoslovaquie, malgré les risques que cette prise de position lui faisait courir. </span></span></span></span><br /><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><br />On est loin aujourd'hui de cette voix à part et de cette indignation courageuse. Le "nouvel ordre mondial" consiste finalement à louvoyer entre les différents champs de forces et sphères d'influence, à naviguer dans le vague et les approximations, sans avoir de ligne ou de volonté de tracer un chemin à part, sans vouloir épargner à son peuple des vassalités coupables dont il ne profite pas.<br /><br />Je ne sais pas ce qui s'est cassé en route pour qu'on en soit là, et cette question demanderait sans doute un post à elle toute seule. Mais je constate, non sans amertume et pessimisme, que j'ai connu </span></span></span></span>un temps où, face à un soulèvement populaire légitime dans un pays et face à la répression de ce mouvement, l'indignation était quasi unanime et le soutien relativement inconditionnel. Aujourd'hui, on regarde d'abord combien de fascistes et combien de néolibéraux, on cherche la main de l'Occident, de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Groupe_Bilderberg" target="_blank">Bilderberg</a> ou de <a href="https://www.newstatesman.com/world/north-america/2020/08/man-vs-myth-george-soros-90" target="_blank">George Soros</a>, et on voit dans celles de pays comme la Russie ou la Chine, une résistance louable à l'impérialisme... Je ne dis pas que certaines précautions ne s'imposent pas face à certains mouvements, mais on est arrivé à un stade où, du "Printemps arabe" à l'été biélorusse, chaque désir d'émancipation est étouffé dans l'oeuf par un bruit virtuel qui finit toujours par profiter à l'oppresseur...<br /><br />Qui êtes-vous, d'ailleurs, vous qui vous autorisez à juger les révolutions ou les insurrections à l'aune de vos grilles schématiques? Qui êtes-vous pour décider et juger à la place des premiers concernés, vous qui vous affirmez anti-impérialistes ?<br /><br />N'en déplaise à un certain discours néolibéral qui s'est attribué la mémoire et l'héritage du Printemps de Prague, et n'en déplaise à ceux qui n'y virent qu'une contre-révolution bourgeoise, celui-ci fut aussi un vrai projet de démocratie socialiste, avec une mobilisation forte de la classe ouvrière, aux côtés des étudiants et des intellectuels (lire <a href="https://www.persee.fr/doc/homso_0018-4306_1971_num_21_1_1449" target="_blank">ici</a> et <a href="https://www.contretemps.eu/pologne-tchecoslovaquie-yougoslavie-1968/" target="_blank">là</a> sur le sujet). <br /><br />Je n'ose imaginer ce qui se dirait sur le Printemps de Prague si celui-ci avait lieu à notre époque présente... <br /></span></span></span></span></span></div><span style="color: #ffd966;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><br /><i>Iconoclasmes est la rubrique "arrêt sur image" de ce blog. Le principe: une image forte, méconnue ou célèbre, et une analyse impertinente, à contre courant ou dévoilant ce qui est caché derrière. </i></span></span><br /></span>
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L'intervention armée mit fin au "<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Printemps_de_Prague" target="_blank">Printemps de Prague</a>", et à la perspective qu'il esquissait d'un "socialisme à visage humain". <br /><br />Avec ce qui se passe actuellement en Belarus, ces commémorations ont, cette année, un goût particulier, puisque le risque d'une intervention militaire russe flotte dans l'atmosphère, de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Brest_(Bi%C3%A9lorussie)" target="_blank">Brest</a> à Mahiliow/<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mahiliow" target="_blank">Mogilev</a>, en passant par Minsk/Mensk (pour des explications sur ces doublons nominaux, lire <a href="https://globalvoices.org/2020/08/20/lukashenko-or-lukashenka-why-international-media-use-different-spellings-for-belarus-embattled-leaders-name/?utm_source=facebook.com&amp;utm_medium=social&amp;utm_campaign=targetings-Global+Voices&amp;utm_content=instant#0_5_9097_7947_2306_220617865" target="_blank">ici</a>). Contrairement à ce qu'affirment tant une certaine gauche <a href="https://wikirouge.net/Campisme" target="_blank">campiste</a> ou rouge-brune, que les néolibéraux, la Belarus n'est pas un des derniers régimes communistes et anti-impérialistes, à protéger vigoureusement pour les premiers, et à faire tomber pour installer le capitalisme, selon les seconds. Si le régime a conservé des ingrédients de socialisme, il est parfaitement au fait des subtilités les plus profondes du libéralisme globalisé, <a href="https://webdoc.france24.com/bielorussie-reseau-loukachenko/" target="_blank">de l'usage des paradis fiscaux</a>, pour enrichir le clan au pouvoir, <a href="https://www.intellinews.com/what-s-in-belarusian-riot-police-s-arsenal-189410/?source=belarus" target="_blank">aux achats d'armes</a>. Il est aussi&nbsp; un satellite complaisant de l'impérialisme - économique et politique - russe, lequel considère l'ancienne URSS comme sa chasse gardée. Ce qui se joue aujourd'hui en Belarus n'est donc pas un ectoplasme bolchévique sorti des placards rouillés de la Guerre Froide, comme l'affirment les néo-libéraux, mais simplement le désir d'émancipation d'une population, fatiguée de souffrir à la fois d'un régime dictatorial et des calculs cyniques de Moscou, ainsi que parfois de ceux de l'Occident, qui parvient à faire ses "affaires", malgré les sanctions et les embargos occasionnels. <br /><br />La menace d'une intervention militaire russe, si elle reste à ce jour hypothétique, rappelle bien, elle, en revanche, les procédés de l'époque soviétique. Et pour cause.<br />Le bloc soviétique n'était qu'un apanage, habilement recyclé, de l'impérialisme russe, qui, de surcroît, jouait la carte du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Panslavisme" target="_blank">panslavisme</a> et du messianisme </span><span><a name='more'></a></span></span><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;">à l'égard des peuples slaves du bloc</span></span>.&nbsp; La répression du Printemps de Prague était un sec et strict rappel que toute velléité d'émancipation de la sphère d'influence russo-soviétique, était, de la part des Tchèques et des Slovaques, une impardonnable trahison de la "fraternité slave" et du rôle de guide, quasi messianique, que la Russie devait y jouer.<br /><br />Dans son édition du 22 août 1968, le quotidien "Oslobođenje" ("Libération") de Sarajevo, journal de référence dans toute la Yougoslavie à cette époque, consacrait l'intégralité de sa une à l'invasion de la Tchécoslovaquie par les troupes du Pacte de Varsovie (Photo ci-dessus):<br /><br />- En haut: "Troubles graves en Tchécoslovaquie (pages 2,3, 4 et 12)"<br /><br />- A gauche: "Les troupes du Pacte de Varsovie ont occupé la Tchécoslovaquie. Avant-hier soir, entre 22h et 4h15, les forces soviétiques, polonaises, hongroises, est-allemandes et bulgares ont pris possession de l'intégralité du territoire du pays // La Présidence du Parlement de la République Socialiste Tchécoslovaque demande le retrait des troupes étrangères // Réactions consternées dans le monde // Les Tchèques et les Slovaques soutiennent <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexander_Dub%C4%8Dek" target="_blank">Dubcek</a>" <br /><br />- A droite "Déclaration du Président Tito: nous sommes profondément préoccupés par l'entrée de troupes étrangères en Tchécoslovaquie. Il faut conserver la paix et le sang-froid"<br />Le reste est difficile à déchiffrer mais Tito parle de non-respect de la souveraineté d'un pays socialiste, et de la nécessité de répondre aux menaces contre-révolutionnaire de façon démocratique. Une session extraordinaire du comité central de l'Union des communistes yougoslaves est également annoncée.<br /><br />Cette une du grand quotidien de Sarajevo rappelle la position à part de la Yougoslavie dans le "monde communiste", et notamment sa ligne indépendante face à Moscou. Le pays fut l'un de seuls Etats socialistes à condamner l'intervention. <br /><br />Cette prise de position courageuse aura pourtant des conséquences sur le destin de la Yougoslavie. Suite à la condamnation de l'intervention par Tito, les relations entre Moscou et Belgrade, déjà mauvaises, deviendront exécrables. En 1971, une réunion Brejnev-Tito fait éclater les divergences au grand jour, malgré le communiqué officiel qui fait état de conclusions très positives. Tito craint une intervention militaire soviétique, sous prétexte de soutien à la Yougoslavie minée par l'agitation liée au "<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Printemps_croate" target="_blank">Printemps Croate</a>". L'inquiétude des autorités yougoslaves est telle qu'elles vont aux Etats-Unis s'assurer que Richard Nixon continuera bien de soutenir la voie à part de la Yougoslavie, et s'opposera à une intervention militaire soviétique en Yougoslavie. Ce dernier se voudra rassurant, tout en demandant des preuves à Tito qu'il tient le pays bien en main (les Américains ont des doutes sur la stabilité du pays dès cette époque). Pour priver les soviétiques de leur "prétexte" d'intervention, comme pour rassurer Nixon quant à sa maîtrise des problématiques du pays, Tito achèvera à son retour, la répression du Printemps Croate, procédant à de nombreuses arrestations et purges. Tout cela aura des conséquences par la suite, notamment dans une certaine frustration croate qui se muera en radicalisation. Nous avions développé l'ensemble de ces faits dans <a href="http://yougosonic.blogspot.com/2017/08/iconoclasmes-3-enfumer-nuit-gravement.html" target="_blank">ce post là</a>, je vous invite à le relire si la question vous intéresse. <br /><br />On le voit, "l'indépendance" de la Yougoslavie entre l'Est et l'Ouest était fragile, et le pays n'échappait pas aux soubresauts géopolitiques du continent européen, ni à la complexité des forces et influences, malgré ses tentatives d'y tracer sa propre voie. <br /><br />Restent aujourd'hui le souvenir et les symboles, ainsi que la gratitude, intacte, de nombreux Tchèques et Slovaques, gratitude qui explique peut-être que dans la très capitaliste et libérale Tchéquie d'aujourd'hui, Prague possède encore une "rue des Partisans Yougoslaves". <br /><br /></span></span></span><div style="text-align: center;"><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #ffd966;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-hdqhzlF_EZ0/X0Ju6Nyg-MI/AAAAAAAAEeA/_d6bDpaZdpkFiwLynVus2DddDVeyQQhngCLcBGAsYHQ/s1872/JUgoslavskych%2BPartyzanu.jpg" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="1673" data-original-width="1872" height="458" src="https://1.bp.blogspot.com/-hdqhzlF_EZ0/X0Ju6Nyg-MI/AAAAAAAAEeA/_d6bDpaZdpkFiwLynVus2DddDVeyQQhngCLcBGAsYHQ/w512-h458/JUgoslavskych%2BPartyzanu.jpg" width="512" /></a></span></div><span style="color: #ffd966;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><i>Rue des Partisans Yougoslaves, dans l'arrondissement de </i></span></span><span class="oi732d6d ik7dh3pa d2edcug0 qv66sw1b c1et5uql a8c37x1j muag1w35 ew0dbk1b jq4qci2q a3bd9o3v knj5qynh oo9gr5id" dir="auto"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><i>Bubeneč à Prague. <br />Le texte qui accompagne est très clair sur le rôle de Tito et du Parti communiste Yougoslave dans la lutte contre le fascisme et l'écrasement de l'Allemagne nazie.</i></span></span><br /></span></span></div><span style="color: #ffd966;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><br />Aujourd'hui, la Serbie, pays héritier de la Yougoslavie, fait des courbettes incessantes à Moscou, au nom d'une pseudo fraternité orthodoxe qui sert surtout les intérêts économiques et géopolitiques de Poutine, et ceux de la classe dirigeante serbe. C'est une trahison honteuse d'un héritage historique et politique de la Serbie, et un mensonge anthropologique, les peuples russes et serbes étant relativement différents, au delà de l'aspect religieux. La Serbie soutient aussi sans état d'âme la Belarus de Loukachenka/Loukachenko, comme elle soutient bon nombre de salopards de part le monde. La Russophilie poutiniste progresse aussi en Croatie, dans les nébuleuses complotistes et extrémistes. Quant à "Oslobođenje", outre que la qualité du titre a baissé, au dire de ses lecteurs, son ancien directeur, Zlatko Dizdarević, est devenu un soutien du régime sanguinaire de Bachar Al Assad (et de ses alliés, donc des Russes), au nom d'une vision du monde "campiste" détestable, surfant sur une haine viscérale de l'Occident et sur des vieux mythes yougoslaves périmés (le non-alignement, les relations de Tito avec le monde arabe, etc. ). Nous reviendrons sur cette dérive du journaliste, connu pour son courage durant le siège de Sarajevo, dans un prochain post (en cours d'écriture).<br /></span></span><br /><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;">On  me répondra sans doute que Tito aussi était autoritaire, et qu'il  entretenait des bonnes relations avec de nombreux dictateurs de par le  monde (dont Hafez Al Assad). Certes oui, et loin de moi de défendre Tito sur ce point.  Cependant, on ne peut enlever à l'intéressé d'avoir eu, dès les débuts  de la Guerre Froide, le flair et la clairvoyance de comprendre que  Staline et l'URSS considéraient l'Est de l'Europe (et en particulier les pays slaves) comme leur chasse  gardée, et qu'ils prendraient possession de la Yougoslavie si elle demeurait dans leur giron.  Tito a donc rompu avec Staline en 1948, et il se tiendra à cette  rupture, non sans difficultés ni compromis, mais il s'y tiendra. Il épargnera ainsi à son peuple de vivre sous un joug ultra-répressif, lui permettant de voyager et de vivre dans une "relative" liberté dans de nombreux domaines. On ne  peut donc pas </span></span></span></span><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;">non plus </span></span></span></span>enlever à Tito d'avoir été cohérent avec sa ligne, et  d'avoir ainsi exprimé son opposition à l'intervention soviétique en  Tchécoslovaquie, malgré les risques que cette prise de position lui faisait courir. </span></span></span></span><br /><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><br />On est loin aujourd'hui de cette voix à part et de cette indignation courageuse. Le "nouvel ordre mondial" consiste finalement à louvoyer entre les différents champs de forces et sphères d'influence, à naviguer dans le vague et les approximations, sans avoir de ligne ou de volonté de tracer un chemin à part, sans vouloir épargner à son peuple des vassalités coupables dont il ne profite pas.<br /><br />Je ne sais pas ce qui s'est cassé en route pour qu'on en soit là, et cette question demanderait sans doute un post à elle toute seule. Mais je constate, non sans amertume et pessimisme, que j'ai connu </span></span></span></span>un temps où, face à un soulèvement populaire légitime dans un pays et face à la répression de ce mouvement, l'indignation était quasi unanime et le soutien relativement inconditionnel. Aujourd'hui, on regarde d'abord combien de fascistes et combien de néolibéraux, on cherche la main de l'Occident, de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Groupe_Bilderberg" target="_blank">Bilderberg</a> ou de <a href="https://www.newstatesman.com/world/north-america/2020/08/man-vs-myth-george-soros-90" target="_blank">George Soros</a>, et on voit dans celles de pays comme la Russie ou la Chine, une résistance louable à l'impérialisme... Je ne dis pas que certaines précautions ne s'imposent pas face à certains mouvements, mais on est arrivé à un stade où, du "Printemps arabe" à l'été biélorusse, chaque désir d'émancipation est étouffé dans l'oeuf par un bruit virtuel qui finit toujours par profiter à l'oppresseur...<br /><br />Qui êtes-vous, d'ailleurs, vous qui vous autorisez à juger les révolutions ou les insurrections à l'aune de vos grilles schématiques? Qui êtes-vous pour décider et juger à la place des premiers concernés, vous qui vous affirmez anti-impérialistes ?<br /><br />N'en déplaise à un certain discours néolibéral qui s'est attribué la mémoire et l'héritage du Printemps de Prague, et n'en déplaise à ceux qui n'y virent qu'une contre-révolution bourgeoise, celui-ci fut aussi un vrai projet de démocratie socialiste, avec une mobilisation forte de la classe ouvrière, aux côtés des étudiants et des intellectuels (lire <a href="https://www.persee.fr/doc/homso_0018-4306_1971_num_21_1_1449" target="_blank">ici</a> et <a href="https://www.contretemps.eu/pologne-tchecoslovaquie-yougoslavie-1968/" target="_blank">là</a> sur le sujet). <br /><br />Je n'ose imaginer ce qui se dirait sur le Printemps de Prague si celui-ci avait lieu à notre époque présente... <br /></span></span></span></span></span></div><span style="color: #ffd966;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><br /><i>Iconoclasmes est la rubrique "arrêt sur image" de ce blog. Le principe: une image forte, méconnue ou célèbre, et une analyse impertinente, à contre courant ou dévoilant ce qui est caché derrière. </i></span></span><br /></span>
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A l'occasion de ces commémorations, j'ai également vu circuler abondamment sur les réseaux sociaux le discours d'Emmanuel Macron sur cette tragédie (vidéo ci-dessus), avec souvent des commentaires enthousiastes, ou, tout au moins, favorables aux propos du président français. Il est clair que je n'ai aucune sympathie, et je reste poli, pour ce dernier, ni pour sa politique, mais je ne voudrais pas, avec ce qui va suivre, donner l'impression de vouloir polémiquer pour polémiquer, autour d'un sujet aussi grave que le génocide de Srebrenica, qui appelle humilité, recueillement, et dépassement temporaire des divergences politiques. A vrai dire, ce n'est pas le rapport à cette horrible tragédie qui me pose soucis dans les paroles du Président de la République.<br /><br />Simplement, j'avoue ne pas pouvoir rester de marbre, ni contenir un mélange d'irritation et d'amertume, en écoutant ce discours, typiquement français, plein d'emphase, de lyrisme, d'humanisme, et de belles paroles, de la part d'un homme qui, il y a à moins d'un an (novembre 2019), <a href="https://www.20minutes.fr/monde/2647475-20191108-bosnie-ambassadeur-france-convoque-apres-propos-macron-retour-djihadistes" target="_blank">qualifiait la Bosnie-Herzégovine de "bombe à retardement aux portes de la Croatie"</a>, à cause du retour de djihadistes bosniaques dans la pays, lui fermant au passage la porte du processus d'adhésion à l'UE.<br /></span></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><span><span><a name='more'></a></span><span><br />Comme le rappelait le quotidien de Sarajevo "<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Oslobo%C4%91enje" target="_blank">Oslobodjenje</a>" à l'époque de ces déclarations: "Moins de 400 ressortissants bosniaques, dont la moitié sont des femmes et des enfants, sont partis sur les théâtres de guerre en Syrie et en Irak [98 ont été tués, 24 sont rentrés et ont été traduits en justice], alors que plus de 1 900 Français ont rejoint Daech". Par ailleurs, aucun de ces djihadistes n'a perpétré (à ce jour) d'attentat sur le sol européen. On rappellera enfin que si l'islamisme radical et violent s'est développé en Bosnie-Herzégovine à la faveur de la guerre, puis dans le sillage ce celle-ci, une fois la paix revenue, il reste relativement minoritaire. Même le salafisme tant redouté s'exprime majoritairement dans la version "<a href="http://www.lemondedesreligions.fr/actualite/quietistes-politiques-djihadistes-qui-sont-les-salafistes-30-11-2015-5122_118.php" target="_blank">quiétiste</a>" de ce courant, centrée sur une observance stricte de la charia, mais dépourvue d'ambition politique ou de projet terroriste. Ses adeptes vivent reclus en communauté dans quelques hameaux reculés du pays, et ont peu gagné les centres urbains, où bon nombre de leurs concitoyens les considère avec dédain ou indifférence. Malgré les faiblesses structurelles de l'Etat bosnien et de ses collectivités décentralisées, malgré une police souvent corrompue et une justice encore très perfectible, le radicalisme islamiste est pris relativement au sérieux par les institutions, et celles et ceux dont les déviances religieuses tendent à prendre le chemin de la guerre sainte sont surveillés et, si besoin, appréhendés, comme le rappelle d'ailleurs la citation de l'article d'Oslobođenje. <br /><br />Le vrai "danger musulman", en Bosnie-Herzégovine, s'il existe, réside davantage dans le renouveau identitaire bosniaque alimenté par le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_d%27action_d%C3%A9mocratique_(Bosnie-Herz%C3%A9govine)" target="_blank">SDA</a>, parti du clan Izetbegović, leader en "<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9d%C3%A9ration_de_Bosnie-et-Herz%C3%A9govine" target="_blank">Fédération</a>": l'idéologie du SDA tente une fusion entre l'identité "ethnique" bosniaque, un conservatisme fort (patriarcat, sexisme, homophobie), un retour aux symboles et à la pratique religieuse, le tout assorti de tropismes néo-ottomanistes, et de néolibéralisme économique décomplexé. Le modèle idéologique est d'ailleurs très proche de celui de l'AKP de Recep Tayyip Erdoğan: populisme, capitalisme, néo-conservatisme, autoritarisme, et impérialisme néo-ottoman. Enfin, le SDA revendique à demi-mot une sorte de rôle moteur pour les Bosniaques dans le pays, arguant, non sans ambiguïtés, que la communauté démographiquement la plus nombreuse, a à la fois le droit légitime et le devoir quasi messianique de présider aux destinées de la Bosnie-Herzégovine. On sait comment ce rôle de peuple moteur, réel, supposé ou fantasmé, fut perçu du temps de la Yougoslavie, où c'étaient les Serbes qui en étaient les soi-disant détenteurs. Sans surprise, ce point, parmi tous les autres déjà cités, est une ligne rouge pour les Croates et les Serbes de Bosnie-Herzégovine. Mais encore une fois, ce nationalisme bosniaque, puisque c'est de cela qu'il s'agit, n'a rien à voir avec le djihadisme ou le salafisme, tout aussi problématique soit-il au demeurant</span></span></span></span></span><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><span><span><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><span><span> que ces derniers</span></span></span></span></span>. On remarquera d'ailleurs que le SDA reste un interlocuteur acceptable pour l'Union Européenne et les ténors politiques occidentaux, sans que </span><span><span>ne lui soient vigoureusement reprochés ni </span>ses tropismes vers la Turquie, ni son conservatisme affirmé, ni sa quête de leadership ethnique. <br /><br />Pour finir, l'Islam davantage "culturel" que religieux, en tout cas modéré, et même parfois laïque, spécifique à la Bosnie-Herzégovine d'avant la guerre, n'a pas disparu. Si il marque le pas ça et là, il affiche encore des couleurs et reste un visage de la Bosnie-Herzégovine, n'en déplaise à ceux qui prétendent qu'il n'est plus, voire qu'il n'aurait jamais existé.<br /><br /></span></span></span></span></span><div style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-uh6hH2PYfqY/Xy6zlSsPRcI/AAAAAAAAEcU/pfOd7xyHOrYrJuVN0i0S7o1kI6WLaNIRQCLcBGAsYHQ/s2000/PsaroudakisP5100099-2.jpg" style="display: block; padding: 1em 0px;"><img border="0" data-original-height="1500" data-original-width="2000" height="345" src="https://1.bp.blogspot.com/-uh6hH2PYfqY/Xy6zlSsPRcI/AAAAAAAAEcU/pfOd7xyHOrYrJuVN0i0S7o1kI6WLaNIRQCLcBGAsYHQ/w460-h345/PsaroudakisP5100099-2.jpg" width="460" /></a></span></span></span></div><div style="text-align: center;"><i><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;">Des jeunes femmes dans une "buregdžinica" (snack où l'on vend des bureks) de Sarajevo. <br />On pourrait être n'importe où ailleurs en Europe... <br />Photo (c) Arina Psaroudakis, extraite de la série<a href="https://vii.academy/news/review-no-mans-land-a-workshop-for-women/" target="_blank"> "Portraits de Sarajevo"</a>. <br /></span></span></span></i></div><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><span><span><br />En alimentant la thèse de la Bosnie-Herzégovine comme repaire de djihadistes, Emmanuel Macron a, d'une part, donné du grain à moudre aux extrêmes-droites locales et occidentales, ainsi qu'aux nationalistes de Republika Srpska qui tous répandent ce fantasme islamiste de longue date. C'est d'ailleurs ce fantasme qui a servi de caution et de justification, lors des guerres yougoslave, aux persécutions violentes des Bosniaques et au génocide de Srebrenica. D'après la propagande nationaliste serbe de l'époque, et celle de ses soutiens en Occident, l'enclave était devenu un califat où la charia était rigoureusement appliquée. Lorsque la ville tomba et que Ratko Mladić en élimina les habitants, la Radio Télévision Serbe de Bosnie-Herzégovine bidonna la couverture des faits, forçant un rescapé du massacre (devant son salut au fait de travailler pour Médecins sans frontières) à dire devant les caméras combien il était heureux et soulagé de vivre dans un territoire enfin libéré des ignobles moudjahidines. Le coup de la bombe à retardement islamiste, désolé Manu, mais ça relève d'une même ignoble manipulation !<br /><br />Par ses propos de 2019, Emmanuel Macron a, d'autre part, indirectement soutenu la position du gouvernement croate d'alors, qui avait tenu des propos similaires sur la Bosnie-Herzégovine, pour mieux renforcer, en particulier, les irrédentistes croates d'Herzégovine, qui réclament leur propre entité (comme la Republika Srpska pour les Serbes), prélude à peine voilé à un éventuel rattachement à la Croatie, rattachement qui serait fatal à l'Etat bosnien et à la paix (les Serbes prenant leur envol à leur tour). Ces propos de novembre étaient donc non seulement faux et fantasmatiques, mais ils étaient aussi irresponsables et dangereux par rapport au contexte local. <br /><br />Non content de cette sortie "ad-djihadum", Macron avait également déclaré que la Bosnie-Herzégovine, ainsi que la Macédoine et l'Albanie, également visées en mal par ses propos, n'était pas prêtes pour rentrer dans l'Union Européenne, au risque d'achever de désespérer les populations, même si, soyons sincères, l'Europe ne fait de longue date plus beaucoup rêver. <br />Personne n'a digéré l'incapacité de l'UE à empêcher l'horreur, et en particulier le génocide de Srebrenica, mais le mélange de bâton et de carotte paternalistes, assortie d'une complaisance coupable envers la classe politique bosnienne et post-yougoslave, qui caractérisent l'attitude de l'UE, ont achevé de lui aliéner même les européistes locaux les plus fervents. Tout juste voit-on aujourd'hui "l'Europe" dans sa dimension purement "utilitaire", à savoir, bénéficier du passeport européen qui permettra aux Bosniens (toutes communautés confondues) de se barrer de leur "pays de m...", et de refaire leur vie sans contrôle de douanes tatillons ni chicaneries administratives, au nord du continent. Pour les "valeurs communes" invoquées par Macron, il faudra repasser, même si, fondamentalement, la majorité des Bosniens aspire pour son pays à une "normalité" politique, sociale et économique, qui semble être celle de l'Europe Occidentale. Seulement, on n'a qu'une vie, et l'attente n'a que trop duré, d'où le désir d'aller profiter de l'UE chez elle, plutôt que de désespérer sur place. <br /></span></span></span></span></span><div style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><span><a href="https://1.bp.blogspot.com/-lZt8eaZiHyU/UwSjgFr4ZyI/AAAAAAAAC0g/2hTA3MDhcrw9DgC1rBxo7HdPI5y0WycZQCPcBGAYYCw/s259/index.jpg" style="display: block; padding: 1em 0px;"><img alt="Le logo du groupe punk bosnien Unutrašnja Emigracija, UE, comme Union Européenne" border="0" data-original-height="194" data-original-width="259" height="265" src="https://1.bp.blogspot.com/-lZt8eaZiHyU/UwSjgFr4ZyI/AAAAAAAAC0g/2hTA3MDhcrw9DgC1rBxo7HdPI5y0WycZQCPcBGAYYCw/s0/index.jpg" width="354" /></a></span></span></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><span><i>Le logo du groupe anarcho-punk bosnien Unutrašnja Emigracija <br />("Emigration intérieure", allusion aux déplacements de populations liés à la guerre). <br />Le nom du groupe joue sur ses initiales, les mêmes que celles de l'Union Européenne,&nbsp;</i></span></span></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><span><i>et le visuel d'ensemble ne laisse pas de doute sur ce que pensent les musiciens de cette dernière.</i><br /></span></span></span></span></div><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><span><br /><span><br />Il existe une formule toute faite qui dit que "quand on ne sait pas, on se tait". Cette formule, qu'au demeurant peu de gens s'appliquent à eux-mêmes, comme on le voit chaque jour sur les réseaux sociaux, signifie que si on ne maîtrise pas un sujet, on se garde d'en parler avec trop d'assurance et de conviction, parce qu'il y a de fortes probabilités que l'on dise des bêtises. Cette formule ne saurait cependant demeurer fermée sur elle-même, pour ne signifier qu'une fin de non-recevoir, laquelle sert éventuellement juste à rabattre le caquet de l'indélicat ivre de ses certitudes faussées par l'ignorance. Pour nous qui croyons en la capacité de l'homme à s'élever et à progresser, elle doit immanquablement s'accompagner d'une deuxième formule qui, elle, professe que "si on ne sait pas, on demande", on s'informe, on s'instruit, on se documente...ce qui permet éventuellement à l'ignorant de sortir de son ignorance, voire parfois de devenir à son tour un connaisseur, un instruit, un "expert". <br /><br />Personne ne peut être spécialiste de tout et nous sommes tous ignorants à notre manière, pour les champs de compétence qui nous échappent. Si au niveau individuel, l'ignorance pose déjà un problème, de part le fait que peu de gens s'appliquent les deux règles sus-mentionnées, au niveau politique, elle prend une dimension plus grave, car il y va du destin de millions d'individus. Les hommes et les femmes chargés d'administrer et d'arbitrer les grands enjeux et défis de ce monde ne peuvent certes, elles et eux non plus, tout savoir et tout connaître, mais ils bénéficient, en général, de la présence de conseillers, d'experts, qui, eux, peuvent leur donner les éclairages nécessaires à la compréhension d'un sujet.  <br /><br />On est donc légitimement en droit de s'interroger sur les connaissances du chef de l'Etat Français sur la théma "Balkans", mais aussi sur la compétence de ses conseillers/experts en affaires étrangères, après ses sorties catastrophiques de novembre 2019 sur la Bosnie-Herzégovine, mais aussi son <a href="https://www.lepoint.fr/politique/emmanuel-berretta/elargissement-de-l-ue-macron-fait-attendre-l-albanie-et-la-macedoine-18-10-2019-2341990_1897.php" target="_blank">"non" à la Macédoine</a> quant à l'ouverture de négociations d'adhésion à l'UE. <br /><br />Perçu comme un vent frais sur les questions européennes lors de son élection, Emmanuel Macron semble davantage incarner une douche froide au final. Vu par ses fans, comme par une partie de la presse internationale, comme l'homme qui allait remettre, avec audace et créativité, le projet européen en route, Emmanuel Macron apparaît au final comme un technocrate têtu, sans âme, ni idées, ni vision; un électron libre qui parle sans consulter ses partenaires, et qui balance des platitudes erronées et fantasmatiques sans songer aux conséquences.<br /><br />Car, et c'est bien ça le plus grave, à l'instar de ses propos nauséabonds sur la Bosnie-Herzégovine, le veto de Macron envers la Macédoine du Nord n'est pas seulement la marque d'une insondable méconnaissance des Balkans, ou encore d'un mépris limite raciste envers ses habitants. C'est aussi et surtout une attitude dangereuse et criminelle. <br /><br />Avec son veto arbitraire, Macron a fait passer un très mauvais message à la Macédoine (et aux pays espérant un jour entrer dans l'UE), un message qui, une fois décrypté, dit : "oui, il y a des règles du jeu dans l'Union Européenne, et il faut scrupuleusement les respecter. Cependant, il est possible de les changer en cours de route, mais attention, pas n'importe qui! La Macédoine du Nord ne peut pas changer les règles en cours de route, mais l'UE ou un pays comme la France, oui, parce que c'est elle qui commande". De ce premier postulat découle un deuxième: une parole donnée peut aussi être retirée par l'UE, même si en face, l'interlocuteur, en l'occurrence la Macédoine du Nord, a tenu sa parole et ses engagements.  <br /><br />Celles et ceux qui défendirent, il y a quelques mois, le veto de Macron, en disant qu'avant de recevoir de nouveaux candidats, il faut effectivement changer les règles d'adhésion ainsi que le fonctionnement de l'UE, seraient bien avisés de se souvenir que promesse avait été faite à la Macédoine du Nord d'ouvrir les négociations d'adhésion si celle-ci respectait ses engagements. Des engagements qui consistaient quand même à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9bat_autour_du_nom_de_la_Mac%C3%A9doine" target="_blank">changer de nom</a>, pour que le voisin grec cesse d'être froissé dans son orgueil national. Un orgueil qui est la seule chose qui reste à la Grèce, après des années de gabegie financière, dont l'élite grecque est la principale responsable, puis de "punition" d'une violence absolue par une UE qui, visiblement, cherchait à faire des exemples en termes d'ordolibéralisme. <br /><br />Vu de France, changer de nom, ça n'a sans doute l'air de rien, surtout quand on n'est pas directement concerné, mais dans une région d'Europe où le diable est, entre autres, dans les détails nominaux et sémantiques, c'est un choix lourd, difficile et même dangereux. On imagine pourtant sans difficulté ce que serait la réaction indignée de Paris si la Grande-Bretagne réclamait que "notre" Bretagne change de nom, sous prétexte que la "seule" et "vraie" Bretagne serait la "Grande", ne pouvant souffrir la présence de sa concurrente hexagonale! Ce qui serait inacceptable en France, et susciterait une fin de non-recevoir ferme de l'Etat, doublée de manifestations populaires anglophobes de Brest à Strasbourg et de Lille à Marseille, n'est visiblement pas un problème lorsqu'il s'agit des petits pays balkaniques dont les noms peuvent être changés comme on change de chemise...ou de décision.&nbsp;</span></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><span><span><br /></span></span></span></span></span><div style="text-align: center;"><div class="separator" style="clear: both;"><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><span><a href="https://1.bp.blogspot.com/-FKBolwzRDww/Xy6rAZVodDI/AAAAAAAAEcA/Yt-Of6USIYcfxR8VO9aH7amjMl6yhiclwCLcBGAsYHQ/s600/Alex%2Bthe%2BGreat%2BAutoput.jpg" style="display: block; padding: 1em 0px;"><img border="0" data-original-height="427" data-original-width="600" height="364" src="https://1.bp.blogspot.com/-FKBolwzRDww/Xy6rAZVodDI/AAAAAAAAEcA/Yt-Of6USIYcfxR8VO9aH7amjMl6yhiclwCLcBGAsYHQ/s0/Alex%2Bthe%2BGreat%2BAutoput.jpg" width="512" /></a></span></span></span></span></div><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><span><i>Des ouvriers démontent les panneaux "Autoroute Alexandre de Macédoine", en février 2018. <br />L'abandon de toute référence à Alexandre Le Grand faisait aussi partie du "package" des concessions de la Macédoine à son voisin méridional, lors de l'accord sur le nom, les Grecs ayant toujours revendiqué le célèbre conquérant comme étant "à eux".<br />Au delà de cette polémique, cette image résume à la perfection l'histoire récente des Balkans, avec ses changements à répétitions dont les infrastructures routières portent elles aussi la marque. Le jour où on n'y démontera plus de panneaux routiers ou de plaques de rue, cette région aura peut-être trouvé la sérénité.<br /></i></span></span></span></span></div><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><span><span><br />On rappellera que depuis son indépendance, obtenue sans coup férir, l'actuelle Macédoine du Nord a dû porter l'appellation inconfortable et ahurissante d'Ancienne République Yougoslave de Macédoine, alias FYROM (acronyme de "Former Yugoslav Republic Of Macedonia"). Porter l'adjectif "ancien" dans son nom, pour un pays "neuf", c'est une situation proche de la schizophrénie! Porter dans son nom le cadavre du pays défunt ("yougoslave"), c'est vivre en risquant de foncer à chaque instant sur un ectoplasme politique! Bien-sûr, en "FYROM", personne n'a jamais utilisé ce nom, hormis dans les relations officielles au niveau international. Pour les Macédoniens désormais "du Nord", la Macédoine a toujours été et restera la Macédoine, point barre. Mais cette guerre froide autour du nom aura été un poison politique hypothéquant durablement l'existence du jeune Etat.<br /><br />Après des années de pouvoir exercé par les nationalistes du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Organisation_r%C3%A9volutionnaire_mac%C3%A9donienne_int%C3%A9rieure_-_Parti_d%C3%A9mocratique_pour_l%27unit%C3%A9_nationale_mac%C3%A9donienne" target="_blank">VMRO-DPMNE</a> qui n'ont jamais voulu rien entendre sur la question du nom, un leader plus modéré et plus pragmatique, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Zoran_Zaev" target="_blank">Zoran Zaev</a>, est arrivé aux commandes en 2017. Il est parvenu, non sans peines, à trouver un accord avec la Grèce de Tsipras sur le nom litigieux, entérinant cette nouvelle appellation précisant la position septentrionale de cette Macédoine, pour la démarquer de la Macédoine grecque (toutes ces années de disputes pour ça !). <br /><br />Malgré ce succès diplomatique, le pouvoir de Zoran Zaev est resté fragile, dans un pays où l'opposition nationaliste n'hésite pas à faire le coup de poing et à menacer la paix civile, comme on le vit en avril 2017, <a href="https://www.rtbf.be/info/monde/detail_macedoine-le-chef-de-l-opposition-blesse-lors-de-l-irruption-de-manifestants-au-parlement?id=9592172" target="_blank">où des brutes à la solde du VMRO-DPMNE envahirent la parlement</a> pour s'opposer à la probable coalition du parti de Zaev avec un parti de la communauté albanaise de Macédoine. Zaev lui-même sera blessé durant l'attaque, laquelle suscitera un tollé et une forte inquiétude dans les Balkans et au delà.<br /><br />Ces incidents éclairent en filigrane une autre problématique épineuse de la Macédoine: le pays doit compter en effet avec une importante communauté albanophone, dont les leaders oscillent entre realpolitik modérée (dialogue et coexistence avec la majorité slave macédonienne) et demandes plus radicales, avec pour ces dernières, des penchants pour le pan-albanisme (union de tous les Albanais dans un seul Etat), qui a repris des couleurs dans les Balkans depuis l'indépendance du Kosovo... Un pan-albanisme qui est évidemment une ligne rouge sang pour les autres Etats et populations de la région, et qui provoquerait probablement, en tout cas dans le contexte actuel, des tensions violentes voire un nouveau conflit armé dans la péninsule. N'oublions pas que la Macédoine, a, en 2001, connu <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Insurrection_albanaise_de_2001_en_Mac%C3%A9doine" target="_blank">un début de guerre civile entre Albanais et Macédoniens slaves</a>, laquelle, heureusement, n'a pas dégénéré. Si la situation s'est en partie temporisée depuis, les forces contradictoires qui s'agitent dans le pays, ainsi que les nationalistes de chaque communauté, aux aguets et prêts à tout, génèrent un climat d'instabilité obligeant le pouvoir actuel, et plus globalement les forces progressistes, à marcher sur des oeufs. <br /><br />Zaev a bâti une partie de sa stratégie politique sur le règlement de la "question du nom", et sur les négociations d'adhésion avec l'UE que ce règlement devait ouvrir. Malgré un euroscepticisme croissant de la population, le premier ministre a fait le raisonnement, pas idiot selon moi, que l'absence de perspective était pire pour le pays, que la perspective elle-même, fusse-t-elle en partie impopulaire: que l'on soit pour, contre ou partagé sur cette perspective européenne, celle-ci donne un horizon sur lequel on peut se positionner et débattre.&nbsp;</span></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><span><span>Dans un tel contexte, le veto macronien n'était donc pas seulement une erreur, une marque de mépris, un signe d'inculture géopolitique. C'était aussi criminel. On aurait voulu affaiblir Zaev et encourager les forces déstabilisatrices du pays que l'on ne s'y serait pas pris autrement. Au delà des brûlantes questions de politique régionale, c'était aussi un doigt d'honneur à la population macédonienne elle-même, alors que dans l'ensemble, celle-ci avait accepté ce changement de nom avec un mélange de résignation lasse et de pragmatisme mature, un pragmatisme suggérant que le pays, à l'arrêt, se remettrait en branle avec la fin de cette polémique étouffante et vectrice d'inertie...<br /><br />Le veto de Macron me rappelle l'époque où certains citoyens d'ex-Yougoslavie, Serbes et Bosniaques, entre autres, avaient besoin d'un visa pour voyager dans l'UE. Une fois que le candidat au visa avait réuni toutes les pièces témoignant de son éligibilité au précieux sésame, et qu'il se rendait, le coeur battant, dans le consulat du pays où il souhaitait voyager, le fonctionnaire, après un examen attentif des pièces et leur validation, refermait le déjà volumineux dossier en disant froidement que ces pièces étaient insuffisantes et qu'il fallait désormais fournir une nouvelle batterie de documents. L'idée était bien-sûr de décourager les aspirants voyageurs, qui pouvaient devenir de dangereux immigrants, volant le pain et le labeur des citoyens de souche. Il fallait donc ici décourager la Macédoine du Nord et la Bosnie-Herzégovine, et tant pis si ce découragement risquait d'encourager d'éventuelles déstabilisations. <br /><br />Entre temps, les choses ont évolué, l'UE, qui avait désapprouvé les propos de novembre 2019 d'Emmanuel Macron, tant sur la forme que sur le fond, <a href="https://www.lepoint.fr/monde/adhesion-a-l-ue-une-avancee-pour-la-macedoine-du-nord-et-l-albanie-24-03-2020-2368630_24.php" target="_blank">a bien ouvert des négociations d'adhésion avec la Macédoine</a>. La Bosnie-Herzégovine, elle, comme toujours, devra attendre encore et encore, comme ce "cas social" pour qui on n'a pas de boulot à proposer, et qui ne rentre pas dans les "cases", mais qu'on continue de recevoir à Pôle Emploi ou à la Mission Locale, en lui esquissant de vagues horizons, si il fait ci ou ça, puis revient nous voir... <br /><br />L'attitude de Macron, c'est un peu du même ordre. On l'entend aisément dire, avec son tact légendaire: "pas terrible, votre CV de victimes de génocide, avec ce trou de plusieurs années, là, où vous avez fait le djihad, sans parler du pognon de dingue qu'on vous file et que vous détournez. Et puis bon, on me dit que vous êtes pas très corporate, que vous passez votre temps à vous engueuler avec les autres membres de votre team. Je vois pas ce qu'on peut faire avec vous! ...Bon, écoutez, inscrivez-vous à une formation sur les valeurs communes, traversez la rue et revenez me voir, OK ? Allez, je vous laisse, j'ai la Macédoine du Nord qui attend. Elle a changé de nom, on va voir si ça passe mieux auprès des employeurs. Allez, bon vent ! ...Et achetez vous un costard, bon Dieu, c'est pas dans cette tenue que vous allez trouver du boulot!"    <br /><br />Alors désolé d'être sévère et un peu cynique, désolé de doucher l'enthousiasme, en particulier celui, que j'ai senti sincère et indulgent, de bon nombres de Bosniaques qui ont accueilli ces paroles avec espoir. Je peux comprendre cela, et le respecter. <br /><br />Pour moi, ces paroles exaltées, jouant la carte du destin partagé et des promesses rassurantes, ne peuvent pourtant pas effacer l'attitude et les propos scandaleux de 2019. <br /><br />Si en France, et ailleurs dans l'UE, on les a déjà oubliés, parce que les Balkans, globalement, "on s'en branle!", dans les Balkans, justement, on n'a pas oublié. Les Balkaniques n'oublient rien, jamais, et surtout pas les gifles que nous leur envoyons régulièrement, sous la forme de fantasmes politico-religieux, de mesures de rétorsion, d'injonctions paternalistes et autres appels à "poursuivre les réformes et le processus transitionnel". Alors oui, c'était peut-être un beau discours que celui donné pour les 25 ans de "Srebrenica", mais cela reste le discours d'un homme "qui ne sait pas", et qui, comme en politique intérieur, peut dire tout et son contraire à quelques mois d'intervalles, dans ce fameux "en même temps" qui ne trompe plus grand monde. Sauf que dans les Balkans, le "en même temps", c'est ce temps qui est depuis longtemps arrêté, bloqué, "et en même temps", ce temps qui passe, qui file, et qui ne reviendra pas. Que d'années perdues pour être toujours en surplace! Tout n'est certes pas de la faute de l'UE, ni des "grandes puissances", ni même d'Emmanuel Macron, les politiques locaux et leurs soutiens ayant aussi leur part de responsabilité. Mais 25 ans après les terribles guerres yougoslaves, reconnaissons que rien n'a été fait par la "communauté internationale", à part le fait d'avoir créé les conditions pour qu'<a href="http://yougosonic.blogspot.com/2012/08/harcelons-mittal.html" target="_blank">Arcelor Mittal</a> et autre "investisseurs" puissent profiter d'une main d'oeuvre désemparée et peu coûteuse, et à part le fait de parler, sans cesse, encore et toujours. Parler pour en fait n'avoir rien à dire d'autre aux habitants de ces pays, <a href="http://yougosonic.blogspot.com/2015/12/hardcore-de-dayton.html" target="_blank">que ce qu'ils ne savent pas déjà</a>!<br /></span></span></span></span></span></div><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><span><span>    </span></span></span></span></span>
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A l'occasion de ces commémorations, j'ai également vu circuler abondamment sur les réseaux sociaux le discours d'Emmanuel Macron sur cette tragédie (vidéo ci-dessus), avec souvent des commentaires enthousiastes, ou, tout au moins, favorables aux propos du président français. Il est clair que je n'ai aucune sympathie, et je reste poli, pour ce dernier, ni pour sa politique, mais je ne voudrais pas, avec ce qui va suivre, donner l'impression de vouloir polémiquer pour polémiquer, autour d'un sujet aussi grave que le génocide de Srebrenica, qui appelle humilité, recueillement, et dépassement temporaire des divergences politiques. A vrai dire, ce n'est pas le rapport à cette horrible tragédie qui me pose soucis dans les paroles du Président de la République.<br /><br />Simplement, j'avoue ne pas pouvoir rester de marbre, ni contenir un mélange d'irritation et d'amertume, en écoutant ce discours, typiquement français, plein d'emphase, de lyrisme, d'humanisme, et de belles paroles, de la part d'un homme qui, il y a à moins d'un an (novembre 2019), <a href="https://www.20minutes.fr/monde/2647475-20191108-bosnie-ambassadeur-france-convoque-apres-propos-macron-retour-djihadistes" target="_blank">qualifiait la Bosnie-Herzégovine de "bombe à retardement aux portes de la Croatie"</a>, à cause du retour de djihadistes bosniaques dans la pays, lui fermant au passage la porte du processus d'adhésion à l'UE.<br /></span></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><span><span><a name='more'></a></span><span><br />Comme le rappelait le quotidien de Sarajevo "<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Oslobo%C4%91enje" target="_blank">Oslobodjenje</a>" à l'époque de ces déclarations: "Moins de 400 ressortissants bosniaques, dont la moitié sont des femmes et des enfants, sont partis sur les théâtres de guerre en Syrie et en Irak [98 ont été tués, 24 sont rentrés et ont été traduits en justice], alors que plus de 1 900 Français ont rejoint Daech". Par ailleurs, aucun de ces djihadistes n'a perpétré (à ce jour) d'attentat sur le sol européen. On rappellera enfin que si l'islamisme radical et violent s'est développé en Bosnie-Herzégovine à la faveur de la guerre, puis dans le sillage ce celle-ci, une fois la paix revenue, il reste relativement minoritaire. Même le salafisme tant redouté s'exprime majoritairement dans la version "<a href="http://www.lemondedesreligions.fr/actualite/quietistes-politiques-djihadistes-qui-sont-les-salafistes-30-11-2015-5122_118.php" target="_blank">quiétiste</a>" de ce courant, centrée sur une observance stricte de la charia, mais dépourvue d'ambition politique ou de projet terroriste. Ses adeptes vivent reclus en communauté dans quelques hameaux reculés du pays, et ont peu gagné les centres urbains, où bon nombre de leurs concitoyens les considère avec dédain ou indifférence. Malgré les faiblesses structurelles de l'Etat bosnien et de ses collectivités décentralisées, malgré une police souvent corrompue et une justice encore très perfectible, le radicalisme islamiste est pris relativement au sérieux par les institutions, et celles et ceux dont les déviances religieuses tendent à prendre le chemin de la guerre sainte sont surveillés et, si besoin, appréhendés, comme le rappelle d'ailleurs la citation de l'article d'Oslobođenje. <br /><br />Le vrai "danger musulman", en Bosnie-Herzégovine, s'il existe, réside davantage dans le renouveau identitaire bosniaque alimenté par le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_d%27action_d%C3%A9mocratique_(Bosnie-Herz%C3%A9govine)" target="_blank">SDA</a>, parti du clan Izetbegović, leader en "<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9d%C3%A9ration_de_Bosnie-et-Herz%C3%A9govine" target="_blank">Fédération</a>": l'idéologie du SDA tente une fusion entre l'identité "ethnique" bosniaque, un conservatisme fort (patriarcat, sexisme, homophobie), un retour aux symboles et à la pratique religieuse, le tout assorti de tropismes néo-ottomanistes, et de néolibéralisme économique décomplexé. Le modèle idéologique est d'ailleurs très proche de celui de l'AKP de Recep Tayyip Erdoğan: populisme, capitalisme, néo-conservatisme, autoritarisme, et impérialisme néo-ottoman. Enfin, le SDA revendique à demi-mot une sorte de rôle moteur pour les Bosniaques dans le pays, arguant, non sans ambiguïtés, que la communauté démographiquement la plus nombreuse, a à la fois le droit légitime et le devoir quasi messianique de présider aux destinées de la Bosnie-Herzégovine. On sait comment ce rôle de peuple moteur, réel, supposé ou fantasmé, fut perçu du temps de la Yougoslavie, où c'étaient les Serbes qui en étaient les soi-disant détenteurs. Sans surprise, ce point, parmi tous les autres déjà cités, est une ligne rouge pour les Croates et les Serbes de Bosnie-Herzégovine. Mais encore une fois, ce nationalisme bosniaque, puisque c'est de cela qu'il s'agit, n'a rien à voir avec le djihadisme ou le salafisme, tout aussi problématique soit-il au demeurant</span></span></span></span></span><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><span><span><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><span><span> que ces derniers</span></span></span></span></span>. On remarquera d'ailleurs que le SDA reste un interlocuteur acceptable pour l'Union Européenne et les ténors politiques occidentaux, sans que </span><span><span>ne lui soient vigoureusement reprochés ni </span>ses tropismes vers la Turquie, ni son conservatisme affirmé, ni sa quête de leadership ethnique. <br /><br />Pour finir, l'Islam davantage "culturel" que religieux, en tout cas modéré, et même parfois laïque, spécifique à la Bosnie-Herzégovine d'avant la guerre, n'a pas disparu. Si il marque le pas ça et là, il affiche encore des couleurs et reste un visage de la Bosnie-Herzégovine, n'en déplaise à ceux qui prétendent qu'il n'est plus, voire qu'il n'aurait jamais existé.<br /><br /></span></span></span></span></span><div style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-uh6hH2PYfqY/Xy6zlSsPRcI/AAAAAAAAEcU/pfOd7xyHOrYrJuVN0i0S7o1kI6WLaNIRQCLcBGAsYHQ/s2000/PsaroudakisP5100099-2.jpg" style="display: block; padding: 1em 0px;"><img border="0" data-original-height="1500" data-original-width="2000" height="345" src="https://1.bp.blogspot.com/-uh6hH2PYfqY/Xy6zlSsPRcI/AAAAAAAAEcU/pfOd7xyHOrYrJuVN0i0S7o1kI6WLaNIRQCLcBGAsYHQ/w460-h345/PsaroudakisP5100099-2.jpg" width="460" /></a></span></span></span></div><div style="text-align: center;"><i><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;">Des jeunes femmes dans une "buregdžinica" (snack où l'on vend des bureks) de Sarajevo. <br />On pourrait être n'importe où ailleurs en Europe... <br />Photo (c) Arina Psaroudakis, extraite de la série<a href="https://vii.academy/news/review-no-mans-land-a-workshop-for-women/" target="_blank"> "Portraits de Sarajevo"</a>. <br /></span></span></span></i></div><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><span><span><br />En alimentant la thèse de la Bosnie-Herzégovine comme repaire de djihadistes, Emmanuel Macron a, d'une part, donné du grain à moudre aux extrêmes-droites locales et occidentales, ainsi qu'aux nationalistes de Republika Srpska qui tous répandent ce fantasme islamiste de longue date. C'est d'ailleurs ce fantasme qui a servi de caution et de justification, lors des guerres yougoslave, aux persécutions violentes des Bosniaques et au génocide de Srebrenica. D'après la propagande nationaliste serbe de l'époque, et celle de ses soutiens en Occident, l'enclave était devenu un califat où la charia était rigoureusement appliquée. Lorsque la ville tomba et que Ratko Mladić en élimina les habitants, la Radio Télévision Serbe de Bosnie-Herzégovine bidonna la couverture des faits, forçant un rescapé du massacre (devant son salut au fait de travailler pour Médecins sans frontières) à dire devant les caméras combien il était heureux et soulagé de vivre dans un territoire enfin libéré des ignobles moudjahidines. Le coup de la bombe à retardement islamiste, désolé Manu, mais ça relève d'une même ignoble manipulation !<br /><br />Par ses propos de 2019, Emmanuel Macron a, d'autre part, indirectement soutenu la position du gouvernement croate d'alors, qui avait tenu des propos similaires sur la Bosnie-Herzégovine, pour mieux renforcer, en particulier, les irrédentistes croates d'Herzégovine, qui réclament leur propre entité (comme la Republika Srpska pour les Serbes), prélude à peine voilé à un éventuel rattachement à la Croatie, rattachement qui serait fatal à l'Etat bosnien et à la paix (les Serbes prenant leur envol à leur tour). Ces propos de novembre étaient donc non seulement faux et fantasmatiques, mais ils étaient aussi irresponsables et dangereux par rapport au contexte local. <br /><br />Non content de cette sortie "ad-djihadum", Macron avait également déclaré que la Bosnie-Herzégovine, ainsi que la Macédoine et l'Albanie, également visées en mal par ses propos, n'était pas prêtes pour rentrer dans l'Union Européenne, au risque d'achever de désespérer les populations, même si, soyons sincères, l'Europe ne fait de longue date plus beaucoup rêver. <br />Personne n'a digéré l'incapacité de l'UE à empêcher l'horreur, et en particulier le génocide de Srebrenica, mais le mélange de bâton et de carotte paternalistes, assortie d'une complaisance coupable envers la classe politique bosnienne et post-yougoslave, qui caractérisent l'attitude de l'UE, ont achevé de lui aliéner même les européistes locaux les plus fervents. Tout juste voit-on aujourd'hui "l'Europe" dans sa dimension purement "utilitaire", à savoir, bénéficier du passeport européen qui permettra aux Bosniens (toutes communautés confondues) de se barrer de leur "pays de m...", et de refaire leur vie sans contrôle de douanes tatillons ni chicaneries administratives, au nord du continent. Pour les "valeurs communes" invoquées par Macron, il faudra repasser, même si, fondamentalement, la majorité des Bosniens aspire pour son pays à une "normalité" politique, sociale et économique, qui semble être celle de l'Europe Occidentale. Seulement, on n'a qu'une vie, et l'attente n'a que trop duré, d'où le désir d'aller profiter de l'UE chez elle, plutôt que de désespérer sur place. <br /></span></span></span></span></span><div style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><span><a href="https://1.bp.blogspot.com/-lZt8eaZiHyU/UwSjgFr4ZyI/AAAAAAAAC0g/2hTA3MDhcrw9DgC1rBxo7HdPI5y0WycZQCPcBGAYYCw/s259/index.jpg" style="display: block; padding: 1em 0px;"><img alt="Le logo du groupe punk bosnien Unutrašnja Emigracija, UE, comme Union Européenne" border="0" data-original-height="194" data-original-width="259" height="265" src="https://1.bp.blogspot.com/-lZt8eaZiHyU/UwSjgFr4ZyI/AAAAAAAAC0g/2hTA3MDhcrw9DgC1rBxo7HdPI5y0WycZQCPcBGAYYCw/s0/index.jpg" width="354" /></a></span></span></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><span><i>Le logo du groupe anarcho-punk bosnien Unutrašnja Emigracija <br />("Emigration intérieure", allusion aux déplacements de populations liés à la guerre). <br />Le nom du groupe joue sur ses initiales, les mêmes que celles de l'Union Européenne,&nbsp;</i></span></span></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><span><i>et le visuel d'ensemble ne laisse pas de doute sur ce que pensent les musiciens de cette dernière.</i><br /></span></span></span></span></div><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><span><br /><span><br />Il existe une formule toute faite qui dit que "quand on ne sait pas, on se tait". Cette formule, qu'au demeurant peu de gens s'appliquent à eux-mêmes, comme on le voit chaque jour sur les réseaux sociaux, signifie que si on ne maîtrise pas un sujet, on se garde d'en parler avec trop d'assurance et de conviction, parce qu'il y a de fortes probabilités que l'on dise des bêtises. Cette formule ne saurait cependant demeurer fermée sur elle-même, pour ne signifier qu'une fin de non-recevoir, laquelle sert éventuellement juste à rabattre le caquet de l'indélicat ivre de ses certitudes faussées par l'ignorance. Pour nous qui croyons en la capacité de l'homme à s'élever et à progresser, elle doit immanquablement s'accompagner d'une deuxième formule qui, elle, professe que "si on ne sait pas, on demande", on s'informe, on s'instruit, on se documente...ce qui permet éventuellement à l'ignorant de sortir de son ignorance, voire parfois de devenir à son tour un connaisseur, un instruit, un "expert". <br /><br />Personne ne peut être spécialiste de tout et nous sommes tous ignorants à notre manière, pour les champs de compétence qui nous échappent. Si au niveau individuel, l'ignorance pose déjà un problème, de part le fait que peu de gens s'appliquent les deux règles sus-mentionnées, au niveau politique, elle prend une dimension plus grave, car il y va du destin de millions d'individus. Les hommes et les femmes chargés d'administrer et d'arbitrer les grands enjeux et défis de ce monde ne peuvent certes, elles et eux non plus, tout savoir et tout connaître, mais ils bénéficient, en général, de la présence de conseillers, d'experts, qui, eux, peuvent leur donner les éclairages nécessaires à la compréhension d'un sujet.  <br /><br />On est donc légitimement en droit de s'interroger sur les connaissances du chef de l'Etat Français sur la théma "Balkans", mais aussi sur la compétence de ses conseillers/experts en affaires étrangères, après ses sorties catastrophiques de novembre 2019 sur la Bosnie-Herzégovine, mais aussi son <a href="https://www.lepoint.fr/politique/emmanuel-berretta/elargissement-de-l-ue-macron-fait-attendre-l-albanie-et-la-macedoine-18-10-2019-2341990_1897.php" target="_blank">"non" à la Macédoine</a> quant à l'ouverture de négociations d'adhésion à l'UE. <br /><br />Perçu comme un vent frais sur les questions européennes lors de son élection, Emmanuel Macron semble davantage incarner une douche froide au final. Vu par ses fans, comme par une partie de la presse internationale, comme l'homme qui allait remettre, avec audace et créativité, le projet européen en route, Emmanuel Macron apparaît au final comme un technocrate têtu, sans âme, ni idées, ni vision; un électron libre qui parle sans consulter ses partenaires, et qui balance des platitudes erronées et fantasmatiques sans songer aux conséquences.<br /><br />Car, et c'est bien ça le plus grave, à l'instar de ses propos nauséabonds sur la Bosnie-Herzégovine, le veto de Macron envers la Macédoine du Nord n'est pas seulement la marque d'une insondable méconnaissance des Balkans, ou encore d'un mépris limite raciste envers ses habitants. C'est aussi et surtout une attitude dangereuse et criminelle. <br /><br />Avec son veto arbitraire, Macron a fait passer un très mauvais message à la Macédoine (et aux pays espérant un jour entrer dans l'UE), un message qui, une fois décrypté, dit : "oui, il y a des règles du jeu dans l'Union Européenne, et il faut scrupuleusement les respecter. Cependant, il est possible de les changer en cours de route, mais attention, pas n'importe qui! La Macédoine du Nord ne peut pas changer les règles en cours de route, mais l'UE ou un pays comme la France, oui, parce que c'est elle qui commande". De ce premier postulat découle un deuxième: une parole donnée peut aussi être retirée par l'UE, même si en face, l'interlocuteur, en l'occurrence la Macédoine du Nord, a tenu sa parole et ses engagements.  <br /><br />Celles et ceux qui défendirent, il y a quelques mois, le veto de Macron, en disant qu'avant de recevoir de nouveaux candidats, il faut effectivement changer les règles d'adhésion ainsi que le fonctionnement de l'UE, seraient bien avisés de se souvenir que promesse avait été faite à la Macédoine du Nord d'ouvrir les négociations d'adhésion si celle-ci respectait ses engagements. Des engagements qui consistaient quand même à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9bat_autour_du_nom_de_la_Mac%C3%A9doine" target="_blank">changer de nom</a>, pour que le voisin grec cesse d'être froissé dans son orgueil national. Un orgueil qui est la seule chose qui reste à la Grèce, après des années de gabegie financière, dont l'élite grecque est la principale responsable, puis de "punition" d'une violence absolue par une UE qui, visiblement, cherchait à faire des exemples en termes d'ordolibéralisme. <br /><br />Vu de France, changer de nom, ça n'a sans doute l'air de rien, surtout quand on n'est pas directement concerné, mais dans une région d'Europe où le diable est, entre autres, dans les détails nominaux et sémantiques, c'est un choix lourd, difficile et même dangereux. On imagine pourtant sans difficulté ce que serait la réaction indignée de Paris si la Grande-Bretagne réclamait que "notre" Bretagne change de nom, sous prétexte que la "seule" et "vraie" Bretagne serait la "Grande", ne pouvant souffrir la présence de sa concurrente hexagonale! Ce qui serait inacceptable en France, et susciterait une fin de non-recevoir ferme de l'Etat, doublée de manifestations populaires anglophobes de Brest à Strasbourg et de Lille à Marseille, n'est visiblement pas un problème lorsqu'il s'agit des petits pays balkaniques dont les noms peuvent être changés comme on change de chemise...ou de décision.&nbsp;</span></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><span><span><br /></span></span></span></span></span><div style="text-align: center;"><div class="separator" style="clear: both;"><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><span><a href="https://1.bp.blogspot.com/-FKBolwzRDww/Xy6rAZVodDI/AAAAAAAAEcA/Yt-Of6USIYcfxR8VO9aH7amjMl6yhiclwCLcBGAsYHQ/s600/Alex%2Bthe%2BGreat%2BAutoput.jpg" style="display: block; padding: 1em 0px;"><img border="0" data-original-height="427" data-original-width="600" height="364" src="https://1.bp.blogspot.com/-FKBolwzRDww/Xy6rAZVodDI/AAAAAAAAEcA/Yt-Of6USIYcfxR8VO9aH7amjMl6yhiclwCLcBGAsYHQ/s0/Alex%2Bthe%2BGreat%2BAutoput.jpg" width="512" /></a></span></span></span></span></div><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><span><i>Des ouvriers démontent les panneaux "Autoroute Alexandre de Macédoine", en février 2018. <br />L'abandon de toute référence à Alexandre Le Grand faisait aussi partie du "package" des concessions de la Macédoine à son voisin méridional, lors de l'accord sur le nom, les Grecs ayant toujours revendiqué le célèbre conquérant comme étant "à eux".<br />Au delà de cette polémique, cette image résume à la perfection l'histoire récente des Balkans, avec ses changements à répétitions dont les infrastructures routières portent elles aussi la marque. Le jour où on n'y démontera plus de panneaux routiers ou de plaques de rue, cette région aura peut-être trouvé la sérénité.<br /></i></span></span></span></span></div><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><span><span><br />On rappellera que depuis son indépendance, obtenue sans coup férir, l'actuelle Macédoine du Nord a dû porter l'appellation inconfortable et ahurissante d'Ancienne République Yougoslave de Macédoine, alias FYROM (acronyme de "Former Yugoslav Republic Of Macedonia"). Porter l'adjectif "ancien" dans son nom, pour un pays "neuf", c'est une situation proche de la schizophrénie! Porter dans son nom le cadavre du pays défunt ("yougoslave"), c'est vivre en risquant de foncer à chaque instant sur un ectoplasme politique! Bien-sûr, en "FYROM", personne n'a jamais utilisé ce nom, hormis dans les relations officielles au niveau international. Pour les Macédoniens désormais "du Nord", la Macédoine a toujours été et restera la Macédoine, point barre. Mais cette guerre froide autour du nom aura été un poison politique hypothéquant durablement l'existence du jeune Etat.<br /><br />Après des années de pouvoir exercé par les nationalistes du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Organisation_r%C3%A9volutionnaire_mac%C3%A9donienne_int%C3%A9rieure_-_Parti_d%C3%A9mocratique_pour_l%27unit%C3%A9_nationale_mac%C3%A9donienne" target="_blank">VMRO-DPMNE</a> qui n'ont jamais voulu rien entendre sur la question du nom, un leader plus modéré et plus pragmatique, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Zoran_Zaev" target="_blank">Zoran Zaev</a>, est arrivé aux commandes en 2017. Il est parvenu, non sans peines, à trouver un accord avec la Grèce de Tsipras sur le nom litigieux, entérinant cette nouvelle appellation précisant la position septentrionale de cette Macédoine, pour la démarquer de la Macédoine grecque (toutes ces années de disputes pour ça !). <br /><br />Malgré ce succès diplomatique, le pouvoir de Zoran Zaev est resté fragile, dans un pays où l'opposition nationaliste n'hésite pas à faire le coup de poing et à menacer la paix civile, comme on le vit en avril 2017, <a href="https://www.rtbf.be/info/monde/detail_macedoine-le-chef-de-l-opposition-blesse-lors-de-l-irruption-de-manifestants-au-parlement?id=9592172" target="_blank">où des brutes à la solde du VMRO-DPMNE envahirent la parlement</a> pour s'opposer à la probable coalition du parti de Zaev avec un parti de la communauté albanaise de Macédoine. Zaev lui-même sera blessé durant l'attaque, laquelle suscitera un tollé et une forte inquiétude dans les Balkans et au delà.<br /><br />Ces incidents éclairent en filigrane une autre problématique épineuse de la Macédoine: le pays doit compter en effet avec une importante communauté albanophone, dont les leaders oscillent entre realpolitik modérée (dialogue et coexistence avec la majorité slave macédonienne) et demandes plus radicales, avec pour ces dernières, des penchants pour le pan-albanisme (union de tous les Albanais dans un seul Etat), qui a repris des couleurs dans les Balkans depuis l'indépendance du Kosovo... Un pan-albanisme qui est évidemment une ligne rouge sang pour les autres Etats et populations de la région, et qui provoquerait probablement, en tout cas dans le contexte actuel, des tensions violentes voire un nouveau conflit armé dans la péninsule. N'oublions pas que la Macédoine, a, en 2001, connu <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Insurrection_albanaise_de_2001_en_Mac%C3%A9doine" target="_blank">un début de guerre civile entre Albanais et Macédoniens slaves</a>, laquelle, heureusement, n'a pas dégénéré. Si la situation s'est en partie temporisée depuis, les forces contradictoires qui s'agitent dans le pays, ainsi que les nationalistes de chaque communauté, aux aguets et prêts à tout, génèrent un climat d'instabilité obligeant le pouvoir actuel, et plus globalement les forces progressistes, à marcher sur des oeufs. <br /><br />Zaev a bâti une partie de sa stratégie politique sur le règlement de la "question du nom", et sur les négociations d'adhésion avec l'UE que ce règlement devait ouvrir. Malgré un euroscepticisme croissant de la population, le premier ministre a fait le raisonnement, pas idiot selon moi, que l'absence de perspective était pire pour le pays, que la perspective elle-même, fusse-t-elle en partie impopulaire: que l'on soit pour, contre ou partagé sur cette perspective européenne, celle-ci donne un horizon sur lequel on peut se positionner et débattre.&nbsp;</span></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><span><span>Dans un tel contexte, le veto macronien n'était donc pas seulement une erreur, une marque de mépris, un signe d'inculture géopolitique. C'était aussi criminel. On aurait voulu affaiblir Zaev et encourager les forces déstabilisatrices du pays que l'on ne s'y serait pas pris autrement. Au delà des brûlantes questions de politique régionale, c'était aussi un doigt d'honneur à la population macédonienne elle-même, alors que dans l'ensemble, celle-ci avait accepté ce changement de nom avec un mélange de résignation lasse et de pragmatisme mature, un pragmatisme suggérant que le pays, à l'arrêt, se remettrait en branle avec la fin de cette polémique étouffante et vectrice d'inertie...<br /><br />Le veto de Macron me rappelle l'époque où certains citoyens d'ex-Yougoslavie, Serbes et Bosniaques, entre autres, avaient besoin d'un visa pour voyager dans l'UE. Une fois que le candidat au visa avait réuni toutes les pièces témoignant de son éligibilité au précieux sésame, et qu'il se rendait, le coeur battant, dans le consulat du pays où il souhaitait voyager, le fonctionnaire, après un examen attentif des pièces et leur validation, refermait le déjà volumineux dossier en disant froidement que ces pièces étaient insuffisantes et qu'il fallait désormais fournir une nouvelle batterie de documents. L'idée était bien-sûr de décourager les aspirants voyageurs, qui pouvaient devenir de dangereux immigrants, volant le pain et le labeur des citoyens de souche. Il fallait donc ici décourager la Macédoine du Nord et la Bosnie-Herzégovine, et tant pis si ce découragement risquait d'encourager d'éventuelles déstabilisations. <br /><br />Entre temps, les choses ont évolué, l'UE, qui avait désapprouvé les propos de novembre 2019 d'Emmanuel Macron, tant sur la forme que sur le fond, <a href="https://www.lepoint.fr/monde/adhesion-a-l-ue-une-avancee-pour-la-macedoine-du-nord-et-l-albanie-24-03-2020-2368630_24.php" target="_blank">a bien ouvert des négociations d'adhésion avec la Macédoine</a>. La Bosnie-Herzégovine, elle, comme toujours, devra attendre encore et encore, comme ce "cas social" pour qui on n'a pas de boulot à proposer, et qui ne rentre pas dans les "cases", mais qu'on continue de recevoir à Pôle Emploi ou à la Mission Locale, en lui esquissant de vagues horizons, si il fait ci ou ça, puis revient nous voir... <br /><br />L'attitude de Macron, c'est un peu du même ordre. On l'entend aisément dire, avec son tact légendaire: "pas terrible, votre CV de victimes de génocide, avec ce trou de plusieurs années, là, où vous avez fait le djihad, sans parler du pognon de dingue qu'on vous file et que vous détournez. Et puis bon, on me dit que vous êtes pas très corporate, que vous passez votre temps à vous engueuler avec les autres membres de votre team. Je vois pas ce qu'on peut faire avec vous! ...Bon, écoutez, inscrivez-vous à une formation sur les valeurs communes, traversez la rue et revenez me voir, OK ? Allez, je vous laisse, j'ai la Macédoine du Nord qui attend. Elle a changé de nom, on va voir si ça passe mieux auprès des employeurs. Allez, bon vent ! ...Et achetez vous un costard, bon Dieu, c'est pas dans cette tenue que vous allez trouver du boulot!"    <br /><br />Alors désolé d'être sévère et un peu cynique, désolé de doucher l'enthousiasme, en particulier celui, que j'ai senti sincère et indulgent, de bon nombres de Bosniaques qui ont accueilli ces paroles avec espoir. Je peux comprendre cela, et le respecter. <br /><br />Pour moi, ces paroles exaltées, jouant la carte du destin partagé et des promesses rassurantes, ne peuvent pourtant pas effacer l'attitude et les propos scandaleux de 2019. <br /><br />Si en France, et ailleurs dans l'UE, on les a déjà oubliés, parce que les Balkans, globalement, "on s'en branle!", dans les Balkans, justement, on n'a pas oublié. Les Balkaniques n'oublient rien, jamais, et surtout pas les gifles que nous leur envoyons régulièrement, sous la forme de fantasmes politico-religieux, de mesures de rétorsion, d'injonctions paternalistes et autres appels à "poursuivre les réformes et le processus transitionnel". Alors oui, c'était peut-être un beau discours que celui donné pour les 25 ans de "Srebrenica", mais cela reste le discours d'un homme "qui ne sait pas", et qui, comme en politique intérieur, peut dire tout et son contraire à quelques mois d'intervalles, dans ce fameux "en même temps" qui ne trompe plus grand monde. Sauf que dans les Balkans, le "en même temps", c'est ce temps qui est depuis longtemps arrêté, bloqué, "et en même temps", ce temps qui passe, qui file, et qui ne reviendra pas. Que d'années perdues pour être toujours en surplace! Tout n'est certes pas de la faute de l'UE, ni des "grandes puissances", ni même d'Emmanuel Macron, les politiques locaux et leurs soutiens ayant aussi leur part de responsabilité. Mais 25 ans après les terribles guerres yougoslaves, reconnaissons que rien n'a été fait par la "communauté internationale", à part le fait d'avoir créé les conditions pour qu'<a href="http://yougosonic.blogspot.com/2012/08/harcelons-mittal.html" target="_blank">Arcelor Mittal</a> et autre "investisseurs" puissent profiter d'une main d'oeuvre désemparée et peu coûteuse, et à part le fait de parler, sans cesse, encore et toujours. Parler pour en fait n'avoir rien à dire d'autre aux habitants de ces pays, <a href="http://yougosonic.blogspot.com/2015/12/hardcore-de-dayton.html" target="_blank">que ce qu'ils ne savent pas déjà</a>!<br /></span></span></span></span></span></div><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia;"><span><span>    </span></span></span></span></span>
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Un rappel que derrière les chiffres, derrière l'actualité, derrière l'histoire, les morts de "Srebrenica" ne sont pas des statistiques, des notions abstraites, encore moins une variable d'ajustement politique et mémorielle....</span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Les morts de "Srebrenica" étaient des individus, avec un nom et un prénom, avec une existence. Ils avaient un métier. Ils avaient des familles, des amis, des collègues. Ils avaient des hobbys et des passions. Certains jouaient de la guitare, d'autres aimaient le cinéma américain, le football, ou encore la randonnée dans les magnifiques montagnes et forêts environnantes. Ils avaient des rêves, des projets, des ambitions.</span></span></span><br /><span style="color: #ffd966;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">&nbsp;</span></span><br /><span style="font-size: small;"></span></span></div><a name='more'></a><div style="text-align: justify;"><span style="color: #ffd966;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Avant d'accéder à un statut de martyrs dont ils se seraient passés, les victimes de "Srebrenica" étaient des gens comme vous et moi.</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #ffd966;"><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Tous comme les morts semblent être devenus des chiffres et des abstractions, leur ville semble elle-même avoir perdu de sa substance. On vivait, on commerçait, on travaillait, on étudiait pourtant à Srebrenica. Aujourd'hui, le nom de la ville est devenu une sorte de "marque déposée" de l'horreur. On dit "Srebrenica" et tout le monde comprend tout de suite de quoi il s'agit. Inutile d'ajouter les mots massacre, génocide, tragédie, horreur: "Srebrenica" suffit à résumer ces notions. Ce post de blog lui-même n'échappe pas à ce tic tenace. J'ai finalement choisi de mettre le nom de la ville entre guillemets, lorsqu'il sert de mot-concept portant en lui l'ampleur de la tragédie.</span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">25 ans après, tout semble avoir été dit, écrit, lu, vu et entendu sur "Srebrenica", et pourtant, tout reste à dire, à écrire, à voir et à entendre, encore et toujours, car l'ignominie de ces atroces guerres yougoslaves font qu'aujourd'hui, encore et toujours, il n'y a pas de "consensus historique" entre les anciennes parties en conflit. Formule imparfaite, pudique et polie, que celle de "consensus", car en réalité, les survivants de l'horreur et les familles des victimes doivent sans cesse, depuis 25 ans, affronter l'insulte que constituent le déni ou la minimisation de leurs souffrances.</span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Les faits, rien que les faits, disent pourtant que 8372 civils désarmés et affamés ont été lâchement, impitoyablement et méthodiquement massacrés. Rien ne justifiait une telle sauvagerie. Rien. Aucun enjeu militaire. Aucune nécessité impérieuse. 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Phénomène logique.</span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Accessoirement, nier ou relativiser "Srebrenica", c'est faire insulte aux nombreux Serbes, qui, en d'autres temps, se soulevèrent massivement contre la barbarie nazie, et aux "justes" parmi eux, qui cachèrent et sauvèrent des juifs.</span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Quand aux plumitifs, aux intellocrates, aux géopoliticiens à la petite semaine, et autres "amis de la Serbie" qui, en Occident, trollent les discussions sur "Srebrenica", et répandent leurs mensonges relativistes ou négationnistes, ce sont les même qui pensent que Bachar Al Assad est un rempart contre l'Islam, que la guerre en Syrie est un complot de la CIA, et que Poutine fait du bon boulot. 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Honte aux menteurs qui répandent le fantasme d'un islam bosniaque majoritairement fondamentaliste, et accréditent la thèse que Srebrenica était un califat qu'il fallait éradiquer pour sauver l'Europe du "grand remplacement" ! Honte aux mythomanes de "Srebrenica libéré"! Honte aux indifférents, aux cyniques, aux fatigués, qui balayent "Srebrenica" d'un revers de main sur le mode du "il faut tourner la page", ou "on ne va pas en parler encore pendant des siècles"! Mais si, nous allons continuer d'en parler pendant des siècles !!</span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Honte enfin à celles et ceux, qui, de chaque côté de cette mémoire inapaisée, exploitent cette tragédie à des fins politiques, pour entretenir les haines mutuelles et se maintenir au pouvoir!</span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Respect et courage à celles et ceux qui luttent contre le déni, et en particulier à tous les Serbes engagés dans ce combat, affrontant sans cesse insultes, intimidations et agressions.</span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Paix et compassion aux familles des victimes.</span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Nous n'oublierons pas et serons toujours là pour entretenir les flammes de la mémoire et de la vérité.</span></span></span></div>
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Un rappel que derrière les chiffres, derrière l'actualité, derrière l'histoire, les morts de "Srebrenica" ne sont pas des statistiques, des notions abstraites, encore moins une variable d'ajustement politique et mémorielle....</span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Les morts de "Srebrenica" étaient des individus, avec un nom et un prénom, avec une existence. Ils avaient un métier. Ils avaient des familles, des amis, des collègues. Ils avaient des hobbys et des passions. Certains jouaient de la guitare, d'autres aimaient le cinéma américain, le football, ou encore la randonnée dans les magnifiques montagnes et forêts environnantes. Ils avaient des rêves, des projets, des ambitions.</span></span></span><br /><span style="color: #ffd966;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">&nbsp;</span></span><br /><span style="font-size: small;"></span></span></div><a name='more'></a><div style="text-align: justify;"><span style="color: #ffd966;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Avant d'accéder à un statut de martyrs dont ils se seraient passés, les victimes de "Srebrenica" étaient des gens comme vous et moi.</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #ffd966;"><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Tous comme les morts semblent être devenus des chiffres et des abstractions, leur ville semble elle-même avoir perdu de sa substance. On vivait, on commerçait, on travaillait, on étudiait pourtant à Srebrenica. Aujourd'hui, le nom de la ville est devenu une sorte de "marque déposée" de l'horreur. On dit "Srebrenica" et tout le monde comprend tout de suite de quoi il s'agit. Inutile d'ajouter les mots massacre, génocide, tragédie, horreur: "Srebrenica" suffit à résumer ces notions. Ce post de blog lui-même n'échappe pas à ce tic tenace. J'ai finalement choisi de mettre le nom de la ville entre guillemets, lorsqu'il sert de mot-concept portant en lui l'ampleur de la tragédie.</span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">25 ans après, tout semble avoir été dit, écrit, lu, vu et entendu sur "Srebrenica", et pourtant, tout reste à dire, à écrire, à voir et à entendre, encore et toujours, car l'ignominie de ces atroces guerres yougoslaves font qu'aujourd'hui, encore et toujours, il n'y a pas de "consensus historique" entre les anciennes parties en conflit. Formule imparfaite, pudique et polie, que celle de "consensus", car en réalité, les survivants de l'horreur et les familles des victimes doivent sans cesse, depuis 25 ans, affronter l'insulte que constituent le déni ou la minimisation de leurs souffrances.</span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Les faits, rien que les faits, disent pourtant que 8372 civils désarmés et affamés ont été lâchement, impitoyablement et méthodiquement massacrés. Rien ne justifiait une telle sauvagerie. Rien. Aucun enjeu militaire. Aucune nécessité impérieuse. Aucun danger que courait l'armée serbe de Bosnie-Herzégovine, qui jamais ne souffrit de grande résistance, tant ses exactions et sa brutalité tristement légendaires inspiraient de facto la terreur et la fuite.</span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Ce qui a motivé et généré ce massacre, c'est une idéologie ultranationaliste, totalitaire et racialiste, une version balkanique du nazisme.</span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Les Serbes qui continuent de nier ou de relativiser ces crimes doivent savoir que par leur attitude, ils enferment leur pays dans un glacis d'intolérance et de mensonge qui finira par se refermer sur lui: <a href="http://yougosonic.blogspot.com/2020/07/serbian-reset.html" target="_blank">ce qui se passe ces jours-ci en Serbie</a>, mais aussi, de longue date, en Republika Srpska (<a href="https://www.la-croix.com/Monde/Europe/En-Bosnie-longue-quete-Justice-David-2019-01-08-1200993797">assassinat de David Dragicevic</a> et répression de toute opposition), démontre qu'après avoir éliminé les supposés "impurs allogènes", les apôtres du massacre de Srebrenica et leurs laquais négationnistes commencent désormais à assassiner leur propre communauté. Phénomène logique.</span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Accessoirement, nier ou relativiser "Srebrenica", c'est faire insulte aux nombreux Serbes, qui, en d'autres temps, se soulevèrent massivement contre la barbarie nazie, et aux "justes" parmi eux, qui cachèrent et sauvèrent des juifs.</span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Quand aux plumitifs, aux intellocrates, aux géopoliticiens à la petite semaine, et autres "amis de la Serbie" qui, en Occident, trollent les discussions sur "Srebrenica", et répandent leurs mensonges relativistes ou négationnistes, ce sont les même qui pensent que Bachar Al Assad est un rempart contre l'Islam, que la guerre en Syrie est un complot de la CIA, et que Poutine fait du bon boulot. Situés à droite et à l'extrême droite, mais aussi dans certaines franges de la gauche "<a href="https://wikirouge.net/Campisme">campiste</a>", ces gens ne font que déplacer cette tragédie en nos terres pour défendre leur agenda sinistre et dangereux.</span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Honte à celles et ceux qui continuent d'entretenir le déni, le doute ou le relativisme! Honte aux adeptes "du contexte dans lequel il faut replacer les faits", des "torts qui sont partagés", ou encore des "crimes que chaque camp a commis", comme si cela d'ailleurs devait excuser l'horreur! Honte aux menteurs qui répandent le fantasme d'un islam bosniaque majoritairement fondamentaliste, et accréditent la thèse que Srebrenica était un califat qu'il fallait éradiquer pour sauver l'Europe du "grand remplacement" ! Honte aux mythomanes de "Srebrenica libéré"! Honte aux indifférents, aux cyniques, aux fatigués, qui balayent "Srebrenica" d'un revers de main sur le mode du "il faut tourner la page", ou "on ne va pas en parler encore pendant des siècles"! Mais si, nous allons continuer d'en parler pendant des siècles !!</span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Honte enfin à celles et ceux, qui, de chaque côté de cette mémoire inapaisée, exploitent cette tragédie à des fins politiques, pour entretenir les haines mutuelles et se maintenir au pouvoir!</span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Respect et courage à celles et ceux qui luttent contre le déni, et en particulier à tous les Serbes engagés dans ce combat, affrontant sans cesse insultes, intimidations et agressions.</span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Paix et compassion aux familles des victimes.</span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Nous n'oublierons pas et serons toujours là pour entretenir les flammes de la mémoire et de la vérité.</span></span></span></div>
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                    [atom_content] => <table align="center" cellpadding="0" cellspacing="0" class="tr-caption-container" style="margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: center;"><tbody><tr><td style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-TwidOisMKjM/XwdL-HWf5vI/AAAAAAAAEaA/6vOuSiMih5sn5BE0Ka8Qax0B2eSYx0juQCLcBGAsYHQ/s1600/Skupstina%2BBG%2BDemo.webp" imageanchor="1" style="margin-left: auto; margin-right: auto;"><img border="0" data-original-height="1067" data-original-width="1600" height="266" src="https://1.bp.blogspot.com/-TwidOisMKjM/XwdL-HWf5vI/AAAAAAAAEaA/6vOuSiMih5sn5BE0Ka8Qax0B2eSYx0juQCLcBGAsYHQ/s400/Skupstina%2BBG%2BDemo.webp" width="400" /></a></span></td></tr><tr><td class="tr-caption" style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Manifestation devant le parlement serbe, mardi 7 juillet 2020. <br />Photo (c) Andrej Isakovic / AFP.</i></span></span></span></td></tr></tbody></table><div style="text-align: justify;"><span style="color: #ffe599;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Quelques regards et réflexions personnelles à chaud et en vrac<a href="https://www.franceculture.fr/emissions/revue-de-presse-internationale/la-revue-de-presse-internationale-emission-du-jeudi-09-juillet-2020?utm_medium=Social&amp;utm_source=Facebook#Echobox=1594278148" target="_blank"> sur ce qui se passe en Serbie</a> depuis mardi soir. Post écrit un brin en "tourné/monté", sans forcément beaucoup de recul, mais avec néanmoins l'envie de partager quelques clés de compréhension sur ce qui se joue... </span></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><b></b></span></span></span><br /><a name='more'></a><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><b><br /><br /><span style="color: #ffe599;">Un détonateur nommé Covid 19</span></b></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #ffe599;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Il est surprenant de voir bon nombre de médias occidentaux ranger ces événements dans la rubrique ou les fils infos de l'"actualité du Coronavirus". Le Covid 19 est certes un des éléments déclencheurs mais on aurait tort toutefois de tout mettre sur le dos de l'épidémie, et surtout de voir dans les manifestants un rassemblement de complotistes sceptiques qui ne croient pas en la gravité de la maladie (un des raccourcis possibles que suppute ce rangement). <br /><br />Ce qui est lié au Covid 19 dans ce soulèvement spontané, c'est au contraire :<br /><br />1) la gestion calamiteuse de l'épidémie par le pouvoir, lequel a - comme en France - alterné minimisation et accentuation de la dangerosité du virus, devenant peu à peu illisible et annihilant toute confiance de la population (confiance déjà au plus bas pour d'autres raisons, développées plus loin).<br /><br />2) Le très mauvais état du système de santé serbe, et en particulier des hôpitaux.<br /><br />3)&nbsp; l'absence totale, de la part du pouvoir, de mesures efficaces pour équiper les hôpitaux et faire face à la maladie.<br /><br />4) L'organisation d'élections sur fond de mensonges que le virus est endigué, avant de reproclamer l'état d'urgence sanitaire, puis le couvre-feu, tout de suite après les élections, lesquelles furent entachées d'irrégularités et ont donné au pouvoir la majorité absolue.<br /><br />5) L'arrogance du pouvoir qui mène grand train, et a célébré sa victoire électorale via une grande fête, où les participants ne portait pas de masque et n'appliquaient pas les gestes barrières. Arrogance qui s'est exprimée aussi dans une agressivité verbale permanente du pouvoir, cherchant sans cesse des coupables quant à la recrudescence du virus: après les serbes de l'émigration, les musulmans fêtant Bajram, ce sont récemment les étudiants qui ont été accusés de répandre le virus. <br /><br />Le facteur Covid 19 est donc bien l'élément déclencheur, mais il est en réalité l'étincelle sur un baril de poudre de longue date chauffé à blanc au sein de la société serbe, d'où le fait qu'il est partiellement inexacte de ranger ces événements dans "l'actu du Covid", alors qu'ils appartiennent davantage à l'actualité tout court.<br /><br />La Serbie est épuisée, moralement, physiquement et politiquement. Rien n'a fondamentalement changé depuis la chute de Milošević, dans un climat de violence, tantôt latente/tantôt effective, de pauvreté généralisée, et de corruption elle aussi généralisée. Seule une infime minorité de Serbes profite de l'économie néolibérale mise en place avec assiduité par les différents pouvoirs, avec la bénédiction bienveillante de l'Occident comme de la Russie, des Emirats et de la Chine, qui font ici leurs petites et grandes affaires, profitant d'un droit du travail très relatif et d'une main d'oeuvre qualifiée mais pas chère. Sans surprise, cette minorité qui profite est proche du pouvoir, quand elle n'en est pas issue.<br /><br />Enfin, il ne faut pas oublier qu'Aleksandar Vučić était déjà en partie aux manettes dans les années de guerre (comme ministre de l'information), et que son parti, le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_progressiste_serbe" target="_blank">SNS</a>, règne en coalition avec le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_socialiste_de_Serbie" target="_blank">SPS</a>, le parti de Slobodan </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Milošević</span></span>, c'est à dire le parti qui a historiquement les mains sales et tachées de sang. Même si tous les Serbes n'ont pas la même lecture des tenants et aboutissants des guerres des années 90, loin de là, l'immense majorité est aujourd'hui d'accord pour dire que la politique menée à l'époque a mené le pays à sa perte. De fait, avoir au pouvoir encore et toujours les mêmes gens est simplement insupportable pour bon nombre de Serbes.</span></span></span><br /><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-n__nGjJIJBU/XwdM1s5dyZI/AAAAAAAAEaM/Tlr52UNuarAC27afojlnz2Kh25KATKnowCLcBGAsYHQ/s1600/_113280229_kontejner.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="549" data-original-width="976" height="225" src="https://1.bp.blogspot.com/-n__nGjJIJBU/XwdM1s5dyZI/AAAAAAAAEaM/Tlr52UNuarAC27afojlnz2Kh25KATKnowCLcBGAsYHQ/s400/_113280229_kontejner.jpg" width="400" /></a></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /><b>Manifestants: les bons et les méchants</b></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br />Clarifions tout de suite la question de l'extrême-droite au sein du mouvement en cours, le gouvernement serbe dénonçant des "fascistes" qui fomentent un "putsch", et certains médias ou commentateurs relevant la présence de cette haïssable mouvance politique. Certes, celle-ci est bien là, comme en témoignent certains slogans entendus, notamment ceux contre les migrants, ou pour la défense des lieux saints au Kosovo, ainsi que la présence de néo-fascistes connus dans le paysage serbe.&nbsp; On peut être surpris, vu de France, par cette opposition d'extrême-droite à Aleksandar </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Vučić</span></span>, lui-même issu de cette mouvance, mais le phénomène n'est pas nouveau. Déjà à l'époque, </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Milošević</span></span> était doublé sur sa droite par le Parti Radical Serbe, qui le trouvait trop "mou". Aujourd'hui, c'est le parti ultra-conservateur, intolérant et nationaliste, "Dveri", qui combat le pouvoir sur des motifs similaires de mollesse et de trahison (sur le Kosovo). Il y a également le mouvement animaliste d'extrême-droite Léviathan, qui se sert de la cause animale pour persécuter les minorités, les tziganes, en particulier, accusés de maltraiter leurs chevaux et leurs chiens... Bien qu'en perte de vitesse, les Radicaux sont également au taquet. <br /><br />Il est évidemment hors de question pour moi de soutenir cette frange de l'opposition. Je rappellerai toutefois que </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Milošević</span></span></span></span> a été renversé, certes par la mobilisation qui s'est construite autour du mouvement "<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Otpor" target="_blank">Otpor</a>" (pro-occidental), mais aussi avec l'aide de l'extrême-droite. Habituée au coup de poing et à la baston d'envergure, celle-ci s'est montrée efficace pour à la fois plonger les rues dans un chaos ingérable, et tenir tête aux forces de l'ordre. Enfin, désolé de le dire, mais une révolution, si elle a lieu, ce n'est pas juste une révolution des "progressistes" du "bon bord" politique, et des "bien nés" idéologiques, mais c'est un mouvement où "tout le monde y va", y compris parfois la lie de la société et les éléments les plus radicaux. On peut le regretter, et loin de moi de m'en réjouir, mais le phénomène n'est d'ailleurs pas propre à la Serbie.<br />Alors oui, il y a parmi les manifestants des fachos, des nationalistes, des négationnistes des crimes de guerre serbes, des cléricalistes, des gens en -phobes de tout ordre, des sceptiques complotistes anti-vaccins qui pensent que le virus est une grippe un peu agressive fabriquée en Chine sur commande de la CIA et des sionistes.<br /><br />On peut dire que ce qui se joue ici, par rapport à cette mouvance détestable, c'est une lutte de leadership au sein des droites dures serbes, dont le SNS d'Aleksandar </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Vučić</span></span></span></span> fait partie, malgré des tentatives de dédiabolisation proches de celles du FN/RN en France (relire <a href="http://yougosonic.blogspot.com/2020/06/les-preletaci-qui-sont-ils-que-veulent.html" target="_blank">mon précédent post</a> à ce sujet). Les sympathisants de Dveri et ceux du SNS se vouent une haine viscérale et ont déjà failli en venir au main à plusieurs reprises. Il n'y bien entendu rien à attendre de cette opposition extrémiste, quand bien même elle contribuerait à un renversement du régime, ce d'autant que si elle devait arriver un jour au pouvoir, elle se comporterait exactement de la même manière que le pouvoir actuel. Elle continuerait de bloquer la Serbie dans un glacis de conservatisme et d'intolérance, qui ne ferait que braquer les pays voisins, et maintiendrait de graves tensions au sein de la société serbe elle-même.<br /><br />Il est cependant totalement faux d'affirmer que les manifestants seraient tous d'extrême-droite. Pour avoir des personnes de mon entourage proche parmi ceux qui ont participé aux manifestations depuis mardi, et pour avoir lu et vu plusieurs dizaines de témoignages "in situ", je puis raisonnablement affirmer que les émeutiers fédèrent les milieux sociaux, les générations (beaucoup de jeunes, mais aussi des retraités), les orientations idéologiques, et que, par ailleurs, les femmes y sont nombreuses. Notons aussi la présence de militants d'ONG, comme ceux de "<a href="https://nedavimobeograd.rs/english/" target="_blank">Ne da(vi)mo Beograd</a>", fer de lance de la lutte contre le nouveau quartier de <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Belgrade_Waterfront" target="_blank">Beograd na vodi</a>, mais aussi de personnalités connues pour leurs positions politiques progressistes, telle la journaliste du quotidien indépendant Danas, Snežana Čongradin, ennemie jurée de tous les nationalistes et extrémistes serbes. Cette dernière a d'ailleurs eu, <a href="http://balkans.aljazeera.net/blog/kako-sam-prezivjela-beogradski-horor" target="_blank">dans l'article</a> (en serbe) qu'elle a publié le lendemain des premières émeutes, une analyse intéressante de la situation: selon elle, la Serbie n'est plus divisée selon des fractures idéologiques classiques (gauche vs droite, nationalistes vs antinationalistes), mais selon le fait d'être pour ou contre le pouvoir d'Aleksandar Vučić. On peut s'en inquiéter ou s'en rassurer, mais aussi émettre l'idée que les fractures traditionnelles réapparaîtront dans un second temps, après un renversement éventuel du pouvoir, renversement plus qu'hypothétique à ce jour.</span></span></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-EhOhip3aMR4/XwdWAXgZEmI/AAAAAAAAEak/wn57E9C5NaI83SomzFs5ke0_70UP8ccIACLcBGAsYHQ/s1600/cale.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="533" data-original-width="764" height="278" src="https://1.bp.blogspot.com/-EhOhip3aMR4/XwdWAXgZEmI/AAAAAAAAEak/wn57E9C5NaI83SomzFs5ke0_70UP8ccIACLcBGAsYHQ/s400/cale.jpg" width="400" /></a></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Une des images virales du premier soir de manifestation, le 7 juillet.<br />Croisé par hasard par l'une des journalistes de la chaîne de TV N1, ce jeune homme laisse éclater sa colère en des termes qui sont déjà devenus un motto, viral, lui aussi:<br />"Papa, c'est pour toi [que je fais ça]!" ("Ćale, ovo je za tebe!" en V.O.)<br />Le jeune homme explique que son père est mort du Covid 19, dans de terribles souffrances,<br />parce qu'il n'y avait pas de respirateurs disponibles à l'hôpital.</i></span></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-w4zvOrwLxks/XwdXnx_QB1I/AAAAAAAAEaw/TIfN5GTcDVMiOF9AcvfqURhMDH6SNb1AgCLcBGAsYHQ/s1600/cale%2Bovo%2Bje%2Bza%2Btebe.jpg" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="680" data-original-width="800" height="272" src="https://1.bp.blogspot.com/-w4zvOrwLxks/XwdXnx_QB1I/AAAAAAAAEaw/TIfN5GTcDVMiOF9AcvfqURhMDH6SNb1AgCLcBGAsYHQ/s320/cale%2Bovo%2Bje%2Bza%2Btebe.jpg" width="320" /></a></span></div><span style="color: #ffe599;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>La phrase circule désormais sur le net avec ce poing levé, <br />c'est un des nouveaux signes de ralliement des manifestants.</i></span></span></div><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br />Pour terminer ce chapitre sur les profils des manifestants, je relève que, sur les réseaux sociaux comme sur le terrain, les sympathisants de l'opposition progressiste se sont globalement distanciés de l'extrême-droite. Diverses organisations antifascistes ont dénoncé l'infiltration, </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">par une minorité d'agités d'extrême-droite, </span></span>d'un mouvement composé majoritairement de "citoyens normaux en lutte". "L'union pour la Serbie", cartel de partis modérés, a d'ailleurs tenu un meeting à part, mercredi 8 juillet, devant la Faculté de Philosophie, le "spot" favori de l'opposition étudiante et intellectuelle, et non devant le parlement, où les manifestants étaient davantage "marqués à droite".</span></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><br /></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/QaJ3R5k0Bus" width="560"></iframe></span></div><div style="text-align: justify;"><div style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Des  types paisiblement assis sur un banc tabassés par la police, le mardi 7  juilet.<br />Images de la chaîne de télévision N1, dont la  journaliste est ensuite allée à la rencontre des victimes (rencontre non visible dans la vidéo ci-dessus). Visiblement  choqués, traumatisés et effrayés, les gens aggressés prétenderont alors  que rien ne s'est passé, et refuseront de témoigner à l'écran: une scène  terrible qui raconte l'ampleur de la violence et la peur qui en  découle.</i></span></span></span></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><br /></span></div><span style="color: #ffe599;"><br /></span><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Comme en témoignent de nombreuses images, tournées par des manifestants, ou par les médias sur le terrain, la répression policière a été d'une violence extrême, avec tirs au niveau du visage, tirs à bout pourtant, lancement de pierres et d'objets divers, tabassages à dix contre un, tabassage de badauds innocents, de manifestants ouvertement pacifiques ou de blessés à terre... Ceci exposé, et sans vouloir minimiser ces faits graves, cette riposte des autorités est encore à ce jour "mesurée" par rapport à celle opérée en son temps par Milošević. L'ancien homme fort de la Serbie s'était livré à une répression féroce des manifestations d'opposition, ne laissant pas de quartier aux militants, violentés et traqués jusque dans les maisons, envoyant les tanks, les canons à eau, et même ses sympathisants "de base", affrétés par bus. Ces derniers, recrutés parmi les péquenauds entre deux âges les plus frustrés, et issus des provinces les plus sinistrées, étaient toujours ravis de venir tabasser les pieds-tendres (les intellectuels dissidents) et les jeunes flemmards (les étudiants) de la décadente et hautaine capitale. On n'est pas passé loin de la guerre civile intra-serbe, à ce moment là, même si </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Milošević</span></span>, qui calculait toujours précisément chacune de ses actions, n'utilisa pas ce levier jusqu'au bout.<br /><br />Pour revenir à mardi soir (le premier soir d'émeutes), la police m'a semblé par moment dépassée, en nombre insuffisant et dépourvue de stratégie claire, avant que des renforts n'arrivent et que la répression ne se durcisse et ne reprenne le dessus. Etait-ce le but des autorités, à savoir, laisser la situation dégénérer pour mieux reprendre la main et justifier une riposte violente? Ou était-ce le fruit des circonstances ? Des rumeurs circulent comme quoi ce seraient les services secrets qui auraient fomenté la brève mais impressionnante percée des manifestants dans le parlement. D'autres accusent des militants de Dveri de s'être livrés à ce fait d'armes, pour pousser à la confrontation, alors que le reste des manifestants auraient été pacifiques. A l'opposé, d'autres témoignages, dont celui encore de la journaliste </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Snežana Čongradin</span></span>, attestent que la majorité des gens massés aux portes du parlement étaient des individus lambdas, qui forcèrent le barrage policier davantage à cause de la sensation soudaine de leur force, de la montée d'adrénaline qui va avec, et de l'instinct du "moment", jugé propice, que dans une stratégie construite. Reste que la présence d'agents provocateurs n'est pas exclue (un classique de la répression, en Serbie comme ailleurs), ni l'hypothèse d'un ordre venu d'en haut, invitant à laisser temporairement les manifestants pénétrer dans le parlement, ce qui devait permettre de passer plus facilement et légitimement à la phase répressive "dure". Enfin, une addition de ces différents éléments reste elle-aussi plausible (mouvement de foule spontané + agents provocateurs + ordre de céder puis de réprimer).</span></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/acS2WYQmWX4" width="560"></iframe></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #ffe599;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br />Si le mouvement vient à se poursuivre, ce qui semble être la tendance, le pouvoir actuel va sans doute durcir la répression, et pourrait adopter les méthodes de </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Milošević</span></span>. Les violences policières sont largement montées d'un cran le deuxième soir des manifestations, avec des images qui sont déjà devenues virales, telle celle d'un homme à terre roué de coup par plusieurs vagues de gendarmes mobiles, sur Terazije, la grande artère du centre de la capitale (vidéo ci-dessus). Ou encore le fait que des journalistes aient été molestés sans ménagement par les forces de l'ordre, alors qu'ils tenaient en main leur carte de presse, ou que d'autres aient été empêchés de filmer. Quant au scénario d'une entrée en action des sympathisants "de base" d'Aleksandar Vučić, il est également possible, et de nombreux internautes en expriment déjà la crainte sur les réseaux sociaux. La présence de grands gaillards en civil aidant les forces de l'ordre à tabasser et à appréhender les manifestants a aussi été relevée par certains observateurs, et il pourrait ne pas s'agir uniquement de policiers en civil, mais de voyous à la solde du pouvoir, recrutés parmi les hooligans ou dans les clans mafieux.</span></span></span><br /><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-G1h-mV7O60k/XwdZXAKrhmI/AAAAAAAAEbE/0dGbkCsC7BkESMDuzqBBef-7FtwIGexzQCLcBGAsYHQ/s1600/batinasi%2BDemonstracije_070720_Nova-Foto-Goran-Srdanov036-725x483.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="266" data-original-width="400" height="265" src="https://1.bp.blogspot.com/-G1h-mV7O60k/XwdZXAKrhmI/AAAAAAAAEbE/0dGbkCsC7BkESMDuzqBBef-7FtwIGexzQCLcBGAsYHQ/s400/batinasi%2BDemonstracije_070720_Nova-Foto-Goran-Srdanov036-725x483.jpg" width="400" /></a></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Des mystérieux "civils" aident la police à arrêter des manifestants.</i></span></span></div><table align="center" cellpadding="0" cellspacing="0" class="tr-caption-container" style="margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: center;"><tbody><tr><td style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><br /></span></td></tr><tr><td class="tr-caption" style="text-align: center;"><br /></td></tr></tbody></table><div style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><b><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Echecs en masse</span></span></b></span></div><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Pour Aleksandar </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Vučić</span></span> et son gouvernement, les événements en cours sont un échec. L'actuel président serbe a basé toute sa manière de composer avec l'opposition sur l'ignorance méprisante de celle-ci, doublée d'une quasi éradication de ses espaces d'expression. Les médias, majoritairement aux ordres ou proches du pouvoir, diabolisent violemment les oppositions, qui se sont réfugiées dans les quelques rares journaux encore indépendants, comme Danas, mais surtout du côté du web, pour faire entendre leurs points de vue. Quant aux manifestations et actions civiques, elles sont regardées avec dédain et détachement par le pouvoir, comme si elles n'incarnaient rien et n'avaient aucun poids. Tout en utilisant cette "tolérance" des manifestations comme une preuve de démocratie (pour rassurer un Occident qui, de toute façon, souffre de cécité ou refuse de voir), Aleksandar </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Vučić</span></span> compte depuis toujours sur leur épuisement et leur pourrissement. Enfin, vieille recette héritée de Milošević, le pouvoir ne dédaigne pas de recourir à la fraude électorale, quoique dans une mesure moindre que son prédécesseur, afin d'entretenir quand même l'illusion d'une démocratie (rassurer l'Occident, once again, lequel souffre toujours de cécité ou ne veut toujours pas voir). Il peut également s'appuyer sur tout un arsenal de pressions, d'intimidations, et parfois de "cadeaux", dans la fonction publique, dans les entreprises et dans les immeubles, qui feront que les votes finiront par lui être majoritairement favorables. Ce cocktail a permis au parti de</span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"> Vučić</span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">, lors des récentes élections (celles réalisées soi-disant alors que le Covid 19 s'était éloigné de la Serbie), de rafler la mise, au delà de la majorité absolue, d'autant que la plupart des partis d'opposition avaient décidé de boycotter le scrutin, considéré comme une mascarade. Ce boycott n'a suscité aucune réaction d'Aleksandar </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Vučić</span></span>, engoncé dans sa posture de dédain et d'ignorance de la contestation.</span></span></span><br /><span style="color: #ffe599;"><br /></span><br /><table align="center" cellpadding="0" cellspacing="0" class="tr-caption-container" style="margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: center;"><tbody><tr><td style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-PYVI-XQE__E/XwdYt35jJhI/AAAAAAAAEa8/7LYOPpQVYD8a1SrtKSu2SFGiv6l67U1fwCLcBGAsYHQ/s1600/demonstranti%2Bkonjica%2BFIL_9512-01-725x483.jpeg" style="margin-left: auto; margin-right: auto;"><img border="0" data-original-height="266" data-original-width="400" height="212" src="https://1.bp.blogspot.com/-PYVI-XQE__E/XwdYt35jJhI/AAAAAAAAEa8/7LYOPpQVYD8a1SrtKSu2SFGiv6l67U1fwCLcBGAsYHQ/s320/demonstranti%2Bkonjica%2BFIL_9512-01-725x483.jpeg" width="320" /></a></span></td></tr><tr><td class="tr-caption" style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Des manifestants font face à la police montée.</i></span></span></span></td></tr></tbody></table><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><br /></span></div><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Ce qui se passe depuis mardi est une conséquence logique de cette stratégie du président: quand l'opposition ne peut plus s'exprimer ni dans la plupart des médias, ni dans le débat politique, que le jeu électoral est en partie truqué, et qu'en plus, le pouvoir l'ignore et la méprise, alors il ne lui reste que la rue et la violence pour se faire entendre. A nous Français, ce phénomène n'est pas inconnu: plusieurs analystes ont émis l'hypothèse que les Gilets Jaunes ont émergé parce que le pouvoir macronien avait court-circuité les corps intermédiaires (les syndicats), tout en annihilant, sur le papier, les conflictualités politiques pour créer une sorte de "méta-centre" supposément ni de droite ni de gauche, le tout sur fond d'arrogance et de mépris envers toute critique ou divergence.<br /><br />La stratégie de l'ignorance et du pourrissement pratiquée par </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Vučić</span></span> est donc un échec, qui lui a explosé à la figure, et dont il lui sera difficile d'effacer les traces, désormais indélébiles. Car la population a brisé quelque chose mardi soir, et je ne pense pas seulement à la porte du parlement. Des peurs sont tombées, et le "plus rien à perdre" s'est imposé. Consciente de sa force, et galvanisée par la capacité qu'elle a eu de tenir ses positions (les émeutes ont pris fin tard dans la nuit), la foule ne s'arrêtera sans doute pas à ces premiers faits d'armes.</span></span></span><br /><div style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-W1hnyJ0puhA/XwdbVbif1-I/AAAAAAAAEbQ/vqBiP61U95AD-vYVd_mGIiL1nlTQeglVwCLcBGAsYHQ/s1600/policijsko%2Bvozilo%2BDRM_5909-725x483.jpg" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="266" data-original-width="400" height="212" src="https://1.bp.blogspot.com/-W1hnyJ0puhA/XwdbVbif1-I/AAAAAAAAEbQ/vqBiP61U95AD-vYVd_mGIiL1nlTQeglVwCLcBGAsYHQ/s320/policijsko%2Bvozilo%2BDRM_5909-725x483.jpg" width="320" /></a></span></div><span style="color: #ffe599;"><br /></span><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br />Il faut être ici honnête et complet: la mainmise de </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Vučić</span></span> sur le pouvoir n'est pas seulement le produit de ses subterfuges et combines. Elle est aussi le résultat de l'incapacité de l'opposition politique progressiste à s'organiser, à se structurer et à articuler des réponses à la situation du pays, susceptibles de rassembler un vaste éventail d'électeur. Même lorsqu'ils ont eu le pouvoir, les démocrates sincères se sont montrés décevants, et même parfois pires, sur certains sujets, que le SPS de </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Milošević</span></span>, s'aliénant ainsi leurs plus fervents </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">soutiens (relire là encore <a href="http://yougosonic.blogspot.com/2020/06/les-preletaci-qui-sont-ils-que-veulent.html" target="_blank">mon précédent post</a>)</span></span>. Depuis l'arrivée au pouvoir du SNS, les différents ténors de l'opposition politique se sont contentés de candidatures de témoignages, où ils se sont montrés peu à la hauteur, tels Saša Janković, le pourtant très populaire défenseur des droits de la République de Serbie, qui, à deux jours du scrutin présidentiel (en 2017), prédisait avec assurance la chute d'Aleksandar Vučić, avant de se débiner et de se retirer de la vie politique, une fois son échec patent constaté. Malgré son échec, Janković avait pour lui la stature de figure indépendante, l'intégrité morale et un soutien populaire indéniable. Il aurait donc pu incarner une opposition démocratique rassembleuse et de qualité, qui aurait pu tracer un sillon et semer pour l'avenir... <br />A la différence de l'opposition "modérée", sa consoeur d'extrême-droite n'a, elle, aucune difficulté à s'organiser et à gagner des points en surfant sur les frustrations et la misère, et en flattant les bas-instincts. Bref, pour dire les chose durement, les manifestations en cours ne sont pas seulement l'échec d'Aleksandar </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Vučić</span></span>, elles marquent aussi l'échec de l'opposition politique, qui a perdu sa crédibilité et son aura. Le développement des ONG et des mouvements type Ne Da(vi)mo Beograd est aussi le résultat de cette perte d'influence de l'opposition politique. Ces sont ces organisations qui incarnent aujourd'hui, de façon déterminée et crédible, la vraie résistance politique au pouvoir </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">"Vučić</span></span>ien". C'est aussi cette résistance, hors partis, et parfois transpartisane, qui s'est exprimée depuis mardi.</span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /><br />Ces événements marquent aussi l'échec des "partenaires" internationaux de la Serbie, et en particulier de l'Occident, qui a misé sur Aleksandar </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Vučić</span></span>, et qui, comme je le pointais plus haut, ne voit pas ou refuse de voir que le président serbe se comporte comme un autocrate arrogant, corrompu et dangereux. L'Occident a tablé sur Aleksandar </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Vučić</span></span> en le percevant, je cite, "comme un facteur de stabilité dans les Balkans". Outre que cette vision s'est déjà avérée fausse, le régime serbe ne dédaignant pas de provoquer et de déstabiliser les pays voisins (Kosovo, Bosnie-Herzégovine), cette approche s'affiche désormais comme un calcul aussi erratique que dangereux, puisque le président serbe apparaît aujourd'hui comme un facteur d'instabilité et de désordre pour son propre pays et sa propre population. Si par le plus grand des malheurs, la situation devait virer en cette fameuse guerre civile intra-serbe que prédisent les Cassandre, les affaires économiques de l'Occident en Serbie risquent de souffrir, mais celui-ci portera également, et surtout, la responsabilité d'avoir insuffisamment soutenu un horizon véritablement démocratique pour le pays. <br />Quant aux Russes, aux Chinois, aux Saoudiens, qui profitent eux-aussi des bonnes affaires que constitue le marché serbe, il n'est guère difficile d'imaginer leur position sur les événements en cours, et le soutien qu'ils renouvelleront sans doute à Aleksandar </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Vučić</span></span>. La Russie risque cependant d'être dans une position inconfortable, sachant qu'une partie de la population serbe, au delà même de l'extrême-droite, voit dans les Russes des "frères". Les manifestants russophiles seraient donc déçus que la Russie ne les soutienne pas. Alors que l'Occident risque, comme à son habitude, de ne rien comprendre à la situation, et donc de faire les mauvais choix, la Russie pourrait, elle, tirer son épingle du jeu, et se poser, en fonction des circonstances et de l'évolution sur le terrain, en médiatrice, augmentant encore ses parts de marché géopolitiques, déjà renforcées, entre autres, dans le bourbier syrien, et dans son soutien aux extrêmes-droite occidentales.</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-Hg02RsHA9N8/XwdcmrjCTCI/AAAAAAAAEbc/8aX5S5SfDY0AXYph0NUs2oywA6-PwXffwCLcBGAsYHQ/s1600/vucicgotovje.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="530" data-original-width="462" height="320" src="https://1.bp.blogspot.com/-Hg02RsHA9N8/XwdcmrjCTCI/AAAAAAAAEbc/8aX5S5SfDY0AXYph0NUs2oywA6-PwXffwCLcBGAsYHQ/s320/vucicgotovje.jpg" width="278" /></a></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Gotov je=il est fini.<br />Slogan déjà en vigueur à l'époque de Milosevic.</i><br /><br /><br /><b>La suite ? </b></span></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><br /></span></div><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Difficile à ce stade d'esquisser justement des scénarios construits et à moyen terme sur la suite des événements. Difficile aussi de dire à quoi pourrait ressembler une Serbie où Aleksandar </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Vučić</span></span> serait renversé, par de nouvelles élections (on peut rêver), ou par la rue, avec un ralliement de l'armée et de la police. Les différents partis d'opposition, extrême-droite comprise, ont déjà pris attache par le passé, et une ébauche de plateforme les rassemblant a même vue en partie le jour. On voit mal cependant un gouvernement de salut national se constituer entre des gens qu'idéologiquement tout oppose, et qui ne parviendront sans doute pas à s'entendre, même sur les contours d'une quelconque phase de transition. Et d'ailleurs, à part "faire tomber le dictateur", on peine à identifier un projet concret et construit pour la Serbie de "l'après". La capacité de l'opposition véritablement démocratique à se structurer, à retrouver de la crédibilité, et à se distancier de sa vraie-fausse alliée (de circonstance) de l'extrême-droite, reste une grande inconnue... Quant à l'armée et à la police,&nbsp; aucun indicateur ne permet pour l'instant d'envisager que ces deux corps constitués ne basculent en faveur des manifestants, comme lors de la chute de </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Milošević</span></span>. Sauf accélération imprévue de l'histoire, nous sommes donc sans doute encore loin d'une chute d'Aleksandar </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Vučić</span></span>.<br /><br />Pour le court terme, les manifestations vont sans doute prendre de l'ampleur, le régime, lui, va durcir la répression, comme en témoigne l'extrême fermeté exprimée par le ministre de la police mercredi soir, lors de sa conférence de presse. Cette polarisation rend évidemment l'avenir inquiétant, et il faudra suivre avec vigilance la situation des prochains jours voire semaines. Comme ailleurs dans la Yougosphère, il est possible aussi que le mouvement, passé un pic de fièvre, s'essouffle et retombe à nouveau, jusqu'à la prochaine réplique. Enfin, n'oublions pas le facteur épidémique: la situation est grave en Serbie sur le plan de la diffusion du coronavirus, et si la plupart des manifestants portent des masques, une aggravation de la pandémie pourrait affaiblir les ardeurs...</span></span></span><br /><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br />Quoiqu'il en soit et malgré la complexité de la situation, les inconnues nombreuses, ainsi que les dangers identifiés à droite du soulèvement, je soutiens les Serbes en lutte pour une vie et un pays "meilleur". Et comme je l'avais écrit dans "<a href="http://yougosonic.blogspot.com/2013/07/bosnian-reset.html" target="_blank">Bosnian Reset</a>", à l'époque de la fronde survenue en Bosnie-Herzégovine (avec également des dysfonctionnements politico-médicaux comme déclic), ces manifestations massives en Serbie nous rappellent que l'apathie et la dépression ne sont pas, en ex-Yougoslavie, une fatalité ni un état éternel, contrairement aux clichés en vigueur, ici comme la-bas (Au fait, l'apathie de la société française, on en parle ?). Il est temps une fois de plus de revoir nos schémas sur la région, et d'accompagner le mieux possible et au plus près celles et ceux qui luttent pour la changer. A suivre!</span></span></span></div>
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                            [encoded] => <table align="center" cellpadding="0" cellspacing="0" class="tr-caption-container" style="margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: center;"><tbody><tr><td style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-TwidOisMKjM/XwdL-HWf5vI/AAAAAAAAEaA/6vOuSiMih5sn5BE0Ka8Qax0B2eSYx0juQCLcBGAsYHQ/s1600/Skupstina%2BBG%2BDemo.webp" imageanchor="1" style="margin-left: auto; margin-right: auto;"><img border="0" data-original-height="1067" data-original-width="1600" height="266" src="https://1.bp.blogspot.com/-TwidOisMKjM/XwdL-HWf5vI/AAAAAAAAEaA/6vOuSiMih5sn5BE0Ka8Qax0B2eSYx0juQCLcBGAsYHQ/s400/Skupstina%2BBG%2BDemo.webp" width="400" /></a></span></td></tr><tr><td class="tr-caption" style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Manifestation devant le parlement serbe, mardi 7 juillet 2020. <br />Photo (c) Andrej Isakovic / AFP.</i></span></span></span></td></tr></tbody></table><div style="text-align: justify;"><span style="color: #ffe599;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Quelques regards et réflexions personnelles à chaud et en vrac<a href="https://www.franceculture.fr/emissions/revue-de-presse-internationale/la-revue-de-presse-internationale-emission-du-jeudi-09-juillet-2020?utm_medium=Social&amp;utm_source=Facebook#Echobox=1594278148" target="_blank"> sur ce qui se passe en Serbie</a> depuis mardi soir. Post écrit un brin en "tourné/monté", sans forcément beaucoup de recul, mais avec néanmoins l'envie de partager quelques clés de compréhension sur ce qui se joue... </span></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><b></b></span></span></span><br /><a name='more'></a><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><b><br /><br /><span style="color: #ffe599;">Un détonateur nommé Covid 19</span></b></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #ffe599;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Il est surprenant de voir bon nombre de médias occidentaux ranger ces événements dans la rubrique ou les fils infos de l'"actualité du Coronavirus". Le Covid 19 est certes un des éléments déclencheurs mais on aurait tort toutefois de tout mettre sur le dos de l'épidémie, et surtout de voir dans les manifestants un rassemblement de complotistes sceptiques qui ne croient pas en la gravité de la maladie (un des raccourcis possibles que suppute ce rangement). <br /><br />Ce qui est lié au Covid 19 dans ce soulèvement spontané, c'est au contraire :<br /><br />1) la gestion calamiteuse de l'épidémie par le pouvoir, lequel a - comme en France - alterné minimisation et accentuation de la dangerosité du virus, devenant peu à peu illisible et annihilant toute confiance de la population (confiance déjà au plus bas pour d'autres raisons, développées plus loin).<br /><br />2) Le très mauvais état du système de santé serbe, et en particulier des hôpitaux.<br /><br />3)&nbsp; l'absence totale, de la part du pouvoir, de mesures efficaces pour équiper les hôpitaux et faire face à la maladie.<br /><br />4) L'organisation d'élections sur fond de mensonges que le virus est endigué, avant de reproclamer l'état d'urgence sanitaire, puis le couvre-feu, tout de suite après les élections, lesquelles furent entachées d'irrégularités et ont donné au pouvoir la majorité absolue.<br /><br />5) L'arrogance du pouvoir qui mène grand train, et a célébré sa victoire électorale via une grande fête, où les participants ne portait pas de masque et n'appliquaient pas les gestes barrières. Arrogance qui s'est exprimée aussi dans une agressivité verbale permanente du pouvoir, cherchant sans cesse des coupables quant à la recrudescence du virus: après les serbes de l'émigration, les musulmans fêtant Bajram, ce sont récemment les étudiants qui ont été accusés de répandre le virus. <br /><br />Le facteur Covid 19 est donc bien l'élément déclencheur, mais il est en réalité l'étincelle sur un baril de poudre de longue date chauffé à blanc au sein de la société serbe, d'où le fait qu'il est partiellement inexacte de ranger ces événements dans "l'actu du Covid", alors qu'ils appartiennent davantage à l'actualité tout court.<br /><br />La Serbie est épuisée, moralement, physiquement et politiquement. Rien n'a fondamentalement changé depuis la chute de Milošević, dans un climat de violence, tantôt latente/tantôt effective, de pauvreté généralisée, et de corruption elle aussi généralisée. Seule une infime minorité de Serbes profite de l'économie néolibérale mise en place avec assiduité par les différents pouvoirs, avec la bénédiction bienveillante de l'Occident comme de la Russie, des Emirats et de la Chine, qui font ici leurs petites et grandes affaires, profitant d'un droit du travail très relatif et d'une main d'oeuvre qualifiée mais pas chère. Sans surprise, cette minorité qui profite est proche du pouvoir, quand elle n'en est pas issue.<br /><br />Enfin, il ne faut pas oublier qu'Aleksandar Vučić était déjà en partie aux manettes dans les années de guerre (comme ministre de l'information), et que son parti, le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_progressiste_serbe" target="_blank">SNS</a>, règne en coalition avec le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_socialiste_de_Serbie" target="_blank">SPS</a>, le parti de Slobodan </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Milošević</span></span>, c'est à dire le parti qui a historiquement les mains sales et tachées de sang. Même si tous les Serbes n'ont pas la même lecture des tenants et aboutissants des guerres des années 90, loin de là, l'immense majorité est aujourd'hui d'accord pour dire que la politique menée à l'époque a mené le pays à sa perte. De fait, avoir au pouvoir encore et toujours les mêmes gens est simplement insupportable pour bon nombre de Serbes.</span></span></span><br /><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-n__nGjJIJBU/XwdM1s5dyZI/AAAAAAAAEaM/Tlr52UNuarAC27afojlnz2Kh25KATKnowCLcBGAsYHQ/s1600/_113280229_kontejner.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="549" data-original-width="976" height="225" src="https://1.bp.blogspot.com/-n__nGjJIJBU/XwdM1s5dyZI/AAAAAAAAEaM/Tlr52UNuarAC27afojlnz2Kh25KATKnowCLcBGAsYHQ/s400/_113280229_kontejner.jpg" width="400" /></a></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /><b>Manifestants: les bons et les méchants</b></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br />Clarifions tout de suite la question de l'extrême-droite au sein du mouvement en cours, le gouvernement serbe dénonçant des "fascistes" qui fomentent un "putsch", et certains médias ou commentateurs relevant la présence de cette haïssable mouvance politique. Certes, celle-ci est bien là, comme en témoignent certains slogans entendus, notamment ceux contre les migrants, ou pour la défense des lieux saints au Kosovo, ainsi que la présence de néo-fascistes connus dans le paysage serbe.&nbsp; On peut être surpris, vu de France, par cette opposition d'extrême-droite à Aleksandar </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Vučić</span></span>, lui-même issu de cette mouvance, mais le phénomène n'est pas nouveau. Déjà à l'époque, </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Milošević</span></span> était doublé sur sa droite par le Parti Radical Serbe, qui le trouvait trop "mou". Aujourd'hui, c'est le parti ultra-conservateur, intolérant et nationaliste, "Dveri", qui combat le pouvoir sur des motifs similaires de mollesse et de trahison (sur le Kosovo). Il y a également le mouvement animaliste d'extrême-droite Léviathan, qui se sert de la cause animale pour persécuter les minorités, les tziganes, en particulier, accusés de maltraiter leurs chevaux et leurs chiens... Bien qu'en perte de vitesse, les Radicaux sont également au taquet. <br /><br />Il est évidemment hors de question pour moi de soutenir cette frange de l'opposition. Je rappellerai toutefois que </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Milošević</span></span></span></span> a été renversé, certes par la mobilisation qui s'est construite autour du mouvement "<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Otpor" target="_blank">Otpor</a>" (pro-occidental), mais aussi avec l'aide de l'extrême-droite. Habituée au coup de poing et à la baston d'envergure, celle-ci s'est montrée efficace pour à la fois plonger les rues dans un chaos ingérable, et tenir tête aux forces de l'ordre. Enfin, désolé de le dire, mais une révolution, si elle a lieu, ce n'est pas juste une révolution des "progressistes" du "bon bord" politique, et des "bien nés" idéologiques, mais c'est un mouvement où "tout le monde y va", y compris parfois la lie de la société et les éléments les plus radicaux. On peut le regretter, et loin de moi de m'en réjouir, mais le phénomène n'est d'ailleurs pas propre à la Serbie.<br />Alors oui, il y a parmi les manifestants des fachos, des nationalistes, des négationnistes des crimes de guerre serbes, des cléricalistes, des gens en -phobes de tout ordre, des sceptiques complotistes anti-vaccins qui pensent que le virus est une grippe un peu agressive fabriquée en Chine sur commande de la CIA et des sionistes.<br /><br />On peut dire que ce qui se joue ici, par rapport à cette mouvance détestable, c'est une lutte de leadership au sein des droites dures serbes, dont le SNS d'Aleksandar </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Vučić</span></span></span></span> fait partie, malgré des tentatives de dédiabolisation proches de celles du FN/RN en France (relire <a href="http://yougosonic.blogspot.com/2020/06/les-preletaci-qui-sont-ils-que-veulent.html" target="_blank">mon précédent post</a> à ce sujet). Les sympathisants de Dveri et ceux du SNS se vouent une haine viscérale et ont déjà failli en venir au main à plusieurs reprises. Il n'y bien entendu rien à attendre de cette opposition extrémiste, quand bien même elle contribuerait à un renversement du régime, ce d'autant que si elle devait arriver un jour au pouvoir, elle se comporterait exactement de la même manière que le pouvoir actuel. Elle continuerait de bloquer la Serbie dans un glacis de conservatisme et d'intolérance, qui ne ferait que braquer les pays voisins, et maintiendrait de graves tensions au sein de la société serbe elle-même.<br /><br />Il est cependant totalement faux d'affirmer que les manifestants seraient tous d'extrême-droite. Pour avoir des personnes de mon entourage proche parmi ceux qui ont participé aux manifestations depuis mardi, et pour avoir lu et vu plusieurs dizaines de témoignages "in situ", je puis raisonnablement affirmer que les émeutiers fédèrent les milieux sociaux, les générations (beaucoup de jeunes, mais aussi des retraités), les orientations idéologiques, et que, par ailleurs, les femmes y sont nombreuses. Notons aussi la présence de militants d'ONG, comme ceux de "<a href="https://nedavimobeograd.rs/english/" target="_blank">Ne da(vi)mo Beograd</a>", fer de lance de la lutte contre le nouveau quartier de <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Belgrade_Waterfront" target="_blank">Beograd na vodi</a>, mais aussi de personnalités connues pour leurs positions politiques progressistes, telle la journaliste du quotidien indépendant Danas, Snežana Čongradin, ennemie jurée de tous les nationalistes et extrémistes serbes. Cette dernière a d'ailleurs eu, <a href="http://balkans.aljazeera.net/blog/kako-sam-prezivjela-beogradski-horor" target="_blank">dans l'article</a> (en serbe) qu'elle a publié le lendemain des premières émeutes, une analyse intéressante de la situation: selon elle, la Serbie n'est plus divisée selon des fractures idéologiques classiques (gauche vs droite, nationalistes vs antinationalistes), mais selon le fait d'être pour ou contre le pouvoir d'Aleksandar Vučić. On peut s'en inquiéter ou s'en rassurer, mais aussi émettre l'idée que les fractures traditionnelles réapparaîtront dans un second temps, après un renversement éventuel du pouvoir, renversement plus qu'hypothétique à ce jour.</span></span></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-EhOhip3aMR4/XwdWAXgZEmI/AAAAAAAAEak/wn57E9C5NaI83SomzFs5ke0_70UP8ccIACLcBGAsYHQ/s1600/cale.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="533" data-original-width="764" height="278" src="https://1.bp.blogspot.com/-EhOhip3aMR4/XwdWAXgZEmI/AAAAAAAAEak/wn57E9C5NaI83SomzFs5ke0_70UP8ccIACLcBGAsYHQ/s400/cale.jpg" width="400" /></a></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Une des images virales du premier soir de manifestation, le 7 juillet.<br />Croisé par hasard par l'une des journalistes de la chaîne de TV N1, ce jeune homme laisse éclater sa colère en des termes qui sont déjà devenus un motto, viral, lui aussi:<br />"Papa, c'est pour toi [que je fais ça]!" ("Ćale, ovo je za tebe!" en V.O.)<br />Le jeune homme explique que son père est mort du Covid 19, dans de terribles souffrances,<br />parce qu'il n'y avait pas de respirateurs disponibles à l'hôpital.</i></span></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-w4zvOrwLxks/XwdXnx_QB1I/AAAAAAAAEaw/TIfN5GTcDVMiOF9AcvfqURhMDH6SNb1AgCLcBGAsYHQ/s1600/cale%2Bovo%2Bje%2Bza%2Btebe.jpg" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="680" data-original-width="800" height="272" src="https://1.bp.blogspot.com/-w4zvOrwLxks/XwdXnx_QB1I/AAAAAAAAEaw/TIfN5GTcDVMiOF9AcvfqURhMDH6SNb1AgCLcBGAsYHQ/s320/cale%2Bovo%2Bje%2Bza%2Btebe.jpg" width="320" /></a></span></div><span style="color: #ffe599;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>La phrase circule désormais sur le net avec ce poing levé, <br />c'est un des nouveaux signes de ralliement des manifestants.</i></span></span></div><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br />Pour terminer ce chapitre sur les profils des manifestants, je relève que, sur les réseaux sociaux comme sur le terrain, les sympathisants de l'opposition progressiste se sont globalement distanciés de l'extrême-droite. Diverses organisations antifascistes ont dénoncé l'infiltration, </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">par une minorité d'agités d'extrême-droite, </span></span>d'un mouvement composé majoritairement de "citoyens normaux en lutte". "L'union pour la Serbie", cartel de partis modérés, a d'ailleurs tenu un meeting à part, mercredi 8 juillet, devant la Faculté de Philosophie, le "spot" favori de l'opposition étudiante et intellectuelle, et non devant le parlement, où les manifestants étaient davantage "marqués à droite".</span></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><br /></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/QaJ3R5k0Bus" width="560"></iframe></span></div><div style="text-align: justify;"><div style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Des  types paisiblement assis sur un banc tabassés par la police, le mardi 7  juilet.<br />Images de la chaîne de télévision N1, dont la  journaliste est ensuite allée à la rencontre des victimes (rencontre non visible dans la vidéo ci-dessus). Visiblement  choqués, traumatisés et effrayés, les gens aggressés prétenderont alors  que rien ne s'est passé, et refuseront de témoigner à l'écran: une scène  terrible qui raconte l'ampleur de la violence et la peur qui en  découle.</i></span></span></span></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><br /></span></div><span style="color: #ffe599;"><br /></span><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Comme en témoignent de nombreuses images, tournées par des manifestants, ou par les médias sur le terrain, la répression policière a été d'une violence extrême, avec tirs au niveau du visage, tirs à bout pourtant, lancement de pierres et d'objets divers, tabassages à dix contre un, tabassage de badauds innocents, de manifestants ouvertement pacifiques ou de blessés à terre... Ceci exposé, et sans vouloir minimiser ces faits graves, cette riposte des autorités est encore à ce jour "mesurée" par rapport à celle opérée en son temps par Milošević. L'ancien homme fort de la Serbie s'était livré à une répression féroce des manifestations d'opposition, ne laissant pas de quartier aux militants, violentés et traqués jusque dans les maisons, envoyant les tanks, les canons à eau, et même ses sympathisants "de base", affrétés par bus. Ces derniers, recrutés parmi les péquenauds entre deux âges les plus frustrés, et issus des provinces les plus sinistrées, étaient toujours ravis de venir tabasser les pieds-tendres (les intellectuels dissidents) et les jeunes flemmards (les étudiants) de la décadente et hautaine capitale. On n'est pas passé loin de la guerre civile intra-serbe, à ce moment là, même si </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Milošević</span></span>, qui calculait toujours précisément chacune de ses actions, n'utilisa pas ce levier jusqu'au bout.<br /><br />Pour revenir à mardi soir (le premier soir d'émeutes), la police m'a semblé par moment dépassée, en nombre insuffisant et dépourvue de stratégie claire, avant que des renforts n'arrivent et que la répression ne se durcisse et ne reprenne le dessus. Etait-ce le but des autorités, à savoir, laisser la situation dégénérer pour mieux reprendre la main et justifier une riposte violente? Ou était-ce le fruit des circonstances ? Des rumeurs circulent comme quoi ce seraient les services secrets qui auraient fomenté la brève mais impressionnante percée des manifestants dans le parlement. D'autres accusent des militants de Dveri de s'être livrés à ce fait d'armes, pour pousser à la confrontation, alors que le reste des manifestants auraient été pacifiques. A l'opposé, d'autres témoignages, dont celui encore de la journaliste </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Snežana Čongradin</span></span>, attestent que la majorité des gens massés aux portes du parlement étaient des individus lambdas, qui forcèrent le barrage policier davantage à cause de la sensation soudaine de leur force, de la montée d'adrénaline qui va avec, et de l'instinct du "moment", jugé propice, que dans une stratégie construite. Reste que la présence d'agents provocateurs n'est pas exclue (un classique de la répression, en Serbie comme ailleurs), ni l'hypothèse d'un ordre venu d'en haut, invitant à laisser temporairement les manifestants pénétrer dans le parlement, ce qui devait permettre de passer plus facilement et légitimement à la phase répressive "dure". Enfin, une addition de ces différents éléments reste elle-aussi plausible (mouvement de foule spontané + agents provocateurs + ordre de céder puis de réprimer).</span></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/acS2WYQmWX4" width="560"></iframe></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #ffe599;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br />Si le mouvement vient à se poursuivre, ce qui semble être la tendance, le pouvoir actuel va sans doute durcir la répression, et pourrait adopter les méthodes de </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Milošević</span></span>. Les violences policières sont largement montées d'un cran le deuxième soir des manifestations, avec des images qui sont déjà devenues virales, telle celle d'un homme à terre roué de coup par plusieurs vagues de gendarmes mobiles, sur Terazije, la grande artère du centre de la capitale (vidéo ci-dessus). Ou encore le fait que des journalistes aient été molestés sans ménagement par les forces de l'ordre, alors qu'ils tenaient en main leur carte de presse, ou que d'autres aient été empêchés de filmer. Quant au scénario d'une entrée en action des sympathisants "de base" d'Aleksandar Vučić, il est également possible, et de nombreux internautes en expriment déjà la crainte sur les réseaux sociaux. La présence de grands gaillards en civil aidant les forces de l'ordre à tabasser et à appréhender les manifestants a aussi été relevée par certains observateurs, et il pourrait ne pas s'agir uniquement de policiers en civil, mais de voyous à la solde du pouvoir, recrutés parmi les hooligans ou dans les clans mafieux.</span></span></span><br /><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-G1h-mV7O60k/XwdZXAKrhmI/AAAAAAAAEbE/0dGbkCsC7BkESMDuzqBBef-7FtwIGexzQCLcBGAsYHQ/s1600/batinasi%2BDemonstracije_070720_Nova-Foto-Goran-Srdanov036-725x483.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="266" data-original-width="400" height="265" src="https://1.bp.blogspot.com/-G1h-mV7O60k/XwdZXAKrhmI/AAAAAAAAEbE/0dGbkCsC7BkESMDuzqBBef-7FtwIGexzQCLcBGAsYHQ/s400/batinasi%2BDemonstracije_070720_Nova-Foto-Goran-Srdanov036-725x483.jpg" width="400" /></a></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Des mystérieux "civils" aident la police à arrêter des manifestants.</i></span></span></div><table align="center" cellpadding="0" cellspacing="0" class="tr-caption-container" style="margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: center;"><tbody><tr><td style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><br /></span></td></tr><tr><td class="tr-caption" style="text-align: center;"><br /></td></tr></tbody></table><div style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><b><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Echecs en masse</span></span></b></span></div><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Pour Aleksandar </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Vučić</span></span> et son gouvernement, les événements en cours sont un échec. L'actuel président serbe a basé toute sa manière de composer avec l'opposition sur l'ignorance méprisante de celle-ci, doublée d'une quasi éradication de ses espaces d'expression. Les médias, majoritairement aux ordres ou proches du pouvoir, diabolisent violemment les oppositions, qui se sont réfugiées dans les quelques rares journaux encore indépendants, comme Danas, mais surtout du côté du web, pour faire entendre leurs points de vue. Quant aux manifestations et actions civiques, elles sont regardées avec dédain et détachement par le pouvoir, comme si elles n'incarnaient rien et n'avaient aucun poids. Tout en utilisant cette "tolérance" des manifestations comme une preuve de démocratie (pour rassurer un Occident qui, de toute façon, souffre de cécité ou refuse de voir), Aleksandar </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Vučić</span></span> compte depuis toujours sur leur épuisement et leur pourrissement. Enfin, vieille recette héritée de Milošević, le pouvoir ne dédaigne pas de recourir à la fraude électorale, quoique dans une mesure moindre que son prédécesseur, afin d'entretenir quand même l'illusion d'une démocratie (rassurer l'Occident, once again, lequel souffre toujours de cécité ou ne veut toujours pas voir). Il peut également s'appuyer sur tout un arsenal de pressions, d'intimidations, et parfois de "cadeaux", dans la fonction publique, dans les entreprises et dans les immeubles, qui feront que les votes finiront par lui être majoritairement favorables. Ce cocktail a permis au parti de</span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"> Vučić</span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">, lors des récentes élections (celles réalisées soi-disant alors que le Covid 19 s'était éloigné de la Serbie), de rafler la mise, au delà de la majorité absolue, d'autant que la plupart des partis d'opposition avaient décidé de boycotter le scrutin, considéré comme une mascarade. Ce boycott n'a suscité aucune réaction d'Aleksandar </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Vučić</span></span>, engoncé dans sa posture de dédain et d'ignorance de la contestation.</span></span></span><br /><span style="color: #ffe599;"><br /></span><br /><table align="center" cellpadding="0" cellspacing="0" class="tr-caption-container" style="margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: center;"><tbody><tr><td style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-PYVI-XQE__E/XwdYt35jJhI/AAAAAAAAEa8/7LYOPpQVYD8a1SrtKSu2SFGiv6l67U1fwCLcBGAsYHQ/s1600/demonstranti%2Bkonjica%2BFIL_9512-01-725x483.jpeg" style="margin-left: auto; margin-right: auto;"><img border="0" data-original-height="266" data-original-width="400" height="212" src="https://1.bp.blogspot.com/-PYVI-XQE__E/XwdYt35jJhI/AAAAAAAAEa8/7LYOPpQVYD8a1SrtKSu2SFGiv6l67U1fwCLcBGAsYHQ/s320/demonstranti%2Bkonjica%2BFIL_9512-01-725x483.jpeg" width="320" /></a></span></td></tr><tr><td class="tr-caption" style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Des manifestants font face à la police montée.</i></span></span></span></td></tr></tbody></table><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><br /></span></div><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Ce qui se passe depuis mardi est une conséquence logique de cette stratégie du président: quand l'opposition ne peut plus s'exprimer ni dans la plupart des médias, ni dans le débat politique, que le jeu électoral est en partie truqué, et qu'en plus, le pouvoir l'ignore et la méprise, alors il ne lui reste que la rue et la violence pour se faire entendre. A nous Français, ce phénomène n'est pas inconnu: plusieurs analystes ont émis l'hypothèse que les Gilets Jaunes ont émergé parce que le pouvoir macronien avait court-circuité les corps intermédiaires (les syndicats), tout en annihilant, sur le papier, les conflictualités politiques pour créer une sorte de "méta-centre" supposément ni de droite ni de gauche, le tout sur fond d'arrogance et de mépris envers toute critique ou divergence.<br /><br />La stratégie de l'ignorance et du pourrissement pratiquée par </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Vučić</span></span> est donc un échec, qui lui a explosé à la figure, et dont il lui sera difficile d'effacer les traces, désormais indélébiles. Car la population a brisé quelque chose mardi soir, et je ne pense pas seulement à la porte du parlement. Des peurs sont tombées, et le "plus rien à perdre" s'est imposé. Consciente de sa force, et galvanisée par la capacité qu'elle a eu de tenir ses positions (les émeutes ont pris fin tard dans la nuit), la foule ne s'arrêtera sans doute pas à ces premiers faits d'armes.</span></span></span><br /><div style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-W1hnyJ0puhA/XwdbVbif1-I/AAAAAAAAEbQ/vqBiP61U95AD-vYVd_mGIiL1nlTQeglVwCLcBGAsYHQ/s1600/policijsko%2Bvozilo%2BDRM_5909-725x483.jpg" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="266" data-original-width="400" height="212" src="https://1.bp.blogspot.com/-W1hnyJ0puhA/XwdbVbif1-I/AAAAAAAAEbQ/vqBiP61U95AD-vYVd_mGIiL1nlTQeglVwCLcBGAsYHQ/s320/policijsko%2Bvozilo%2BDRM_5909-725x483.jpg" width="320" /></a></span></div><span style="color: #ffe599;"><br /></span><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br />Il faut être ici honnête et complet: la mainmise de </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Vučić</span></span> sur le pouvoir n'est pas seulement le produit de ses subterfuges et combines. Elle est aussi le résultat de l'incapacité de l'opposition politique progressiste à s'organiser, à se structurer et à articuler des réponses à la situation du pays, susceptibles de rassembler un vaste éventail d'électeur. Même lorsqu'ils ont eu le pouvoir, les démocrates sincères se sont montrés décevants, et même parfois pires, sur certains sujets, que le SPS de </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Milošević</span></span>, s'aliénant ainsi leurs plus fervents </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">soutiens (relire là encore <a href="http://yougosonic.blogspot.com/2020/06/les-preletaci-qui-sont-ils-que-veulent.html" target="_blank">mon précédent post</a>)</span></span>. Depuis l'arrivée au pouvoir du SNS, les différents ténors de l'opposition politique se sont contentés de candidatures de témoignages, où ils se sont montrés peu à la hauteur, tels Saša Janković, le pourtant très populaire défenseur des droits de la République de Serbie, qui, à deux jours du scrutin présidentiel (en 2017), prédisait avec assurance la chute d'Aleksandar Vučić, avant de se débiner et de se retirer de la vie politique, une fois son échec patent constaté. Malgré son échec, Janković avait pour lui la stature de figure indépendante, l'intégrité morale et un soutien populaire indéniable. Il aurait donc pu incarner une opposition démocratique rassembleuse et de qualité, qui aurait pu tracer un sillon et semer pour l'avenir... <br />A la différence de l'opposition "modérée", sa consoeur d'extrême-droite n'a, elle, aucune difficulté à s'organiser et à gagner des points en surfant sur les frustrations et la misère, et en flattant les bas-instincts. Bref, pour dire les chose durement, les manifestations en cours ne sont pas seulement l'échec d'Aleksandar </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Vučić</span></span>, elles marquent aussi l'échec de l'opposition politique, qui a perdu sa crédibilité et son aura. Le développement des ONG et des mouvements type Ne Da(vi)mo Beograd est aussi le résultat de cette perte d'influence de l'opposition politique. Ces sont ces organisations qui incarnent aujourd'hui, de façon déterminée et crédible, la vraie résistance politique au pouvoir </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">"Vučić</span></span>ien". C'est aussi cette résistance, hors partis, et parfois transpartisane, qui s'est exprimée depuis mardi.</span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /><br />Ces événements marquent aussi l'échec des "partenaires" internationaux de la Serbie, et en particulier de l'Occident, qui a misé sur Aleksandar </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Vučić</span></span>, et qui, comme je le pointais plus haut, ne voit pas ou refuse de voir que le président serbe se comporte comme un autocrate arrogant, corrompu et dangereux. L'Occident a tablé sur Aleksandar </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Vučić</span></span> en le percevant, je cite, "comme un facteur de stabilité dans les Balkans". Outre que cette vision s'est déjà avérée fausse, le régime serbe ne dédaignant pas de provoquer et de déstabiliser les pays voisins (Kosovo, Bosnie-Herzégovine), cette approche s'affiche désormais comme un calcul aussi erratique que dangereux, puisque le président serbe apparaît aujourd'hui comme un facteur d'instabilité et de désordre pour son propre pays et sa propre population. Si par le plus grand des malheurs, la situation devait virer en cette fameuse guerre civile intra-serbe que prédisent les Cassandre, les affaires économiques de l'Occident en Serbie risquent de souffrir, mais celui-ci portera également, et surtout, la responsabilité d'avoir insuffisamment soutenu un horizon véritablement démocratique pour le pays. <br />Quant aux Russes, aux Chinois, aux Saoudiens, qui profitent eux-aussi des bonnes affaires que constitue le marché serbe, il n'est guère difficile d'imaginer leur position sur les événements en cours, et le soutien qu'ils renouvelleront sans doute à Aleksandar </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Vučić</span></span>. La Russie risque cependant d'être dans une position inconfortable, sachant qu'une partie de la population serbe, au delà même de l'extrême-droite, voit dans les Russes des "frères". Les manifestants russophiles seraient donc déçus que la Russie ne les soutienne pas. Alors que l'Occident risque, comme à son habitude, de ne rien comprendre à la situation, et donc de faire les mauvais choix, la Russie pourrait, elle, tirer son épingle du jeu, et se poser, en fonction des circonstances et de l'évolution sur le terrain, en médiatrice, augmentant encore ses parts de marché géopolitiques, déjà renforcées, entre autres, dans le bourbier syrien, et dans son soutien aux extrêmes-droite occidentales.</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-Hg02RsHA9N8/XwdcmrjCTCI/AAAAAAAAEbc/8aX5S5SfDY0AXYph0NUs2oywA6-PwXffwCLcBGAsYHQ/s1600/vucicgotovje.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="530" data-original-width="462" height="320" src="https://1.bp.blogspot.com/-Hg02RsHA9N8/XwdcmrjCTCI/AAAAAAAAEbc/8aX5S5SfDY0AXYph0NUs2oywA6-PwXffwCLcBGAsYHQ/s320/vucicgotovje.jpg" width="278" /></a></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Gotov je=il est fini.<br />Slogan déjà en vigueur à l'époque de Milosevic.</i><br /><br /><br /><b>La suite ? </b></span></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><br /></span></div><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Difficile à ce stade d'esquisser justement des scénarios construits et à moyen terme sur la suite des événements. Difficile aussi de dire à quoi pourrait ressembler une Serbie où Aleksandar </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Vučić</span></span> serait renversé, par de nouvelles élections (on peut rêver), ou par la rue, avec un ralliement de l'armée et de la police. Les différents partis d'opposition, extrême-droite comprise, ont déjà pris attache par le passé, et une ébauche de plateforme les rassemblant a même vue en partie le jour. On voit mal cependant un gouvernement de salut national se constituer entre des gens qu'idéologiquement tout oppose, et qui ne parviendront sans doute pas à s'entendre, même sur les contours d'une quelconque phase de transition. Et d'ailleurs, à part "faire tomber le dictateur", on peine à identifier un projet concret et construit pour la Serbie de "l'après". La capacité de l'opposition véritablement démocratique à se structurer, à retrouver de la crédibilité, et à se distancier de sa vraie-fausse alliée (de circonstance) de l'extrême-droite, reste une grande inconnue... Quant à l'armée et à la police,&nbsp; aucun indicateur ne permet pour l'instant d'envisager que ces deux corps constitués ne basculent en faveur des manifestants, comme lors de la chute de </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Milošević</span></span>. Sauf accélération imprévue de l'histoire, nous sommes donc sans doute encore loin d'une chute d'Aleksandar </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Vučić</span></span>.<br /><br />Pour le court terme, les manifestations vont sans doute prendre de l'ampleur, le régime, lui, va durcir la répression, comme en témoigne l'extrême fermeté exprimée par le ministre de la police mercredi soir, lors de sa conférence de presse. Cette polarisation rend évidemment l'avenir inquiétant, et il faudra suivre avec vigilance la situation des prochains jours voire semaines. Comme ailleurs dans la Yougosphère, il est possible aussi que le mouvement, passé un pic de fièvre, s'essouffle et retombe à nouveau, jusqu'à la prochaine réplique. Enfin, n'oublions pas le facteur épidémique: la situation est grave en Serbie sur le plan de la diffusion du coronavirus, et si la plupart des manifestants portent des masques, une aggravation de la pandémie pourrait affaiblir les ardeurs...</span></span></span><br /><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br />Quoiqu'il en soit et malgré la complexité de la situation, les inconnues nombreuses, ainsi que les dangers identifiés à droite du soulèvement, je soutiens les Serbes en lutte pour une vie et un pays "meilleur". Et comme je l'avais écrit dans "<a href="http://yougosonic.blogspot.com/2013/07/bosnian-reset.html" target="_blank">Bosnian Reset</a>", à l'époque de la fronde survenue en Bosnie-Herzégovine (avec également des dysfonctionnements politico-médicaux comme déclic), ces manifestations massives en Serbie nous rappellent que l'apathie et la dépression ne sont pas, en ex-Yougoslavie, une fatalité ni un état éternel, contrairement aux clichés en vigueur, ici comme la-bas (Au fait, l'apathie de la société française, on en parle ?). Il est temps une fois de plus de revoir nos schémas sur la région, et d'accompagner le mieux possible et au plus près celles et ceux qui luttent pour la changer. A suivre!</span></span></span></div>
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Ce terme (prononcé en français "prélétatchi"), désigne en Serbie les femmes et hommes politiques qui, non seulement "retournent leur veste" mais endossent celle d'un nouveau parti politique. <br />Le mot est construit à partir de la racine "let" qui signifie vol, au sens de vol aérien, et du verbe "preletati" qui signifie selon les contextes s'envoler, survoler, voler d'un point à un autre, transférer, ou encore "migrer", comme le font les oiseaux migrateurs. Bref, "</span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">preletači" </span></span>pourrait se traduire grossièrement par "ceux qui volent ou migrent d'un parti politique à un autre". <br /><br />Les preletači sont un véritable phénomène de société en Serbie (et au delà, dans la Yougosphère), au point que l'expression est rentrée dans le langage courant, ce qui explique que je l'utiliserai ici dans son jus linguistique local, sans la traduire. <br /><br />S'il fallait résumer de façon schématique le phénomène, on pourrait dire qu'il consiste, au gré de la météo politique serbe, à quitter un parti pour rejoindre celui qui est au pouvoir ou celui qui a le plus de chance d'emporter le pouvoir. Et tant pis si c'est un parti que l'on a sévèrement critiqué et vigoureusement combattu par le passé. Le "preletač" défendra son nouveau parti avec la même détermination qu'il l'a autrefois combattu. </span></span></span></div><a name='more'></a><span style="color: #ffe599;"><br /></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Le <span style="color: #e06666;"><a href="https://www.youtube.com/watch?v=nsYMhllkcUY" target="_blank">documentaire</a></span>, hélas indisponible dans une autre langue que le serbe, s'amuse ainsi à confronter les discours de différents preletači, entre le temps où ils attaquaient, parfois avec des mots très durs, leurs futurs alliés, et celui où ils encensent ces derniers, avec une conviction enflammée. On passe ainsi de (je cite de mémoire) : "Aleksandar Vučić est un dangereux pervers narcissique dont les projets mégalomanes masquent l'absence de vision pour le pays, pays qu'il mènera à la ruine", à "par sa personnalité exceptionnelle et les compétences que nous lui connaissons tous, Aleksandar Vučić est l'homme le plus à même de conduire ce pays sur le chemin de la prospérité et de la grandeur retrouvée. Et je suis fier(e) d'être aujourd'hui à ses côtés pour bâtir la Serbie de demain...bla bla bla..."<br /><br />Comme le suggère peut-être ce qui précède, Aleksandar Vučić et son parti, le Parti Progressiste de Serbie (Srpska Napredna Stranka, SNS), sont les principaux bénéficiaires de ces ralliements. L'actuel président serbe, et son prédécesseur à ce poste, <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Tomislav_Nikoli%C4%87" target="_blank">Tomislav Nikolic</a>, sont d'ailleurs à leur façon eux-mêmes des preletači.<br /><br />Il faut ici ouvrir plusieurs tiroirs historiques, pour bien comprendre l'émergence du phénomène:</span></span></span><br /><table align="center" cellpadding="0" cellspacing="0" class="tr-caption-container" style="margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: center;"><tbody><tr><td style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-R6gKrm85wUQ/XtzQV7QCPXI/AAAAAAAAEXo/Tu583nJETAgtXxwZfmjH1yZea2IYbtxhgCLcBGAsYHQ/s1600/Tomislav-Nikoli%25C4%2587-i-Aleksandar-Vu%25C4%258Di%25C4%2587.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: auto; margin-right: auto;"><img border="0" data-original-height="480" data-original-width="1024" height="187" src="https://1.bp.blogspot.com/-R6gKrm85wUQ/XtzQV7QCPXI/AAAAAAAAEXo/Tu583nJETAgtXxwZfmjH1yZea2IYbtxhgCLcBGAsYHQ/s400/Tomislav-Nikoli%25C4%2587-i-Aleksandar-Vu%25C4%258Di%25C4%2587.jpg" width="400" /></a></span></td></tr><tr><td class="tr-caption" style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Tomislav Nikolić et Aleksandar Vučić.<br />Photo (c) Nemanja Jovanović.</i></span></span></span></td></tr></tbody></table><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Jusqu'à 2008, Aleksandar Vučić et Tomislav Nikolić sont membres du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_radical_serbe" target="_blank">Parti Radical Serbe</a> (Srpska Radikalna Stranka, SRS) de <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Vojislav_%C5%A0e%C5%A1elj" target="_blank">Vojislav Seselj</a>. Le SRS est un parti ultranationaliste dont le discours comme les méthodes sont violents. Illuminé égocentrique, Šešelj s'est autoproclamé "Voïvode des <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Chetniks" target="_blank">Tchetniks</a>" (voïvode=terme slave médiéval signifiant "chef de guerre") au début des guerres yougoslaves et a combattu avec ses milices en Croatie et en Bosnie-Herzégovine. Le "voïvode" est aussi connu à cette époque pour tabasser des élus d'opposition au parlement, boycotter les interviews de journalistes allemands (à cause du soutien de l'Allemagne à l'indépendance croate) et <a href="https://balkaninsight.com/2011/05/04/seselj-s-most-memorable-quotes/#gsc.tab=0" target="_blank">pour ses formules à l'emporte pièce, c'est le cas de le dire, comme lorsqu'il promettait d'arracher les yeux des Croates avec une cuillère rouillée</a>. En 2002, Šešelj se rend volontairement à la Haye pour répondre des crimes qui lui sont reprochés par le TPIY. N'y voyez aucun courage, code de l'honneur ou désir de rédemption. Comme Ratko Mladić ou Radovan Karadžić, convaincus de la justesse de leur cause et de leurs actes, et tenant tête aux juges de manière bravache et insolente, Šešelj se rend aux Pays-Bas pour continuer son cirque nationalo-égocentrique, que jusque là, il assurait sur les chaînes de télés serbes, qui l'invitaient volontiers aux émissions de divertissement. Avec ses calembours à deux balles et ses provocs du type cuillères rouillées, il assurait en effet audience et buzz!</span></span></span><br /><table align="center" cellpadding="0" cellspacing="0" class="tr-caption-container" style="margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: center;"><tbody><tr><td style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-Wk2EBCfmb4Q/XtzRncYHpnI/AAAAAAAAEX0/U1TKbnE4YI8Gct9T4y5-dtRZNxbivBjWACLcBGAsYHQ/s1600/Seselj%2BVojvod.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: auto; margin-right: auto;"><img border="0" data-original-height="319" data-original-width="497" height="256" src="https://1.bp.blogspot.com/-Wk2EBCfmb4Q/XtzRncYHpnI/AAAAAAAAEX0/U1TKbnE4YI8Gct9T4y5-dtRZNxbivBjWACLcBGAsYHQ/s400/Seselj%2BVojvod.jpg" width="400" /></a></span></td></tr><tr><td class="tr-caption" style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Šešelj (au centre) et son fan-club peu de temps avant la guerre. </i></span></span></span></td></tr></tbody></table><div style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><br /></span></div><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">En quittant la mère patrie pour les geôles de <a href="https://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/scheveningen-la-prison-doree-de-mladic-et-karadzic_543187.html" target="_blank">Scheveningen</a>, le voïvode confie les rennes du Parti Radical à celui qu'il croit être "un homme de confiance", Tomislav Nikolić, alors quinquagénaire, lui aussi accusé un temps de crimes de guerre en Croatie, sans cependant que ces faits aient pu être formellement démontrés. Aux côtés de Nikolić se trouve un jeune loup aux dents longues, Aleksandar Vučić, une tête brûlée pleine de testostérone qui, alors qu'il était ministre de l'information sous Milošević, promettait aux Bosniaques 100 morts pour chaque Serbe tué durant la guerre en Bosnie-Herzégovine. Il s'affichera ensuite, dans les années 2000, en tête des excités qui recouvriront les plaques du Boulevard <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Zoran_%C4%90in%C4%91i%C4%87" target="_blank">Zoran Djindjic</a> à Belgrade, par des autocollants affichant "Boulevard Ratko Mladić" (photo ci-dessous). Un beau CV, comme on le voit.&nbsp;</span></span></span><br /><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-Sv48vaXvyv0/XtzTDaxSFkI/AAAAAAAAEYA/GPYpGP54dd0eS-sB9JyLxlfdXLigEsudQCLcBGAsYHQ/s1600/Vucic%2BBulevar%2BRatka%2BMladica.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="168" data-original-width="300" src="https://1.bp.blogspot.com/-Sv48vaXvyv0/XtzTDaxSFkI/AAAAAAAAEYA/GPYpGP54dd0eS-sB9JyLxlfdXLigEsudQCLcBGAsYHQ/s1600/Vucic%2BBulevar%2BRatka%2BMladica.jpg" /></a></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><br /></span></div><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Toujours est-il que, dans les années 2000 post-Milošević, le vent tourne, les temps changent. Le nationalisme violent et radical des années 90 fait moins recette. La Serbie, traumatisée, fatiguée et pauvre, réintègre peu à peu le concert des nations dont elle était exclue, renouant avec l'Occident et en particulier avec l'UE. Les restrictions de voyage pour les Serbes sont peu à peu levées, le pays "se réouvre" et se cherche un chemin dans les méandres de la (géo)politique post-guerre.<br /><br />Dans ce contexte de mutations, l'absence du voïvode, qui tenait le SRS d'une main de fer, laisse éclater des divergences. Un courant émerge, porté par Tomislav Nikolić, qui tenterait le grand écart du nationalisme et de l'eau dans le vin de ce dernier, du rapprochement avec l'Union Européenne "et en même temps" de l'ancrage dans la sphère du supposé grand frère russo-orthodoxe. Une troisième voie inacceptable pour les ultras du parti restés fidèles au voïvode. Le conflit de courants se mue en divorce, lequel est consommé en 2008, lorsque Tomislav Nikolić réanime le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_progressiste_serbe" target="_blank">Parti Progressiste de Serbie</a>, un vieux parti serbe du XIXe siècle, connu pour avoir tenté d'allier conservatisme, patriotisme et pragmatisme.<br /><br />Pragmatisme ? J'entends, dès ce stade de l'exposé, la rumeur 2.0 me dire: "mais où est le problème? Ces gens ont tourné le dos au nationalisme, ils ont évolué vers des positions plus modérées et ont adopté une attitude pragmatique. C'est de la realpolitik. Seuls les imbéciles ne changent pas d'avis, non ?"<br /><br />C'est d'ailleurs la ligne de défense des preletači tout au long du reportage: "dans la vie, on change, on évolue, on se rend compte qu'on s'est trompé. Je ne vois pas où est le mal", se justifient les interlocuteurs de la journaliste.<br /><br />Ce serait trop beau si c'était vrai, mais cette attitude d'évolution, de modération et de pragmatisme n'est qu'une façade. <br /><br />Concernant les leaders du SNS, transfuge du SRS, ils n'ont aucunement abandonné leurs idées de départ, mais les ont simplement mises en veilleuse ou au second plan. C'est le principe de la "dédiabolisation", telle que pratiquée en nos terres par Marine Le Pen: "Bon, on tape moins sur les juifs et les pédés, comme le faisait papa, mais on garde le bouc-émissaire arabo-musulman, d'autant que les juifs combattent les arabes et que les pédés et l'Islam, ça fait deux. Et en plus, on va gagner des nouveaux électeurs" (ceci est un propos fictif mais je suis sûr que ça doit causer un peu comme ça dans les brainstormings internes du FN/RN). <br /><br />Par ailleurs, le soi-disant pragmatisme qui verrait la Serbie se situer entre Moscou et Bruxelles, n'est aucunement motivé par une pseudo neutralité, un non alignement ressuscité, ou une volonté de jouer un rôle pivot de bon aloi entre deux champs de forces concurrentiels. L'idée est davantage de manger aux deux râteliers, et de faire du business de part et d'autres. Enrichie pendant les guerres des années 90, et à ce titre seule gagnante de celles-ci, la petite oligarchie économique serbe est proche des pouvoirs qui se succèdent en Serbie. Il faut donc lui permettre de pouvoir continuer à faire ses affaires, aussi bien avec les oligarques russes qu'avec les world-companies occidentales...<br />Enfin, Moscou est un levier, un épouvantail, utile à agiter devant Bruxelles. <br /><br />Bref, au SNS, en termes de propos fictifs, ça donnerait un truc du genre, "bon, c'est pas compliqué: on s'excuse platement pour Srebrenica, on va déposer des fleurs, parce que sinon, les "balije" [terme péjoratif envers les Bosniaques] vont jamais nous lâcher, tout en disant que c'était pas un génocide, parce que merde, faut pas déconner non plus! Et puis, le SDA [principal parti des Musulmans Bosniaques] a besoin de nous pour rester au pouvoir à Sarajevo, et nous, on a besoin de lui aussi: il ne manquerait plus qu'un parti multiethnique prenne le pouvoir à sa place. Vous imaginez la merde?! Le SDA ne pourrait plus dire qu'on cherche encore à écraser les Musulmans, et nous , on ne pourrait plus dire que les Serbes sont en danger en Bosnie. On s'excuse aussi auprès des Oustach...des Croates, parce que c'est quand même des chrétiens, comme nous, même si en moins bien, et parce qu'ils nous sont quand même utiles pour entuber les "balije", si besoin. Par contre, on laisse rien passer de leurs délires néo-oustachistes actuels, comme ça, on prouve qu'on n'est pas des nazis! On soutient aussi Dodik [homme fort de la Republika Srpska], même si il est ingérable, mais on a besoin de lui et le SDA aussi (voir plus haut). On garde les Russes au chaud, parce que le peuple pense qu'ils sont nos frères (LOL!), mais on dit oui à l'Europe et à l'économie de marché libre et non faussée: on privatise tout et on partage les bijoux de famille entre les Occidentaux, les Emirats et les Russes, et on se sert bien-sûr au passage. Et pour faire passer tout ça, on concentre l'attention sur le Kosovo, même si c'est mort pour le récupérer. On va traîner les pieds tout en faisant semblant d'agir. Et à la moindre merde, on accuse les Šiptari [terme péjoratif envers les Albanais]: ceux-là au moins, tout le monde les déteste! Et comme à Priština, ils sont revenchistes et arrogants envers les nôtres sur place, on est tranquille pour que ça pourrisse encore des années..."</span></span></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-Wo_De7izTmM/XtzUB4M5HDI/AAAAAAAAEYM/vXIbaqO8m7sMoLOvKC0etgSEp51NBdyXgCLcBGAsYHQ/s1600/Nikolic%2Bi%2BVucic%2BEU.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="468" data-original-width="468" height="320" src="https://1.bp.blogspot.com/-Wo_De7izTmM/XtzUB4M5HDI/AAAAAAAAEYM/vXIbaqO8m7sMoLOvKC0etgSEp51NBdyXgCLcBGAsYHQ/s320/Nikolic%2Bi%2BVucic%2BEU.jpg" width="320" /></a></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><br /></span></div><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Ces propos, aussi fictifs soient-ils, mais plus que plausibles pour qui connait la culture politique post-yougoslave, dévoilent les ressorts qui vont alimenter le "preletačisme": le but n'est pas d'améliorer le quotidien des Serbes, de tracer des perspectives solides et constructives pour le pays, de vivre en bonne intelligence avec les voisins, mais d'accéder au pouvoir et d'y rester, coûte que coûte! Rien à voir, donc, avec une quelconque évolution intellectuelle, du pragmatisme ou de la modération.</span></span></span><br /><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-0jvXH_6nH7c/XtzVC572_mI/AAAAAAAAEYY/NB5aQKrGu9coB2iJFs8qtX1ttUifcX9qACLcBGAsYHQ/s1600/Gojkovic.jpg" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="362" data-original-width="512" height="226" src="https://1.bp.blogspot.com/-0jvXH_6nH7c/XtzVC572_mI/AAAAAAAAEYY/NB5aQKrGu9coB2iJFs8qtX1ttUifcX9qACLcBGAsYHQ/s320/Gojkovic.jpg" width="320" /></a>Et de fait, lorsque Tomislav Nikolić quitte le Parti Radical pour (re)créer le SNS, en 2008, Aleksandar Vučić lui emboîte le pas, devenant donc l'un des premiers "preletači" de la vie politique serbe. D'autres Radicaux suivront petit à petit, à mesure que les "Progressistes" grimpent dans les sondages. En particulier <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Maja_Gojkovi%C4%87" target="_blank">Maja Gojkovic</a>, la mairesse de Novi Sad (photo ci-contre), longtemps "arme de séduction massive" des Radicaux, qui espéraient prouver qu'ils n'étaient ni machos, ni anti-modernes, ni extrémistes, à travers la prise de la deuxième ville du pays par une femme éduquée, juriste de formation. Pas de chance, l'ancienne conseillère juridique de Šešelj, au début du séjour de ce dernier à La Haye, est politiquement volage, et s'avère championne en "preletačisme". Elle quitte les Radicaux en 2008, pour fonder le Parti du Peuple, une pseudo coalition citoyenne autour de sa personne, puis rejoint un temps "<a href="https://en.wikipedia.org/wiki/United_Regions_of_Serbia" target="_blank">Régions Unies de Serbie</a>", un parti régionaliste de droite créé par le très libéral <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mla%C4%91an_Dinki%C4%87" target="_blank">Mladjan Dinkic</a>, lequel ne voit que compétence et défense des intérêts de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Vo%C3%AFvodine" target="_blank">Voïvodine</a> chez sa nouvelle recrue. Cette collaboration avec "Régions Unies de Serbie" n'empêche pas Gojković de garder sous le coude son Parti du Peuple, lequel fusionnera avec le SNS en 2012, à la prise du pouvoir de ce dernier. Une complexe mais habile capacité à se placer au bon endroit et au bon moment, comme on peut le voir! </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="color: #ffe599;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-yFBY5TEEp4I/XtzVsYt80xI/AAAAAAAAEYg/MxYkxLxU5woLiXEtDgoUlm8GVxC2ZqdqQCLcBGAsYHQ/s1600/Tadic.jpg" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"><img border="0" data-original-height="620" data-original-width="1100" height="179" src="https://1.bp.blogspot.com/-yFBY5TEEp4I/XtzVsYt80xI/AAAAAAAAEYg/MxYkxLxU5woLiXEtDgoUlm8GVxC2ZqdqQCLcBGAsYHQ/s320/Tadic.jpg" width="320" /></a><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">C'est le duo Nikolić/Vučić qui formera le ticket permettant au SNS cette prise du pouvoir de 2012, le "vieux" prenant la présidence, et le "jeune" devenant premier ministre. On ouvre là </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">un deuxième tiroir: ils succèdent au <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_d%C3%A9mocrate_(Serbie)" target="_blank">DS (Demokratska Stranka, Parti démocrate, classé au centre gauche)</a> de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Boris_Tadi%C4%87" target="_blank">Boris Tadic</a> (photo ci-contre), dont la gouvernance, empoisonnée par la prise officielle d'indépendance du Kosovo en 2007, fut par ailleurs peu capable d'insuffler du renouveau dans le pays, décevant ainsi les électeurs modérés qui espéraient des choix forts et sans retours sur certaines questions politiques et sociétales clés.&nbsp; Certes, à la décharge du DS, la tâche de remettre le pays sur les rails était immense, et le poison du Kosovo, qui, on le sait, tue politiquement toute personne ayant une position modérée sur la question, s'est probablement refermé sur ce gouvernement. Mais celui-ci aurait pu être créatif et offensif dans d'autres domaines, où il aurait peut-être pu sauver la mise. La politique économique, suivant les strictes injonctions de l'UE, dévoila un néolibéralisme zélé et insensible, fermant nombreuses entreprises et mettant sur la paille de nombreux employés, sans plan de relance ou de reconversion. Les réformes de l'appareil d'Etat et de la justice furent timides. L'indépendance de la presse et les libertés civiques ne connurent que faiblement l'embellie annoncée. Certains cadres du DS prirent goût au pouvoir et à ses privilèges, </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">affichant une arrogance détestable, et </span></span>entachant la réputation de droiture du parti à travers diverses affaires de corruption. Last but not least, la nébuleuse fascistoïde et l'intolérance latente d'une partie de la société furent très mollement combattues, et on préféra interdire les "gay-prides" plutôt que d'en garantir le bon déroulement, comme il en incombe à un Etat de droit normalement constitué. Las, tout un pan de l'électorat sincèrement démocrate, ou simplement en attente de progrès, décida de bouder les urnes, laissant un boulevard aux anciens Radicaux "dédiabolisés" du SNS. Détail amusant, une partie du programme du SNS, et en particulier son grand écart entre l'UE "et en même temps" la Russie, ainsi que ses louvoiements sur le Kosovo, sont très clairement pompés sur la politique du gouvernement de Boris Tadić.</span></span></span></div><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br />Le poste de premier ministre qu'occupe Vučić à partir de 2012 est un excellent tremplin pour gravir les échelons du pouvoir, et y bétonner ses positions en plaçant personnes de confiance et d'influence, ou au contraire idiots utiles, aisément manipulables. L'ancienne tête brûlée, assagie par l'air du temps davantage que par l'âge, sait dès cette époque comment user des intrigues de couloirs et du grand foutoir de la scène politique serbe post-Milošević, une arène où tout le monde se connaît, se fréquente et se tutoie, au delà des oppositions idéologiques, et où qui sait se faufiler dans le bal des égos, des ambitions et des opportunismes, peut ensuite faire ou défaire des alliances facilement. </span></span></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-VH7slmf7Oss/XtzWp6yRnoI/AAAAAAAAEYs/0_OT6T3K1VUOcSuNJE2TI5Od7heaZ6OawCLcBGAsYHQ/s1600/beograd-pad-milosevica.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="300" data-original-width="400" height="240" src="https://1.bp.blogspot.com/-VH7slmf7Oss/XtzWp6yRnoI/AAAAAAAAEYs/0_OT6T3K1VUOcSuNJE2TI5Od7heaZ6OawCLcBGAsYHQ/s320/beograd-pad-milosevica.jpg" width="320" /></a></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><i><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Le Parlement Serbe le 5 octobre 2000, <br />jour du renversement de <span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Milošević</span></span>.</span></i></span></div><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br />Le terrain est d'autant plus propice que la chute du dictateur Milošević est encore fraîche, et c'est le troisième tiroir qu'on ouvre. Cette chute avait réveillé l'envie chez de nombreux citoyens de s'engager en politique. Si cet engagement fut sincèrement motivé chez certains par la volonté de bâtir une vraie démocratie, il s'apparentait chez d'autres à un mélange d'opportunisme et de désir de se refaire une virginité, après des années où seule une minorité courageuse avait véritablement payé de sa personne pour combattre Milošević et sa politique. Un peu comme tout le monde était Résistant en France à la Libération, se dépêchant de tondre les "salopes" ayant fricoté avec les soldats teutons, pour mieux détourner l'attention des lâchetés et compromissions d'une bonne partie de la population, en 2001, en Serbie, tout le monde était soudain vigoureusement démocrate, et clamait n'avoir jamais cessé de l'être! La ruée des adhésions au Parti Démocrate fut alors d'une telle ampleur que son leader d'alors, Zoran Đinđić, décida à un moment de les restreindre et de les soumettre à conditions. C'est ce que rapporte, non sans rire jaune, un Boris Tadić plein de recul, dans le documentaire. <br /><br />Le DS devient donc, après la chute de Milošević, un véritable incubateur, favorisant l'émergence d'une nouvelle génération de femmes et d'hommes politiques. Le problème, c'est que, comme on l'a vu, cette génération est en partie constituée d'opportunistes, désireux de se placer dans cette nouvelle Serbie où le retour à la démocratie leur semble surtout signifier que tout est possible et que tous les coups sont permis. Et lorsque le DS tombe en disgrâce, et que le SNS s'affirme comme la force d'avenir, de nombreux cadres du parti de Tadić vont, sans scrupules, s'envoler vers celui de Nikolić et Vučić. Ce seront principalement ceux-là dont les propos sont mis côte à côte dans le documentaire, avant et après leur "migration",&nbsp; pour mieux témoigner du virage hallucinant que constitue cette allégeance nouvelle.<br /><br />Une autre contradiction est relevée par une cadre du DS, restée, elle, fidèle au parti: ces gens qui ont quitté le bateau, explique-t-elle, sont devenus, une fois la veste retournée, très critiques avec la politique menée par le gouvernement dont ils avaient fait partie et qu'ils avaient parfois eux-même conduite. Cette politique était mauvaise et avait donc échoué, disaient-ils. Pourtant, poursuit la militante, ce sont les mêmes gens qui se présentaient comme fantastiques et compétents dans leur ralliement au SNS, et allaient, grosso-modo faire une politique pas tellement différente de celle du parti précédemment au pouvoir. <br /><br />Tout cela ne vous rappelle rien ?<br /></span></span></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-n2VZ6xl0q78/XtzZkyJp6dI/AAAAAAAAEY4/5lmcNsfePaIpUIm9kxbxDIlxd2D8LEjeACLcBGAsYHQ/s1600/Macron%2Bprojet.jpg" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"><img border="0" data-original-height="450" data-original-width="1198" height="120" src="https://1.bp.blogspot.com/-n2VZ6xl0q78/XtzZkyJp6dI/AAAAAAAAEY4/5lmcNsfePaIpUIm9kxbxDIlxd2D8LEjeACLcBGAsYHQ/s320/Macron%2Bprojet.jpg" width="320" /></a></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Plus le documentaire avançait, et plus m'envahissait le sentiment que ce dont il parlait dépassait le cadre de la Serbie, et évoquait tout ce que nous vivons en France depuis trois ans. Les ralliements, de droite, de gauche, du centre, à la dynamique En Marche, de plus en plus nombreux à mesure que le bulle Macron gonflait, et que la victoire de l'ancien Ministre de l'économie s'annonçait quasi infaillible, n'étaient-ils pas la marque d'un preletačisme à la française ? N'avons nous pas vu celles et ceux qui ont mené la politique qui a conduit à la déliquescence du PS, mais aussi de la droite "classique" et de ses valets du centre, accourir à la "République en Marche" pour se refaire une virginité politique, et prétendre qu'ils avaient "évolué", que la politique ne serait plus pareille, qu'on ferait autrement, pour faire finalement la même politique que celle des mandatures précédentes, mais simplement en pire ?! N'a-t-on pas vu nombre de contempteurs, de droite ou de gauche, d'Emmanuel Macron, du temps où il était ministre du gouvernement Hollande, se presser pour dire qu'il était le plus à même de mener le pays sur le chemin des reformes et de la grandeur retrouvée? N'a-t-on pas observé que nombre d'anciens PS, principaux responsables de l'effondrement de la gauche à force de trahisons, louvoiements et compromissions (à l'instar de ceux du DS en Serbie), se sont dépêchés de dénigrer la précédente mandature, avec une mauvaise foi qui n'a d'égal que leur culot, pour embrasser l'ordre nouveau de la Macronie, et de son "mouvement" fourre-tout, formidable machine à recycler les transfuges ?</span></span></span></div><br /><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Le plus tragique est sans doute que l'analogie ne s'arrête pas à ce rassemblement d'exfiltrés volontaires se drapant des attributs de l'amende honorable et du renouveau, mais réside aussi dans une presse de plus en plus aux ordres, dans le <a href="https://www.francetvinfo.fr/internet/reseaux-sociaux/twitter/hyperactifs-souvent-anonymes-et-virulents-qui-sont-les-soldats-macronistes-sur-twitter_3445807.html" target="_blank">recours à des cybermilitants agressifs</a>, dans une violence d'Etat en roue libre et ne dédaignant pas de faire appel à des hommes de l'ombre (Affaire Benalla), et dans une mollesse à réprimer la délinquance d'extrême-droite... Des pratiques installées en Serbie depuis l'avènement de Milošević, et jamais abandonnées depuis. <br /><br />Certes, les contextes historiques, culturels, politiques, et sociétaux sont très différents entre la France et la Serbie. Certes encore, les retournements de vestes et les revirements opportunistes ont toujours existé dans la vie politique, et ils continueront probablement d'exister.&nbsp;</span></span></span><br /><span style="color: #ffe599;"><br /></span><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Cependant, même avec ses spécificités locales, </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">le </span></span></span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">preletačisme</span></span> serbe </span></span>nous tend un miroir troublant et inquiétant. Un miroir qui raconte ce qu'est devenue la politique dans ce monde qu'on dit "post- et ex-". Je ne parle pas seulement du monde post-communiste et ex-yougoslave, mais du monde "post-idéologique" qui serait soi-disant le nôtre, et qui prétend s'être affranchi des supposés "vieux clivages", formule à la fois pudique et méprisante pour désigner l'opposition droite-gauche. On rappellera ici que le fameux "ni droite, ni gauche", devenu la nouvelle mantra, signifie en réalité "ni gauche, ni gauche", et que par ailleurs, cette mantra cherche à donner au projet politique de droite, qui reste son agenda, les apparences de la pureté et de la neutralité: dans ce monde qui revendique l'ultralibéralisme comme l'horizon ultime et transcendantal <a href="http://www.tetralogiques.fr/spip.php?article29" target="_blank">avec des arguments désormais biologiques</a>, prônant une sorte d'état de nature accompli, le politique n'est plus là pour défendre une vision ou une aspiration, en la confrontant à d'autres visions et aspirations. C'est pourtant l'essence même de la démocratie que d'organiser l'expression des conflictualités et contradictions de la société, en organisant la confrontation des visions et des aspirations. Dans le monde "post- et ex-" croyant à la "loi naturelle" de l'ultralibéralisme, le rôle du politique est désormais d'assurer, à n'importe quel prix, la reproduction de son espèce, pour pouvoir assurer la reproduction et le développement de la loi naturelle, "pure et neutre", de l'ultralibéralisme.&nbsp; </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br />Le preletačisme, serbe ou français, est l'incarnation de cette double reproduction, et c'est la raison pour laquelle le phénomène a pris l'ampleur que l'on sait. Le combattre ne sera pas aisé, tant il a su prospérer dans un paysage idéologiquement fatigué et confus, paysage produit par ceux-là même qui n'ont eu de cesse de trahir et de mentir, et qui prétendent incarner la nouveauté. <br /><br />On esquissera l'idée que cette lutte passera entre autres par le rappel aux intéressés de leurs trahisons successives, mais aussi par le fait d'opposer la culture, inhérente à l'homme, à la nature, ainsi que par la réaffirmation de conflictualités fortes, à l'aune des enjeux d'aujourd'hui.<br />&nbsp;</span></span></span></div>
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Ce terme (prononcé en français "prélétatchi"), désigne en Serbie les femmes et hommes politiques qui, non seulement "retournent leur veste" mais endossent celle d'un nouveau parti politique. <br />Le mot est construit à partir de la racine "let" qui signifie vol, au sens de vol aérien, et du verbe "preletati" qui signifie selon les contextes s'envoler, survoler, voler d'un point à un autre, transférer, ou encore "migrer", comme le font les oiseaux migrateurs. Bref, "</span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">preletači" </span></span>pourrait se traduire grossièrement par "ceux qui volent ou migrent d'un parti politique à un autre". <br /><br />Les preletači sont un véritable phénomène de société en Serbie (et au delà, dans la Yougosphère), au point que l'expression est rentrée dans le langage courant, ce qui explique que je l'utiliserai ici dans son jus linguistique local, sans la traduire. <br /><br />S'il fallait résumer de façon schématique le phénomène, on pourrait dire qu'il consiste, au gré de la météo politique serbe, à quitter un parti pour rejoindre celui qui est au pouvoir ou celui qui a le plus de chance d'emporter le pouvoir. Et tant pis si c'est un parti que l'on a sévèrement critiqué et vigoureusement combattu par le passé. Le "preletač" défendra son nouveau parti avec la même détermination qu'il l'a autrefois combattu. </span></span></span></div><a name='more'></a><span style="color: #ffe599;"><br /></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Le <span style="color: #e06666;"><a href="https://www.youtube.com/watch?v=nsYMhllkcUY" target="_blank">documentaire</a></span>, hélas indisponible dans une autre langue que le serbe, s'amuse ainsi à confronter les discours de différents preletači, entre le temps où ils attaquaient, parfois avec des mots très durs, leurs futurs alliés, et celui où ils encensent ces derniers, avec une conviction enflammée. On passe ainsi de (je cite de mémoire) : "Aleksandar Vučić est un dangereux pervers narcissique dont les projets mégalomanes masquent l'absence de vision pour le pays, pays qu'il mènera à la ruine", à "par sa personnalité exceptionnelle et les compétences que nous lui connaissons tous, Aleksandar Vučić est l'homme le plus à même de conduire ce pays sur le chemin de la prospérité et de la grandeur retrouvée. Et je suis fier(e) d'être aujourd'hui à ses côtés pour bâtir la Serbie de demain...bla bla bla..."<br /><br />Comme le suggère peut-être ce qui précède, Aleksandar Vučić et son parti, le Parti Progressiste de Serbie (Srpska Napredna Stranka, SNS), sont les principaux bénéficiaires de ces ralliements. L'actuel président serbe, et son prédécesseur à ce poste, <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Tomislav_Nikoli%C4%87" target="_blank">Tomislav Nikolic</a>, sont d'ailleurs à leur façon eux-mêmes des preletači.<br /><br />Il faut ici ouvrir plusieurs tiroirs historiques, pour bien comprendre l'émergence du phénomène:</span></span></span><br /><table align="center" cellpadding="0" cellspacing="0" class="tr-caption-container" style="margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: center;"><tbody><tr><td style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-R6gKrm85wUQ/XtzQV7QCPXI/AAAAAAAAEXo/Tu583nJETAgtXxwZfmjH1yZea2IYbtxhgCLcBGAsYHQ/s1600/Tomislav-Nikoli%25C4%2587-i-Aleksandar-Vu%25C4%258Di%25C4%2587.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: auto; margin-right: auto;"><img border="0" data-original-height="480" data-original-width="1024" height="187" src="https://1.bp.blogspot.com/-R6gKrm85wUQ/XtzQV7QCPXI/AAAAAAAAEXo/Tu583nJETAgtXxwZfmjH1yZea2IYbtxhgCLcBGAsYHQ/s400/Tomislav-Nikoli%25C4%2587-i-Aleksandar-Vu%25C4%258Di%25C4%2587.jpg" width="400" /></a></span></td></tr><tr><td class="tr-caption" style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Tomislav Nikolić et Aleksandar Vučić.<br />Photo (c) Nemanja Jovanović.</i></span></span></span></td></tr></tbody></table><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Jusqu'à 2008, Aleksandar Vučić et Tomislav Nikolić sont membres du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_radical_serbe" target="_blank">Parti Radical Serbe</a> (Srpska Radikalna Stranka, SRS) de <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Vojislav_%C5%A0e%C5%A1elj" target="_blank">Vojislav Seselj</a>. Le SRS est un parti ultranationaliste dont le discours comme les méthodes sont violents. Illuminé égocentrique, Šešelj s'est autoproclamé "Voïvode des <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Chetniks" target="_blank">Tchetniks</a>" (voïvode=terme slave médiéval signifiant "chef de guerre") au début des guerres yougoslaves et a combattu avec ses milices en Croatie et en Bosnie-Herzégovine. Le "voïvode" est aussi connu à cette époque pour tabasser des élus d'opposition au parlement, boycotter les interviews de journalistes allemands (à cause du soutien de l'Allemagne à l'indépendance croate) et <a href="https://balkaninsight.com/2011/05/04/seselj-s-most-memorable-quotes/#gsc.tab=0" target="_blank">pour ses formules à l'emporte pièce, c'est le cas de le dire, comme lorsqu'il promettait d'arracher les yeux des Croates avec une cuillère rouillée</a>. En 2002, Šešelj se rend volontairement à la Haye pour répondre des crimes qui lui sont reprochés par le TPIY. N'y voyez aucun courage, code de l'honneur ou désir de rédemption. Comme Ratko Mladić ou Radovan Karadžić, convaincus de la justesse de leur cause et de leurs actes, et tenant tête aux juges de manière bravache et insolente, Šešelj se rend aux Pays-Bas pour continuer son cirque nationalo-égocentrique, que jusque là, il assurait sur les chaînes de télés serbes, qui l'invitaient volontiers aux émissions de divertissement. Avec ses calembours à deux balles et ses provocs du type cuillères rouillées, il assurait en effet audience et buzz!</span></span></span><br /><table align="center" cellpadding="0" cellspacing="0" class="tr-caption-container" style="margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: center;"><tbody><tr><td style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-Wk2EBCfmb4Q/XtzRncYHpnI/AAAAAAAAEX0/U1TKbnE4YI8Gct9T4y5-dtRZNxbivBjWACLcBGAsYHQ/s1600/Seselj%2BVojvod.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: auto; margin-right: auto;"><img border="0" data-original-height="319" data-original-width="497" height="256" src="https://1.bp.blogspot.com/-Wk2EBCfmb4Q/XtzRncYHpnI/AAAAAAAAEX0/U1TKbnE4YI8Gct9T4y5-dtRZNxbivBjWACLcBGAsYHQ/s400/Seselj%2BVojvod.jpg" width="400" /></a></span></td></tr><tr><td class="tr-caption" style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Šešelj (au centre) et son fan-club peu de temps avant la guerre. </i></span></span></span></td></tr></tbody></table><div style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><br /></span></div><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">En quittant la mère patrie pour les geôles de <a href="https://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/scheveningen-la-prison-doree-de-mladic-et-karadzic_543187.html" target="_blank">Scheveningen</a>, le voïvode confie les rennes du Parti Radical à celui qu'il croit être "un homme de confiance", Tomislav Nikolić, alors quinquagénaire, lui aussi accusé un temps de crimes de guerre en Croatie, sans cependant que ces faits aient pu être formellement démontrés. Aux côtés de Nikolić se trouve un jeune loup aux dents longues, Aleksandar Vučić, une tête brûlée pleine de testostérone qui, alors qu'il était ministre de l'information sous Milošević, promettait aux Bosniaques 100 morts pour chaque Serbe tué durant la guerre en Bosnie-Herzégovine. Il s'affichera ensuite, dans les années 2000, en tête des excités qui recouvriront les plaques du Boulevard <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Zoran_%C4%90in%C4%91i%C4%87" target="_blank">Zoran Djindjic</a> à Belgrade, par des autocollants affichant "Boulevard Ratko Mladić" (photo ci-dessous). Un beau CV, comme on le voit.&nbsp;</span></span></span><br /><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-Sv48vaXvyv0/XtzTDaxSFkI/AAAAAAAAEYA/GPYpGP54dd0eS-sB9JyLxlfdXLigEsudQCLcBGAsYHQ/s1600/Vucic%2BBulevar%2BRatka%2BMladica.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="168" data-original-width="300" src="https://1.bp.blogspot.com/-Sv48vaXvyv0/XtzTDaxSFkI/AAAAAAAAEYA/GPYpGP54dd0eS-sB9JyLxlfdXLigEsudQCLcBGAsYHQ/s1600/Vucic%2BBulevar%2BRatka%2BMladica.jpg" /></a></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><br /></span></div><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Toujours est-il que, dans les années 2000 post-Milošević, le vent tourne, les temps changent. Le nationalisme violent et radical des années 90 fait moins recette. La Serbie, traumatisée, fatiguée et pauvre, réintègre peu à peu le concert des nations dont elle était exclue, renouant avec l'Occident et en particulier avec l'UE. Les restrictions de voyage pour les Serbes sont peu à peu levées, le pays "se réouvre" et se cherche un chemin dans les méandres de la (géo)politique post-guerre.<br /><br />Dans ce contexte de mutations, l'absence du voïvode, qui tenait le SRS d'une main de fer, laisse éclater des divergences. Un courant émerge, porté par Tomislav Nikolić, qui tenterait le grand écart du nationalisme et de l'eau dans le vin de ce dernier, du rapprochement avec l'Union Européenne "et en même temps" de l'ancrage dans la sphère du supposé grand frère russo-orthodoxe. Une troisième voie inacceptable pour les ultras du parti restés fidèles au voïvode. Le conflit de courants se mue en divorce, lequel est consommé en 2008, lorsque Tomislav Nikolić réanime le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_progressiste_serbe" target="_blank">Parti Progressiste de Serbie</a>, un vieux parti serbe du XIXe siècle, connu pour avoir tenté d'allier conservatisme, patriotisme et pragmatisme.<br /><br />Pragmatisme ? J'entends, dès ce stade de l'exposé, la rumeur 2.0 me dire: "mais où est le problème? Ces gens ont tourné le dos au nationalisme, ils ont évolué vers des positions plus modérées et ont adopté une attitude pragmatique. C'est de la realpolitik. Seuls les imbéciles ne changent pas d'avis, non ?"<br /><br />C'est d'ailleurs la ligne de défense des preletači tout au long du reportage: "dans la vie, on change, on évolue, on se rend compte qu'on s'est trompé. Je ne vois pas où est le mal", se justifient les interlocuteurs de la journaliste.<br /><br />Ce serait trop beau si c'était vrai, mais cette attitude d'évolution, de modération et de pragmatisme n'est qu'une façade. <br /><br />Concernant les leaders du SNS, transfuge du SRS, ils n'ont aucunement abandonné leurs idées de départ, mais les ont simplement mises en veilleuse ou au second plan. C'est le principe de la "dédiabolisation", telle que pratiquée en nos terres par Marine Le Pen: "Bon, on tape moins sur les juifs et les pédés, comme le faisait papa, mais on garde le bouc-émissaire arabo-musulman, d'autant que les juifs combattent les arabes et que les pédés et l'Islam, ça fait deux. Et en plus, on va gagner des nouveaux électeurs" (ceci est un propos fictif mais je suis sûr que ça doit causer un peu comme ça dans les brainstormings internes du FN/RN). <br /><br />Par ailleurs, le soi-disant pragmatisme qui verrait la Serbie se situer entre Moscou et Bruxelles, n'est aucunement motivé par une pseudo neutralité, un non alignement ressuscité, ou une volonté de jouer un rôle pivot de bon aloi entre deux champs de forces concurrentiels. L'idée est davantage de manger aux deux râteliers, et de faire du business de part et d'autres. Enrichie pendant les guerres des années 90, et à ce titre seule gagnante de celles-ci, la petite oligarchie économique serbe est proche des pouvoirs qui se succèdent en Serbie. Il faut donc lui permettre de pouvoir continuer à faire ses affaires, aussi bien avec les oligarques russes qu'avec les world-companies occidentales...<br />Enfin, Moscou est un levier, un épouvantail, utile à agiter devant Bruxelles. <br /><br />Bref, au SNS, en termes de propos fictifs, ça donnerait un truc du genre, "bon, c'est pas compliqué: on s'excuse platement pour Srebrenica, on va déposer des fleurs, parce que sinon, les "balije" [terme péjoratif envers les Bosniaques] vont jamais nous lâcher, tout en disant que c'était pas un génocide, parce que merde, faut pas déconner non plus! Et puis, le SDA [principal parti des Musulmans Bosniaques] a besoin de nous pour rester au pouvoir à Sarajevo, et nous, on a besoin de lui aussi: il ne manquerait plus qu'un parti multiethnique prenne le pouvoir à sa place. Vous imaginez la merde?! Le SDA ne pourrait plus dire qu'on cherche encore à écraser les Musulmans, et nous , on ne pourrait plus dire que les Serbes sont en danger en Bosnie. On s'excuse aussi auprès des Oustach...des Croates, parce que c'est quand même des chrétiens, comme nous, même si en moins bien, et parce qu'ils nous sont quand même utiles pour entuber les "balije", si besoin. Par contre, on laisse rien passer de leurs délires néo-oustachistes actuels, comme ça, on prouve qu'on n'est pas des nazis! On soutient aussi Dodik [homme fort de la Republika Srpska], même si il est ingérable, mais on a besoin de lui et le SDA aussi (voir plus haut). On garde les Russes au chaud, parce que le peuple pense qu'ils sont nos frères (LOL!), mais on dit oui à l'Europe et à l'économie de marché libre et non faussée: on privatise tout et on partage les bijoux de famille entre les Occidentaux, les Emirats et les Russes, et on se sert bien-sûr au passage. Et pour faire passer tout ça, on concentre l'attention sur le Kosovo, même si c'est mort pour le récupérer. On va traîner les pieds tout en faisant semblant d'agir. Et à la moindre merde, on accuse les Šiptari [terme péjoratif envers les Albanais]: ceux-là au moins, tout le monde les déteste! Et comme à Priština, ils sont revenchistes et arrogants envers les nôtres sur place, on est tranquille pour que ça pourrisse encore des années..."</span></span></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-Wo_De7izTmM/XtzUB4M5HDI/AAAAAAAAEYM/vXIbaqO8m7sMoLOvKC0etgSEp51NBdyXgCLcBGAsYHQ/s1600/Nikolic%2Bi%2BVucic%2BEU.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="468" data-original-width="468" height="320" src="https://1.bp.blogspot.com/-Wo_De7izTmM/XtzUB4M5HDI/AAAAAAAAEYM/vXIbaqO8m7sMoLOvKC0etgSEp51NBdyXgCLcBGAsYHQ/s320/Nikolic%2Bi%2BVucic%2BEU.jpg" width="320" /></a></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><br /></span></div><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Ces propos, aussi fictifs soient-ils, mais plus que plausibles pour qui connait la culture politique post-yougoslave, dévoilent les ressorts qui vont alimenter le "preletačisme": le but n'est pas d'améliorer le quotidien des Serbes, de tracer des perspectives solides et constructives pour le pays, de vivre en bonne intelligence avec les voisins, mais d'accéder au pouvoir et d'y rester, coûte que coûte! Rien à voir, donc, avec une quelconque évolution intellectuelle, du pragmatisme ou de la modération.</span></span></span><br /><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-0jvXH_6nH7c/XtzVC572_mI/AAAAAAAAEYY/NB5aQKrGu9coB2iJFs8qtX1ttUifcX9qACLcBGAsYHQ/s1600/Gojkovic.jpg" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="362" data-original-width="512" height="226" src="https://1.bp.blogspot.com/-0jvXH_6nH7c/XtzVC572_mI/AAAAAAAAEYY/NB5aQKrGu9coB2iJFs8qtX1ttUifcX9qACLcBGAsYHQ/s320/Gojkovic.jpg" width="320" /></a>Et de fait, lorsque Tomislav Nikolić quitte le Parti Radical pour (re)créer le SNS, en 2008, Aleksandar Vučić lui emboîte le pas, devenant donc l'un des premiers "preletači" de la vie politique serbe. D'autres Radicaux suivront petit à petit, à mesure que les "Progressistes" grimpent dans les sondages. En particulier <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Maja_Gojkovi%C4%87" target="_blank">Maja Gojkovic</a>, la mairesse de Novi Sad (photo ci-contre), longtemps "arme de séduction massive" des Radicaux, qui espéraient prouver qu'ils n'étaient ni machos, ni anti-modernes, ni extrémistes, à travers la prise de la deuxième ville du pays par une femme éduquée, juriste de formation. Pas de chance, l'ancienne conseillère juridique de Šešelj, au début du séjour de ce dernier à La Haye, est politiquement volage, et s'avère championne en "preletačisme". Elle quitte les Radicaux en 2008, pour fonder le Parti du Peuple, une pseudo coalition citoyenne autour de sa personne, puis rejoint un temps "<a href="https://en.wikipedia.org/wiki/United_Regions_of_Serbia" target="_blank">Régions Unies de Serbie</a>", un parti régionaliste de droite créé par le très libéral <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mla%C4%91an_Dinki%C4%87" target="_blank">Mladjan Dinkic</a>, lequel ne voit que compétence et défense des intérêts de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Vo%C3%AFvodine" target="_blank">Voïvodine</a> chez sa nouvelle recrue. Cette collaboration avec "Régions Unies de Serbie" n'empêche pas Gojković de garder sous le coude son Parti du Peuple, lequel fusionnera avec le SNS en 2012, à la prise du pouvoir de ce dernier. Une complexe mais habile capacité à se placer au bon endroit et au bon moment, comme on peut le voir! </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="color: #ffe599;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-yFBY5TEEp4I/XtzVsYt80xI/AAAAAAAAEYg/MxYkxLxU5woLiXEtDgoUlm8GVxC2ZqdqQCLcBGAsYHQ/s1600/Tadic.jpg" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"><img border="0" data-original-height="620" data-original-width="1100" height="179" src="https://1.bp.blogspot.com/-yFBY5TEEp4I/XtzVsYt80xI/AAAAAAAAEYg/MxYkxLxU5woLiXEtDgoUlm8GVxC2ZqdqQCLcBGAsYHQ/s320/Tadic.jpg" width="320" /></a><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">C'est le duo Nikolić/Vučić qui formera le ticket permettant au SNS cette prise du pouvoir de 2012, le "vieux" prenant la présidence, et le "jeune" devenant premier ministre. On ouvre là </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">un deuxième tiroir: ils succèdent au <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_d%C3%A9mocrate_(Serbie)" target="_blank">DS (Demokratska Stranka, Parti démocrate, classé au centre gauche)</a> de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Boris_Tadi%C4%87" target="_blank">Boris Tadic</a> (photo ci-contre), dont la gouvernance, empoisonnée par la prise officielle d'indépendance du Kosovo en 2007, fut par ailleurs peu capable d'insuffler du renouveau dans le pays, décevant ainsi les électeurs modérés qui espéraient des choix forts et sans retours sur certaines questions politiques et sociétales clés.&nbsp; Certes, à la décharge du DS, la tâche de remettre le pays sur les rails était immense, et le poison du Kosovo, qui, on le sait, tue politiquement toute personne ayant une position modérée sur la question, s'est probablement refermé sur ce gouvernement. Mais celui-ci aurait pu être créatif et offensif dans d'autres domaines, où il aurait peut-être pu sauver la mise. La politique économique, suivant les strictes injonctions de l'UE, dévoila un néolibéralisme zélé et insensible, fermant nombreuses entreprises et mettant sur la paille de nombreux employés, sans plan de relance ou de reconversion. Les réformes de l'appareil d'Etat et de la justice furent timides. L'indépendance de la presse et les libertés civiques ne connurent que faiblement l'embellie annoncée. Certains cadres du DS prirent goût au pouvoir et à ses privilèges, </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">affichant une arrogance détestable, et </span></span>entachant la réputation de droiture du parti à travers diverses affaires de corruption. Last but not least, la nébuleuse fascistoïde et l'intolérance latente d'une partie de la société furent très mollement combattues, et on préféra interdire les "gay-prides" plutôt que d'en garantir le bon déroulement, comme il en incombe à un Etat de droit normalement constitué. Las, tout un pan de l'électorat sincèrement démocrate, ou simplement en attente de progrès, décida de bouder les urnes, laissant un boulevard aux anciens Radicaux "dédiabolisés" du SNS. Détail amusant, une partie du programme du SNS, et en particulier son grand écart entre l'UE "et en même temps" la Russie, ainsi que ses louvoiements sur le Kosovo, sont très clairement pompés sur la politique du gouvernement de Boris Tadić.</span></span></span></div><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br />Le poste de premier ministre qu'occupe Vučić à partir de 2012 est un excellent tremplin pour gravir les échelons du pouvoir, et y bétonner ses positions en plaçant personnes de confiance et d'influence, ou au contraire idiots utiles, aisément manipulables. L'ancienne tête brûlée, assagie par l'air du temps davantage que par l'âge, sait dès cette époque comment user des intrigues de couloirs et du grand foutoir de la scène politique serbe post-Milošević, une arène où tout le monde se connaît, se fréquente et se tutoie, au delà des oppositions idéologiques, et où qui sait se faufiler dans le bal des égos, des ambitions et des opportunismes, peut ensuite faire ou défaire des alliances facilement. </span></span></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-VH7slmf7Oss/XtzWp6yRnoI/AAAAAAAAEYs/0_OT6T3K1VUOcSuNJE2TI5Od7heaZ6OawCLcBGAsYHQ/s1600/beograd-pad-milosevica.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="300" data-original-width="400" height="240" src="https://1.bp.blogspot.com/-VH7slmf7Oss/XtzWp6yRnoI/AAAAAAAAEYs/0_OT6T3K1VUOcSuNJE2TI5Od7heaZ6OawCLcBGAsYHQ/s320/beograd-pad-milosevica.jpg" width="320" /></a></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><i><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Le Parlement Serbe le 5 octobre 2000, <br />jour du renversement de <span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Milošević</span></span>.</span></i></span></div><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br />Le terrain est d'autant plus propice que la chute du dictateur Milošević est encore fraîche, et c'est le troisième tiroir qu'on ouvre. Cette chute avait réveillé l'envie chez de nombreux citoyens de s'engager en politique. Si cet engagement fut sincèrement motivé chez certains par la volonté de bâtir une vraie démocratie, il s'apparentait chez d'autres à un mélange d'opportunisme et de désir de se refaire une virginité, après des années où seule une minorité courageuse avait véritablement payé de sa personne pour combattre Milošević et sa politique. Un peu comme tout le monde était Résistant en France à la Libération, se dépêchant de tondre les "salopes" ayant fricoté avec les soldats teutons, pour mieux détourner l'attention des lâchetés et compromissions d'une bonne partie de la population, en 2001, en Serbie, tout le monde était soudain vigoureusement démocrate, et clamait n'avoir jamais cessé de l'être! La ruée des adhésions au Parti Démocrate fut alors d'une telle ampleur que son leader d'alors, Zoran Đinđić, décida à un moment de les restreindre et de les soumettre à conditions. C'est ce que rapporte, non sans rire jaune, un Boris Tadić plein de recul, dans le documentaire. <br /><br />Le DS devient donc, après la chute de Milošević, un véritable incubateur, favorisant l'émergence d'une nouvelle génération de femmes et d'hommes politiques. Le problème, c'est que, comme on l'a vu, cette génération est en partie constituée d'opportunistes, désireux de se placer dans cette nouvelle Serbie où le retour à la démocratie leur semble surtout signifier que tout est possible et que tous les coups sont permis. Et lorsque le DS tombe en disgrâce, et que le SNS s'affirme comme la force d'avenir, de nombreux cadres du parti de Tadić vont, sans scrupules, s'envoler vers celui de Nikolić et Vučić. Ce seront principalement ceux-là dont les propos sont mis côte à côte dans le documentaire, avant et après leur "migration",&nbsp; pour mieux témoigner du virage hallucinant que constitue cette allégeance nouvelle.<br /><br />Une autre contradiction est relevée par une cadre du DS, restée, elle, fidèle au parti: ces gens qui ont quitté le bateau, explique-t-elle, sont devenus, une fois la veste retournée, très critiques avec la politique menée par le gouvernement dont ils avaient fait partie et qu'ils avaient parfois eux-même conduite. Cette politique était mauvaise et avait donc échoué, disaient-ils. Pourtant, poursuit la militante, ce sont les mêmes gens qui se présentaient comme fantastiques et compétents dans leur ralliement au SNS, et allaient, grosso-modo faire une politique pas tellement différente de celle du parti précédemment au pouvoir. <br /><br />Tout cela ne vous rappelle rien ?<br /></span></span></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #ffe599;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-n2VZ6xl0q78/XtzZkyJp6dI/AAAAAAAAEY4/5lmcNsfePaIpUIm9kxbxDIlxd2D8LEjeACLcBGAsYHQ/s1600/Macron%2Bprojet.jpg" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"><img border="0" data-original-height="450" data-original-width="1198" height="120" src="https://1.bp.blogspot.com/-n2VZ6xl0q78/XtzZkyJp6dI/AAAAAAAAEY4/5lmcNsfePaIpUIm9kxbxDIlxd2D8LEjeACLcBGAsYHQ/s320/Macron%2Bprojet.jpg" width="320" /></a></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Plus le documentaire avançait, et plus m'envahissait le sentiment que ce dont il parlait dépassait le cadre de la Serbie, et évoquait tout ce que nous vivons en France depuis trois ans. Les ralliements, de droite, de gauche, du centre, à la dynamique En Marche, de plus en plus nombreux à mesure que le bulle Macron gonflait, et que la victoire de l'ancien Ministre de l'économie s'annonçait quasi infaillible, n'étaient-ils pas la marque d'un preletačisme à la française ? N'avons nous pas vu celles et ceux qui ont mené la politique qui a conduit à la déliquescence du PS, mais aussi de la droite "classique" et de ses valets du centre, accourir à la "République en Marche" pour se refaire une virginité politique, et prétendre qu'ils avaient "évolué", que la politique ne serait plus pareille, qu'on ferait autrement, pour faire finalement la même politique que celle des mandatures précédentes, mais simplement en pire ?! N'a-t-on pas vu nombre de contempteurs, de droite ou de gauche, d'Emmanuel Macron, du temps où il était ministre du gouvernement Hollande, se presser pour dire qu'il était le plus à même de mener le pays sur le chemin des reformes et de la grandeur retrouvée? N'a-t-on pas observé que nombre d'anciens PS, principaux responsables de l'effondrement de la gauche à force de trahisons, louvoiements et compromissions (à l'instar de ceux du DS en Serbie), se sont dépêchés de dénigrer la précédente mandature, avec une mauvaise foi qui n'a d'égal que leur culot, pour embrasser l'ordre nouveau de la Macronie, et de son "mouvement" fourre-tout, formidable machine à recycler les transfuges ?</span></span></span></div><br /><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Le plus tragique est sans doute que l'analogie ne s'arrête pas à ce rassemblement d'exfiltrés volontaires se drapant des attributs de l'amende honorable et du renouveau, mais réside aussi dans une presse de plus en plus aux ordres, dans le <a href="https://www.francetvinfo.fr/internet/reseaux-sociaux/twitter/hyperactifs-souvent-anonymes-et-virulents-qui-sont-les-soldats-macronistes-sur-twitter_3445807.html" target="_blank">recours à des cybermilitants agressifs</a>, dans une violence d'Etat en roue libre et ne dédaignant pas de faire appel à des hommes de l'ombre (Affaire Benalla), et dans une mollesse à réprimer la délinquance d'extrême-droite... Des pratiques installées en Serbie depuis l'avènement de Milošević, et jamais abandonnées depuis. <br /><br />Certes, les contextes historiques, culturels, politiques, et sociétaux sont très différents entre la France et la Serbie. Certes encore, les retournements de vestes et les revirements opportunistes ont toujours existé dans la vie politique, et ils continueront probablement d'exister.&nbsp;</span></span></span><br /><span style="color: #ffe599;"><br /></span><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Cependant, même avec ses spécificités locales, </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">le </span></span></span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">preletačisme</span></span> serbe </span></span>nous tend un miroir troublant et inquiétant. Un miroir qui raconte ce qu'est devenue la politique dans ce monde qu'on dit "post- et ex-". Je ne parle pas seulement du monde post-communiste et ex-yougoslave, mais du monde "post-idéologique" qui serait soi-disant le nôtre, et qui prétend s'être affranchi des supposés "vieux clivages", formule à la fois pudique et méprisante pour désigner l'opposition droite-gauche. On rappellera ici que le fameux "ni droite, ni gauche", devenu la nouvelle mantra, signifie en réalité "ni gauche, ni gauche", et que par ailleurs, cette mantra cherche à donner au projet politique de droite, qui reste son agenda, les apparences de la pureté et de la neutralité: dans ce monde qui revendique l'ultralibéralisme comme l'horizon ultime et transcendantal <a href="http://www.tetralogiques.fr/spip.php?article29" target="_blank">avec des arguments désormais biologiques</a>, prônant une sorte d'état de nature accompli, le politique n'est plus là pour défendre une vision ou une aspiration, en la confrontant à d'autres visions et aspirations. C'est pourtant l'essence même de la démocratie que d'organiser l'expression des conflictualités et contradictions de la société, en organisant la confrontation des visions et des aspirations. Dans le monde "post- et ex-" croyant à la "loi naturelle" de l'ultralibéralisme, le rôle du politique est désormais d'assurer, à n'importe quel prix, la reproduction de son espèce, pour pouvoir assurer la reproduction et le développement de la loi naturelle, "pure et neutre", de l'ultralibéralisme.&nbsp; </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br />Le preletačisme, serbe ou français, est l'incarnation de cette double reproduction, et c'est la raison pour laquelle le phénomène a pris l'ampleur que l'on sait. Le combattre ne sera pas aisé, tant il a su prospérer dans un paysage idéologiquement fatigué et confus, paysage produit par ceux-là même qui n'ont eu de cesse de trahir et de mentir, et qui prétendent incarner la nouveauté. <br /><br />On esquissera l'idée que cette lutte passera entre autres par le rappel aux intéressés de leurs trahisons successives, mais aussi par le fait d'opposer la culture, inhérente à l'homme, à la nature, ainsi que par la réaffirmation de conflictualités fortes, à l'aune des enjeux d'aujourd'hui.<br />&nbsp;</span></span></span></div>
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Les dégâts matériels sont considérables, dans une ville où le maire, Milan Bandić, adore bâtir du neuf rutilant et clinquant, pendant que l'ancien est négligé, "l'ancien" pouvant être des bâtiments de la période socialiste. De fait, une bonne partie du centre-ville a souffert de dégradations plus ou moins graves selon les bâtiments. La cathédrale de Zagreb, un des symboles de la capitale, a été endommagée, ainsi que des hôpitaux, des institutions publiques, sans oublier de nombreux appartements et maisons de particuliers. Tout cela s'est déroulé sur fond de crise du Covid-19, laquelle frappe aussi la Croatie, où des mesures de confinement sensiblement proches de celles de la France ont été prises. De fait, ce tremblement de terre est venu aggraver la situation d'une population déjà fragilisée par la situation sanitaire et déjà précarisée par des années de "transition économique" dont les bienfaits ne profitent qu'à une minorité. On compte de nombreux sans abris, des gens qui ont tout perdu, ou qui se retrouvent à devoir engager des réparations coûteuses.&nbsp;</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span><br /><a name='more'></a><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br />Ne parlons pas bien-sûr des traumatismes que cette tragédie a fait resurgir auprès de celles et ceux qui ont connu les guerres des années 90, les images de Zagreb ravagée par le séisme évoquant des "scènes de guerre". Les mesures de confinement liées au Covid-19 avaient déjà rappelé de bien mauvais souvenirs à bon nombre d'habitants de toute l'ex-Yougoslavie, revivant les "confinements" liés aux conflits sus-mentionnés. Contrairement au locataire de l'Elysée, qui a utilisé le mot "guerre" jusqu'à la l'indécence, on sait, dans cette région d'Europe, ce que ce mot signifie concrètement.<br /><br />Pour le milieu culturel zagrébois, la combinaison séisme + confinement est particulièrement lourde: les lieux culturels sont fermés et beaucoup ont été endommagés par le tremblement de terre. Dans une ville où la pulsation artistique a de longue date été forte, rayonnant depuis toujours sur tout le pays et même sur l'ensemble de l'espace yougoslave, cet arrêt de l'activité est particulièrement mal vécu. Nul ne sait quand celle-ci reprendra, et encore moins si cette reprise connaîtra le souffle d'antan.<br /><br />Heureusement, la solidarité et l'entraide sont au rendez-vous, de nombreux Zagrébois s'étant mobilisés pour venir en aide à leurs concitoyens. Parmi les nombreuses initiatives solidaires, notons celle, dont je viens d'avoir connaissance, de <a href="https://www.rikamuzika.com/" target="_blank">Rïka Muzïka</a>, label basé entre Londres et Zagreb. Ce label, qui fédère les excellents groupes d'ethno-free-jazz Mimika Orchestra et Truth vs Tribe, vient de sortir sur Bandcamp une compilation de groupes de Zagreb, intitulée "ZGB 2020". Tous les bénéfices de cette compilation iront à des associations de la capitale croate, actives dans le soutien aux populations les plus fragilisées par le séisme: elles redistribueront cette aide à celles et ceux qui en ont le plus besoin.<br /><br />La compile coûte 7 livres sterling (environ 8 euros) ou plus. Je sais que les temps sont durs pour beaucoup d'entre nous, mais si vos finances le permettent, achetez cette compile, vous ne serez pas déçus! La sélection de groupes est excellente, et il y en a pour tous les goûts: funk, jazz, world, chanson, rock indé, punk, électro, klezmer, dub, festif, etc... tous ces styles sont abordés avec la petite "Zagreb touch" qui va bien, c'est à dire avec un souffle, des accents et des tonalités particulières dans la façon d'aborder la musique: par exemple, l'introduction de free-jazz et de prog'rock dans la musique klezmer ou balkanique, une très légère mélancolie (slavisante) dans la pop et le groove, ou encore un travail singulier sur les sons et les atmosphères... La "Zagreb touch", c'est un peu une tradition dans une ville qui a vu naître quelques fleurons de la new-wave yougoslave, et où l'héritage sonore de l'Europe Centrale, transversal, cosmopolite et insoumis, du folk yiddish à la musique dodécaphonique, a laissé son empreinte. <br /><br />Pas d'inquiétudes, tout est musicalement accessible, et pas prise de tête pour un sou! Au contraire, le disque constitue une très belle bande-son de cette ville. Et l'énergie, l'espoir, le soupçon de mélancolie, qui émanent de la compilation, collent parfaitement à une écoute en mode confinée. Un délicat frisson de musiques, en réponses aux tremblements du temps et de l'espace!<br />Vous pouvez la découvrir en intégralité sur le site croate <a href="https://www.ziher.hr/nezavisni-domaci-glazbenici-ujedinjeni-u-cilju-obnove-zagreba/" target="_blank">Ziher</a>, et pour l'acheter, c'est <a href="https://rikamuzika.bandcamp.com/album/zgb-2020" target="_blank">par là</a>. Si vous ne pouvez pas investir, merci en tout cas de partager et de relayer l'info!<br /><br />Bon courage et amitiés à mes lectrices et lecteurs de Zagreb et de Croatie!</span></span></span></div><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span>
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Contrairement au locataire de l'Elysée, qui a utilisé le mot "guerre" jusqu'à la l'indécence, on sait, dans cette région d'Europe, ce que ce mot signifie concrètement.<br /><br />Pour le milieu culturel zagrébois, la combinaison séisme + confinement est particulièrement lourde: les lieux culturels sont fermés et beaucoup ont été endommagés par le tremblement de terre. Dans une ville où la pulsation artistique a de longue date été forte, rayonnant depuis toujours sur tout le pays et même sur l'ensemble de l'espace yougoslave, cet arrêt de l'activité est particulièrement mal vécu. Nul ne sait quand celle-ci reprendra, et encore moins si cette reprise connaîtra le souffle d'antan.<br /><br />Heureusement, la solidarité et l'entraide sont au rendez-vous, de nombreux Zagrébois s'étant mobilisés pour venir en aide à leurs concitoyens. Parmi les nombreuses initiatives solidaires, notons celle, dont je viens d'avoir connaissance, de <a href="https://www.rikamuzika.com/" target="_blank">Rïka Muzïka</a>, label basé entre Londres et Zagreb. Ce label, qui fédère les excellents groupes d'ethno-free-jazz Mimika Orchestra et Truth vs Tribe, vient de sortir sur Bandcamp une compilation de groupes de Zagreb, intitulée "ZGB 2020". Tous les bénéfices de cette compilation iront à des associations de la capitale croate, actives dans le soutien aux populations les plus fragilisées par le séisme: elles redistribueront cette aide à celles et ceux qui en ont le plus besoin.<br /><br />La compile coûte 7 livres sterling (environ 8 euros) ou plus. Je sais que les temps sont durs pour beaucoup d'entre nous, mais si vos finances le permettent, achetez cette compile, vous ne serez pas déçus! La sélection de groupes est excellente, et il y en a pour tous les goûts: funk, jazz, world, chanson, rock indé, punk, électro, klezmer, dub, festif, etc... tous ces styles sont abordés avec la petite "Zagreb touch" qui va bien, c'est à dire avec un souffle, des accents et des tonalités particulières dans la façon d'aborder la musique: par exemple, l'introduction de free-jazz et de prog'rock dans la musique klezmer ou balkanique, une très légère mélancolie (slavisante) dans la pop et le groove, ou encore un travail singulier sur les sons et les atmosphères... La "Zagreb touch", c'est un peu une tradition dans une ville qui a vu naître quelques fleurons de la new-wave yougoslave, et où l'héritage sonore de l'Europe Centrale, transversal, cosmopolite et insoumis, du folk yiddish à la musique dodécaphonique, a laissé son empreinte. <br /><br />Pas d'inquiétudes, tout est musicalement accessible, et pas prise de tête pour un sou! Au contraire, le disque constitue une très belle bande-son de cette ville. Et l'énergie, l'espoir, le soupçon de mélancolie, qui émanent de la compilation, collent parfaitement à une écoute en mode confinée. Un délicat frisson de musiques, en réponses aux tremblements du temps et de l'espace!<br />Vous pouvez la découvrir en intégralité sur le site croate <a href="https://www.ziher.hr/nezavisni-domaci-glazbenici-ujedinjeni-u-cilju-obnove-zagreba/" target="_blank">Ziher</a>, et pour l'acheter, c'est <a href="https://rikamuzika.bandcamp.com/album/zgb-2020" target="_blank">par là</a>. Si vous ne pouvez pas investir, merci en tout cas de partager et de relayer l'info!<br /><br />Bon courage et amitiés à mes lectrices et lecteurs de Zagreb et de Croatie!</span></span></span></div><span style="color: #ffe599;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span>
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Disco socialiste ? Accoler ces deux mots relève presque de l'oxymore, tant le pouvoir d'évocation de chacun semble renvoyer à des univers opposés. Ce binôme sémantique a probablement et avant tout une vocation marketing, celle de surprendre, de dérouter, voire de provoquer, et partant, de susciter l'attention et la curiosité. Mais le titre de cette compilation dépasse peut-être cet aspect purement marketing, pour faire véritablement sens, on le verra.</span></span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span><br /><a name='more'></a><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><a href="https://3.bp.blogspot.com/-ZPY_BlACxjI/W_fmIMYGWeI/AAAAAAAAD-k/-6PnmruY-l80g0AzfxLw_thtLGtFPuAygCLcBGAs/s1600/R-12292930-1532306267-9559.jpeg.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="492" data-original-width="500" height="392" src="https://3.bp.blogspot.com/-ZPY_BlACxjI/W_fmIMYGWeI/AAAAAAAAD-k/-6PnmruY-l80g0AzfxLw_thtLGtFPuAygCLcBGAs/s400/R-12292930-1532306267-9559.jpeg.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">"Socialistički disko (...)", on l'aura deviné, explore la vague disco à la mode yougoslave. Derrière ce travail d'inventaire se cachent deux infatigables passionnés de la mémoire pop-culturelle de l'ancien pays: Leri Ahel et Željko Luketić. Le premier est un DJ de Rijeka, connu pour son excellent Mutant Disco Radio Show, un set hebdomadaire, diffusé sur <a href="https://soundcloud.com/mutant-disco" target="_blank">soundcloud </a>et de nombreuses radios dans le monde, où la musique électronique d'hier et d'aujourd'hui s'y affiche dans une grande diversité d'univers. Le second est plus connu des lecteurs de Yougosonic, car le blog a déjà rendu compte de son travail (<a href="http://yougosonic.blogspot.com/2014/12/sur-les-ruines-du-jugoton.html" target="_blank">ici</a> et <a href="http://yougosonic.blogspot.com/2013/09/borghesia-et-le-zeitgeist.html" target="_blank">là</a>): critique de cinéma, journaliste musical, programmateur d'événements, DJ, vidéaste, complice de nombreux projets undergrounds à Zagreb (où il vit), Luketić, également connu sous le pseudo de Konrad Medvedov, a déjà été le "curateur" et l'inspirateur de plusieurs compilations consacrées à la culture musicale yougoslave. On lui doit notamment la série des "<a href="https://www.discogs.com/fr/label/725951-Ex-Yu-Electronica" target="_blank">Ex-YU Elektronika</a>", autour de l'underground électronique, où la Yougoslavie, rappelons le, n'a pas démérité, ainsi que le fameux "<a href="https://www.discogs.com/Various-Electronic-Jugoton-Synthetic-Music-From-Yugoslavia-1964-1989/release/6245013" target="_blank">Electronic Jugoton</a>", dédié à la place de l'électronique dans la musique populaire yougoslave. <br /><br />Ces différents projets discographiques ont rencontré un succès certain, y compris hors des frontières de l'ancien Etat: des collectionneurs américains, en particulier, se sont entichés de ces compiles dévoilant un "son yougo", à la fois familier, car dans l'ère du temps de ce qui se faisait en Occident à la même époque, mais en même temps différent, "exotique", par la langue ou par une façon particulière de s'approprier ces musiques.<br /><br />C'est ce regain d'intérêt, en ex-Yougoslavie comme à l'étranger, qui a poussé Ahel et Luketić, complices de longue date, à passer à la vitesse supérieure et à lancer leur propre label, "Fox &amp; his Friends" (F&amp;HF), avec trois principes simples: <br />1) dénicher l'oiseau rare (morceaux oubliés, enregistrements inédits, faces B, bande-son d'une époque...) <br />2) pressage en éditions limitées <br />3) vinyl only! </span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Le concept cible très directement la niche des chineurs de vinyl, inlassablement curieux, et toujours prêts à musicalement se laisser surprendre. Une niche que connaît bien le duo, puisque, eux-mêmes collectionneurs affirmant posséder plus de 5000 disques, ils en font partie.</span></span></span></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-ABTjwUFQWCg/W_fnRLIKTLI/AAAAAAAAD_A/zR5zaCesA08HZHo95e-EOxSNdVkz8xWHgCLcBGAs/s1600/Ahel%2Bi%2BLuketic%2B%2528c%2529%2BNovosti.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="750" data-original-width="1200" height="250" src="https://1.bp.blogspot.com/-ABTjwUFQWCg/W_fnRLIKTLI/AAAAAAAAD_A/zR5zaCesA08HZHo95e-EOxSNdVkz8xWHgCLcBGAs/s400/Ahel%2Bi%2BLuketic%2B%2528c%2529%2BNovosti.jpg" width="400" /></a></span></span></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Leri Ahel (à gauche) et Željko Luketić (à droite),</span></i></span></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">le duo qui se cache derrière Fox and his Friends</span></i></span></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Photo (c) Novosti</span></i></span></span></span></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Le label n'en est pas à son premier essai avec "Socialistički Disko": F&amp;HF a démarré très fort en 2017, en rééditant la BO du film "<a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Visitors_from_the_Galaxy" target="_blank">Les Visiteurs de la Galaxie</a>" (1981), à priori unique film de science-fiction yougoslave, coproduit avec la Tchécoslovaquie, où des extra-terrestres venus de la planète "Arkan" débarquent sur terre. La BO, signée <a href="https://www.discogs.com/fr/artist/873203-Tomica-Simovi%C4%87" target="_blank">Tomislav Simovic</a>, compositeur également des bandes sons du fameux dessin animé "<a href="https://www.youtube.com/watch?v=FFe6uU82Yec" target="_blank">Professeur Balthasar</a>", était considérée comme perdue, avant que les enregistrements ne soient retrouvés et restaurés. C'est une perle musicale, oscillant entre Tangerine Dream, la musique électroacoustique et ce qu'on appelle aujourd'hui l'electronica.</span></span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"></span><span style="color: #fff2cc;"></span><br /><span style="color: #fff2cc;"></span></div><div style="text-align: justify;"><div style="text-align: center;"><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/B748Bo7w2W4" width="560"></iframe></span></span></span> </div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Le label enchaîne ensuite, toujours en 2017, avec une réédition et un remix actuel de "Decadance" un morceau de 1989 de NEP alias Nova Evropa ("Nouvelle Europe"), un collectif d'artistes de Zagreb proche de la scène <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Musique_industrielle" target="_blank">industrielle</a> locale. Si à mon humble goût, la version originale a un peu vieilli et me semble relativement anecdotique par rapport aux travaux d'autres artistes yougoslaves de la même époque et dans le même genre, cela reste une curiosité écoutable. En revanche, la réadaptation qu'en fait DJ Snuffo envoie, elle, davantage le bois, et constitue un indéniable hit pour les dancefloors undergrounds.</span></span></span></span><br /><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/mDjUWD7V9ho" width="560"></iframe></span></span></span></div></div></div></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/DcMwVyITOn8" width="560"></iframe><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Enfin, très récemment (décembre 2019), F&amp;HF a sorti "Sex, Crime &amp; Politics", une anthologie de quelques unes des musiques de films des années 70-80, écrites par <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Alfi_Kabiljo">Alfi Kabiljo</a>, compositeur croate toujours en activité, qui fut l'un des premiers en Yougoslavie à introduire des synthétiseurs dans le jazz, la disco, l'easy-listening, la variété, etc., en les utilisant souvent de façon inattendue. Une approche qui donne une couleur spécifique à ces oeuvres, ressorties des tiroirs de l'oubli par Ahel et Luketić. Des oeuvres sur lesquelles flottent ce parfum gentiment canaille, mais sexy, des nuits secrètes, mais interlopes, du Zagreb des années 70-80, avec ses tripots, ses boîtes et ses clubs privés, où se côtoyaient cadres du parti en goguette, businessmen, mafieux, prostituées, noceurs, homos, mythomanes, aventuriers et aventurières... Tantôt langoureuses, tantôt dansantes, ces pièces cinématiques sont délicieusement nostalgiques, et même parfois un rien mélancoliques, derrière les accents kitsch et le groove dopé aux gros synthés qui tâchent. Un beau voyage dans un espace-temps parallèle, qui illustre l'idée que la nuit est (ou était), pour ses oiseaux, l'une des dernières aventures du monde moderne.</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><br /><span style="color: #fff2cc;"></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/b4-2Hvum9dA" width="560"></iframe><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Leri Ahel et Željko Luketić déploient leur travail sans parti-pris idéologique, ni même penchants yougonostalgiques péchant par idéalisation. Si les deux hommes éclairent indéniablement la richesse de la production musicale de l'ancien pays, ils sont aussi lucides quant au fait que bon nombre de ces expressions artistiques se sont souvent épanouies à la marge. Derrière le fait de déterrer des curiosités pour aficionados en mal de sensations musicales originales, le but de leur travail d'inventaire est aussi, en filigrane, de raconter une époque, d'esquisser les traits d'un pays et d'une société, avec leurs points de convergences et leurs contradictions. Une démarche qui nous habite aussi chez Yougosonic, ce qui explique que l'on suive les productions du duo avec autant d'intérêt que de bienveillance.<br /><br />Et précisément, pour ce qui est de raconter une époque et d'esquisser les traits d'un pays, l'histoire de la disco en terres socialistes yougoslaves est particulièrement significative. Comme l'explique lui-même Luketić dans une passionnante interview au journal croate "Nacional" (à lire <a href="https://www.nacional.hr/intervju-zeljko-luketic-zbog-disca-je-john-travolta-postao-i-imenica-i-pridjev/" target="_blank">ici</a>, si vous parlez la langue), la disco arrive avec un certain retard en Yougoslavie, dans la deuxième moitié des années 70, et s'y développe dans une période que Luketić situe entre 1977 et 1983. Aux Etats-Unis, le genre meure symboliquement en 1979, via la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Disco_Demolition_Night" target="_blank">Disco Demolition Night</a>, véritable autodafé du genre, même si celui-ci survit en mutant et en s'immisçant dans d'autres musiques, du hip-hop à la house, en passant par la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Hi-NRG" target="_blank">Hi-NRG</a>.<br /><br />En Yougoslavie, la disco doit faire face à une double hostilité, relève Luketić: celle des autorités, qui voient d'un mauvais oeil l'hédonisme que revendique le genre, son strass et ses paillettes, dignes de la pire décadence bourgeoise, et celle de la presse musicale d'alors, où le background rock domine chez les journalistes. A cela, vient s'ajouter une troisième forme d'hostilité, plus subtile, non dite. En effet, comme l'explique encore Luketić, la disco véhicule une image de la femme et de la sexualité libres. "Dans la disco, c'est la femme qui choisit son partenaire, et non pas le contraire", poursuit le responsable de F&amp;HF. De surcroît, l'homme "volontiers réduit à un objet sexuel" est choisi pour ce qu'on appelle familièrement aujourd'hui "un coup d'un soir", et non pour fonder une famille nombreuse. <br /><br />Dans une société où, derrière le vernis égalitariste et moderne, le conservatisme, le machisme et le patriarcat demeurent forts, un tel message déplaît. Autre problème, des notions qui relèvent du tabou dans la société d'alors, comme l'homosexualité, le transvestisme, l'androgynie, sont mises en avant dans la disco. Le rock, lui, fusse-t-il indépendant et alternatif, demeure correctement "genré". Même si on voit apparaître des groupes féminins et que l'homosexualité est abordée par certaines formations, le rock reste globalement une affaire d'hommes et d'hétéros. Exception faite du sulfureux Satan Panonski, surnommé le "Jean Genet Yougoslave", et dont j'avais parlé <a href="http://yougosonic.blogspot.com/2011/09/yougonostalgie-gay-friendly.html" target="_blank">dans un post sur l'homosexualité en Yougoslavie</a>, les chansons sur celle-ci restent, comme on l'avait vu dans ce même post, le fait de groupes masculins et hétéros (Psihomodo Pop, VIS Idoli, Oliver Mandić...), se servant de cette thématique dans un but de provoc ou de questionnement de l'ère du temps. Même si certaines chansons partent d'une bonne intention, cherchant "sincèrement" à briser les tabous, l'homosexualité y apparaît globalement quand même comme un problème, et n'y véhicule rien d'épanoui ou de festif, contrairement à la disco. <br /><br />Enfin, autre aspect sulfureux, la disco attire les jeunes des minorités les plus défavorisées et dévalorisées de Yougoslavie, à savoir les Rroms et les Albanais, qui excellent en particulier dans les concours de danse qui s'organisent un peu partout à l'époque. L'un d'eux Hamit Đogani, d'origine albanaise, sera même sélectionné dans une compétition internationale à Londres, avant de devenir une star de la "dance music" commerciale en Serbie. Là encore, ce qui déplaît, c'est ce mode d'affirmation de certaines minorités, dans un pays où officiellement, "on est tous frères", et il n'y a pas de "problème ethnique". Officieusement, c'est une autre histoire, où Rroms et Albanais ne sont tolérés que s'ils restent à la place qui est considérée comme la leur dans la société. Nul besoin de préciser où se trouve cette place.</span></span></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span><br /><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/SK8t2PmfYNY" width="560"></iframe><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span></div></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Vidéo du fameux concours international de danse où apparaît Hamit Đogani&nbsp;</i></span></span></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>(à 3'00 environ dans la vidéo), qui, effectivement, assure le show.</i></span></span></span></span></div><span style="color: #fff2cc;"><br /></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Bref, à la lumière de tout ce qui précède, les 45 tours de disco yougoslave se verront décerner la fameuse étiquette de "Šund", dont on avait expliqué le rôle <a href="http://yougosonic.blogspot.com/2014/12/sur-les-ruines-du-jugoton.html" target="_blank">ici</a>, et dont je rappelle brièvement le principe: cette étiquette, de l'allemand "Schund" (=camelote, daube, produit bas de gamme), désignait une production de "mauvaise qualité artistique" et rendait le prix d'achat du disque concerné plus cher que celui d'un disque "culturellement correct". Une sorte de commission culturelle liée au pouvoir décidait de ce qui était "šund" et de ce qui ne l'était pas, opérant une forme de censure subtile ...mais inoffensive: de nombreux disques de punk ou de rock indépendant seront aussi affublés de l'étiquette, qui deviendra au final, pour le public alternatif, un label de qualité. Un groupe punk slovène prendra d'ailleurs le nom de "Komisija za </span></span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">šund</span></span></span>" ("Commission du </span></span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">šund")</span></span></span>. <br />Cette communauté de destin d'un certain rock indépendant et de la disco, via le šund, ne rendra cependant pas l'un solidaire de l'autre. Et la presse musicale, sauf quelques exceptions, ne défendra pas la disco, ce qu'elle fera pourtant avec le rock.<br /><br />Il ne faudrait évidemment pas conclure de ce qui précède que la disco en terre yougo a vécu dans la clandestinité, ni que ses adeptes ont subi de quelconques pressions. Rappelons que, dès les années 60, les autorités ont libéralisé la diffusion culturelle: les Yougoslaves ont eu accès à tous les courants de la pensée et de la littérature mondiales, et les pop-cultures, musicale et cinématographique, en particulier, ont été perçues comme un potentiel "ciment", capable de "fondre" à terme des populations d'histoires et de cultures différentes. Hors quelques rares exceptions, la censure s'exprimait via le šund, et parfois par des invitations à revoir une pochette ou des paroles, mais aucun artiste n'a goûté à la prison. Le prolongement du titre de la compilation, <span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">"la danse derrière le rideau </span></span></span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">de velours", fait d'ailleurs clairement allusion à "l'exception yougoslave", Etat ni à l'Est ni à l'Ouest mais non-aligné. Elle se veut clairement un pied de nez à l'idée, toujours tenace en Occident, que le pays aurait fait partie du "Bloc Soviétique", et se serait donc trouvé derrière le fameux "Rideau de Fer".<br /></span></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-MMlKvFGb3Zo/Xn9zEddhTOI/AAAAAAAAEWg/IlVmUOIBxiAo9x-8hz2VQzXaRMwwUYLTwCEwYBhgLKs0DAMBZVoARxlHeUOUgcUEMpHnFRTtGHZsLPZvo4bibSAqmrzCRNNoCds6sdABihuZM_Vx1390pevK_u0kTxTMTsjCfH22E9AsK3G7EVbP_ZsrsK1esXdGp94KWUWx_ht3TJqGS2WX95qCMFz65sZhP487n6TdQ_4cMzc9qmlH1P6lV2hNHJ30dL0gJgq1QgdjRKtwd5ZiV1PbLp_F2pxKoMk53WdyDf5YQRnDtWHMhAJl3xYqACWo_V0kB165erV30rrZkQdi57kFYnlA5febjv51lSUKaLxg2U1F8HSE-VMStprml7bdw41qjYj_dh3pSZpptErSwLnl33b4NIWaE5QrWzKoObWGAfw2OEh3Ggrh7FrX-xpJj2Csr_42xJSzW9IcUJ0kwA8LUc01yJ5o9KOB3KiJLGORrw9fAhP_grNyYqotDxaW-TdVR-smbDTwnCuDq0AuDLKg9vtbRR1lgrn78-TBVKqkYedjDJYxXEkajIRiwJIREOogCHVUMeJFLqtYekABDpIkGzA-arhmrekp8q4eknDf1EoC7Cp2EOfLSIljAl1P4AOGfAPgReosY7aZBYnmDv09qouvaCY4TaowMcfS0biLZx49AD6swquv98wU/s1600/YU%2BAerobic.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="399" data-original-width="400" height="319" src="https://1.bp.blogspot.com/-MMlKvFGb3Zo/Xn9zEddhTOI/AAAAAAAAEWg/IlVmUOIBxiAo9x-8hz2VQzXaRMwwUYLTwCEwYBhgLKs0DAMBZVoARxlHeUOUgcUEMpHnFRTtGHZsLPZvo4bibSAqmrzCRNNoCds6sdABihuZM_Vx1390pevK_u0kTxTMTsjCfH22E9AsK3G7EVbP_ZsrsK1esXdGp94KWUWx_ht3TJqGS2WX95qCMFz65sZhP487n6TdQ_4cMzc9qmlH1P6lV2hNHJ30dL0gJgq1QgdjRKtwd5ZiV1PbLp_F2pxKoMk53WdyDf5YQRnDtWHMhAJl3xYqACWo_V0kB165erV30rrZkQdi57kFYnlA5febjv51lSUKaLxg2U1F8HSE-VMStprml7bdw41qjYj_dh3pSZpptErSwLnl33b4NIWaE5QrWzKoObWGAfw2OEh3Ggrh7FrX-xpJj2Csr_42xJSzW9IcUJ0kwA8LUc01yJ5o9KOB3KiJLGORrw9fAhP_grNyYqotDxaW-TdVR-smbDTwnCuDq0AuDLKg9vtbRR1lgrn78-TBVKqkYedjDJYxXEkajIRiwJIREOogCHVUMeJFLqtYekABDpIkGzA-arhmrekp8q4eknDf1EoC7Cp2EOfLSIljAl1P4AOGfAPgReosY7aZBYnmDv09qouvaCY4TaowMcfS0biLZx49AD6swquv98wU/s320/YU%2BAerobic.jpg" width="320" /></a></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><i><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Corrolaire de la vague disco, comme dans nos contrées,&nbsp;</span></span></i></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><i><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">les Yougoslaves ont aussi connu la vague de l'aérobic. </span></span></i></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">La disco connaîtra le même engouement populaire qu'elle a connu ailleurs dans le monde, stimulant, toujours d'après Luketić, l'émergence des discothèques en Yougoslavie, favorisant la démocratisation et le rajeunissement de la vie nocturne. Les boîtes de nuit achètent alors les disques pour le compte de leurs DJ's, et ces derniers bénéficient d'un contrat de travail et d'un salaire, "contrairement à aujourd'hui", où règnent le black et la précarité, relève, non sans ironie, le boss de F&amp;HF. Ce développement de ce qu'on n'appelle pas encore le "clubbing" s'accompagne aussi d'un changement sur les dancefloors, tel que déjà évoqué plus haut, avec l'arrivée des minorités, et un nouveau codex de la danse, où les femmes s'autonomisent et où l'individu s'affirme (les danses à deux, où l'homme mène la bal, s'effacent). Ca et là, et en toute discrétion, s'ébauchent des débuts de "clubbing gay".</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-DdT36u-SAmk/Xn8r0bggbAI/AAAAAAAAEWM/2Cf-yQ0WySoYWUUWmBXQ5OBswBfsQmhfwCLcBGAsYHQ/s1600/sly-subotica.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="300" data-original-width="617" height="193" src="https://1.bp.blogspot.com/-DdT36u-SAmk/Xn8r0bggbAI/AAAAAAAAEWM/2Cf-yQ0WySoYWUUWmBXQ5OBswBfsQmhfwCLcBGAsYHQ/s400/sly-subotica.jpg" width="400" /></a></span></span></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Ticket d'entrée au "Sly", bar-discothèque de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Subotica" target="_blank">Subotica</a>, actif dans les années 80.<br />A l'instar de nos Wizz, Fuse, Dream, Paradise, Palm Beach, Drop's,&nbsp;</i></span></span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>et autres <a href="https://www.youtube.com/watch?v=7ceNf9qJjgc" target="_blank">Starflash Laser Light Action Club</a>, l'anglais était là aussi chez les Yougos,&nbsp;</i></span></span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>pour assurer la "saturday night credibility".</i></span></span></span></span></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Pour revenir à l'opposition entre disco et rock, on aura finalement en Yougoslavie deux communautés pop-culturelles distinctes qui cohabiteront sans se fréquenter, et parfois en se méprisant: la majorité vibrera au son de la disco, alors qu'une minorité se passionnera pour le punk, le rock indépendant et leurs dérivés. La situation n'était pas forcément différente en Occident, avec là aussi des niches subculturelles se développant dans le sillage du punk et de la new wave, et n'ayant que mépris pour la disco et ses mutants que sont l'Eurodance ou l'Italo-disco. La "réconciliation" se fera pendant un temps autour de la house et de la techno, avant que le mouvement ne soit récupéré par l'industrie musicale et ne perde sa dimension politique, utopique et libertaire, mais c'est une autre histoire...</span></span></span></span></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">L'équipe de F&amp;HF propose elle aussi à sa manière une réconciliation. Si le duo a indéniablement forgé son oreille musicale du côté des musiques alternatives des années 80, en particulier dans leur versant électronique, ce background ne les a pas empêché de trouver de l'originalité et de ressentir le frisson de la subversion dans d'autres genres, fussent-ils jugés plus "commerciaux". Leur travail réhabilite indéniablement une musique qui, derrière la facilité, le kitsch et l'insouciance de façade, véhiculait un message émancipateur, féministe et favorable aux minorités. Des valeurs plutôt socialistes, non ? D'où l'idée que le titre de la compile fait finalement sens, au delà du marketing.</span></span></span></span></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Coïncidence ou filiation? On observe depuis peu un discours similaire autour du turbofolk, musique encore plus honnie que ne l'était la disco, en raison de ses connivences politico-mafieuses, et de son épanouissement lors de l'écroulement de la Yougoslavie. D'après <a href="https://www.calvertjournal.com/features/show/9504/being-lgbtq-turbofolk-serbia-outrageous-pop-gay-desire-mainstream" target="_blank">certaines analyses récentes</a>, le turbofolk distillerait, sans en avoir l'air, des messages féministes et gay-friendly. La thèse peut désarçonner les plus farouches opposant(e)s à cette culture kitsch, vulgaire et tapageuse, mais elle ne manque pas de quelques arguments pertinents. A mon niveau, j'avais déjà <a href="http://yougosonic.blogspot.com/2011/10/fraternite-unite-lgbt.html" target="_blank">observé</a> que certaines stars du turbofolk, comme Jelena Karleuša, ont pris publiquement fait et cause pour les LGBTIQ, ainsi que pour une "Serbie normale et tolérante". Et depuis quelques années, l'underground serbe se réapproprie le genre dans des détournements et emprunts, qui se sont illustrés dans la compilation et le film <a href="https://www.youtube.com/channel/UCuZvRi2Ume3cMlEfPB7i1uw" target="_blank">Turbotronik</a>. Je laisse cette vaste question, qui nécessiterait un post à elle toute seule, ouverte. Peut-être aurons-nous l'occasion de la creuser ultérieurement?</span></span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><div style="text-align: justify;"><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-DZTPNRKisak/Xn8sY6TU-vI/AAAAAAAAEWU/UfpbAhKpYz0gbQs6LUt_rAIkRfyloeXUQCLcBGAsYHQ/s1600/gruva-gruva-1.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="720" data-original-width="599" height="400" src="https://1.bp.blogspot.com/-DZTPNRKisak/Xn8sY6TU-vI/AAAAAAAAEWU/UfpbAhKpYz0gbQs6LUt_rAIkRfyloeXUQCLcBGAsYHQ/s400/gruva-gruva-1.jpg" width="332" /></a></span></span></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>This is the new cool!</i></span></span></span></span></div></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">En revanche, le point de vue de Luketić sur une éventuelle filiation du turbofolk et de la disco me semble intéressant à partager: pour le patron de F&amp;HF, le turbofolk s'est développé dans un contexte politique particulier, et a été, à sa manière, l'émanation d'une volonté politique, au contraire de la disco. Pour Luketić, c'est davantage un certain rock yougoslave qui a servi de base et d'influence pour le turbofolk, à savoir ce qu'on appelait le "pastirski rock", littéralement "le rock des bergers", incarné entre autres par Goran Bregović et Bijelo Dugme. Ce sont eux qui, les premiers, ont introduit des thèmes musicaux folk et et tout un imaginaire ploucoïde et vulgairement tapageur dans le rock. Combattant de longue date la Bregomania et le monopole qu'elle exerce sur la culture des Balkans, et en particulier sur l'export de celle-ci, je ne puis résister à partager avec enthousiasme ce point de vue avisé.</span></span></span></span></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Terminons par quelques lignes sur cette compilation dont je partage ici des extraits disponibles sur <a href="https://www.youtube.com/watch?v=jHTsxcWavXc&amp;list=PL7a9M6mf5csoaEI6XECpPd_m_IwNxPv5V" target="_blank">youtube</a>. Les aficionados du genre y trouveront leur compte. Tous les ingrédients sont là: les rythmiques "prêtes à danser", les mélodies faciles à mémoriser, les violons qui suintent, les lignes de synthé hypnotiques, et bien-sûr toute la grandiloquence et les envolées lyriques surjouées d'une musique dont on sous-estime parfois la dérision et l'ironie. Une grandiloquence qui se marie à merveille  avec une certaine théâtralité dont les artistes de variété yougoslaves sont coutumiers. Car c'est aussi bien-sûr la touche "yougo", la couleur locale, qui donne à cette compile son parfum d'originalité, du moins pour nous, auditeurs occidentaux. La langue apporte ses tonalités particulières, même si certains artistes font le choix de l'anglais, mais l'originalité réside aussi dans une certaine façon d'aborder le genre, dans les ambiances, les orchestrations, le grain de folie qui émane de certains titres. </span></span></span></span></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><br /><div style="text-align: justify;"><div style="text-align: center;"><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/jHTsxcWavXc" width="560"></iframe><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Sauras-tu reconnaître ce grand hit disco, ici traduit en serbo-croate ?</i></span></span></span></span></div></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><span style="color: #fff2cc;"></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">A ce sujet, on relèvera le très déjanté "Disko" de Rok Hotel, avec sa base funk et ses breaks aux relents de rock progressif, où le chant se mue en cri primal, rappelant de loin quelques <a href="https://www.youtube.com/watch?v=HPH8UJ7-ibc" target="_blank">chaudes montées d'acide du rock psychédélique</a>.</span></span></span></span></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><br /><div style="text-align: justify;"><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><iframe allowfullscreen="" class="YOUTUBE-iframe-video" data-thumbnail-src="https://i.ytimg.com/vi/VnnTm03UOko/0.jpg" frameborder="0" height="266" src="https://www.youtube.com/embed/VnnTm03UOko?feature=player_embedded" width="320"></iframe></div></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Notons aussi la reprise de "Vamos a la Playa" en croate, hit dont on a oublié <a href="http://www.cold-war-cojobo.appspot.com/assets/files/vamos-a-la-playa_an-antinuclear-weapon-song.pdf" target="_blank">la dimension anti-nucléaire</a>, mais où la version yougo, signée "Les Souvenirs d'Opatija" (Opatijski Suveniri), dont le nom est tout un programme à lui tout seul, vient ajouter la présence de mutants et de robots.</span></span></span></span></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><br /><div style="text-align: justify;"><div style="text-align: center;"><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/u0x4UGTSYMY" width="560"></iframe><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span></div></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">On retrouve aussi l'excellent Arian (dont j'avais parlé <a href="http://yougosonic.blogspot.com/2017/09/le-marteau-et-le-microsillon.html" target="_blank">ici</a>), l'Albanais de Macédoine qui groove en <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/I%C3%A9kavien" target="_blank">jekavski</a> avec son étonnante voix aux frontières de l'androgynie, et curiosité, le joueur du "Hajduk Split" Ivica Šurjak avec un superbe "Julija", mélancolique et cinématique, très "Joe Dassin", avec son texte parlé et non chanté... J'aime aussi beaucoup le "vent du sud" ("Južni vjetar") de Krunoslav Slabinac, qui souffle de belles effluves de groove, à la fois élégantes, nostalgiques et pleines d'emphase.</span></span></span></span></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><br /><div style="text-align: justify;"><div style="text-align: center;"><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/f7zkbrNCZhI" width="560"></iframe><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span></div></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><br /><div style="text-align: justify;"><div style="text-align: center;"><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/4dtlf_B_GvY" width="560"></iframe><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span></div></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><br /><div style="text-align: justify;"><div style="text-align: center;"><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/MrBxj6ZJUZ8" width="560"></iframe><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span></div></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Plein d'autres choses à découvrir dans cette compilation qui réhabilite un genre musical parfois pris de haut, et lève un voile de plus sur les passionnants visages de la culture populaire d'un pays qui, bien que disparu, reste indéniablement vivant dans cette mémoire sonore, et n'a pas fini de nous surprendre!</span></span></span></span></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><span style="color: #fff2cc;"></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><u>Prolongements et compléments:</u></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">- On peut écouter l'intégralité du catalogue de Fox &amp; His Friends <a href="https://www.youtube.com/channel/UCgQHhVMim-v_XAmFV1Ddwdg" target="_blank">sur la chaîne youtube</a> du label. Ne vous privez pas, il n'y a que du bon ! Merci au duo pour ce beau cadeau, qui, bien- sûr, n'empêche pas de s'offrir les disques du label (voir ci-dessous)!</span></span></span></span></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">- Justement, pour les "chineurs/-euses de vinyl", DJ's et autres collectionneurs/-euses de musique rare, tous les disques de Fox &amp; His Friends peuvent être achetés sur le <a href="https://foxandhisfriends.bigcartel.com/" target="_blank">site internet du label</a>. Outre l'inimitable "grain" sonore du vinyl (imperceptible sur les vidéos youtube), les disques du label sont accompagnés de notes (en anglais) et de photos qui documentent très richement l'objet musical.</span></span></span></span></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">- Les amateurs/-trices de groove pourront aussi relire <a href="http://yougosonic.blogspot.com/2017/09/le-marteau-et-le-microsillon.html" target="_blank">le post que j'avais consacré au funk en Yougoslavie</a>. Un post qui, outre des réflexions socio-politiques sur la mémoire pop-culturelle de l'ancien Etat, propose plusieurs extraits musicaux.</span></span></span></span></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">- Au fait, pourquoi "Fox &amp; au His Friends" ? Il s'agit sans aucun doute d'une référence au <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Fox_and_His_Friends" target="_blank">film éponyme de Rainer Werner Fassbinder</a>, qui s'explique par le fait que Željko Luketić est aussi un cinéphile averti. Ce centre d'intérêt se retrouve dans les choix artistiques du label, qui, on l'a vu, a déterré plusieurs musiques de films oubliées. Le nom du film de Fassbinder, qui, pour être schématique, conte la relation homosexuelle entre un prolo et le riche fils d'un industriel, peut aussi éclairer, métaphoriquement, les liens, troubles et ambivalents, entre culture "populaire" et "haute culture". Une mise en lumière que réalise à merveille le label croate, dont on attend avec impatience les prochaines galettes ! </span></span></span></span></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">- Photo en ouverture de post: pochette d'un disque du groupe Rok Hotel</span></span></span></span></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"> </span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Disco_Demolition_Night"><br /></a></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Disco_Demolition_Night"><br /></a></span></span></span></div>
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Disco socialiste ? Accoler ces deux mots relève presque de l'oxymore, tant le pouvoir d'évocation de chacun semble renvoyer à des univers opposés. Ce binôme sémantique a probablement et avant tout une vocation marketing, celle de surprendre, de dérouter, voire de provoquer, et partant, de susciter l'attention et la curiosité. Mais le titre de cette compilation dépasse peut-être cet aspect purement marketing, pour faire véritablement sens, on le verra.</span></span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span><br /><a name='more'></a><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><a href="https://3.bp.blogspot.com/-ZPY_BlACxjI/W_fmIMYGWeI/AAAAAAAAD-k/-6PnmruY-l80g0AzfxLw_thtLGtFPuAygCLcBGAs/s1600/R-12292930-1532306267-9559.jpeg.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="492" data-original-width="500" height="392" src="https://3.bp.blogspot.com/-ZPY_BlACxjI/W_fmIMYGWeI/AAAAAAAAD-k/-6PnmruY-l80g0AzfxLw_thtLGtFPuAygCLcBGAs/s400/R-12292930-1532306267-9559.jpeg.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">"Socialistički disko (...)", on l'aura deviné, explore la vague disco à la mode yougoslave. Derrière ce travail d'inventaire se cachent deux infatigables passionnés de la mémoire pop-culturelle de l'ancien pays: Leri Ahel et Željko Luketić. Le premier est un DJ de Rijeka, connu pour son excellent Mutant Disco Radio Show, un set hebdomadaire, diffusé sur <a href="https://soundcloud.com/mutant-disco" target="_blank">soundcloud </a>et de nombreuses radios dans le monde, où la musique électronique d'hier et d'aujourd'hui s'y affiche dans une grande diversité d'univers. Le second est plus connu des lecteurs de Yougosonic, car le blog a déjà rendu compte de son travail (<a href="http://yougosonic.blogspot.com/2014/12/sur-les-ruines-du-jugoton.html" target="_blank">ici</a> et <a href="http://yougosonic.blogspot.com/2013/09/borghesia-et-le-zeitgeist.html" target="_blank">là</a>): critique de cinéma, journaliste musical, programmateur d'événements, DJ, vidéaste, complice de nombreux projets undergrounds à Zagreb (où il vit), Luketić, également connu sous le pseudo de Konrad Medvedov, a déjà été le "curateur" et l'inspirateur de plusieurs compilations consacrées à la culture musicale yougoslave. On lui doit notamment la série des "<a href="https://www.discogs.com/fr/label/725951-Ex-Yu-Electronica" target="_blank">Ex-YU Elektronika</a>", autour de l'underground électronique, où la Yougoslavie, rappelons le, n'a pas démérité, ainsi que le fameux "<a href="https://www.discogs.com/Various-Electronic-Jugoton-Synthetic-Music-From-Yugoslavia-1964-1989/release/6245013" target="_blank">Electronic Jugoton</a>", dédié à la place de l'électronique dans la musique populaire yougoslave. <br /><br />Ces différents projets discographiques ont rencontré un succès certain, y compris hors des frontières de l'ancien Etat: des collectionneurs américains, en particulier, se sont entichés de ces compiles dévoilant un "son yougo", à la fois familier, car dans l'ère du temps de ce qui se faisait en Occident à la même époque, mais en même temps différent, "exotique", par la langue ou par une façon particulière de s'approprier ces musiques.<br /><br />C'est ce regain d'intérêt, en ex-Yougoslavie comme à l'étranger, qui a poussé Ahel et Luketić, complices de longue date, à passer à la vitesse supérieure et à lancer leur propre label, "Fox &amp; his Friends" (F&amp;HF), avec trois principes simples: <br />1) dénicher l'oiseau rare (morceaux oubliés, enregistrements inédits, faces B, bande-son d'une époque...) <br />2) pressage en éditions limitées <br />3) vinyl only! </span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Le concept cible très directement la niche des chineurs de vinyl, inlassablement curieux, et toujours prêts à musicalement se laisser surprendre. Une niche que connaît bien le duo, puisque, eux-mêmes collectionneurs affirmant posséder plus de 5000 disques, ils en font partie.</span></span></span></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-ABTjwUFQWCg/W_fnRLIKTLI/AAAAAAAAD_A/zR5zaCesA08HZHo95e-EOxSNdVkz8xWHgCLcBGAs/s1600/Ahel%2Bi%2BLuketic%2B%2528c%2529%2BNovosti.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="750" data-original-width="1200" height="250" src="https://1.bp.blogspot.com/-ABTjwUFQWCg/W_fnRLIKTLI/AAAAAAAAD_A/zR5zaCesA08HZHo95e-EOxSNdVkz8xWHgCLcBGAs/s400/Ahel%2Bi%2BLuketic%2B%2528c%2529%2BNovosti.jpg" width="400" /></a></span></span></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Leri Ahel (à gauche) et Željko Luketić (à droite),</span></i></span></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">le duo qui se cache derrière Fox and his Friends</span></i></span></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Photo (c) Novosti</span></i></span></span></span></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Le label n'en est pas à son premier essai avec "Socialistički Disko": F&amp;HF a démarré très fort en 2017, en rééditant la BO du film "<a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Visitors_from_the_Galaxy" target="_blank">Les Visiteurs de la Galaxie</a>" (1981), à priori unique film de science-fiction yougoslave, coproduit avec la Tchécoslovaquie, où des extra-terrestres venus de la planète "Arkan" débarquent sur terre. La BO, signée <a href="https://www.discogs.com/fr/artist/873203-Tomica-Simovi%C4%87" target="_blank">Tomislav Simovic</a>, compositeur également des bandes sons du fameux dessin animé "<a href="https://www.youtube.com/watch?v=FFe6uU82Yec" target="_blank">Professeur Balthasar</a>", était considérée comme perdue, avant que les enregistrements ne soient retrouvés et restaurés. C'est une perle musicale, oscillant entre Tangerine Dream, la musique électroacoustique et ce qu'on appelle aujourd'hui l'electronica.</span></span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"></span><span style="color: #fff2cc;"></span><br /><span style="color: #fff2cc;"></span></div><div style="text-align: justify;"><div style="text-align: center;"><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/B748Bo7w2W4" width="560"></iframe></span></span></span> </div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Le label enchaîne ensuite, toujours en 2017, avec une réédition et un remix actuel de "Decadance" un morceau de 1989 de NEP alias Nova Evropa ("Nouvelle Europe"), un collectif d'artistes de Zagreb proche de la scène <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Musique_industrielle" target="_blank">industrielle</a> locale. Si à mon humble goût, la version originale a un peu vieilli et me semble relativement anecdotique par rapport aux travaux d'autres artistes yougoslaves de la même époque et dans le même genre, cela reste une curiosité écoutable. En revanche, la réadaptation qu'en fait DJ Snuffo envoie, elle, davantage le bois, et constitue un indéniable hit pour les dancefloors undergrounds.</span></span></span></span><br /><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/mDjUWD7V9ho" width="560"></iframe></span></span></span></div></div></div></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/DcMwVyITOn8" width="560"></iframe><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Enfin, très récemment (décembre 2019), F&amp;HF a sorti "Sex, Crime &amp; Politics", une anthologie de quelques unes des musiques de films des années 70-80, écrites par <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Alfi_Kabiljo">Alfi Kabiljo</a>, compositeur croate toujours en activité, qui fut l'un des premiers en Yougoslavie à introduire des synthétiseurs dans le jazz, la disco, l'easy-listening, la variété, etc., en les utilisant souvent de façon inattendue. Une approche qui donne une couleur spécifique à ces oeuvres, ressorties des tiroirs de l'oubli par Ahel et Luketić. Des oeuvres sur lesquelles flottent ce parfum gentiment canaille, mais sexy, des nuits secrètes, mais interlopes, du Zagreb des années 70-80, avec ses tripots, ses boîtes et ses clubs privés, où se côtoyaient cadres du parti en goguette, businessmen, mafieux, prostituées, noceurs, homos, mythomanes, aventuriers et aventurières... Tantôt langoureuses, tantôt dansantes, ces pièces cinématiques sont délicieusement nostalgiques, et même parfois un rien mélancoliques, derrière les accents kitsch et le groove dopé aux gros synthés qui tâchent. Un beau voyage dans un espace-temps parallèle, qui illustre l'idée que la nuit est (ou était), pour ses oiseaux, l'une des dernières aventures du monde moderne.</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><br /><span style="color: #fff2cc;"></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/b4-2Hvum9dA" width="560"></iframe><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Leri Ahel et Željko Luketić déploient leur travail sans parti-pris idéologique, ni même penchants yougonostalgiques péchant par idéalisation. Si les deux hommes éclairent indéniablement la richesse de la production musicale de l'ancien pays, ils sont aussi lucides quant au fait que bon nombre de ces expressions artistiques se sont souvent épanouies à la marge. Derrière le fait de déterrer des curiosités pour aficionados en mal de sensations musicales originales, le but de leur travail d'inventaire est aussi, en filigrane, de raconter une époque, d'esquisser les traits d'un pays et d'une société, avec leurs points de convergences et leurs contradictions. Une démarche qui nous habite aussi chez Yougosonic, ce qui explique que l'on suive les productions du duo avec autant d'intérêt que de bienveillance.<br /><br />Et précisément, pour ce qui est de raconter une époque et d'esquisser les traits d'un pays, l'histoire de la disco en terres socialistes yougoslaves est particulièrement significative. Comme l'explique lui-même Luketić dans une passionnante interview au journal croate "Nacional" (à lire <a href="https://www.nacional.hr/intervju-zeljko-luketic-zbog-disca-je-john-travolta-postao-i-imenica-i-pridjev/" target="_blank">ici</a>, si vous parlez la langue), la disco arrive avec un certain retard en Yougoslavie, dans la deuxième moitié des années 70, et s'y développe dans une période que Luketić situe entre 1977 et 1983. Aux Etats-Unis, le genre meure symboliquement en 1979, via la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Disco_Demolition_Night" target="_blank">Disco Demolition Night</a>, véritable autodafé du genre, même si celui-ci survit en mutant et en s'immisçant dans d'autres musiques, du hip-hop à la house, en passant par la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Hi-NRG" target="_blank">Hi-NRG</a>.<br /><br />En Yougoslavie, la disco doit faire face à une double hostilité, relève Luketić: celle des autorités, qui voient d'un mauvais oeil l'hédonisme que revendique le genre, son strass et ses paillettes, dignes de la pire décadence bourgeoise, et celle de la presse musicale d'alors, où le background rock domine chez les journalistes. A cela, vient s'ajouter une troisième forme d'hostilité, plus subtile, non dite. En effet, comme l'explique encore Luketić, la disco véhicule une image de la femme et de la sexualité libres. "Dans la disco, c'est la femme qui choisit son partenaire, et non pas le contraire", poursuit le responsable de F&amp;HF. De surcroît, l'homme "volontiers réduit à un objet sexuel" est choisi pour ce qu'on appelle familièrement aujourd'hui "un coup d'un soir", et non pour fonder une famille nombreuse. <br /><br />Dans une société où, derrière le vernis égalitariste et moderne, le conservatisme, le machisme et le patriarcat demeurent forts, un tel message déplaît. Autre problème, des notions qui relèvent du tabou dans la société d'alors, comme l'homosexualité, le transvestisme, l'androgynie, sont mises en avant dans la disco. Le rock, lui, fusse-t-il indépendant et alternatif, demeure correctement "genré". Même si on voit apparaître des groupes féminins et que l'homosexualité est abordée par certaines formations, le rock reste globalement une affaire d'hommes et d'hétéros. Exception faite du sulfureux Satan Panonski, surnommé le "Jean Genet Yougoslave", et dont j'avais parlé <a href="http://yougosonic.blogspot.com/2011/09/yougonostalgie-gay-friendly.html" target="_blank">dans un post sur l'homosexualité en Yougoslavie</a>, les chansons sur celle-ci restent, comme on l'avait vu dans ce même post, le fait de groupes masculins et hétéros (Psihomodo Pop, VIS Idoli, Oliver Mandić...), se servant de cette thématique dans un but de provoc ou de questionnement de l'ère du temps. Même si certaines chansons partent d'une bonne intention, cherchant "sincèrement" à briser les tabous, l'homosexualité y apparaît globalement quand même comme un problème, et n'y véhicule rien d'épanoui ou de festif, contrairement à la disco. <br /><br />Enfin, autre aspect sulfureux, la disco attire les jeunes des minorités les plus défavorisées et dévalorisées de Yougoslavie, à savoir les Rroms et les Albanais, qui excellent en particulier dans les concours de danse qui s'organisent un peu partout à l'époque. L'un d'eux Hamit Đogani, d'origine albanaise, sera même sélectionné dans une compétition internationale à Londres, avant de devenir une star de la "dance music" commerciale en Serbie. Là encore, ce qui déplaît, c'est ce mode d'affirmation de certaines minorités, dans un pays où officiellement, "on est tous frères", et il n'y a pas de "problème ethnique". Officieusement, c'est une autre histoire, où Rroms et Albanais ne sont tolérés que s'ils restent à la place qui est considérée comme la leur dans la société. Nul besoin de préciser où se trouve cette place.</span></span></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span><br /><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/SK8t2PmfYNY" width="560"></iframe><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span></div></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Vidéo du fameux concours international de danse où apparaît Hamit Đogani&nbsp;</i></span></span></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>(à 3'00 environ dans la vidéo), qui, effectivement, assure le show.</i></span></span></span></span></div><span style="color: #fff2cc;"><br /></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Bref, à la lumière de tout ce qui précède, les 45 tours de disco yougoslave se verront décerner la fameuse étiquette de "Šund", dont on avait expliqué le rôle <a href="http://yougosonic.blogspot.com/2014/12/sur-les-ruines-du-jugoton.html" target="_blank">ici</a>, et dont je rappelle brièvement le principe: cette étiquette, de l'allemand "Schund" (=camelote, daube, produit bas de gamme), désignait une production de "mauvaise qualité artistique" et rendait le prix d'achat du disque concerné plus cher que celui d'un disque "culturellement correct". Une sorte de commission culturelle liée au pouvoir décidait de ce qui était "šund" et de ce qui ne l'était pas, opérant une forme de censure subtile ...mais inoffensive: de nombreux disques de punk ou de rock indépendant seront aussi affublés de l'étiquette, qui deviendra au final, pour le public alternatif, un label de qualité. Un groupe punk slovène prendra d'ailleurs le nom de "Komisija za </span></span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">šund</span></span></span>" ("Commission du </span></span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">šund")</span></span></span>. <br />Cette communauté de destin d'un certain rock indépendant et de la disco, via le šund, ne rendra cependant pas l'un solidaire de l'autre. Et la presse musicale, sauf quelques exceptions, ne défendra pas la disco, ce qu'elle fera pourtant avec le rock.<br /><br />Il ne faudrait évidemment pas conclure de ce qui précède que la disco en terre yougo a vécu dans la clandestinité, ni que ses adeptes ont subi de quelconques pressions. Rappelons que, dès les années 60, les autorités ont libéralisé la diffusion culturelle: les Yougoslaves ont eu accès à tous les courants de la pensée et de la littérature mondiales, et les pop-cultures, musicale et cinématographique, en particulier, ont été perçues comme un potentiel "ciment", capable de "fondre" à terme des populations d'histoires et de cultures différentes. Hors quelques rares exceptions, la censure s'exprimait via le šund, et parfois par des invitations à revoir une pochette ou des paroles, mais aucun artiste n'a goûté à la prison. Le prolongement du titre de la compilation, <span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">"la danse derrière le rideau </span></span></span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">de velours", fait d'ailleurs clairement allusion à "l'exception yougoslave", Etat ni à l'Est ni à l'Ouest mais non-aligné. Elle se veut clairement un pied de nez à l'idée, toujours tenace en Occident, que le pays aurait fait partie du "Bloc Soviétique", et se serait donc trouvé derrière le fameux "Rideau de Fer".<br /></span></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-MMlKvFGb3Zo/Xn9zEddhTOI/AAAAAAAAEWg/IlVmUOIBxiAo9x-8hz2VQzXaRMwwUYLTwCEwYBhgLKs0DAMBZVoARxlHeUOUgcUEMpHnFRTtGHZsLPZvo4bibSAqmrzCRNNoCds6sdABihuZM_Vx1390pevK_u0kTxTMTsjCfH22E9AsK3G7EVbP_ZsrsK1esXdGp94KWUWx_ht3TJqGS2WX95qCMFz65sZhP487n6TdQ_4cMzc9qmlH1P6lV2hNHJ30dL0gJgq1QgdjRKtwd5ZiV1PbLp_F2pxKoMk53WdyDf5YQRnDtWHMhAJl3xYqACWo_V0kB165erV30rrZkQdi57kFYnlA5febjv51lSUKaLxg2U1F8HSE-VMStprml7bdw41qjYj_dh3pSZpptErSwLnl33b4NIWaE5QrWzKoObWGAfw2OEh3Ggrh7FrX-xpJj2Csr_42xJSzW9IcUJ0kwA8LUc01yJ5o9KOB3KiJLGORrw9fAhP_grNyYqotDxaW-TdVR-smbDTwnCuDq0AuDLKg9vtbRR1lgrn78-TBVKqkYedjDJYxXEkajIRiwJIREOogCHVUMeJFLqtYekABDpIkGzA-arhmrekp8q4eknDf1EoC7Cp2EOfLSIljAl1P4AOGfAPgReosY7aZBYnmDv09qouvaCY4TaowMcfS0biLZx49AD6swquv98wU/s1600/YU%2BAerobic.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="399" data-original-width="400" height="319" src="https://1.bp.blogspot.com/-MMlKvFGb3Zo/Xn9zEddhTOI/AAAAAAAAEWg/IlVmUOIBxiAo9x-8hz2VQzXaRMwwUYLTwCEwYBhgLKs0DAMBZVoARxlHeUOUgcUEMpHnFRTtGHZsLPZvo4bibSAqmrzCRNNoCds6sdABihuZM_Vx1390pevK_u0kTxTMTsjCfH22E9AsK3G7EVbP_ZsrsK1esXdGp94KWUWx_ht3TJqGS2WX95qCMFz65sZhP487n6TdQ_4cMzc9qmlH1P6lV2hNHJ30dL0gJgq1QgdjRKtwd5ZiV1PbLp_F2pxKoMk53WdyDf5YQRnDtWHMhAJl3xYqACWo_V0kB165erV30rrZkQdi57kFYnlA5febjv51lSUKaLxg2U1F8HSE-VMStprml7bdw41qjYj_dh3pSZpptErSwLnl33b4NIWaE5QrWzKoObWGAfw2OEh3Ggrh7FrX-xpJj2Csr_42xJSzW9IcUJ0kwA8LUc01yJ5o9KOB3KiJLGORrw9fAhP_grNyYqotDxaW-TdVR-smbDTwnCuDq0AuDLKg9vtbRR1lgrn78-TBVKqkYedjDJYxXEkajIRiwJIREOogCHVUMeJFLqtYekABDpIkGzA-arhmrekp8q4eknDf1EoC7Cp2EOfLSIljAl1P4AOGfAPgReosY7aZBYnmDv09qouvaCY4TaowMcfS0biLZx49AD6swquv98wU/s320/YU%2BAerobic.jpg" width="320" /></a></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><i><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Corrolaire de la vague disco, comme dans nos contrées,&nbsp;</span></span></i></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><i><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">les Yougoslaves ont aussi connu la vague de l'aérobic. </span></span></i></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">La disco connaîtra le même engouement populaire qu'elle a connu ailleurs dans le monde, stimulant, toujours d'après Luketić, l'émergence des discothèques en Yougoslavie, favorisant la démocratisation et le rajeunissement de la vie nocturne. Les boîtes de nuit achètent alors les disques pour le compte de leurs DJ's, et ces derniers bénéficient d'un contrat de travail et d'un salaire, "contrairement à aujourd'hui", où règnent le black et la précarité, relève, non sans ironie, le boss de F&amp;HF. Ce développement de ce qu'on n'appelle pas encore le "clubbing" s'accompagne aussi d'un changement sur les dancefloors, tel que déjà évoqué plus haut, avec l'arrivée des minorités, et un nouveau codex de la danse, où les femmes s'autonomisent et où l'individu s'affirme (les danses à deux, où l'homme mène la bal, s'effacent). Ca et là, et en toute discrétion, s'ébauchent des débuts de "clubbing gay".</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-DdT36u-SAmk/Xn8r0bggbAI/AAAAAAAAEWM/2Cf-yQ0WySoYWUUWmBXQ5OBswBfsQmhfwCLcBGAsYHQ/s1600/sly-subotica.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="300" data-original-width="617" height="193" src="https://1.bp.blogspot.com/-DdT36u-SAmk/Xn8r0bggbAI/AAAAAAAAEWM/2Cf-yQ0WySoYWUUWmBXQ5OBswBfsQmhfwCLcBGAsYHQ/s400/sly-subotica.jpg" width="400" /></a></span></span></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Ticket d'entrée au "Sly", bar-discothèque de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Subotica" target="_blank">Subotica</a>, actif dans les années 80.<br />A l'instar de nos Wizz, Fuse, Dream, Paradise, Palm Beach, Drop's,&nbsp;</i></span></span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>et autres <a href="https://www.youtube.com/watch?v=7ceNf9qJjgc" target="_blank">Starflash Laser Light Action Club</a>, l'anglais était là aussi chez les Yougos,&nbsp;</i></span></span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>pour assurer la "saturday night credibility".</i></span></span></span></span></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Pour revenir à l'opposition entre disco et rock, on aura finalement en Yougoslavie deux communautés pop-culturelles distinctes qui cohabiteront sans se fréquenter, et parfois en se méprisant: la majorité vibrera au son de la disco, alors qu'une minorité se passionnera pour le punk, le rock indépendant et leurs dérivés. La situation n'était pas forcément différente en Occident, avec là aussi des niches subculturelles se développant dans le sillage du punk et de la new wave, et n'ayant que mépris pour la disco et ses mutants que sont l'Eurodance ou l'Italo-disco. La "réconciliation" se fera pendant un temps autour de la house et de la techno, avant que le mouvement ne soit récupéré par l'industrie musicale et ne perde sa dimension politique, utopique et libertaire, mais c'est une autre histoire...</span></span></span></span></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">L'équipe de F&amp;HF propose elle aussi à sa manière une réconciliation. Si le duo a indéniablement forgé son oreille musicale du côté des musiques alternatives des années 80, en particulier dans leur versant électronique, ce background ne les a pas empêché de trouver de l'originalité et de ressentir le frisson de la subversion dans d'autres genres, fussent-ils jugés plus "commerciaux". Leur travail réhabilite indéniablement une musique qui, derrière la facilité, le kitsch et l'insouciance de façade, véhiculait un message émancipateur, féministe et favorable aux minorités. Des valeurs plutôt socialistes, non ? D'où l'idée que le titre de la compile fait finalement sens, au delà du marketing.</span></span></span></span></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Coïncidence ou filiation? On observe depuis peu un discours similaire autour du turbofolk, musique encore plus honnie que ne l'était la disco, en raison de ses connivences politico-mafieuses, et de son épanouissement lors de l'écroulement de la Yougoslavie. D'après <a href="https://www.calvertjournal.com/features/show/9504/being-lgbtq-turbofolk-serbia-outrageous-pop-gay-desire-mainstream" target="_blank">certaines analyses récentes</a>, le turbofolk distillerait, sans en avoir l'air, des messages féministes et gay-friendly. La thèse peut désarçonner les plus farouches opposant(e)s à cette culture kitsch, vulgaire et tapageuse, mais elle ne manque pas de quelques arguments pertinents. A mon niveau, j'avais déjà <a href="http://yougosonic.blogspot.com/2011/10/fraternite-unite-lgbt.html" target="_blank">observé</a> que certaines stars du turbofolk, comme Jelena Karleuša, ont pris publiquement fait et cause pour les LGBTIQ, ainsi que pour une "Serbie normale et tolérante". Et depuis quelques années, l'underground serbe se réapproprie le genre dans des détournements et emprunts, qui se sont illustrés dans la compilation et le film <a href="https://www.youtube.com/channel/UCuZvRi2Ume3cMlEfPB7i1uw" target="_blank">Turbotronik</a>. Je laisse cette vaste question, qui nécessiterait un post à elle toute seule, ouverte. Peut-être aurons-nous l'occasion de la creuser ultérieurement?</span></span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><div style="text-align: justify;"><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-DZTPNRKisak/Xn8sY6TU-vI/AAAAAAAAEWU/UfpbAhKpYz0gbQs6LUt_rAIkRfyloeXUQCLcBGAsYHQ/s1600/gruva-gruva-1.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="720" data-original-width="599" height="400" src="https://1.bp.blogspot.com/-DZTPNRKisak/Xn8sY6TU-vI/AAAAAAAAEWU/UfpbAhKpYz0gbQs6LUt_rAIkRfyloeXUQCLcBGAsYHQ/s400/gruva-gruva-1.jpg" width="332" /></a></span></span></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>This is the new cool!</i></span></span></span></span></div></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">En revanche, le point de vue de Luketić sur une éventuelle filiation du turbofolk et de la disco me semble intéressant à partager: pour le patron de F&amp;HF, le turbofolk s'est développé dans un contexte politique particulier, et a été, à sa manière, l'émanation d'une volonté politique, au contraire de la disco. Pour Luketić, c'est davantage un certain rock yougoslave qui a servi de base et d'influence pour le turbofolk, à savoir ce qu'on appelait le "pastirski rock", littéralement "le rock des bergers", incarné entre autres par Goran Bregović et Bijelo Dugme. Ce sont eux qui, les premiers, ont introduit des thèmes musicaux folk et et tout un imaginaire ploucoïde et vulgairement tapageur dans le rock. Combattant de longue date la Bregomania et le monopole qu'elle exerce sur la culture des Balkans, et en particulier sur l'export de celle-ci, je ne puis résister à partager avec enthousiasme ce point de vue avisé.</span></span></span></span></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Terminons par quelques lignes sur cette compilation dont je partage ici des extraits disponibles sur <a href="https://www.youtube.com/watch?v=jHTsxcWavXc&amp;list=PL7a9M6mf5csoaEI6XECpPd_m_IwNxPv5V" target="_blank">youtube</a>. Les aficionados du genre y trouveront leur compte. Tous les ingrédients sont là: les rythmiques "prêtes à danser", les mélodies faciles à mémoriser, les violons qui suintent, les lignes de synthé hypnotiques, et bien-sûr toute la grandiloquence et les envolées lyriques surjouées d'une musique dont on sous-estime parfois la dérision et l'ironie. Une grandiloquence qui se marie à merveille  avec une certaine théâtralité dont les artistes de variété yougoslaves sont coutumiers. Car c'est aussi bien-sûr la touche "yougo", la couleur locale, qui donne à cette compile son parfum d'originalité, du moins pour nous, auditeurs occidentaux. La langue apporte ses tonalités particulières, même si certains artistes font le choix de l'anglais, mais l'originalité réside aussi dans une certaine façon d'aborder le genre, dans les ambiances, les orchestrations, le grain de folie qui émane de certains titres. </span></span></span></span></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><br /><div style="text-align: justify;"><div style="text-align: center;"><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/jHTsxcWavXc" width="560"></iframe><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Sauras-tu reconnaître ce grand hit disco, ici traduit en serbo-croate ?</i></span></span></span></span></div></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><span style="color: #fff2cc;"></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">A ce sujet, on relèvera le très déjanté "Disko" de Rok Hotel, avec sa base funk et ses breaks aux relents de rock progressif, où le chant se mue en cri primal, rappelant de loin quelques <a href="https://www.youtube.com/watch?v=HPH8UJ7-ibc" target="_blank">chaudes montées d'acide du rock psychédélique</a>.</span></span></span></span></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><br /><div style="text-align: justify;"><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><iframe allowfullscreen="" class="YOUTUBE-iframe-video" data-thumbnail-src="https://i.ytimg.com/vi/VnnTm03UOko/0.jpg" frameborder="0" height="266" src="https://www.youtube.com/embed/VnnTm03UOko?feature=player_embedded" width="320"></iframe></div></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Notons aussi la reprise de "Vamos a la Playa" en croate, hit dont on a oublié <a href="http://www.cold-war-cojobo.appspot.com/assets/files/vamos-a-la-playa_an-antinuclear-weapon-song.pdf" target="_blank">la dimension anti-nucléaire</a>, mais où la version yougo, signée "Les Souvenirs d'Opatija" (Opatijski Suveniri), dont le nom est tout un programme à lui tout seul, vient ajouter la présence de mutants et de robots.</span></span></span></span></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><br /><div style="text-align: justify;"><div style="text-align: center;"><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/u0x4UGTSYMY" width="560"></iframe><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span></div></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">On retrouve aussi l'excellent Arian (dont j'avais parlé <a href="http://yougosonic.blogspot.com/2017/09/le-marteau-et-le-microsillon.html" target="_blank">ici</a>), l'Albanais de Macédoine qui groove en <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/I%C3%A9kavien" target="_blank">jekavski</a> avec son étonnante voix aux frontières de l'androgynie, et curiosité, le joueur du "Hajduk Split" Ivica Šurjak avec un superbe "Julija", mélancolique et cinématique, très "Joe Dassin", avec son texte parlé et non chanté... J'aime aussi beaucoup le "vent du sud" ("Južni vjetar") de Krunoslav Slabinac, qui souffle de belles effluves de groove, à la fois élégantes, nostalgiques et pleines d'emphase.</span></span></span></span></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><br /><div style="text-align: justify;"><div style="text-align: center;"><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/f7zkbrNCZhI" width="560"></iframe><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span></div></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><br /><div style="text-align: justify;"><div style="text-align: center;"><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/4dtlf_B_GvY" width="560"></iframe><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span></div></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><br /><div style="text-align: justify;"><div style="text-align: center;"><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/MrBxj6ZJUZ8" width="560"></iframe><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span></div></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Plein d'autres choses à découvrir dans cette compilation qui réhabilite un genre musical parfois pris de haut, et lève un voile de plus sur les passionnants visages de la culture populaire d'un pays qui, bien que disparu, reste indéniablement vivant dans cette mémoire sonore, et n'a pas fini de nous surprendre!</span></span></span></span></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><span style="color: #fff2cc;"></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><u>Prolongements et compléments:</u></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">- On peut écouter l'intégralité du catalogue de Fox &amp; His Friends <a href="https://www.youtube.com/channel/UCgQHhVMim-v_XAmFV1Ddwdg" target="_blank">sur la chaîne youtube</a> du label. Ne vous privez pas, il n'y a que du bon ! Merci au duo pour ce beau cadeau, qui, bien- sûr, n'empêche pas de s'offrir les disques du label (voir ci-dessous)!</span></span></span></span></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">- Justement, pour les "chineurs/-euses de vinyl", DJ's et autres collectionneurs/-euses de musique rare, tous les disques de Fox &amp; His Friends peuvent être achetés sur le <a href="https://foxandhisfriends.bigcartel.com/" target="_blank">site internet du label</a>. Outre l'inimitable "grain" sonore du vinyl (imperceptible sur les vidéos youtube), les disques du label sont accompagnés de notes (en anglais) et de photos qui documentent très richement l'objet musical.</span></span></span></span></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">- Les amateurs/-trices de groove pourront aussi relire <a href="http://yougosonic.blogspot.com/2017/09/le-marteau-et-le-microsillon.html" target="_blank">le post que j'avais consacré au funk en Yougoslavie</a>. Un post qui, outre des réflexions socio-politiques sur la mémoire pop-culturelle de l'ancien Etat, propose plusieurs extraits musicaux.</span></span></span></span></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">- Au fait, pourquoi "Fox &amp; au His Friends" ? Il s'agit sans aucun doute d'une référence au <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Fox_and_His_Friends" target="_blank">film éponyme de Rainer Werner Fassbinder</a>, qui s'explique par le fait que Željko Luketić est aussi un cinéphile averti. Ce centre d'intérêt se retrouve dans les choix artistiques du label, qui, on l'a vu, a déterré plusieurs musiques de films oubliées. Le nom du film de Fassbinder, qui, pour être schématique, conte la relation homosexuelle entre un prolo et le riche fils d'un industriel, peut aussi éclairer, métaphoriquement, les liens, troubles et ambivalents, entre culture "populaire" et "haute culture". Une mise en lumière que réalise à merveille le label croate, dont on attend avec impatience les prochaines galettes ! </span></span></span></span></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">- Photo en ouverture de post: pochette d'un disque du groupe Rok Hotel</span></span></span></span></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"> </span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Disco_Demolition_Night"><br /></a></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Disco_Demolition_Night"><br /></a></span></span></span></div>
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La BD est très populaire encore aujourd'hui, et je pense qu'elle s'est même mariée à merveille avec certains traits de la mentalité locale.</span></span></span></div></div><a name='more'></a><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">En effet, la résistance à Rome est un thème parlant pour ces peuples dont les aïeux ont longtemps vécu sous dominations étrangères (Autriche-Hongrie, Empire Ottoman), et qui se voient volontiers, encore aujourd'hui, en "village gaulois" tenant tête aux "envahisseurs" divers et variés (aujourd'hui, surtout les USA et l'Union Européenne). Une perception à priori sympathique et compréhensible, mais qui a aussi ses défauts, la carte "village gaulois" servant aux nationalistes et autres néofascistes à justifier violence et intolérance.&nbsp;</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><br /></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Les Gaulois d'Astérix sont têtus, chauvins, parfois intolérants, souvent rétifs à l'ordre, mais néanmoins hospitaliers, généreux, et toujours prêts à aider l'étranger dans le besoin, si sa cause leur paraît juste, ce qui sont aussi des caractéristiques que l'on retrouve chez les peuples d'ex-Yougoslavie. </span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Par ailleurs, le goût de la fête, de la ripaille, de la picole, et, si besoin, d'une bonne bagarre, séduit aussi volontiers le lectorat local. Ce ne sont pas les traits forcément les plus positifs ni les plus flatteurs qui sont ici valorisés, comme je le relevais déjà avec la carte "village gaulois", utilisée par les nationalistes locaux. Cependant, les Yougoslaves pratiquent, davantage que les Français, l'autodérision, une caractéristique de l'humour local, et ils regardent volontiers les qualités et les défauts des Gaulois comme un portrait juste et honnête, ironique et moqueur, de l'humanité, capable d'être géniale comme d'être profondément bête et méchante.&nbsp;</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><br /></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">On retrouve d'ailleurs dans cette grille de lecture un relent du "dualisme moral", qui, comme l'ont relevé plusieurs spécialistes du "monde slave", est une caractéristique ancienne de ces peuples: dans ce dualisme, pour être très schématique, le bien et le mal sont imbriqués, et celui qui a fait le mal peut l'avoir fait parfois pour un bien, par exemple celui de sa communauté. Comme les dieux gaulois, les anciens dieux slaves étaient à la fois bienveillants et protecteurs, mais ils pouvaient aussi être dangereux, pas seulement si on leur manquait de respect, mais, par exemple, selon les périodes de l'année (cette dualité expliquait entre autres les saisons). Le mal se transcende aussi plus facilement chez les Slaves; ce n'est pas une fatalité inéluctable, et celui qui a fait le mal pourra se racheter, ce qui se mariera très bien avec la rédemption chrétienne lorsque les Slaves se convertiront. Cette vision pose aussi bien-sûr quelques problèmes, ce "mal dans le bien" étant là aussi l'argument des nationalistes qui considèrent que les "éventuels" crimes perpétrés au nom de leur peuple ont été commis dans l'intérêt de celui-ci, et qu'il ne sont donc pas répréhensibles. C'est ce qui explique, entre autres, l'idolâtrie décomplexée qui s'exprime envers les pires criminels de guerre, idolâtrie qui surfe aussi sur la carte "village gaulois", résistant ici aux injonctions du Tribunal Pénal International et de l'Occident culpabilisateurs. </span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Sur un plan plus positif, cette dualité génère, comme je le pointais déjà, ce goût certain pour l'autodérision, souvent teintée d'humour noir, et parfois empreint de résignation (le fameux "fatalisme slave"). Elle provoque aussi un sens particulier de la contradiction (aux antipodes de notre cartésianisme souvent binaire), et une capacité à tourner la page, qui pourrait peut-être expliquer la résilience et le pardon dont font preuve aujourd'hui bon nombre de citoyens d'ex-Yougoslavie, face aux guerres récentes... Le côté "paix des braves" et le retour à la vie normale et amicale, qui succèdent aux bagarres homériques qui agitent le village gaulois, ont quelque chose de yougoslave dans leur manière de "passer à autre chose". <br />Beaucoup de locaux sur place vous le diront avec fatalisme, les guerres fratricides ont été courantes dans l'histoire de la région. Alors, quand la paix revient, on finit par reprendre, comme avant, des relations normales et paisibles, en attendant la prochaine colère de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9roun" target="_blank">Perun</a>, le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Taranis_(mythologie)" target="_blank">Taranis</a> des Slaves. Il ne faut bien-sûr pas mal comprendre ce qui précède: la rédemption et le retour à la normale sont plus simples en BD que dans la réalité, mais cette capacité à transcender le passé existe bien, et je l'ai observée à plusieurs reprises sur place.</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Il n'est pas exclu que le complice d'Uderzo, Réné Goscinny, qui était d'origine juive polonaise, ait pu être influencé par une part de "slavitude" qui, peut-être, inconsciemment, devait subsister en lui. Les Polonais sont réputés pour être, comme les Yougoslaves, frondeurs, têtus, chauvins, rétifs à l'ordre, mais hospitaliers, généreux et festifs. Goscinny signifie d'ailleurs "hospitalier" dans la langue de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Witold_Gombrowicz" target="_blank">Gombrowicz</a>. Quant au judaïsme, la capacité de survie du peuple juif et de sa culture, contre vents, marées, xénophobie et massacres, ont peut-être influencé, chez Goscinny, cette idée du village gaulois droit dans ses bottes, cultivant son art de vivre, et résistant inlassablement à toute agression. L'immense majorité des peuples slaves a d'ailleurs en commun avec les Juifs d'avoir dû, sans cesse au cours de l'histoire, lutter pour sa survie culturelle, et parfois physique. Cette communauté de destin n'a pourtant pas empêché une partie des premiers de détester les seconds, peut-être parce que dans la souffrance aussi, on voudrait être unique et supérieur aux autres (autre obsession des nationalistes, dans les sociétés post-yougoslaves), mais c'est un autre débat... Il était juste intéressant de mettre en lien les origines plurielles de Goscinny avec cet éclairage "Yougaulois" que je propose dans ce post. Je laisse toutes ces hypothèses purement personnelles aux spécialistes et exégètes d'Astérix, qui les creuseront peut-être...<br /></span></span></span> </div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Je me souviens en tout cas avoir lu quelque part (sans en retrouver la trace à l'heure où j'écris ce post), que, dans le duo Goscinny/Uderzo, le premier incarnait la dérision frondeuse et parfois moqueuse envers les personnages, alors que le second y cultivait davantage le côté chauvin et "gaulois", tel qu'on l'entend en France. Uderzo était aussi souvent l'auteur des jeux de mots et des calembours, un art très français, qui émaillaient les histoires et affublaient les protagonistes de noms comiques. Par ailleurs, Uderzo était influencé par la BD et le dessin animé américains (Walt Disney, en particulier, qu'il admirait), où il puisa son trait, et son talent à dessiner des bagarres homériques et spectaculaires. <br />Le duo se nourrissait indéniablement de ses différences, mais se retrouvait dans ce sens de l'humour et du récit populaire. Avec Uderzo qui s'en va, ils nous manqueront encore un peu plus, même si les tentatives qui ont succédé au duo, sans arriver à sa hauteur, défi sans doute impossible, n'ont pas toutes démérité.</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Quittons ces spéculations socioculturelles et anthropologiques, pour terminer avec une petite anecdote, que j'avais déjà évoquée <a href="http://yougosonic.blogspot.com/2016/12/lucky-luke-chez-les-yougos.html" target="_blank">dans mon post sur Lucky Luke</a>, et que je ressors ici. Si Astérix s'appelle en serbo-croate, "Asteriks" et Obélix, "Obeliks" (le "x" n'existe pas dans l'alphabet latin de cette langue), il n'en fut pas toujours ainsi. Dans les années 60, lorsque les premiers épisodes furent publiés en Yougoslavie, les traducteurs proposèrent d'abord de nommer le héros et son complice, Zvezdoje et Trboje (prononcer Zvèzdoïé et Teurboïé), deux noms à consonance typiquement slave, évoquant volontiers des personnages de légendes mythologiques. Zvezdoje s'appuie sur le mot "zvezda", étoile, ce qui constitue un calque assez fidèle de l' "astre" d'Astérix. En revanche, Trboje vient de "trbuh", qui signifie "ventre" (prononcer Teurbourh, avec un son dur à la terminaison, comme le "ch" allemand ou le "j" espagnol). Point d'obélisque, donc, pour le tailleur de menhir "juste un peu enveloppé", mais une allusion à peine voilée à son embonpoint. Ce ne sont pas les protestations musclées d'Obélix qui provoquèrent le changement, dès les éditions suivantes, en Asteriks et Obeliks, mais plus probablement l'aura désormais internationale des deux personnages.&nbsp; Cette aura ressortit Zvezdoje et Trboje du "village slave" pour les remettre dans le "village global". Un village où, au delà des différences culturelles, du chauvinisme, et des bagarres occasionnelles,  les Slaves, les Juifs, les Français, les Gaulois, et tous les autres, participent, parfois pour le pire, mais aussi heureusement pour le meilleur, à notre grande et universelle aventure humaine.</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Adieu, Monsieur Uderzo, et merci!</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><br /></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><i><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Photo en ouverture de post: planche de "Zvezdoje et Cléopâtre", en alphabet cyrillique, publiée le 9 octobre 1966, dans un hebdomadaire serbe. Pour les fans, les bédéphiles, les curieux, et ceux qui voudraient s'amuser à déchiffrer le cyrillique, je conseille de télécharger la photo, puis de l'agrandir manuellement.</span></span></i></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span>
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La BD est très populaire encore aujourd'hui, et je pense qu'elle s'est même mariée à merveille avec certains traits de la mentalité locale.</span></span></span></div></div><a name='more'></a><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">En effet, la résistance à Rome est un thème parlant pour ces peuples dont les aïeux ont longtemps vécu sous dominations étrangères (Autriche-Hongrie, Empire Ottoman), et qui se voient volontiers, encore aujourd'hui, en "village gaulois" tenant tête aux "envahisseurs" divers et variés (aujourd'hui, surtout les USA et l'Union Européenne). Une perception à priori sympathique et compréhensible, mais qui a aussi ses défauts, la carte "village gaulois" servant aux nationalistes et autres néofascistes à justifier violence et intolérance.&nbsp;</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><br /></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Les Gaulois d'Astérix sont têtus, chauvins, parfois intolérants, souvent rétifs à l'ordre, mais néanmoins hospitaliers, généreux, et toujours prêts à aider l'étranger dans le besoin, si sa cause leur paraît juste, ce qui sont aussi des caractéristiques que l'on retrouve chez les peuples d'ex-Yougoslavie. </span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Par ailleurs, le goût de la fête, de la ripaille, de la picole, et, si besoin, d'une bonne bagarre, séduit aussi volontiers le lectorat local. Ce ne sont pas les traits forcément les plus positifs ni les plus flatteurs qui sont ici valorisés, comme je le relevais déjà avec la carte "village gaulois", utilisée par les nationalistes locaux. Cependant, les Yougoslaves pratiquent, davantage que les Français, l'autodérision, une caractéristique de l'humour local, et ils regardent volontiers les qualités et les défauts des Gaulois comme un portrait juste et honnête, ironique et moqueur, de l'humanité, capable d'être géniale comme d'être profondément bête et méchante.&nbsp;</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><br /></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">On retrouve d'ailleurs dans cette grille de lecture un relent du "dualisme moral", qui, comme l'ont relevé plusieurs spécialistes du "monde slave", est une caractéristique ancienne de ces peuples: dans ce dualisme, pour être très schématique, le bien et le mal sont imbriqués, et celui qui a fait le mal peut l'avoir fait parfois pour un bien, par exemple celui de sa communauté. Comme les dieux gaulois, les anciens dieux slaves étaient à la fois bienveillants et protecteurs, mais ils pouvaient aussi être dangereux, pas seulement si on leur manquait de respect, mais, par exemple, selon les périodes de l'année (cette dualité expliquait entre autres les saisons). Le mal se transcende aussi plus facilement chez les Slaves; ce n'est pas une fatalité inéluctable, et celui qui a fait le mal pourra se racheter, ce qui se mariera très bien avec la rédemption chrétienne lorsque les Slaves se convertiront. Cette vision pose aussi bien-sûr quelques problèmes, ce "mal dans le bien" étant là aussi l'argument des nationalistes qui considèrent que les "éventuels" crimes perpétrés au nom de leur peuple ont été commis dans l'intérêt de celui-ci, et qu'il ne sont donc pas répréhensibles. C'est ce qui explique, entre autres, l'idolâtrie décomplexée qui s'exprime envers les pires criminels de guerre, idolâtrie qui surfe aussi sur la carte "village gaulois", résistant ici aux injonctions du Tribunal Pénal International et de l'Occident culpabilisateurs. </span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Sur un plan plus positif, cette dualité génère, comme je le pointais déjà, ce goût certain pour l'autodérision, souvent teintée d'humour noir, et parfois empreint de résignation (le fameux "fatalisme slave"). Elle provoque aussi un sens particulier de la contradiction (aux antipodes de notre cartésianisme souvent binaire), et une capacité à tourner la page, qui pourrait peut-être expliquer la résilience et le pardon dont font preuve aujourd'hui bon nombre de citoyens d'ex-Yougoslavie, face aux guerres récentes... Le côté "paix des braves" et le retour à la vie normale et amicale, qui succèdent aux bagarres homériques qui agitent le village gaulois, ont quelque chose de yougoslave dans leur manière de "passer à autre chose". <br />Beaucoup de locaux sur place vous le diront avec fatalisme, les guerres fratricides ont été courantes dans l'histoire de la région. Alors, quand la paix revient, on finit par reprendre, comme avant, des relations normales et paisibles, en attendant la prochaine colère de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9roun" target="_blank">Perun</a>, le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Taranis_(mythologie)" target="_blank">Taranis</a> des Slaves. Il ne faut bien-sûr pas mal comprendre ce qui précède: la rédemption et le retour à la normale sont plus simples en BD que dans la réalité, mais cette capacité à transcender le passé existe bien, et je l'ai observée à plusieurs reprises sur place.</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Il n'est pas exclu que le complice d'Uderzo, Réné Goscinny, qui était d'origine juive polonaise, ait pu être influencé par une part de "slavitude" qui, peut-être, inconsciemment, devait subsister en lui. Les Polonais sont réputés pour être, comme les Yougoslaves, frondeurs, têtus, chauvins, rétifs à l'ordre, mais hospitaliers, généreux et festifs. Goscinny signifie d'ailleurs "hospitalier" dans la langue de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Witold_Gombrowicz" target="_blank">Gombrowicz</a>. Quant au judaïsme, la capacité de survie du peuple juif et de sa culture, contre vents, marées, xénophobie et massacres, ont peut-être influencé, chez Goscinny, cette idée du village gaulois droit dans ses bottes, cultivant son art de vivre, et résistant inlassablement à toute agression. L'immense majorité des peuples slaves a d'ailleurs en commun avec les Juifs d'avoir dû, sans cesse au cours de l'histoire, lutter pour sa survie culturelle, et parfois physique. Cette communauté de destin n'a pourtant pas empêché une partie des premiers de détester les seconds, peut-être parce que dans la souffrance aussi, on voudrait être unique et supérieur aux autres (autre obsession des nationalistes, dans les sociétés post-yougoslaves), mais c'est un autre débat... Il était juste intéressant de mettre en lien les origines plurielles de Goscinny avec cet éclairage "Yougaulois" que je propose dans ce post. Je laisse toutes ces hypothèses purement personnelles aux spécialistes et exégètes d'Astérix, qui les creuseront peut-être...<br /></span></span></span> </div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Je me souviens en tout cas avoir lu quelque part (sans en retrouver la trace à l'heure où j'écris ce post), que, dans le duo Goscinny/Uderzo, le premier incarnait la dérision frondeuse et parfois moqueuse envers les personnages, alors que le second y cultivait davantage le côté chauvin et "gaulois", tel qu'on l'entend en France. Uderzo était aussi souvent l'auteur des jeux de mots et des calembours, un art très français, qui émaillaient les histoires et affublaient les protagonistes de noms comiques. Par ailleurs, Uderzo était influencé par la BD et le dessin animé américains (Walt Disney, en particulier, qu'il admirait), où il puisa son trait, et son talent à dessiner des bagarres homériques et spectaculaires. <br />Le duo se nourrissait indéniablement de ses différences, mais se retrouvait dans ce sens de l'humour et du récit populaire. Avec Uderzo qui s'en va, ils nous manqueront encore un peu plus, même si les tentatives qui ont succédé au duo, sans arriver à sa hauteur, défi sans doute impossible, n'ont pas toutes démérité.</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Quittons ces spéculations socioculturelles et anthropologiques, pour terminer avec une petite anecdote, que j'avais déjà évoquée <a href="http://yougosonic.blogspot.com/2016/12/lucky-luke-chez-les-yougos.html" target="_blank">dans mon post sur Lucky Luke</a>, et que je ressors ici. Si Astérix s'appelle en serbo-croate, "Asteriks" et Obélix, "Obeliks" (le "x" n'existe pas dans l'alphabet latin de cette langue), il n'en fut pas toujours ainsi. Dans les années 60, lorsque les premiers épisodes furent publiés en Yougoslavie, les traducteurs proposèrent d'abord de nommer le héros et son complice, Zvezdoje et Trboje (prononcer Zvèzdoïé et Teurboïé), deux noms à consonance typiquement slave, évoquant volontiers des personnages de légendes mythologiques. Zvezdoje s'appuie sur le mot "zvezda", étoile, ce qui constitue un calque assez fidèle de l' "astre" d'Astérix. En revanche, Trboje vient de "trbuh", qui signifie "ventre" (prononcer Teurbourh, avec un son dur à la terminaison, comme le "ch" allemand ou le "j" espagnol). Point d'obélisque, donc, pour le tailleur de menhir "juste un peu enveloppé", mais une allusion à peine voilée à son embonpoint. Ce ne sont pas les protestations musclées d'Obélix qui provoquèrent le changement, dès les éditions suivantes, en Asteriks et Obeliks, mais plus probablement l'aura désormais internationale des deux personnages.&nbsp; Cette aura ressortit Zvezdoje et Trboje du "village slave" pour les remettre dans le "village global". Un village où, au delà des différences culturelles, du chauvinisme, et des bagarres occasionnelles,  les Slaves, les Juifs, les Français, les Gaulois, et tous les autres, participent, parfois pour le pire, mais aussi heureusement pour le meilleur, à notre grande et universelle aventure humaine.</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Adieu, Monsieur Uderzo, et merci!</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><br /></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><i><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Photo en ouverture de post: planche de "Zvezdoje et Cléopâtre", en alphabet cyrillique, publiée le 9 octobre 1966, dans un hebdomadaire serbe. Pour les fans, les bédéphiles, les curieux, et ceux qui voudraient s'amuser à déchiffrer le cyrillique, je conseille de télécharger la photo, puis de l'agrandir manuellement.</span></span></i></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span>
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D'après la plupart des sources (ce point est parfois contesté), c'est un dignitaire musulman de la région de Prizren, qui, de retour d'un pèlerinage au Moyen-Orient, en rapporta le virus. D'abord incrédule, le corps médical prit du temps à faire le bon diagnostic, la variole étant considérée comme éradiquée depuis plusieurs décennies en Yougoslavie. De leurs côtés, les autorités essayèrent de dissimuler l'épidémie à la population, à la fois pour éviter un vent de panique, mais aussi parce que le retour en Yougoslavie communiste de cette maladie pouvait semer le doute sur la solidité du système, en particulier dans le domaine de la santé. L'épidémie se propageant avec son lot de morts, le pouvoir fut finalement obligé de rendre l'information publique et de prendre les mesures qui s'imposaient, en l'occurrence une campagne de vaccination à l'échelle de tout le pays, dont se souviennent encore celles et ceux qui ont connu cette période, lesquels font aussi état du climat qui régnait alors à Belgrade, principal foyer de l'épidémie: un climat délétère où la paranoïa le disputait à la suspicion ou à l'égoïsme.</span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><br /></span><br /><a name='more'></a><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">A l'origine, Goran Marković rêvait d'adapter au cinéma "La Peste" de Camus, qu'il avait lu alors qu'il sortait de l'adolescence et qui l'avait totalement fasciné dans sa façon de décrire la société et le genre humain, à travers le biais d'une épidémie. Mais entre temps, l'histoire de cette épidémie de variole lui revenant à l'esprit, le cinéaste se dit que, plus qu'une oeuvre littéraire, un fait réel survenu dans son propre pays pouvait avoir encore davantage d'impact sur le spectateur, et de choses à lui dire.</span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><br /></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Si Marković a pris quelques libertés artistiques par rapport à ce qui s'est réellement passé, cantonnant la majeure partie de l'intrigue au sein de l'hôpital civil de Belgrade, dans un huis clos angoissant, le scénario est néanmoins basé sur les témoignages de plusieurs médecins et personnels de santé qui furent directement confrontés au traitement de l'épidémie en 1972. </span></span></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-TrWUVad83dE/Xm4SJ_RbLSI/AAAAAAAAEV8/sY0eMoUDhXgxEONO4gCXxIKWZPwJywNnwCLcBGAsYHQ/s1600/736199_variola3_ff.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="600" data-original-width="1000" height="240" src="https://1.bp.blogspot.com/-TrWUVad83dE/Xm4SJ_RbLSI/AAAAAAAAEV8/sY0eMoUDhXgxEONO4gCXxIKWZPwJywNnwCLcBGAsYHQ/s400/736199_variola3_ff.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: center;"><br /></div><span style="color: #fff2cc;"></span><span style="color: #fff2cc;"></span><span style="color: #fff2cc;"></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Voici un résumé très synthétique du film: Rexhep Halili, un Albanais musulman du Kosovo, est en pèlerinage au Moyen Orient. A la fin de son séjour, il achète un souvenir, une flûte, à un vieil homme malade. A son arrivée à l'aéroport de Belgrade, il présente déjà à son tour des signes de maladie, et se voit immédiatement hospitalisé. A l'hôpital, Marković nous montre une institution publique vieillissante, déliquescente. Lorsque Rexhep arrive, les radiateurs de l'hôpital sont en réparations, et le médecin-chef est surtout préoccupé par les perspectives de coucheries avec certaines infirmières. Le corps médical brille par ailleurs par son incompétence, diagnostiquant d'abord une maladie bénigne, avant de réaliser son erreur. Entre temps, Rexhep est décédé, non sans avoir contaminé d'autres patients et membres du personnel au sein de l'hôpital qui est mis en quarantaine. Parmi les autres mesures d'hygiène, les biens des malades sont brûlés, mais, détail qui a son importance, la flûte de Rexhep est retirée in extremis du feu par un des protagonistes.</span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Avec la propagation de l'épidémie au sein de l'hôpital, et face aux mesures prises, le huis-clos devient un microcosme de la société: les caractères se dévoilent dans toute leur diversité, parfois pour le meilleur, souvent pour le pire, entre responsabilité, lâcheté, égoïsme, coup de folie et ignominie: le directeur de l'hôpital se vaccine et se barricade; préoccupées par leur carrière politique et le désir de sauver les apparences, les autorités cherchent à cacher la vérité à la population; au sein de l'hôpital, certaines personnes jugées nobles au niveau des valeurs s'avèrent devenir des salopards, alors qu'à l'opposé, d'autres, à priori moins reluisants, s'illustreront par leur héroïsme. Finalement, un envoyé de l'<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Organisation_mondiale_de_la_sant%C3%A9" target="_blank">OMS</a> intervient, ce qui permet d'éradiquer la maladie. Le sentiment qui domine alors est que, finalement, cette épidémie ne fut pas si dramatique, et que la vie va pouvoir reprendre son cours. Cependant, le film se termine avec un indice pessimiste et effrayant: le principal dirigeant de la cellule de crise venue à bout de l'épidémie annonce officiellement le retour à la normale en tenant dans ses mains, tel un trophée, la flûte de Rexhep sauvée des flammes.</span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><br /></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Sur le plan stylistique, Goran Marković a recouru à une mise en scène et des effets qui rangent "Variola Vera" dans des catégories comme le thriller, le film catastrophe et le film d'horreur. Avec de nombreuses scènes en caméra subjective, le film est étouffant, glauque et flippant à souhait, quoique parfois ponctué de notes d'humour noir. Il ne cache rien des souffrances endurées par les malades, ni des atroces conséquences physiques de la variole sur les corps et les visages, sanglants ou purulents. Âmes sensibles, s'abstenir !</span></span></span><br /><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-NOj4ChkuCrY/Xm4NjZD4FbI/AAAAAAAAEU4/7_ph-zl7OqQtmQke_ZvG9Z1P8FJtVjO9wCLcBGAsYHQ/s1600/Rexhep%2527s%2Bdeath%2BVariola%2BVera.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="168" data-original-width="300" src="https://1.bp.blogspot.com/-NOj4ChkuCrY/Xm4NjZD4FbI/AAAAAAAAEU4/7_ph-zl7OqQtmQke_ZvG9Z1P8FJtVjO9wCLcBGAsYHQ/s1600/Rexhep%2527s%2Bdeath%2BVariola%2BVera.jpg" /></a></span></div><div style="text-align: center;"><br /></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Le film a d'ailleurs été classé parmi les 100 meilleurs films d'horreur de l'histoire du cinéma par le magazine britannique de cinéma "<a href="https://www.bfi.org.uk/news-opinion/sight-sound-magazine" target="_blank">Sight and Sound</a>". Il fait l'objet d'un culte enthousiaste chez les connaisseurs les plus pointus du genre, d'autant que sa provenance "exotique" lui confère un attrait supplémentaire, pour un public occidental habitué aux productions essentiellement anglo-saxonnes, dont l'intrigue se déroule en général aux Etats-Unis.&nbsp;</span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">En ex-Yougoslavie même, le film demeure fétiche auprès de la génération qui avait 20-30 ans dans les années 80. On le vénère tant pour son audace stylistique et scénaristique, que pour la fierté ressentie quant au fait que, dans le paysage mondial du film d'horreur, l'ancien pays ait apporté sa contribution avec un film de qualité, reconnu aussi bien par les amateurs du genre que par les tenants du cinéma d'art et d'essai. "Variola Vera" n'est d'ailleurs pas le seul film d'horreur "made in Yugoslavia", mais il en est l'un des plus connus à l'étranger. Le genre horrifique, ou encore ses cousins, le fantastique et la science-fiction, bénéficient de longue date de l'intérêt du public local. Cet intérêt s'appuie sur un imaginaire balkanique très fertile, entre les vieilles peurs ataviques, les légendes qu'on se transmet de générations en générations, les relents de paganismes, les superstitions nombreuses et la survivance de pratiques apparentées à la "sorcellerie" ou à l'occultisme dans certaines régions rurales de la péninsule. Rappelons que "vampire" est un mot serbe, et que la Transylvanie et ses épaisses forêts inquiétantes ne sont guère loin de Belgrade. <br />Le film est enfin réputé pour certaines de ses répliques, rentrées dans la pop-culture yougoslave, voire dans le langage courant, comme la cultissime phrase, prononcée par l'un des personnages: "</span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Pička je polni organ, pizda je karakterna osobina", qui joue sur deux mots, pička et pizda, désignant familièrement le vagin, la chatte, mais où le premier peut aussi signifier, au sens figuré, et adressé à un homme, "trouillard, fiotte, tapette", alors que le second signifie "ordure, merde, salaud, pourri". La phrase dit "la chatte [</span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">pička] </span></span></span>est un organe sexuel, alors que chatte [pizda, au sens de salaud] est un trait de caractère". On la retrouve même samplée dans certains morceaux de musique, notamment chez le rocker serbo-monténégrin <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Rambo_Amadeus" target="_blank">Rambo Amadeus</a> qui fait référence au film dans un morceau de son bien nommé album "Don't happy, be worry" </span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">(écouter <a href="https://www.youtube.com/watch?v=urv4_BuA7ok" target="_blank">ici</a>, à partir de 2'58)</span></span></span>.<br /><br />Refermons cette parenthèse de vocabulaire indispensable à la maîtrise du serbo-croate, et reprenons! En dépit ou à cause de cet intérêt local pour le cinéma d'horreur, le régime communiste s'est efforcé d'en limiter la diffusion, le genre incarnant pour lui un des archétypes de la "culture décadente de l'Occident", insufflant, par ses thèmes macabres ou apocalyptiques, un vent de remise en question des mythes positifs du socialisme. On notera d'ailleurs l'ignorance des cadres du régime qui, par leur rejet, passaient à côté du fait que bon nombre d'oeuvres mythiques du cinéma d'horreur portaient en filigrane des regards hautement critiques sur la société capitaliste et la culture occidentale, <a href="https://www.sciencesetavenir.fr/decouvrir/zombies-george-a-romero-le-pionnier-des-films-de-morts-vivants-est-decede_114808" target="_blank">comme ce fut les cas chez le célèbre Georges A. Romero</a>, qui n'a jamais fait mystère de ses opinions de gauche et de son opposition au militarisme et au racisme américain. Plus globalement, le pitch habituel du film d'horreur, le "home sweet home" des banlieues résidentielles américaines, où, soudain, tout bascule (fantôme, zombie, monstre, tueur en série...), n'est-il pas une façon d'éclairer la fragilité et la vacuité de l'American Way Of Life ?</span></span></span><br /><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-7I2bFgyNfkI/Xm4OKKN6xpI/AAAAAAAAEVE/p0PPMCt8cJwvKtkRcr6AJXb2X5fdYQSiwCLcBGAsYHQ/s1600/Variola%2BVera%2B%25282%2529.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="667" data-original-width="1000" height="266" src="https://1.bp.blogspot.com/-7I2bFgyNfkI/Xm4OKKN6xpI/AAAAAAAAEVE/p0PPMCt8cJwvKtkRcr6AJXb2X5fdYQSiwCLcBGAsYHQ/s400/Variola%2BVera%2B%25282%2529.jpg" width="400" /></a></span></div><div style="text-align: center;"><br /></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Bien que Marković ne leur ait pas vendu son projet comme un film d'horreur, les services compétents traînent les pieds lorsqu'il les sollicite en vue du tournage. Le producteur prévu se désiste rapidement, obligeant le cinéaste à puiser dans ses propres deniers. L'hôpital prévu au départ pour le tournage annule à la dernière minute. Marković doit accepter, également à la dernière minute, et sur le mode " à prendre ou à laisser", un autre hôpital, où, ironie du sort, il sera opéré quelques années plus tard. Le tournage semble lui-même hanté par la malédiction: défection d'acteurs, mauvaises conditions, journées de travail longues et épuisantes, tensions... Du propre aveu de Marković, "Variola Vera" aura été son tournage le plus éprouvant, et il confesse en être sorti totalement vidé. L'esthète, lui, verra probablement dans le dénuement des moyens alloués au film, ainsi que dans les conditions difficiles de sa réalisation, une plus-value artistique, dans le sens où ce contexte lourd a très certainement favorisé le dépouillement brut de certaines scènes, accentuant le sentiment d'étouffement, et a contribué au "réalisme" des conflits qui agitent l'intrigue.&nbsp; </span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><br /></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Si Goran Marković assume des emprunts aux codes du film d'horreur, il se défend pourtant d'avoir voulu faire un véritable film "de genre". Certes, le cinéaste puise volontiers dans certains courants du cinéma populaire, comme par exemple la comédie intimiste dans "<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tito_et_moi" target="_blank">Tito et Moi</a>", le récit d'aventure picaresque dans "<a href="https://en.wikipedia.org/wiki/The_Tour_(film)" target="_blank">Turneja</a>", mais ces emprunts sont une sorte de prétexte, un outil, une technique, et Marković les utilise, ou même les pervertit, pour poser une réflexion politique plus globale.</span></span></span><br /><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-LDjW7qTcnT8/Xm4SYQAVStI/AAAAAAAAEWA/PgMC8f_6I3MxlAaGsIBrtgbf_r6dlCijgCLcBGAsYHQ/s1600/736201_variolavera-1_ff.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="640" data-original-width="1000" height="204" src="https://1.bp.blogspot.com/-LDjW7qTcnT8/Xm4SYQAVStI/AAAAAAAAEWA/PgMC8f_6I3MxlAaGsIBrtgbf_r6dlCijgCLcBGAsYHQ/s320/736201_variolavera-1_ff.jpg" width="320" /></a></div><div style="text-align: center;"><br /></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Ainsi, "Variola Vera" n'est pas pour le cinéaste un simple film d'horreur, mais une parabole allégorique de la Yougoslavie, qui, en ce début des années 80, affiche les symptômes inquiétants du virus qui, moins de 10 ans plus tard mènera le pays à sa mortelle dislocation. Pour Marković, le pays était déjà malade depuis 1968, année du <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Croatian_Spring" target="_blank">Printemps Croate</a>, dont la répression par la force en 1971, précéda de peu l'épidémie de variole de 1972, et sa gestion calamiteuse sur fond de climat délétère et paranoïaque. En 1982, lorsque le film est tourné, <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/1981_protests_in_Kosovo" target="_blank">ce sont les Albanais du Kosovo qui viennent de se soulever</a>, suscitant la répression brutale de leurs aspirations identitaires par Belgrade.</span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><br /></span><br /><table cellpadding="0" cellspacing="0" class="tr-caption-container" style="float: left; margin-right: 1em; text-align: left;"><tbody><tr><td style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-hQHC0YihkLw/Xm4OgZ23uCI/AAAAAAAAEVM/VUtUyP6KxboU6qPeLOmW1NFynUjPU4V6ACLcBGAsYHQ/s1600/Smallpox_PHIL_3278.tif.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; margin-bottom: 1em; margin-left: auto; margin-right: auto;"><img border="0" data-original-height="1600" data-original-width="1064" height="400" src="https://1.bp.blogspot.com/-hQHC0YihkLw/Xm4OgZ23uCI/AAAAAAAAEVM/VUtUyP6KxboU6qPeLOmW1NFynUjPU4V6ACLcBGAsYHQ/s400/Smallpox_PHIL_3278.tif.jpg" width="265" /></a></span></td></tr><tr><td class="tr-caption" style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><i>Campagne de vaccination au Kosovo<br /> lors de l'épidémie de 1972.</i></span></span></span></td></tr></tbody></table><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">D'aucuns ont d'ailleurs vu dans le fait que ce soit un Albanais musulman qui, dans le film, apporte l'épidémie, une allusion symbolique à ces événements, suggérant qu'un jour le chaos viendrait du Kosovo (et par extension, du "monde islamique"). Interrogé sur cette grille de lecture, Marković se défend d'avoir voulu faire référence à ces incidents, alors récents, et récuse également tout penchant islamophobe latent, rappelant que son film interrogeait la société yougoslave dans sa globalité. Il rappelle aussi que, concernant le point de départ du film, il s'était basé sur la réalité de l'épidémie de 1972, dont le porteur souche était un Kosovar musulman de retour d'un pèlerinage au Moyen-Orient. C'est ce que rapporte Marina Mandić, chercheuse à l'Institut d'Ethnographie de Belgrade, dans "Entre le réel et l'imaginaire: l'épidémie de variole en Yougoslavie à travers le récit cinématographique", passionnante et très complète analyse du film parue en 2019, et qui a grandement servi de matière à ce post. Le document est hélas seulement disponible en serbe (voir liens en fin de post).</span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><br /></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Citant une source scientifique américaine, Mandić rapporte encore qu'en 1972, les responsables de la communauté musulmane de Yougoslavie s'étaient émus du fait que la pratique religieuse (un pèlerinage) puisse être pointée du doigt dans le sens où elle était à l'origine de la contamination. Ils auraient alors prié le porteur-souche de cacher sa maladie, ce que l'intéressé, craignant des "pogroms religieux" (Mandic), fera, contribuant à ce que le mal tarde à être identifié. La chercheuse indique clairement que le film, malgré les mises au point de Goran Marković, agira à sa sortie comme un révélateur des peurs qui sourdaient en sous-sol, en Serbie, envers le monde "albano-islamique". </span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Que l'on déplore ou non ce fait, le film pose quoiqu'il en soit, pour Marina Mandić, la question de cet "autre" culturel, qu'il s'agisse d'une minorité nationale ou des étrangers, et de la menace que cet "autre" incarne dans l'inconscient collectif d'une société donnée. "L'autre" est à la fois la source du danger, mais il devient aussi le catalyseur de nos maux et fantasmes, une fois que le danger qu'il porte éclate et se diffuse. Cet "autre" prend d'ailleurs un visage double pour Mandić. A côté de "l'autre" oriental, islamique, albanais, la Yougoslavie frappée par l'épidémie devient à son tour un "autre",&nbsp; vecteur de danger, pour l'Occident. C'est l'intervention d'un cadre de l'OMS qui, dans le film, sauve la situation, ce qui, pour la chercheuse, ramène ainsi la Yougoslavie dans le giron du monde moderne et civilisé dont le pays s'était temporairement éloigné, risquant de replonger dans un espace-temps arriéré et barbare en laissant une maladie d'un autre âge défier son existence contemporaine.</span></span></span><br /><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-v2PMLLPMc6k/Xm4PUwdN-OI/AAAAAAAAEVY/y1dQ5Hi4Vac_H9i6l6l01QuI9QMOt5lEQCLcBGAsYHQ/s1600/im07.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="140" data-original-width="235" height="238" src="https://1.bp.blogspot.com/-v2PMLLPMc6k/Xm4PUwdN-OI/AAAAAAAAEVY/y1dQ5Hi4Vac_H9i6l6l01QuI9QMOt5lEQCLcBGAsYHQ/s400/im07.jpg" width="400" /></a></span></div><div style="text-align: center;"><br /></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">A titre personnel, je pense qu'on peut aussi rapprocher cette question de "l'autre" de la façon dont le film a été et demeure parfois perçu en Occident: d'un côté, exotisation, parfois empreinte de préjugés (l'horreur surferait ici sur le cliché de "l'Est" supposément arriéré et glauque). De l'autre, ignorance complète des sens cachés politiques de l'intrigue par un public peu au fait des réalités du pays, peu politisé et adepte de pop-culture aux allures de grands frissons. Goran Marković rappelle à ce titre le malentendu qu'il eut, lors d'une conférence, avec des étudiants américains en cinéma: ces derniers ne voyaient dans "Variola Vera" qu'un chef-d'oeuvre d'horreur, alors que le cinéaste s'employait, sans grand succès au demeurant, à les rendre attentif à la dimension politique de celui-ci. "L'autre" est ici en quelque sorte nié, ignoré, dans ce qu'il a à dire, et dans ses spécificités, ce qui est une forme d'inversion de l'exotisation, parfois bien intentionnée (égalitarisme), mais qui peut aussi être vectrice de racisme: l'autre nous est identique, donc il n'existe pas pour ce qu'il est.&nbsp;</span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Enfin, il faut relever une troisième perception de "l'autre" encore, celle du réseau du cinéma d'art et d'essai, qui, autrefois, programmait "Variola Vera" dans des cycles de cinéma yougoslave, justement et exclusivement à cause de son propos politique, et très peu pour sa dimension horrifique, respectant de fait les intentions de Marković. Dans ce dernier cas, "l'autre" se résumait aux dissidences intellectuelles et aux problématiques politiques de l'Europe de l'Est d'antan. Ce n'était pas en soi négatif de montrer le travail des artistes et intellectuels souvent critiques envers les régimes en place, au contraire. Ce relai était important et parfois vital pour eux. Mais cet "autre" en devenait volontiers idéalisé, comme si chaque citoyen de "l'Est" était systématiquement un courageux opposant, aspirant avec impatience à la démocratie libérale et au bonheur capitaliste. Cet "autre", intellectuel et idéalisé, a été la raison de nombreux malentendus Est-Ouest, une fois que l'euphorie post-chute du Mur de Berlin vint mourir <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89meutes_de_Rostock" target="_blank">dans les feux de foyers d'immigrés de Rostock</a> et sur les ruines de Vukovar. Un malentendu d'autant plus tenace que certains de ces dissidents, loin d'être ces courageux démocrates progressistes et lettrés, se révélèrent être des parangons de conservatisme détestable, ou bien s'affirmèrent en complices dociles et aveugles des aventures économiques, et guerrières, de l'Occident...</span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><br /></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Dans le film, l'élite intellectuelle et politique, moralement corrompue et professionnellement incompétente, minimise la gravité de la situation, puis cherche à sauver sa peau. Dans la Yougoslavie du début des années 80, le cinéma, les arts en général, de par leur capacité à ressentir la réalité dans ses recoins les plus obscurs, poseront à travers leurs créations des questions inquiètes à la société comme au pouvoir. Les années 80 sont une décennie de cinéma, au mieux aigre-doux (ex: les premiers Kusturica), au pire carrément angoissé (ex: "<a href="https://www.imdb.com/title/tt0087898/" target="_blank">Paysages dans le brouillard</a>", plongée glaçante et quasi documentaire dans l'enfer des toxicomanes belgradois). Une décennie qui voit naître <a href="http://yougosonic.blogspot.com/2011/05/in-laibach-we-trust.html" target="_blank">Laibach</a> et ses miroirs grossissants de l'ère du temps, <a href="http://yougosonic.blogspot.com/2019/10/le-herisson-heretique.html" target="_blank">et où se suicide Branko Copic</a>, pour citer quelques exemples abordés dans ce blog. Une décennie où la société, minée par une crise économique grave, doute, tout en aspirant pourtant à davantage de liberté, mais aussi à une redéfinition du "pacte yougoslave". Une redéfinition où, bientôt, l'égoïsme succédera à la générosité, et où l'intransigeance balayera le sens du compromis. Face à ces questionnements inquiets, qui se muent en fissures bientôt irréparables, les élites minimiseront ou nieront la gravité des faits, continuant de scander les mantras creuses du régime et de cultiver ses mythes dévitalisés. Puis, quand la crise sera ouverte, ils chercheront à sauver leur peau sans se préoccuper des malades, qui soigneront leur pathologie avec les armes que l'on sait.</span></span></span><br /><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-cGVt141YgK8/Xm4QUQav4iI/AAAAAAAAEVo/wtaOYlYWrGkAcXF9WEIjny0wf7DcgEpWQCLcBGAsYHQ/s1600/im02.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="139" data-original-width="235" src="https://1.bp.blogspot.com/-cGVt141YgK8/Xm4QUQav4iI/AAAAAAAAEVo/wtaOYlYWrGkAcXF9WEIjny0wf7DcgEpWQCLcBGAsYHQ/s1600/im02.jpg" /></a></span></div><div style="text-align: center;"><br /></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Avec un sens certain de la prémonition, "Variola Vera" portait en lui les germes allégoriques du mal qui, bientôt, déferlerait dans le pays. La flûte, brandie à la fin, était le signal que le happy-end n'était que temporaire. On aurait tort pourtant de voir dans ce film une simple critique du régime et de la société yougoslaves ou une prédiction autocentrée des guerres à venir, en se disant que que ce qu'il dit est daté et ne nous concerne pas. Derrière les possibles "exotismes" que nous avons relevés, ou simplement derrière son ancrage dans le contexte yougoslave de l'époque, le film possède une large part d'universel et d'intemporel.&nbsp;</span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><br /></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Toute ressemblance avec des faits d'actualité présente n'est pas pure coïncidence...</span></span></span><br /><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-encOeBbWIjs/Xm4QfVez96I/AAAAAAAAEVs/KRcJGW9BX6QDg2lNZiZjD0VZTXiRfhGVwCLcBGAsYHQ/s1600/ob_fe6035_j8tpavh8g2fnauvzqhc67b9ovej.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="469" data-original-width="780" height="192" src="https://1.bp.blogspot.com/-encOeBbWIjs/Xm4QfVez96I/AAAAAAAAEVs/KRcJGW9BX6QDg2lNZiZjD0VZTXiRfhGVwCLcBGAsYHQ/s320/ob_fe6035_j8tpavh8g2fnauvzqhc67b9ovej.jpg" width="320" /></a></span></div><div style="text-align: center;"><br /></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Je vous laisse faire le tri entre ce qui est relaté dans ce post et ce que nous vivons actuellement. Si vous comprenez le serbo-croate, et que vous n'êtes pas du genre sensible, rien de telle qu'une petite projection privée de "Variola Vera", via <a href="https://www.youtube.com/watch?v=nyERxNV7fSY" target="_blank">Youtube</a>, pour meubler le confinement, que, bien-sûr, vous pratiquez scrupuleusement, parce que ça reste la meilleure précaution pour vous et pour les autres, et que ça peut aider à limiter la casse.</span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><br /></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Ne vous inquiétez pas, ça ne va pas durer! Dans quelques semaines, ou au pire dans quelques mois, l'épidémie de Coronavirus sera vaincue. Comme après un film d'horreur, on se dira qu'on a eu peur, et on frissonnera même d'un petit spasme nerveux, mais rigolard, en se disant que, quand même, on en a fait des tonnes et que ce n'était pas si grave! Et très vite résonneront à nouveau les petits airs connus qui rythment nos sociétés modernes, globalisées et invincibles. Des petits airs connus qui seront joués sur cette flûte finale, que ceux qui nous gouvernent, mais aussi bon nombre d'entre nous, ont retiré in extremis des flammes de l'interminable incendie qui consume ce monde...</span></span></span><br /><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-wxG7jBN8p8w/Xm4P0H1EUpI/AAAAAAAAEVg/P5ujQYpUfQwkQQNO4rr7RajpskhzygfiwCLcBGAsYHQ/s1600/im06.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="139" data-original-width="235" height="188" src="https://1.bp.blogspot.com/-wxG7jBN8p8w/Xm4P0H1EUpI/AAAAAAAAEVg/P5ujQYpUfQwkQQNO4rr7RajpskhzygfiwCLcBGAsYHQ/s320/im06.jpg" width="320" /></a></span></div><div style="text-align: center;"><br /></div><span style="color: #fff2cc;"><br /></span><span style="color: #fff2cc;"><br /></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><b>Prolonger / sources de ce post:</b><br /> </span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">- <a href="https://www.eap-iea.org/index.php/eap/article/view/965/872" target="_blank">"Entre le réel et l'imaginaire: l'épidémie de variole en Yougoslavie à travers le récit cinématographique"</a>, Marina Mandic, Institut d'Ethnographie de Belgrade. En Serbe.<br /><br />- <a href="http://templeofghoul.blogspot.com/2013/06/" target="_blank">Interview de Goran Markovic à propos de "Variola Vera"</a>, par l'excellent blog serbe The Temple Of Ghoul, dédié au fantastique et au film d'horreur. Le blog, et son double en serbe, <a href="http://cultofghoul.blogspot.com/" target="_blank">The Cult of Ghoul</a>, sont animés par le chercheur et écrivain <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Dejan_Ognjanovi%C4%87_(author)" target="_blank">Dejan Ognjanovic</a>, un des meilleurs spécialistes du fantastique et de la SF dans le domaine linguistique serbo-croate.</span></span></span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br />- <a href="https://www.espreso.rs/kultura/film/525099/variola-vera-gorana-markovica-strava-jeza-film-katastrofe-studija-karaktera-drustvena-kritika" target="_blank">Article en serbe du journal Espreso.rs </a>qui revient sur la parution en 2017 en Serbie, de l'ouvrage "Variola Vera, le virus, l'épidémie et les gens" de Zoran Radovanović, qui porte sur les faits de 1972, et dont Goran Marković a rédigé l'avant-propos.</span></span></span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></span></div><span style="color: #fff2cc;"></span></div>
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D'après la plupart des sources (ce point est parfois contesté), c'est un dignitaire musulman de la région de Prizren, qui, de retour d'un pèlerinage au Moyen-Orient, en rapporta le virus. D'abord incrédule, le corps médical prit du temps à faire le bon diagnostic, la variole étant considérée comme éradiquée depuis plusieurs décennies en Yougoslavie. De leurs côtés, les autorités essayèrent de dissimuler l'épidémie à la population, à la fois pour éviter un vent de panique, mais aussi parce que le retour en Yougoslavie communiste de cette maladie pouvait semer le doute sur la solidité du système, en particulier dans le domaine de la santé. L'épidémie se propageant avec son lot de morts, le pouvoir fut finalement obligé de rendre l'information publique et de prendre les mesures qui s'imposaient, en l'occurrence une campagne de vaccination à l'échelle de tout le pays, dont se souviennent encore celles et ceux qui ont connu cette période, lesquels font aussi état du climat qui régnait alors à Belgrade, principal foyer de l'épidémie: un climat délétère où la paranoïa le disputait à la suspicion ou à l'égoïsme.</span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><br /></span><br /><a name='more'></a><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">A l'origine, Goran Marković rêvait d'adapter au cinéma "La Peste" de Camus, qu'il avait lu alors qu'il sortait de l'adolescence et qui l'avait totalement fasciné dans sa façon de décrire la société et le genre humain, à travers le biais d'une épidémie. Mais entre temps, l'histoire de cette épidémie de variole lui revenant à l'esprit, le cinéaste se dit que, plus qu'une oeuvre littéraire, un fait réel survenu dans son propre pays pouvait avoir encore davantage d'impact sur le spectateur, et de choses à lui dire.</span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><br /></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Si Marković a pris quelques libertés artistiques par rapport à ce qui s'est réellement passé, cantonnant la majeure partie de l'intrigue au sein de l'hôpital civil de Belgrade, dans un huis clos angoissant, le scénario est néanmoins basé sur les témoignages de plusieurs médecins et personnels de santé qui furent directement confrontés au traitement de l'épidémie en 1972. </span></span></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-TrWUVad83dE/Xm4SJ_RbLSI/AAAAAAAAEV8/sY0eMoUDhXgxEONO4gCXxIKWZPwJywNnwCLcBGAsYHQ/s1600/736199_variola3_ff.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="600" data-original-width="1000" height="240" src="https://1.bp.blogspot.com/-TrWUVad83dE/Xm4SJ_RbLSI/AAAAAAAAEV8/sY0eMoUDhXgxEONO4gCXxIKWZPwJywNnwCLcBGAsYHQ/s400/736199_variola3_ff.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: center;"><br /></div><span style="color: #fff2cc;"></span><span style="color: #fff2cc;"></span><span style="color: #fff2cc;"></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Voici un résumé très synthétique du film: Rexhep Halili, un Albanais musulman du Kosovo, est en pèlerinage au Moyen Orient. A la fin de son séjour, il achète un souvenir, une flûte, à un vieil homme malade. A son arrivée à l'aéroport de Belgrade, il présente déjà à son tour des signes de maladie, et se voit immédiatement hospitalisé. A l'hôpital, Marković nous montre une institution publique vieillissante, déliquescente. Lorsque Rexhep arrive, les radiateurs de l'hôpital sont en réparations, et le médecin-chef est surtout préoccupé par les perspectives de coucheries avec certaines infirmières. Le corps médical brille par ailleurs par son incompétence, diagnostiquant d'abord une maladie bénigne, avant de réaliser son erreur. Entre temps, Rexhep est décédé, non sans avoir contaminé d'autres patients et membres du personnel au sein de l'hôpital qui est mis en quarantaine. Parmi les autres mesures d'hygiène, les biens des malades sont brûlés, mais, détail qui a son importance, la flûte de Rexhep est retirée in extremis du feu par un des protagonistes.</span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Avec la propagation de l'épidémie au sein de l'hôpital, et face aux mesures prises, le huis-clos devient un microcosme de la société: les caractères se dévoilent dans toute leur diversité, parfois pour le meilleur, souvent pour le pire, entre responsabilité, lâcheté, égoïsme, coup de folie et ignominie: le directeur de l'hôpital se vaccine et se barricade; préoccupées par leur carrière politique et le désir de sauver les apparences, les autorités cherchent à cacher la vérité à la population; au sein de l'hôpital, certaines personnes jugées nobles au niveau des valeurs s'avèrent devenir des salopards, alors qu'à l'opposé, d'autres, à priori moins reluisants, s'illustreront par leur héroïsme. Finalement, un envoyé de l'<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Organisation_mondiale_de_la_sant%C3%A9" target="_blank">OMS</a> intervient, ce qui permet d'éradiquer la maladie. Le sentiment qui domine alors est que, finalement, cette épidémie ne fut pas si dramatique, et que la vie va pouvoir reprendre son cours. Cependant, le film se termine avec un indice pessimiste et effrayant: le principal dirigeant de la cellule de crise venue à bout de l'épidémie annonce officiellement le retour à la normale en tenant dans ses mains, tel un trophée, la flûte de Rexhep sauvée des flammes.</span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><br /></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Sur le plan stylistique, Goran Marković a recouru à une mise en scène et des effets qui rangent "Variola Vera" dans des catégories comme le thriller, le film catastrophe et le film d'horreur. Avec de nombreuses scènes en caméra subjective, le film est étouffant, glauque et flippant à souhait, quoique parfois ponctué de notes d'humour noir. Il ne cache rien des souffrances endurées par les malades, ni des atroces conséquences physiques de la variole sur les corps et les visages, sanglants ou purulents. Âmes sensibles, s'abstenir !</span></span></span><br /><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-NOj4ChkuCrY/Xm4NjZD4FbI/AAAAAAAAEU4/7_ph-zl7OqQtmQke_ZvG9Z1P8FJtVjO9wCLcBGAsYHQ/s1600/Rexhep%2527s%2Bdeath%2BVariola%2BVera.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="168" data-original-width="300" src="https://1.bp.blogspot.com/-NOj4ChkuCrY/Xm4NjZD4FbI/AAAAAAAAEU4/7_ph-zl7OqQtmQke_ZvG9Z1P8FJtVjO9wCLcBGAsYHQ/s1600/Rexhep%2527s%2Bdeath%2BVariola%2BVera.jpg" /></a></span></div><div style="text-align: center;"><br /></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Le film a d'ailleurs été classé parmi les 100 meilleurs films d'horreur de l'histoire du cinéma par le magazine britannique de cinéma "<a href="https://www.bfi.org.uk/news-opinion/sight-sound-magazine" target="_blank">Sight and Sound</a>". Il fait l'objet d'un culte enthousiaste chez les connaisseurs les plus pointus du genre, d'autant que sa provenance "exotique" lui confère un attrait supplémentaire, pour un public occidental habitué aux productions essentiellement anglo-saxonnes, dont l'intrigue se déroule en général aux Etats-Unis.&nbsp;</span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">En ex-Yougoslavie même, le film demeure fétiche auprès de la génération qui avait 20-30 ans dans les années 80. On le vénère tant pour son audace stylistique et scénaristique, que pour la fierté ressentie quant au fait que, dans le paysage mondial du film d'horreur, l'ancien pays ait apporté sa contribution avec un film de qualité, reconnu aussi bien par les amateurs du genre que par les tenants du cinéma d'art et d'essai. "Variola Vera" n'est d'ailleurs pas le seul film d'horreur "made in Yugoslavia", mais il en est l'un des plus connus à l'étranger. Le genre horrifique, ou encore ses cousins, le fantastique et la science-fiction, bénéficient de longue date de l'intérêt du public local. Cet intérêt s'appuie sur un imaginaire balkanique très fertile, entre les vieilles peurs ataviques, les légendes qu'on se transmet de générations en générations, les relents de paganismes, les superstitions nombreuses et la survivance de pratiques apparentées à la "sorcellerie" ou à l'occultisme dans certaines régions rurales de la péninsule. Rappelons que "vampire" est un mot serbe, et que la Transylvanie et ses épaisses forêts inquiétantes ne sont guère loin de Belgrade. <br />Le film est enfin réputé pour certaines de ses répliques, rentrées dans la pop-culture yougoslave, voire dans le langage courant, comme la cultissime phrase, prononcée par l'un des personnages: "</span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Pička je polni organ, pizda je karakterna osobina", qui joue sur deux mots, pička et pizda, désignant familièrement le vagin, la chatte, mais où le premier peut aussi signifier, au sens figuré, et adressé à un homme, "trouillard, fiotte, tapette", alors que le second signifie "ordure, merde, salaud, pourri". La phrase dit "la chatte [</span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">pička] </span></span></span>est un organe sexuel, alors que chatte [pizda, au sens de salaud] est un trait de caractère". On la retrouve même samplée dans certains morceaux de musique, notamment chez le rocker serbo-monténégrin <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Rambo_Amadeus" target="_blank">Rambo Amadeus</a> qui fait référence au film dans un morceau de son bien nommé album "Don't happy, be worry" </span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">(écouter <a href="https://www.youtube.com/watch?v=urv4_BuA7ok" target="_blank">ici</a>, à partir de 2'58)</span></span></span>.<br /><br />Refermons cette parenthèse de vocabulaire indispensable à la maîtrise du serbo-croate, et reprenons! En dépit ou à cause de cet intérêt local pour le cinéma d'horreur, le régime communiste s'est efforcé d'en limiter la diffusion, le genre incarnant pour lui un des archétypes de la "culture décadente de l'Occident", insufflant, par ses thèmes macabres ou apocalyptiques, un vent de remise en question des mythes positifs du socialisme. On notera d'ailleurs l'ignorance des cadres du régime qui, par leur rejet, passaient à côté du fait que bon nombre d'oeuvres mythiques du cinéma d'horreur portaient en filigrane des regards hautement critiques sur la société capitaliste et la culture occidentale, <a href="https://www.sciencesetavenir.fr/decouvrir/zombies-george-a-romero-le-pionnier-des-films-de-morts-vivants-est-decede_114808" target="_blank">comme ce fut les cas chez le célèbre Georges A. Romero</a>, qui n'a jamais fait mystère de ses opinions de gauche et de son opposition au militarisme et au racisme américain. Plus globalement, le pitch habituel du film d'horreur, le "home sweet home" des banlieues résidentielles américaines, où, soudain, tout bascule (fantôme, zombie, monstre, tueur en série...), n'est-il pas une façon d'éclairer la fragilité et la vacuité de l'American Way Of Life ?</span></span></span><br /><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-7I2bFgyNfkI/Xm4OKKN6xpI/AAAAAAAAEVE/p0PPMCt8cJwvKtkRcr6AJXb2X5fdYQSiwCLcBGAsYHQ/s1600/Variola%2BVera%2B%25282%2529.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="667" data-original-width="1000" height="266" src="https://1.bp.blogspot.com/-7I2bFgyNfkI/Xm4OKKN6xpI/AAAAAAAAEVE/p0PPMCt8cJwvKtkRcr6AJXb2X5fdYQSiwCLcBGAsYHQ/s400/Variola%2BVera%2B%25282%2529.jpg" width="400" /></a></span></div><div style="text-align: center;"><br /></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Bien que Marković ne leur ait pas vendu son projet comme un film d'horreur, les services compétents traînent les pieds lorsqu'il les sollicite en vue du tournage. Le producteur prévu se désiste rapidement, obligeant le cinéaste à puiser dans ses propres deniers. L'hôpital prévu au départ pour le tournage annule à la dernière minute. Marković doit accepter, également à la dernière minute, et sur le mode " à prendre ou à laisser", un autre hôpital, où, ironie du sort, il sera opéré quelques années plus tard. Le tournage semble lui-même hanté par la malédiction: défection d'acteurs, mauvaises conditions, journées de travail longues et épuisantes, tensions... Du propre aveu de Marković, "Variola Vera" aura été son tournage le plus éprouvant, et il confesse en être sorti totalement vidé. L'esthète, lui, verra probablement dans le dénuement des moyens alloués au film, ainsi que dans les conditions difficiles de sa réalisation, une plus-value artistique, dans le sens où ce contexte lourd a très certainement favorisé le dépouillement brut de certaines scènes, accentuant le sentiment d'étouffement, et a contribué au "réalisme" des conflits qui agitent l'intrigue.&nbsp; </span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><br /></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Si Goran Marković assume des emprunts aux codes du film d'horreur, il se défend pourtant d'avoir voulu faire un véritable film "de genre". Certes, le cinéaste puise volontiers dans certains courants du cinéma populaire, comme par exemple la comédie intimiste dans "<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tito_et_moi" target="_blank">Tito et Moi</a>", le récit d'aventure picaresque dans "<a href="https://en.wikipedia.org/wiki/The_Tour_(film)" target="_blank">Turneja</a>", mais ces emprunts sont une sorte de prétexte, un outil, une technique, et Marković les utilise, ou même les pervertit, pour poser une réflexion politique plus globale.</span></span></span><br /><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-LDjW7qTcnT8/Xm4SYQAVStI/AAAAAAAAEWA/PgMC8f_6I3MxlAaGsIBrtgbf_r6dlCijgCLcBGAsYHQ/s1600/736201_variolavera-1_ff.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="640" data-original-width="1000" height="204" src="https://1.bp.blogspot.com/-LDjW7qTcnT8/Xm4SYQAVStI/AAAAAAAAEWA/PgMC8f_6I3MxlAaGsIBrtgbf_r6dlCijgCLcBGAsYHQ/s320/736201_variolavera-1_ff.jpg" width="320" /></a></div><div style="text-align: center;"><br /></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Ainsi, "Variola Vera" n'est pas pour le cinéaste un simple film d'horreur, mais une parabole allégorique de la Yougoslavie, qui, en ce début des années 80, affiche les symptômes inquiétants du virus qui, moins de 10 ans plus tard mènera le pays à sa mortelle dislocation. Pour Marković, le pays était déjà malade depuis 1968, année du <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Croatian_Spring" target="_blank">Printemps Croate</a>, dont la répression par la force en 1971, précéda de peu l'épidémie de variole de 1972, et sa gestion calamiteuse sur fond de climat délétère et paranoïaque. En 1982, lorsque le film est tourné, <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/1981_protests_in_Kosovo" target="_blank">ce sont les Albanais du Kosovo qui viennent de se soulever</a>, suscitant la répression brutale de leurs aspirations identitaires par Belgrade.</span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><br /></span><br /><table cellpadding="0" cellspacing="0" class="tr-caption-container" style="float: left; margin-right: 1em; text-align: left;"><tbody><tr><td style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-hQHC0YihkLw/Xm4OgZ23uCI/AAAAAAAAEVM/VUtUyP6KxboU6qPeLOmW1NFynUjPU4V6ACLcBGAsYHQ/s1600/Smallpox_PHIL_3278.tif.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; margin-bottom: 1em; margin-left: auto; margin-right: auto;"><img border="0" data-original-height="1600" data-original-width="1064" height="400" src="https://1.bp.blogspot.com/-hQHC0YihkLw/Xm4OgZ23uCI/AAAAAAAAEVM/VUtUyP6KxboU6qPeLOmW1NFynUjPU4V6ACLcBGAsYHQ/s400/Smallpox_PHIL_3278.tif.jpg" width="265" /></a></span></td></tr><tr><td class="tr-caption" style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><i>Campagne de vaccination au Kosovo<br /> lors de l'épidémie de 1972.</i></span></span></span></td></tr></tbody></table><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">D'aucuns ont d'ailleurs vu dans le fait que ce soit un Albanais musulman qui, dans le film, apporte l'épidémie, une allusion symbolique à ces événements, suggérant qu'un jour le chaos viendrait du Kosovo (et par extension, du "monde islamique"). Interrogé sur cette grille de lecture, Marković se défend d'avoir voulu faire référence à ces incidents, alors récents, et récuse également tout penchant islamophobe latent, rappelant que son film interrogeait la société yougoslave dans sa globalité. Il rappelle aussi que, concernant le point de départ du film, il s'était basé sur la réalité de l'épidémie de 1972, dont le porteur souche était un Kosovar musulman de retour d'un pèlerinage au Moyen-Orient. C'est ce que rapporte Marina Mandić, chercheuse à l'Institut d'Ethnographie de Belgrade, dans "Entre le réel et l'imaginaire: l'épidémie de variole en Yougoslavie à travers le récit cinématographique", passionnante et très complète analyse du film parue en 2019, et qui a grandement servi de matière à ce post. Le document est hélas seulement disponible en serbe (voir liens en fin de post).</span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><br /></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Citant une source scientifique américaine, Mandić rapporte encore qu'en 1972, les responsables de la communauté musulmane de Yougoslavie s'étaient émus du fait que la pratique religieuse (un pèlerinage) puisse être pointée du doigt dans le sens où elle était à l'origine de la contamination. Ils auraient alors prié le porteur-souche de cacher sa maladie, ce que l'intéressé, craignant des "pogroms religieux" (Mandic), fera, contribuant à ce que le mal tarde à être identifié. La chercheuse indique clairement que le film, malgré les mises au point de Goran Marković, agira à sa sortie comme un révélateur des peurs qui sourdaient en sous-sol, en Serbie, envers le monde "albano-islamique". </span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Que l'on déplore ou non ce fait, le film pose quoiqu'il en soit, pour Marina Mandić, la question de cet "autre" culturel, qu'il s'agisse d'une minorité nationale ou des étrangers, et de la menace que cet "autre" incarne dans l'inconscient collectif d'une société donnée. "L'autre" est à la fois la source du danger, mais il devient aussi le catalyseur de nos maux et fantasmes, une fois que le danger qu'il porte éclate et se diffuse. Cet "autre" prend d'ailleurs un visage double pour Mandić. A côté de "l'autre" oriental, islamique, albanais, la Yougoslavie frappée par l'épidémie devient à son tour un "autre",&nbsp; vecteur de danger, pour l'Occident. C'est l'intervention d'un cadre de l'OMS qui, dans le film, sauve la situation, ce qui, pour la chercheuse, ramène ainsi la Yougoslavie dans le giron du monde moderne et civilisé dont le pays s'était temporairement éloigné, risquant de replonger dans un espace-temps arriéré et barbare en laissant une maladie d'un autre âge défier son existence contemporaine.</span></span></span><br /><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-v2PMLLPMc6k/Xm4PUwdN-OI/AAAAAAAAEVY/y1dQ5Hi4Vac_H9i6l6l01QuI9QMOt5lEQCLcBGAsYHQ/s1600/im07.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="140" data-original-width="235" height="238" src="https://1.bp.blogspot.com/-v2PMLLPMc6k/Xm4PUwdN-OI/AAAAAAAAEVY/y1dQ5Hi4Vac_H9i6l6l01QuI9QMOt5lEQCLcBGAsYHQ/s400/im07.jpg" width="400" /></a></span></div><div style="text-align: center;"><br /></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">A titre personnel, je pense qu'on peut aussi rapprocher cette question de "l'autre" de la façon dont le film a été et demeure parfois perçu en Occident: d'un côté, exotisation, parfois empreinte de préjugés (l'horreur surferait ici sur le cliché de "l'Est" supposément arriéré et glauque). De l'autre, ignorance complète des sens cachés politiques de l'intrigue par un public peu au fait des réalités du pays, peu politisé et adepte de pop-culture aux allures de grands frissons. Goran Marković rappelle à ce titre le malentendu qu'il eut, lors d'une conférence, avec des étudiants américains en cinéma: ces derniers ne voyaient dans "Variola Vera" qu'un chef-d'oeuvre d'horreur, alors que le cinéaste s'employait, sans grand succès au demeurant, à les rendre attentif à la dimension politique de celui-ci. "L'autre" est ici en quelque sorte nié, ignoré, dans ce qu'il a à dire, et dans ses spécificités, ce qui est une forme d'inversion de l'exotisation, parfois bien intentionnée (égalitarisme), mais qui peut aussi être vectrice de racisme: l'autre nous est identique, donc il n'existe pas pour ce qu'il est.&nbsp;</span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Enfin, il faut relever une troisième perception de "l'autre" encore, celle du réseau du cinéma d'art et d'essai, qui, autrefois, programmait "Variola Vera" dans des cycles de cinéma yougoslave, justement et exclusivement à cause de son propos politique, et très peu pour sa dimension horrifique, respectant de fait les intentions de Marković. Dans ce dernier cas, "l'autre" se résumait aux dissidences intellectuelles et aux problématiques politiques de l'Europe de l'Est d'antan. Ce n'était pas en soi négatif de montrer le travail des artistes et intellectuels souvent critiques envers les régimes en place, au contraire. Ce relai était important et parfois vital pour eux. Mais cet "autre" en devenait volontiers idéalisé, comme si chaque citoyen de "l'Est" était systématiquement un courageux opposant, aspirant avec impatience à la démocratie libérale et au bonheur capitaliste. Cet "autre", intellectuel et idéalisé, a été la raison de nombreux malentendus Est-Ouest, une fois que l'euphorie post-chute du Mur de Berlin vint mourir <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89meutes_de_Rostock" target="_blank">dans les feux de foyers d'immigrés de Rostock</a> et sur les ruines de Vukovar. Un malentendu d'autant plus tenace que certains de ces dissidents, loin d'être ces courageux démocrates progressistes et lettrés, se révélèrent être des parangons de conservatisme détestable, ou bien s'affirmèrent en complices dociles et aveugles des aventures économiques, et guerrières, de l'Occident...</span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><br /></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Dans le film, l'élite intellectuelle et politique, moralement corrompue et professionnellement incompétente, minimise la gravité de la situation, puis cherche à sauver sa peau. Dans la Yougoslavie du début des années 80, le cinéma, les arts en général, de par leur capacité à ressentir la réalité dans ses recoins les plus obscurs, poseront à travers leurs créations des questions inquiètes à la société comme au pouvoir. Les années 80 sont une décennie de cinéma, au mieux aigre-doux (ex: les premiers Kusturica), au pire carrément angoissé (ex: "<a href="https://www.imdb.com/title/tt0087898/" target="_blank">Paysages dans le brouillard</a>", plongée glaçante et quasi documentaire dans l'enfer des toxicomanes belgradois). Une décennie qui voit naître <a href="http://yougosonic.blogspot.com/2011/05/in-laibach-we-trust.html" target="_blank">Laibach</a> et ses miroirs grossissants de l'ère du temps, <a href="http://yougosonic.blogspot.com/2019/10/le-herisson-heretique.html" target="_blank">et où se suicide Branko Copic</a>, pour citer quelques exemples abordés dans ce blog. Une décennie où la société, minée par une crise économique grave, doute, tout en aspirant pourtant à davantage de liberté, mais aussi à une redéfinition du "pacte yougoslave". Une redéfinition où, bientôt, l'égoïsme succédera à la générosité, et où l'intransigeance balayera le sens du compromis. Face à ces questionnements inquiets, qui se muent en fissures bientôt irréparables, les élites minimiseront ou nieront la gravité des faits, continuant de scander les mantras creuses du régime et de cultiver ses mythes dévitalisés. Puis, quand la crise sera ouverte, ils chercheront à sauver leur peau sans se préoccuper des malades, qui soigneront leur pathologie avec les armes que l'on sait.</span></span></span><br /><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-cGVt141YgK8/Xm4QUQav4iI/AAAAAAAAEVo/wtaOYlYWrGkAcXF9WEIjny0wf7DcgEpWQCLcBGAsYHQ/s1600/im02.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="139" data-original-width="235" src="https://1.bp.blogspot.com/-cGVt141YgK8/Xm4QUQav4iI/AAAAAAAAEVo/wtaOYlYWrGkAcXF9WEIjny0wf7DcgEpWQCLcBGAsYHQ/s1600/im02.jpg" /></a></span></div><div style="text-align: center;"><br /></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Avec un sens certain de la prémonition, "Variola Vera" portait en lui les germes allégoriques du mal qui, bientôt, déferlerait dans le pays. La flûte, brandie à la fin, était le signal que le happy-end n'était que temporaire. On aurait tort pourtant de voir dans ce film une simple critique du régime et de la société yougoslaves ou une prédiction autocentrée des guerres à venir, en se disant que que ce qu'il dit est daté et ne nous concerne pas. Derrière les possibles "exotismes" que nous avons relevés, ou simplement derrière son ancrage dans le contexte yougoslave de l'époque, le film possède une large part d'universel et d'intemporel.&nbsp;</span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><br /></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Toute ressemblance avec des faits d'actualité présente n'est pas pure coïncidence...</span></span></span><br /><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-encOeBbWIjs/Xm4QfVez96I/AAAAAAAAEVs/KRcJGW9BX6QDg2lNZiZjD0VZTXiRfhGVwCLcBGAsYHQ/s1600/ob_fe6035_j8tpavh8g2fnauvzqhc67b9ovej.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="469" data-original-width="780" height="192" src="https://1.bp.blogspot.com/-encOeBbWIjs/Xm4QfVez96I/AAAAAAAAEVs/KRcJGW9BX6QDg2lNZiZjD0VZTXiRfhGVwCLcBGAsYHQ/s320/ob_fe6035_j8tpavh8g2fnauvzqhc67b9ovej.jpg" width="320" /></a></span></div><div style="text-align: center;"><br /></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Je vous laisse faire le tri entre ce qui est relaté dans ce post et ce que nous vivons actuellement. Si vous comprenez le serbo-croate, et que vous n'êtes pas du genre sensible, rien de telle qu'une petite projection privée de "Variola Vera", via <a href="https://www.youtube.com/watch?v=nyERxNV7fSY" target="_blank">Youtube</a>, pour meubler le confinement, que, bien-sûr, vous pratiquez scrupuleusement, parce que ça reste la meilleure précaution pour vous et pour les autres, et que ça peut aider à limiter la casse.</span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><br /></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Ne vous inquiétez pas, ça ne va pas durer! Dans quelques semaines, ou au pire dans quelques mois, l'épidémie de Coronavirus sera vaincue. Comme après un film d'horreur, on se dira qu'on a eu peur, et on frissonnera même d'un petit spasme nerveux, mais rigolard, en se disant que, quand même, on en a fait des tonnes et que ce n'était pas si grave! Et très vite résonneront à nouveau les petits airs connus qui rythment nos sociétés modernes, globalisées et invincibles. Des petits airs connus qui seront joués sur cette flûte finale, que ceux qui nous gouvernent, mais aussi bon nombre d'entre nous, ont retiré in extremis des flammes de l'interminable incendie qui consume ce monde...</span></span></span><br /><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-wxG7jBN8p8w/Xm4P0H1EUpI/AAAAAAAAEVg/P5ujQYpUfQwkQQNO4rr7RajpskhzygfiwCLcBGAsYHQ/s1600/im06.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="139" data-original-width="235" height="188" src="https://1.bp.blogspot.com/-wxG7jBN8p8w/Xm4P0H1EUpI/AAAAAAAAEVg/P5ujQYpUfQwkQQNO4rr7RajpskhzygfiwCLcBGAsYHQ/s320/im06.jpg" width="320" /></a></span></div><div style="text-align: center;"><br /></div><span style="color: #fff2cc;"><br /></span><span style="color: #fff2cc;"><br /></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><b>Prolonger / sources de ce post:</b><br /> </span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">- <a href="https://www.eap-iea.org/index.php/eap/article/view/965/872" target="_blank">"Entre le réel et l'imaginaire: l'épidémie de variole en Yougoslavie à travers le récit cinématographique"</a>, Marina Mandic, Institut d'Ethnographie de Belgrade. En Serbe.<br /><br />- <a href="http://templeofghoul.blogspot.com/2013/06/" target="_blank">Interview de Goran Markovic à propos de "Variola Vera"</a>, par l'excellent blog serbe The Temple Of Ghoul, dédié au fantastique et au film d'horreur. Le blog, et son double en serbe, <a href="http://cultofghoul.blogspot.com/" target="_blank">The Cult of Ghoul</a>, sont animés par le chercheur et écrivain <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Dejan_Ognjanovi%C4%87_(author)" target="_blank">Dejan Ognjanovic</a>, un des meilleurs spécialistes du fantastique et de la SF dans le domaine linguistique serbo-croate.</span></span></span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br />- <a href="https://www.espreso.rs/kultura/film/525099/variola-vera-gorana-markovica-strava-jeza-film-katastrofe-studija-karaktera-drustvena-kritika" target="_blank">Article en serbe du journal Espreso.rs </a>qui revient sur la parution en 2017 en Serbie, de l'ouvrage "Variola Vera, le virus, l'épidémie et les gens" de Zoran Radovanović, qui porte sur les faits de 1972, et dont Goran Marković a rédigé l'avant-propos.</span></span></span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></span></div><span style="color: #fff2cc;"></span></div>
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Et toi, tu te souviens? Tu étais fier et droit. Imposant et minéral. Froid et ferme. Tu nous protégeais des méchants qui étaient de l'autre côté de toi, de chaque côté. Tu devais durer 100 ans, mais "ils" t'ont détruit, et plus rien n'est comme avant. Tu nous faisais peur, de part et d'autre de toi-même, mais tu organisais nos vies, et c'était simple.</span></span></span><br /><a name='more'></a></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-2ZMqmxx82sI/XcbQSbb39rI/AAAAAAAAETE/tGq1QhIYc9Qnq86KWNKZvnY7z3cyxKaMACLcBGAsYHQ/s1600/mauerleervor.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="1084" data-original-width="1488" height="291" src="https://1.bp.blogspot.com/-2ZMqmxx82sI/XcbQSbb39rI/AAAAAAAAETE/tGq1QhIYc9Qnq86KWNKZvnY7z3cyxKaMACLcBGAsYHQ/s400/mauerleervor.jpg" width="400" /></a></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Aujourd'hui, c'est beaucoup plus compliqué. Parce qu'on est libre, tu sais, et la liberté, c'est quelque chose de très compliqué. Enfin, d'ailleurs, c'est pas vraiment la liberté qu'on a depuis que tu n'es plus là. C'est un autre truc, mais très proche, et, il paraît, même mieux. Comment ils disent, déjà, ceux qui ont gagné sur toi? Ah oui, le libéralisme. Ca ressemble à la liberté. Il y a le mot "libre" dedans. Etymologiquement, c'est la même racine. Les gens qui ont gagné sur toi, ils disent souvent "moins d'égalité, plus de liberté", parce que la liberté, c'est sacré, et l'égalité, ça freine la liberté, parce qu'on ne peut pas être tous pareils, parce que si on est pareil, comme à l'époque d'un côté de toi, ça veut dire qu'on n'est pas libre !</span></span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Ceux qui ont gagné sur toi, il faut que je t'explique tout de suite qui c'est. C'était pas du tout les gens qui voulaient que tu tombes, parce qu'ils en avaient marre du PQ qui gratte et irrite les fesses, ou parce que tu les empêchais de voir Michael Jackson en concert. C'était pas non plus les gens qui voulaient juste t'enlever mais garder tout le système du boulot pour tout le monde, de l'école gratuite, de la sécurité sociale, </span></span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">d'une certaine solidarité, </span></span></span>des femmes qui pouvaient travailler pendant qu'on garde leur gamin, des gamins qu'elles avaient le droit de pas vouloir garder si elles tombaient enceinte, tout ça... Ces gens, ils voulaient juste améliorer en fait la vie derrière toi, en t'enlevant. Mais c'est pas eux qui ont gagné sur toi. Ceux qui ont gagné sur toi, c'est ceux qui ont attendu que tous ceux dont je viens de parler, ils mouillent leur chemise, qu'ils se fassent taper dessus par la méchante police du côté pas libre de toi, ou bien qu'ils se barrent en masse en passant par la Hongrie qui commençait à te démonter. </span></span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Comme ça, c'était plus simple, chacun a pris équitablement sa part du boulot. Et quand ceux qui ont mouillé leur chemise et pris des coups de matraque ont réussi à faire que tu tombes, ceux qui ont gagné sur toi, ils sont venus et ils ont dit: "le capitalisme a détruit le rideau de fer, le capitalisme l'a emporté sur le communisme!". Comme ils parlaient avec beaucoup d'emphase, qu'ils étaient bien habillés, et qu'on était tous bourrés sur la Place Venceslas ou sur Friedrichstrasse, tout le monde les a cru quand ils ont dit ça: ils ont alors pu venir avec leurs devises, <strike>liquider</strike> investir dans l'économie, apporter le bonheur, et vendre du PQ qui sent la rose citronée et caresse les fesses pendant que la radio elle passe Michael Jackson. </span></span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br />Du côté ex-pas libre de toi, beaucoup de gens ont perdu leur travail, ou aussi leurs repères. Parfois c'est même pire quand tu perds tes repères que quand tu perds ton travail, parce que tu ne sais plus qui tu es, d'où tu viens, où tu vas, pourquoi tu fais ça, etc. Mais les gens qui ont gagné sur toi ont dit que tout ça c'est pas grave parce qu'on ne peut pas arrêter la marche de l'histoire, et que maintenant les gens qui étaient pas libres sont libres, et ça, c'est le plus important, parce que pas être libre c'est terrible. Ils ont dit que les gens qui ont perdu leurs repères, ils doivent arrêter d'être perdus, de se plaindre tout le temps, et de dire que quand tu étais là, il y avait des choses bien quand même, parce que dire qu'il y avait des choses bien, ça veut dire qu'on est complice de Staline et des millions de morts qu'il a tué en masse, ou qu'on regrette la STASI, et ça, c'est pas bien du tout, parce que ça veut dire qu'on est pas prêt pour être libre. C'est pour ça que parfois, on dit que les gens qui étaient du côté pas libre de toi, ce sont des ploucs un peu retardés, et qu'ils ont pas d'expérience démocratique. C'est pour ça qu'ils arrivent pas bien à être libres...</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Mais aujourd'hui, on n'a pas tellement le temps de réfléchir à tout ça, si c'était bien ou pas avant, s'il aurait fallu faire autrement, et si les gens qui ont gagné sur toi, ils ont pas un peu exagéré leur rôle et s'ils ont pas merdé sur certains trucs... On n'a pas le temps de réfléchir, parce que tu sais, on est libre. Et être libre ça prend beaucoup de temps: par exemple, ça prend beaucoup de temps d'étudier si on prend plutôt un forfait 4G avec SMS illimités ou si on préfère la box qui te garantit la portabilité de ton ancien numéro avec lequel tu peux appeler tous les week-ends en illimité aussi. Ou alors, on doit bien réfléchir si on prend plutôt l'avion ou le TGV pour le week-end à Barcelone. Dans le premier, c'est très rapide mais on est entassé avec des pauvres, parce que l'avion, c'est devenu pas cher du tout. Les pauvres, ils sont sales, vulgaires et ils parlent fort. Dans le second, c'est rapide aussi, mais un peu moins quand même, mais tu peux voyager avec des gens comme ceux qui ont gagné sur toi, qui bossent sur leur laptop pendant tout le voyage, et c'est calme. Surtout si tu prends la liberté de choisir la première classe pour juste 10 euros de plus. Il y a aussi le bus, ça permet d'économiser une nuit d'hôtel parce que tu pars à Barcelone à 1h45 du matin et tu peux dormir dans le bus, mais tu voyages aussi avec des gens pauvres qui sentent la transpiration. <br /><br />Alors il faut bien étudier, comparer. Et puis il faut réfléchir si Prague, c'est quand même pas mieux que Barcelone. Et il faut bien réfléchir si c'est pas mieux le Air BnB à Poble Sec que dans le Barri Gotic, parce que c'est moins cher à Poble Sec. Le prix c'est toujours important, parce que la liberté, les gens qui ont gagné sur toi le disent souvent, c'est d'avoir toujours le meilleur prix. Ca dynamise tout un "écosystème" qui se régule lui-même, sans qu'on ait besoin d'agir dessus, comme ça, on a du temps libre pour d'autres choses, et on peut bien étudier les offres qui font vivre l'écosystème. C'est comme ça pour tout, il faut tout bien étudier et bien réfléchir: aussi pour l'électricité, le gaz, la complémentaire santé, l'écran plasma, l'enceinte blue-tooth... Aussi pour les études, il faut bien choisir ce qu'on veut faire, et il faut prendre une école qui est bien notée, de préférence privée, parce que quand c'est privé tu as la liberté de choisir. Comme on est libre de choisir, alors il faut prendre le temps de bien peser le pour et le contre de chaque chose. On est entrepreneur de notre vie, maintenant.&nbsp; C'est ça qui est compliqué, mais comme tu n'es plus là, on doit faire sans toi. </span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">En fait, il y a encore un peu des gens qui se battent pour une partie de ce que tu protégeais à l'époque, et qui était pas mal d'un côté de toi, si on fait abstraction de la police qui tape et torture, et du parti unique: la sécu, le travail, la solidarité, tout ça... Mais ces gens, excuse moi d'être vulgaire, ils sont surtout occupés à faire des concours de bites en ce moment: ils regardent qui bande le plus à gauche et qui a la plus grosse. A cause de ça, ils se disputent tout le temps, parce qu'ils n'arrivent pas à se mettre d'accord, il y a trop de choses qui les divisent, qu'ils disent, et que c'est irréconciliable, qu'ils disent aussi. Pourtant, quand tu regardes même distraitement, tu vois que oui, il y a 2-3 choses qui les divisent, mais qu'il y a aussi beaucoup de choses qui les rapprochent, mais eux, ils regardent surtout ce qui les rapproche pas, et comment l'autre qui est d'accord avec eux sur beaucoup de choses, il a quand même franchi des lignes rouges, et ça, la ligne rouge, c'est un truc qui fait que c'est irréconciliable. Ils pensent pas du tout non plus que les différences, c'est aussi une richesse, et que ça peut permettre de rassembler plus de monde si on arrive à se concentrer sur ce qui rapproche. Ca aussi c'est irréconciliable derrière la ligne rouge. Alors ils vont tous séparément se battre contre ceux qui ont gagné sur toi, et ça sert à rien, c'est ridicule, et ceux qui ont gagné sur toi, ils gagnent aussi sur eux, tout le temps. <br /><br />A cause de ça, on reste libre d'être apathique, dégoûté et cynique.</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Ca tombe bien, parce que depuis que tu n'es plus là, ceux qui ont gagné sur toi, ils ont inventé des trucs qui nous permettent d'être libres et en même temps apathiques, tout en étant libre de ne pas nous en rendre compte. Non, c'est pas la télé qui existait déjà quand tu étais là et disait de part et d'autre de toi ce qu'on devait penser! La télé existe toujours, mais aujourd'hui, c'est devenu tellement compliqué d'être libre de choisir dans le bouquet de 80 chaînes, et entre la microfibre et le satellite 5G, que c'est pas de ça que je veux te parler. Il y a un autre truc beaucoup plus puissant que la télé. Tiens, c'est marrant, au début, ça s'appelait un mur comme toi, mais aujourd'hui on dit "timeline", parce que ça vient des Etats-Unis, et aux Etats-Unis on parle anglais. Quand on utilise un mot anglais, ça veut de toute façon dire que c'est mieux, et qu'on est libre, puisque les Etats Unis, c'est le leader du monde libre par excellence.</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Et donc le mur inventé par ceux qui ont gagné sur toi, c'est un truc sur lequel on peut écrire, poster des photos, dire tout ce qu'on pense. C'est un truc où on peut vraiment tout dire, puisqu'on est libre, on peut même dire que les pédés sont des malades mentaux et que les juifs gouvernent le monde, même si c'est prouvé que c'est pas vrai, et que c'est pas gentil de dire pédé. C'est ça la liberté d'expression! Attention à ne pas interdire de dire des bêtises ou des choses pas gentilles, comme au temps où tu étais là, et que les gens d'un côté de toi n'avaient pas le droit de dire des choses, parce que sinon, ils allaient en prison, ou au Goulag. Les gens qui ont gagné sur toi disent que c'était terrible, le goulag, alors il faut laisser dire aux gens les choses, parce qu'en plus, ça génère du trafic, et plus il y a du trafic, plus l'algorithme, il s'agite, et les annonceurs sont contents (tu sais, les annonceurs font partie de l'écosystème qui se régule tout seul dont je te parlais plus haut. Il ne faut surtout pas perturber ces gens là, sinon les marchés ne sont plus rassurés, et ça, c'est très grave!). En plus, on peut récolter des "likes" et des commentaires et ça, ça fait aussi beaucoup de trafic. Comme ça, on devient un "influenceur", une sorte de personne plus libre que les autres, puisqu'elle les influence, et que les gens ils sont libres d'être influencés. <br /><br />Le mur/timeline c'est aussi un truc très pratique pour les gens qui ont gagné sur toi, parce que les utilisateurs du mur attendent les likes et les commentaires, et ils répondent. Ca prend du temps d'attendre les likes, les commentaires, puis de répondre. Tu peux pas lire un livre et attendre les likes et les commentaires, puis répondre! Et le like, c'est mieux qu'un salaire: le type qui a plein de like, il est tellement fier, parce que souvent, il a jamais eu un tel succès ailleurs! En tout cas, comme ça, les gens, ils sont occupés, et ils ne pensent pas à poser des questions qui dérangent aux gens qui ont gagné sur toi, et encore moins à descendre dans la rue ou à bloquer des usines, parce que les gens qui ont gagné sur toi, ils sont en train de terminer de ce côté le boulot commencé du côté ex-pas libre de toi quand tu es tombé. Mais heureusement, les gens n'ont pas besoin de bloquer les usines ou de faire la grève puisqu'ils ont la liberté de poster sur le mur qu'il y a une manifestation au Chili ou que même, il suffit de mettre une photo avec "grève" écrit dessus sur le mur et de rien publier pendant une heure. Et sur le mur, les gens ont le droit de dire que les gens qui ont gagné sur toi sont très méchants et qu'il faut faire quelque chose contre eux. Quand c'est posté, les autres ont la liberté de liker et de dire que c'est vrai, que ça peut plus durer, que faut vraiment faire quelque chose, que l'apathie c'est plus possible, et comme ça, ça fait le boulot. Ca économise de devoir mouiller sa chemise, de se faire taper, comme les gens qui voulaient t'enlever et juste améliorer le système que tu protégeais, dont je parlais plus haut. </span></span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Pour finir sur le mur qui s'appelle timeline, comme tout le monde est libre de dire ce qu'il pense et de montrer tout ce qu'il fait, tout le monde est libre de savoir tout sur tout le monde. Fini les cachotteries et les petits secrets, de toute façon, si on n'a rien à se reprocher on n'a rien à cacher, c'est ça qui est formidable, quand on est libre! Comme ça, on peut tous se surveiller et vérifier que chacun reste bien libre de tout dire et tout montrer. On peut même savoir si la personne a regardé ou pas le message qu'on lui a envoyé en inbox, une espèce de boîte derrière le mur: comme ça, si elle l'a vu, mais qu'elle répond pas, on peut la <strike>harceler</strike> relancer, ou déduire que c'est vraiment un(e) sale con(e), alors qu'il/elle avait la liberté d'avoir la politesse de nous répondre, puisqu'il/elle savait qu'on verrait qu'il/elle a vu. Grâce à ça, on est aussi libre d'être viré de son boulot si on a pris la liberté d'écrire sur le mur que notre patron est un gros con. On est aussi libre d'avoir une fiche S qui donne la liberté d'avoir plein d'ennuis avec la police, si par exemple dans un moment de colère qu'on a été libre de ressentir, on a été libre d'avoir écrit sur le mur que les gens qui ont gagné sur toi sont tellement arrogants qu'ils font parfois regretter la Bande à Baader ou la guillotine.&nbsp;</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">D'ailleurs, depuis que tu n'es plus là, on est libre d'être mieux surveillé partout et tout le temps. Le téléphone portable qu'on est libre d'être obligé de posséder pour le travail ou pour plein de choses pratiques, non seulement il nous donne la liberté de pouvoir être joint partout et tout le temps, mais aussi il nous écoute. Comme ça, il peut nous proposer des offres bien ciblées, et on ne perdra pas le temps avec des offres pas ciblées. Comme ça on restera libre de pouvoir bien prendre le temps d'étudier les offres ciblées pour nous, et l'écosystème, il pourra continuer à se réguler tout seul, et les marchés, ils seront rassurés.</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Grâce à ça, la police elle est aussi libre de savoir plus facilement ce qu'on est libre de penser, surtout si on est contre les gens qui ont gagné sur toi, et qu'on connaît d'autres gens qui sont contre eux, et qui mouillent leur chemise pour de vrai dans des grèves ou des blocages, et qui se font taper par la police. C'est rigolo, les gens qui ont gagné sur toi ont quand même beaucoup pris des choses du temps où tu étais là, et du côté pas libre de toi, par exemple les caméras de surveillance partout, les fiches S dont j'ai parlé qui ressemblent un petit peu aux dossiers de la STASI, les informateurs qui sont libres de dénoncer les gens "qui partagent pas notre mode de vie"...En plus, ils ont amélioré les choses, comme par exemple la reconnaissance faciale ou le projet de nous donner la liberté de ne plus être anonyme sur les timelines. Tout ça nous rappelle un peu le temps où tu étais là. <br /><br />D'ailleurs, ça commence à ressembler au temps ou d'un côté de toi, les gens se faisaient arrêter, taper ou torturer par la police. Les gens qui ont gagné sur toi ont inventé plein d'armes, que, si les gens qui te gardaient à l'époque les avaient eu, peut-être que tu serais encore là. Quoique, à l'époque, les gens qui ont gagné sur toi, avant de gagner, ils protestaient solennellement quand la police, du côté de toi où ça tapait sur les gens, elle tapait trop fort, ou qu'il y avait des morts, ou des gens en prison. Du coup, la police du côté de toi où elle tapait et torturait, elle devait quand même pas aller trop loin, à cause de l'image. Ou alors, il fallait le faire discrètement. Aujourd'hui, c'est fini, les gens qui ont gagné sur toi, personne ne leur dit quand ça va trop loin et qu'il y a des morts ou des gens en prison, parce qu'ils n'ont pas de leçons à recevoir, puisqu'ils ont gagné sur le côté de toi où les gens n'étaient pas libres, et que maintenant les gens sont libres, et que donc on peut pas mettre tout sur le même plan.</span></span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">D'ailleurs, c'est marrant, les murs n'ont pas disparu avec les gens qui ont gagné sur toi. Ca aussi, c'est un truc compliqué dans la liberté libérale avec son écosystème qui se régule tout seul. Il y a plein de murs partout, mais on ne les voit pas. Ce sont des murs invisibles que les gens qui ont gagné sur toi ont mis un peu partout: des trucs comme les diplômes, la rémunération, le niveau culturel, le quartier, les cotations boursières, et plein d'autres choses encore. Comme ça, ça leur permet de rester entre eux, et de continuer à faire leurs petites affaires. Mais ça ne suffit pas, ils mettent aussi des murs entre nous qui ne sommes pas comme eux, comme ça, on devient jaloux du mec qui est derrière notre mur, parce que les gens qui ont gagné sur toi disent que ce mec, il fout rien et qu'il reçoit du fric, alors que nous on se lève tôt et on bosse pour une misère... Comme ça, on devient tous irréconciliables, nous aussi.</span></span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Et pour finir, ils mettent quand même des vrais murs, comme toi, si besoin. Ca nous rappelle le bon vieux temps. Il y en a dans beaucoup d'endroits dans le monde, et la liste serait très longue à énumérer. Il faut être juste et honnête, c'est pas toujours les gens qui ont gagné sur toi qui les mettent, comme en Corée du Nord, où c'est des gens qui revendiquent aussi un côté pas libre, comme toi à l'époque, qui gardent le mur. Il y a aussi des vrais murs comme toi dans des pays, où les gens, ils peuvent pas se supporter, et donc, pour les protéger les uns les autres, on met un mur. Comme ça, on n'est pas obligé de régler le problème, mais au moins c'est la paix. On dit alors que c'est un "conflit gelé". C'est très pratique, un conflit gelé, parce que les gens, tu les laisse libres de se détester si ça les chante, mais simplement tu demandes qu'ils se tapent pas dessus, et qu'ils vivent chacun de leur côté. C'est là qu'on retrouve les gens qui ont gagné sur toi, parce qu'ils sont jamais très loin, tu sais. Une fois que le conflit est gelé, ils peuvent finalement venir et faire des affaires qui permettent à l'écosystème de bien se réguler tout seul de chaque côté de là où les gens peuvent pas se supporter.&nbsp;</span></span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br />Chez nous, là où tu nous coupais en deux à l'époque, les vrais murs sont maintenant aux frontières de ce qui s'appelle l'Union Européenne. Tu sais, c'est ce truc que les gens qui ont gagné sur toi ont créé pour que l'écosystème se régule mieux et tout seul, et qu'ils appellent souvent plus simplement "l'Europe": comme ça, ils rappellent bien que l'Europe, c'est seulement l'endroit des gens qui ont gagné sur toi, pas les autres endroits en Europe qui doivent encore faire des efforts pour rentrer "dans l'Europe" et être libres comme nous. Ces murs aux frontières de "l'Europe", ça nous protège des gens qui "n'ont pas notre mode de vie" que j'ai déjà évoqué, puisque depuis peu, on doit les surveiller nous mêmes, afin de rester bien libres entre gens irréconciliables, mais qui partagent le même mode de vie. <br /><br />Ces gens veulent venir chez nous parce que chez eux,&nbsp; ils trouvent que c'est tout pourri, que y'a pas d'argent, de sécu, de travail, et même parfois pas de PQ, même qui gratte, ni de radio pour écouter Michael Jackson. Et souvent la police sur place les tape et les torture pour un oui ou pour un non. Et personne ne dit rien solennellement, comme à l'époque contre le côté pas libre de toi, parce que pendant que la police tape et torture, les gens qui ont gagné sur toi gagnent aussi là bas, avec leur plates-forme pétrolière, où ils n'ont pas besoin de payer des taxes. Chez les gens irréconciliables aussi, il y en a certains qui ne disent rien si la police tape et torture là-bas, parce que cette frange des gens irréconciliables, elle pense que le pouvoir qui dit à la police de taper et de torturer, il résiste à l'impérialisme américain, et ça c'est une ligne rouge chez ces gens irréconciliables qui fait que justement c'est irréconciliable avec les autres qui ont aussi leurs lignes rouges. Mais je m'égare... Je voulais dire que les gens qui ne partagent pas notre mode de vie qui veulent venir chez nous parce que c'est mieux, ça veut dire quand même qu'en réalité, ils connaissent un peu notre mode de vie, puisqu'ils pensent que ce mode de vie est mieux que le leur. Ca veut dire qu'ils partagent un peu notre mode de vie, alors c'est bizarre de dire qu'ils le partagent pas. En fait, dire qu'ils ne partagent pas notre mode de vie, ça aussi, ça permet aux gens qui ont gagné sur toi de créer encore un mur invisible de plus. Ca fait encore que nous, on se concentre sur ceux qui ne partagent pas notre mode de vie, au lieu de nous concentrer sur ceux qui ont gagné sur toi. Comme ça, les gens qui ont gagné sur toi, ils restent au pouvoir, l'écosystème, il continue de se réguler tout seul, et nous on reste libre de tout ce que je t'ai raconté dans ce post.</span></span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Tous ces murs invisibles que les gens qui ont gagné sur toi mettent en place partout, ça fait que finalement, tu ne nous manque pas trop. Comme toi autrefois, tous ces petits murs organisent nos vies et donc c'est simple, finalement. C'est pour ça d'ailleurs que rien ne va changer, et que les gens qui ont gagné sur toi, ils vont toujours gagner sur tout. Parce que nous, comme les vopos qui te gardaient farouchement à  l'époque, on préfère garder farouchement tous les petits murs, invisibles ou non, qu'ils ont mis entre nous: parce qu'aujourd'hui, les murs qui nous séparent des autres, c'est souvent la  seule chose qui nous reste...</span></span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-kRLMqlQpOvE/XcbQ-0KHkzI/AAAAAAAAETQ/TsAhv-LrymsTuQ9QraW3uAK_MLWux96PwCLcBGAsYHQ/s1600/Hongrie.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="600" data-original-width="1000" height="240" src="https://1.bp.blogspot.com/-kRLMqlQpOvE/XcbQ-0KHkzI/AAAAAAAAETQ/TsAhv-LrymsTuQ9QraW3uAK_MLWux96PwCLcBGAsYHQ/s400/Hongrie.jpg" width="400" /></a></span></span></span></div><div style="text-align: center;"><br /><br /><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><i>Ce post spécial "le mur: 30 ans après" est aussi un petit clin d'oeil amical à <a href="https://www.facebook.com/jeanluc.florin.1" target="_blank">Jean-Luc Florin</a>, dont les  publications sur facebook se situent dans un esprit similaire à celui-ci, et dont la lecture est une délectation à chaque fois. </i></span></span></span></div><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span></div>
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Et toi, tu te souviens? Tu étais fier et droit. Imposant et minéral. Froid et ferme. Tu nous protégeais des méchants qui étaient de l'autre côté de toi, de chaque côté. Tu devais durer 100 ans, mais "ils" t'ont détruit, et plus rien n'est comme avant. Tu nous faisais peur, de part et d'autre de toi-même, mais tu organisais nos vies, et c'était simple.</span></span></span><br /><a name='more'></a></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-2ZMqmxx82sI/XcbQSbb39rI/AAAAAAAAETE/tGq1QhIYc9Qnq86KWNKZvnY7z3cyxKaMACLcBGAsYHQ/s1600/mauerleervor.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="1084" data-original-width="1488" height="291" src="https://1.bp.blogspot.com/-2ZMqmxx82sI/XcbQSbb39rI/AAAAAAAAETE/tGq1QhIYc9Qnq86KWNKZvnY7z3cyxKaMACLcBGAsYHQ/s400/mauerleervor.jpg" width="400" /></a></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Aujourd'hui, c'est beaucoup plus compliqué. Parce qu'on est libre, tu sais, et la liberté, c'est quelque chose de très compliqué. Enfin, d'ailleurs, c'est pas vraiment la liberté qu'on a depuis que tu n'es plus là. C'est un autre truc, mais très proche, et, il paraît, même mieux. Comment ils disent, déjà, ceux qui ont gagné sur toi? Ah oui, le libéralisme. Ca ressemble à la liberté. Il y a le mot "libre" dedans. Etymologiquement, c'est la même racine. Les gens qui ont gagné sur toi, ils disent souvent "moins d'égalité, plus de liberté", parce que la liberté, c'est sacré, et l'égalité, ça freine la liberté, parce qu'on ne peut pas être tous pareils, parce que si on est pareil, comme à l'époque d'un côté de toi, ça veut dire qu'on n'est pas libre !</span></span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Ceux qui ont gagné sur toi, il faut que je t'explique tout de suite qui c'est. C'était pas du tout les gens qui voulaient que tu tombes, parce qu'ils en avaient marre du PQ qui gratte et irrite les fesses, ou parce que tu les empêchais de voir Michael Jackson en concert. C'était pas non plus les gens qui voulaient juste t'enlever mais garder tout le système du boulot pour tout le monde, de l'école gratuite, de la sécurité sociale, </span></span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">d'une certaine solidarité, </span></span></span>des femmes qui pouvaient travailler pendant qu'on garde leur gamin, des gamins qu'elles avaient le droit de pas vouloir garder si elles tombaient enceinte, tout ça... Ces gens, ils voulaient juste améliorer en fait la vie derrière toi, en t'enlevant. Mais c'est pas eux qui ont gagné sur toi. Ceux qui ont gagné sur toi, c'est ceux qui ont attendu que tous ceux dont je viens de parler, ils mouillent leur chemise, qu'ils se fassent taper dessus par la méchante police du côté pas libre de toi, ou bien qu'ils se barrent en masse en passant par la Hongrie qui commençait à te démonter. </span></span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Comme ça, c'était plus simple, chacun a pris équitablement sa part du boulot. Et quand ceux qui ont mouillé leur chemise et pris des coups de matraque ont réussi à faire que tu tombes, ceux qui ont gagné sur toi, ils sont venus et ils ont dit: "le capitalisme a détruit le rideau de fer, le capitalisme l'a emporté sur le communisme!". Comme ils parlaient avec beaucoup d'emphase, qu'ils étaient bien habillés, et qu'on était tous bourrés sur la Place Venceslas ou sur Friedrichstrasse, tout le monde les a cru quand ils ont dit ça: ils ont alors pu venir avec leurs devises, <strike>liquider</strike> investir dans l'économie, apporter le bonheur, et vendre du PQ qui sent la rose citronée et caresse les fesses pendant que la radio elle passe Michael Jackson. </span></span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br />Du côté ex-pas libre de toi, beaucoup de gens ont perdu leur travail, ou aussi leurs repères. Parfois c'est même pire quand tu perds tes repères que quand tu perds ton travail, parce que tu ne sais plus qui tu es, d'où tu viens, où tu vas, pourquoi tu fais ça, etc. Mais les gens qui ont gagné sur toi ont dit que tout ça c'est pas grave parce qu'on ne peut pas arrêter la marche de l'histoire, et que maintenant les gens qui étaient pas libres sont libres, et ça, c'est le plus important, parce que pas être libre c'est terrible. Ils ont dit que les gens qui ont perdu leurs repères, ils doivent arrêter d'être perdus, de se plaindre tout le temps, et de dire que quand tu étais là, il y avait des choses bien quand même, parce que dire qu'il y avait des choses bien, ça veut dire qu'on est complice de Staline et des millions de morts qu'il a tué en masse, ou qu'on regrette la STASI, et ça, c'est pas bien du tout, parce que ça veut dire qu'on est pas prêt pour être libre. C'est pour ça que parfois, on dit que les gens qui étaient du côté pas libre de toi, ce sont des ploucs un peu retardés, et qu'ils ont pas d'expérience démocratique. C'est pour ça qu'ils arrivent pas bien à être libres...</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Mais aujourd'hui, on n'a pas tellement le temps de réfléchir à tout ça, si c'était bien ou pas avant, s'il aurait fallu faire autrement, et si les gens qui ont gagné sur toi, ils ont pas un peu exagéré leur rôle et s'ils ont pas merdé sur certains trucs... On n'a pas le temps de réfléchir, parce que tu sais, on est libre. Et être libre ça prend beaucoup de temps: par exemple, ça prend beaucoup de temps d'étudier si on prend plutôt un forfait 4G avec SMS illimités ou si on préfère la box qui te garantit la portabilité de ton ancien numéro avec lequel tu peux appeler tous les week-ends en illimité aussi. Ou alors, on doit bien réfléchir si on prend plutôt l'avion ou le TGV pour le week-end à Barcelone. Dans le premier, c'est très rapide mais on est entassé avec des pauvres, parce que l'avion, c'est devenu pas cher du tout. Les pauvres, ils sont sales, vulgaires et ils parlent fort. Dans le second, c'est rapide aussi, mais un peu moins quand même, mais tu peux voyager avec des gens comme ceux qui ont gagné sur toi, qui bossent sur leur laptop pendant tout le voyage, et c'est calme. Surtout si tu prends la liberté de choisir la première classe pour juste 10 euros de plus. Il y a aussi le bus, ça permet d'économiser une nuit d'hôtel parce que tu pars à Barcelone à 1h45 du matin et tu peux dormir dans le bus, mais tu voyages aussi avec des gens pauvres qui sentent la transpiration. <br /><br />Alors il faut bien étudier, comparer. Et puis il faut réfléchir si Prague, c'est quand même pas mieux que Barcelone. Et il faut bien réfléchir si c'est pas mieux le Air BnB à Poble Sec que dans le Barri Gotic, parce que c'est moins cher à Poble Sec. Le prix c'est toujours important, parce que la liberté, les gens qui ont gagné sur toi le disent souvent, c'est d'avoir toujours le meilleur prix. Ca dynamise tout un "écosystème" qui se régule lui-même, sans qu'on ait besoin d'agir dessus, comme ça, on a du temps libre pour d'autres choses, et on peut bien étudier les offres qui font vivre l'écosystème. C'est comme ça pour tout, il faut tout bien étudier et bien réfléchir: aussi pour l'électricité, le gaz, la complémentaire santé, l'écran plasma, l'enceinte blue-tooth... Aussi pour les études, il faut bien choisir ce qu'on veut faire, et il faut prendre une école qui est bien notée, de préférence privée, parce que quand c'est privé tu as la liberté de choisir. Comme on est libre de choisir, alors il faut prendre le temps de bien peser le pour et le contre de chaque chose. On est entrepreneur de notre vie, maintenant.&nbsp; C'est ça qui est compliqué, mais comme tu n'es plus là, on doit faire sans toi. </span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">En fait, il y a encore un peu des gens qui se battent pour une partie de ce que tu protégeais à l'époque, et qui était pas mal d'un côté de toi, si on fait abstraction de la police qui tape et torture, et du parti unique: la sécu, le travail, la solidarité, tout ça... Mais ces gens, excuse moi d'être vulgaire, ils sont surtout occupés à faire des concours de bites en ce moment: ils regardent qui bande le plus à gauche et qui a la plus grosse. A cause de ça, ils se disputent tout le temps, parce qu'ils n'arrivent pas à se mettre d'accord, il y a trop de choses qui les divisent, qu'ils disent, et que c'est irréconciliable, qu'ils disent aussi. Pourtant, quand tu regardes même distraitement, tu vois que oui, il y a 2-3 choses qui les divisent, mais qu'il y a aussi beaucoup de choses qui les rapprochent, mais eux, ils regardent surtout ce qui les rapproche pas, et comment l'autre qui est d'accord avec eux sur beaucoup de choses, il a quand même franchi des lignes rouges, et ça, la ligne rouge, c'est un truc qui fait que c'est irréconciliable. Ils pensent pas du tout non plus que les différences, c'est aussi une richesse, et que ça peut permettre de rassembler plus de monde si on arrive à se concentrer sur ce qui rapproche. Ca aussi c'est irréconciliable derrière la ligne rouge. Alors ils vont tous séparément se battre contre ceux qui ont gagné sur toi, et ça sert à rien, c'est ridicule, et ceux qui ont gagné sur toi, ils gagnent aussi sur eux, tout le temps. <br /><br />A cause de ça, on reste libre d'être apathique, dégoûté et cynique.</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Ca tombe bien, parce que depuis que tu n'es plus là, ceux qui ont gagné sur toi, ils ont inventé des trucs qui nous permettent d'être libres et en même temps apathiques, tout en étant libre de ne pas nous en rendre compte. Non, c'est pas la télé qui existait déjà quand tu étais là et disait de part et d'autre de toi ce qu'on devait penser! La télé existe toujours, mais aujourd'hui, c'est devenu tellement compliqué d'être libre de choisir dans le bouquet de 80 chaînes, et entre la microfibre et le satellite 5G, que c'est pas de ça que je veux te parler. Il y a un autre truc beaucoup plus puissant que la télé. Tiens, c'est marrant, au début, ça s'appelait un mur comme toi, mais aujourd'hui on dit "timeline", parce que ça vient des Etats-Unis, et aux Etats-Unis on parle anglais. Quand on utilise un mot anglais, ça veut de toute façon dire que c'est mieux, et qu'on est libre, puisque les Etats Unis, c'est le leader du monde libre par excellence.</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Et donc le mur inventé par ceux qui ont gagné sur toi, c'est un truc sur lequel on peut écrire, poster des photos, dire tout ce qu'on pense. C'est un truc où on peut vraiment tout dire, puisqu'on est libre, on peut même dire que les pédés sont des malades mentaux et que les juifs gouvernent le monde, même si c'est prouvé que c'est pas vrai, et que c'est pas gentil de dire pédé. C'est ça la liberté d'expression! Attention à ne pas interdire de dire des bêtises ou des choses pas gentilles, comme au temps où tu étais là, et que les gens d'un côté de toi n'avaient pas le droit de dire des choses, parce que sinon, ils allaient en prison, ou au Goulag. Les gens qui ont gagné sur toi disent que c'était terrible, le goulag, alors il faut laisser dire aux gens les choses, parce qu'en plus, ça génère du trafic, et plus il y a du trafic, plus l'algorithme, il s'agite, et les annonceurs sont contents (tu sais, les annonceurs font partie de l'écosystème qui se régule tout seul dont je te parlais plus haut. Il ne faut surtout pas perturber ces gens là, sinon les marchés ne sont plus rassurés, et ça, c'est très grave!). En plus, on peut récolter des "likes" et des commentaires et ça, ça fait aussi beaucoup de trafic. Comme ça, on devient un "influenceur", une sorte de personne plus libre que les autres, puisqu'elle les influence, et que les gens ils sont libres d'être influencés. <br /><br />Le mur/timeline c'est aussi un truc très pratique pour les gens qui ont gagné sur toi, parce que les utilisateurs du mur attendent les likes et les commentaires, et ils répondent. Ca prend du temps d'attendre les likes, les commentaires, puis de répondre. Tu peux pas lire un livre et attendre les likes et les commentaires, puis répondre! Et le like, c'est mieux qu'un salaire: le type qui a plein de like, il est tellement fier, parce que souvent, il a jamais eu un tel succès ailleurs! En tout cas, comme ça, les gens, ils sont occupés, et ils ne pensent pas à poser des questions qui dérangent aux gens qui ont gagné sur toi, et encore moins à descendre dans la rue ou à bloquer des usines, parce que les gens qui ont gagné sur toi, ils sont en train de terminer de ce côté le boulot commencé du côté ex-pas libre de toi quand tu es tombé. Mais heureusement, les gens n'ont pas besoin de bloquer les usines ou de faire la grève puisqu'ils ont la liberté de poster sur le mur qu'il y a une manifestation au Chili ou que même, il suffit de mettre une photo avec "grève" écrit dessus sur le mur et de rien publier pendant une heure. Et sur le mur, les gens ont le droit de dire que les gens qui ont gagné sur toi sont très méchants et qu'il faut faire quelque chose contre eux. Quand c'est posté, les autres ont la liberté de liker et de dire que c'est vrai, que ça peut plus durer, que faut vraiment faire quelque chose, que l'apathie c'est plus possible, et comme ça, ça fait le boulot. Ca économise de devoir mouiller sa chemise, de se faire taper, comme les gens qui voulaient t'enlever et juste améliorer le système que tu protégeais, dont je parlais plus haut. </span></span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Pour finir sur le mur qui s'appelle timeline, comme tout le monde est libre de dire ce qu'il pense et de montrer tout ce qu'il fait, tout le monde est libre de savoir tout sur tout le monde. Fini les cachotteries et les petits secrets, de toute façon, si on n'a rien à se reprocher on n'a rien à cacher, c'est ça qui est formidable, quand on est libre! Comme ça, on peut tous se surveiller et vérifier que chacun reste bien libre de tout dire et tout montrer. On peut même savoir si la personne a regardé ou pas le message qu'on lui a envoyé en inbox, une espèce de boîte derrière le mur: comme ça, si elle l'a vu, mais qu'elle répond pas, on peut la <strike>harceler</strike> relancer, ou déduire que c'est vraiment un(e) sale con(e), alors qu'il/elle avait la liberté d'avoir la politesse de nous répondre, puisqu'il/elle savait qu'on verrait qu'il/elle a vu. Grâce à ça, on est aussi libre d'être viré de son boulot si on a pris la liberté d'écrire sur le mur que notre patron est un gros con. On est aussi libre d'avoir une fiche S qui donne la liberté d'avoir plein d'ennuis avec la police, si par exemple dans un moment de colère qu'on a été libre de ressentir, on a été libre d'avoir écrit sur le mur que les gens qui ont gagné sur toi sont tellement arrogants qu'ils font parfois regretter la Bande à Baader ou la guillotine.&nbsp;</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">D'ailleurs, depuis que tu n'es plus là, on est libre d'être mieux surveillé partout et tout le temps. Le téléphone portable qu'on est libre d'être obligé de posséder pour le travail ou pour plein de choses pratiques, non seulement il nous donne la liberté de pouvoir être joint partout et tout le temps, mais aussi il nous écoute. Comme ça, il peut nous proposer des offres bien ciblées, et on ne perdra pas le temps avec des offres pas ciblées. Comme ça on restera libre de pouvoir bien prendre le temps d'étudier les offres ciblées pour nous, et l'écosystème, il pourra continuer à se réguler tout seul, et les marchés, ils seront rassurés.</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Grâce à ça, la police elle est aussi libre de savoir plus facilement ce qu'on est libre de penser, surtout si on est contre les gens qui ont gagné sur toi, et qu'on connaît d'autres gens qui sont contre eux, et qui mouillent leur chemise pour de vrai dans des grèves ou des blocages, et qui se font taper par la police. C'est rigolo, les gens qui ont gagné sur toi ont quand même beaucoup pris des choses du temps où tu étais là, et du côté pas libre de toi, par exemple les caméras de surveillance partout, les fiches S dont j'ai parlé qui ressemblent un petit peu aux dossiers de la STASI, les informateurs qui sont libres de dénoncer les gens "qui partagent pas notre mode de vie"...En plus, ils ont amélioré les choses, comme par exemple la reconnaissance faciale ou le projet de nous donner la liberté de ne plus être anonyme sur les timelines. Tout ça nous rappelle un peu le temps où tu étais là. <br /><br />D'ailleurs, ça commence à ressembler au temps ou d'un côté de toi, les gens se faisaient arrêter, taper ou torturer par la police. Les gens qui ont gagné sur toi ont inventé plein d'armes, que, si les gens qui te gardaient à l'époque les avaient eu, peut-être que tu serais encore là. Quoique, à l'époque, les gens qui ont gagné sur toi, avant de gagner, ils protestaient solennellement quand la police, du côté de toi où ça tapait sur les gens, elle tapait trop fort, ou qu'il y avait des morts, ou des gens en prison. Du coup, la police du côté de toi où elle tapait et torturait, elle devait quand même pas aller trop loin, à cause de l'image. Ou alors, il fallait le faire discrètement. Aujourd'hui, c'est fini, les gens qui ont gagné sur toi, personne ne leur dit quand ça va trop loin et qu'il y a des morts ou des gens en prison, parce qu'ils n'ont pas de leçons à recevoir, puisqu'ils ont gagné sur le côté de toi où les gens n'étaient pas libres, et que maintenant les gens sont libres, et que donc on peut pas mettre tout sur le même plan.</span></span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">D'ailleurs, c'est marrant, les murs n'ont pas disparu avec les gens qui ont gagné sur toi. Ca aussi, c'est un truc compliqué dans la liberté libérale avec son écosystème qui se régule tout seul. Il y a plein de murs partout, mais on ne les voit pas. Ce sont des murs invisibles que les gens qui ont gagné sur toi ont mis un peu partout: des trucs comme les diplômes, la rémunération, le niveau culturel, le quartier, les cotations boursières, et plein d'autres choses encore. Comme ça, ça leur permet de rester entre eux, et de continuer à faire leurs petites affaires. Mais ça ne suffit pas, ils mettent aussi des murs entre nous qui ne sommes pas comme eux, comme ça, on devient jaloux du mec qui est derrière notre mur, parce que les gens qui ont gagné sur toi disent que ce mec, il fout rien et qu'il reçoit du fric, alors que nous on se lève tôt et on bosse pour une misère... Comme ça, on devient tous irréconciliables, nous aussi.</span></span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Et pour finir, ils mettent quand même des vrais murs, comme toi, si besoin. Ca nous rappelle le bon vieux temps. Il y en a dans beaucoup d'endroits dans le monde, et la liste serait très longue à énumérer. Il faut être juste et honnête, c'est pas toujours les gens qui ont gagné sur toi qui les mettent, comme en Corée du Nord, où c'est des gens qui revendiquent aussi un côté pas libre, comme toi à l'époque, qui gardent le mur. Il y a aussi des vrais murs comme toi dans des pays, où les gens, ils peuvent pas se supporter, et donc, pour les protéger les uns les autres, on met un mur. Comme ça, on n'est pas obligé de régler le problème, mais au moins c'est la paix. On dit alors que c'est un "conflit gelé". C'est très pratique, un conflit gelé, parce que les gens, tu les laisse libres de se détester si ça les chante, mais simplement tu demandes qu'ils se tapent pas dessus, et qu'ils vivent chacun de leur côté. C'est là qu'on retrouve les gens qui ont gagné sur toi, parce qu'ils sont jamais très loin, tu sais. Une fois que le conflit est gelé, ils peuvent finalement venir et faire des affaires qui permettent à l'écosystème de bien se réguler tout seul de chaque côté de là où les gens peuvent pas se supporter.&nbsp;</span></span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br />Chez nous, là où tu nous coupais en deux à l'époque, les vrais murs sont maintenant aux frontières de ce qui s'appelle l'Union Européenne. Tu sais, c'est ce truc que les gens qui ont gagné sur toi ont créé pour que l'écosystème se régule mieux et tout seul, et qu'ils appellent souvent plus simplement "l'Europe": comme ça, ils rappellent bien que l'Europe, c'est seulement l'endroit des gens qui ont gagné sur toi, pas les autres endroits en Europe qui doivent encore faire des efforts pour rentrer "dans l'Europe" et être libres comme nous. Ces murs aux frontières de "l'Europe", ça nous protège des gens qui "n'ont pas notre mode de vie" que j'ai déjà évoqué, puisque depuis peu, on doit les surveiller nous mêmes, afin de rester bien libres entre gens irréconciliables, mais qui partagent le même mode de vie. <br /><br />Ces gens veulent venir chez nous parce que chez eux,&nbsp; ils trouvent que c'est tout pourri, que y'a pas d'argent, de sécu, de travail, et même parfois pas de PQ, même qui gratte, ni de radio pour écouter Michael Jackson. Et souvent la police sur place les tape et les torture pour un oui ou pour un non. Et personne ne dit rien solennellement, comme à l'époque contre le côté pas libre de toi, parce que pendant que la police tape et torture, les gens qui ont gagné sur toi gagnent aussi là bas, avec leur plates-forme pétrolière, où ils n'ont pas besoin de payer des taxes. Chez les gens irréconciliables aussi, il y en a certains qui ne disent rien si la police tape et torture là-bas, parce que cette frange des gens irréconciliables, elle pense que le pouvoir qui dit à la police de taper et de torturer, il résiste à l'impérialisme américain, et ça c'est une ligne rouge chez ces gens irréconciliables qui fait que justement c'est irréconciliable avec les autres qui ont aussi leurs lignes rouges. Mais je m'égare... Je voulais dire que les gens qui ne partagent pas notre mode de vie qui veulent venir chez nous parce que c'est mieux, ça veut dire quand même qu'en réalité, ils connaissent un peu notre mode de vie, puisqu'ils pensent que ce mode de vie est mieux que le leur. Ca veut dire qu'ils partagent un peu notre mode de vie, alors c'est bizarre de dire qu'ils le partagent pas. En fait, dire qu'ils ne partagent pas notre mode de vie, ça aussi, ça permet aux gens qui ont gagné sur toi de créer encore un mur invisible de plus. Ca fait encore que nous, on se concentre sur ceux qui ne partagent pas notre mode de vie, au lieu de nous concentrer sur ceux qui ont gagné sur toi. Comme ça, les gens qui ont gagné sur toi, ils restent au pouvoir, l'écosystème, il continue de se réguler tout seul, et nous on reste libre de tout ce que je t'ai raconté dans ce post.</span></span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Tous ces murs invisibles que les gens qui ont gagné sur toi mettent en place partout, ça fait que finalement, tu ne nous manque pas trop. Comme toi autrefois, tous ces petits murs organisent nos vies et donc c'est simple, finalement. C'est pour ça d'ailleurs que rien ne va changer, et que les gens qui ont gagné sur toi, ils vont toujours gagner sur tout. Parce que nous, comme les vopos qui te gardaient farouchement à  l'époque, on préfère garder farouchement tous les petits murs, invisibles ou non, qu'ils ont mis entre nous: parce qu'aujourd'hui, les murs qui nous séparent des autres, c'est souvent la  seule chose qui nous reste...</span></span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-kRLMqlQpOvE/XcbQ-0KHkzI/AAAAAAAAETQ/TsAhv-LrymsTuQ9QraW3uAK_MLWux96PwCLcBGAsYHQ/s1600/Hongrie.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="600" data-original-width="1000" height="240" src="https://1.bp.blogspot.com/-kRLMqlQpOvE/XcbQ-0KHkzI/AAAAAAAAETQ/TsAhv-LrymsTuQ9QraW3uAK_MLWux96PwCLcBGAsYHQ/s400/Hongrie.jpg" width="400" /></a></span></span></span></div><div style="text-align: center;"><br /><br /><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><i>Ce post spécial "le mur: 30 ans après" est aussi un petit clin d'oeil amical à <a href="https://www.facebook.com/jeanluc.florin.1" target="_blank">Jean-Luc Florin</a>, dont les  publications sur facebook se situent dans un esprit similaire à celui-ci, et dont la lecture est une délectation à chaque fois. </i></span></span></span></div><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span></div>
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                    [title] => LE HERISSON HERETIQUE
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                    [atom_content] => <div class="separator" style="clear: both; text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-QZgUwpFFDJ8/XaN6QOfN8PI/AAAAAAAAEP8/6D1PcAOEzNQSGnR9WvDCbG3LuEQlcE10wCLcBGAsYHQ/s1600/Jezeva%2BKucica%2B%25281%2529.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="397" data-original-width="620" height="204" src="https://1.bp.blogspot.com/-QZgUwpFFDJ8/XaN6QOfN8PI/AAAAAAAAEP8/6D1PcAOEzNQSGnR9WvDCbG3LuEQlcE10wCLcBGAsYHQ/s320/Jezeva%2BKucica%2B%25281%2529.jpg" width="320" /></a></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Il y a 70 ans, en 1949, sortait en Yougoslavie "Ježeva Kučica", livre culte de l'écrivain <span style="color: #e06666;"><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Branko_%C4%86opi%C4%87" target="_blank">Branko Copic</a></span> (prononcer respectivement "Yèjèva Koutchitsa" et "Brann'ko Tchiopitch"). <br /><br />"La petite maison du hérisson" est une fable morale pour enfants, écrite en vers dans un style entre poésie épique et légende populaire.</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">L'histoire conte un épisode de la vie de Ježurka Ježić (prononcer Yèjourka Yèjitch), hérisson flegmatique, vivant modestement dans sa tanière au coeur de la forêt, une tanière que, pour rien au monde, il ne quitterait. Hérisson se dit jež en serbo-croate (prononcer yèj), et le nom du héros est donc une construction, intraduisible, autour de ce mot racine (on pourrait tenter un "Héri Le Hérissonnet").</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">L'intrigue commence avec la lettre que le lapin-facteur apporte à Ježurka, une lettre envoyée par la "renarde" (lisica, prononcer "lissitsa", "renard" en serbo-croate, est un mot féminin dans cette langue), qui l'invite à déjeuner chez elle. Invitation acceptée sur le champ par notre hérisson. Les deux personnages s'échangent de nombreuses politesses et bons mots, et font bonne chère. </span></span></span><br /><a name='more'></a></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-H9GxW3jfJPM/XaOCladI6mI/AAAAAAAAER0/jSUU_APqbQYvB3xsl6tSosaaP5Vllg2FACLcBGAsYHQ/s1600/Jez%2Bi%2Blija.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="203" data-original-width="300" height="270" src="https://1.bp.blogspot.com/-H9GxW3jfJPM/XaOCladI6mI/AAAAAAAAER0/jSUU_APqbQYvB3xsl6tSosaaP5Vllg2FACLcBGAsYHQ/s400/Jez%2Bi%2Blija.jpg" width="400" />&nbsp;</a></span></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><br /></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-mC8wsVO0_wU/XaN7Fby2cYI/AAAAAAAAEQI/SVUMvlo11n0g14vJG5sGQam3BLELR4E9gCLcBGAsYHQ/s1600/Jezeva%2BKucica%2B%25282%2529.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="438" data-original-width="620" height="282" src="https://1.bp.blogspot.com/-mC8wsVO0_wU/XaN7Fby2cYI/AAAAAAAAEQI/SVUMvlo11n0g14vJG5sGQam3BLELR4E9gCLcBGAsYHQ/s400/Jezeva%2BKucica%2B%25282%2529.jpg" width="400" /></a></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Vient la nuit et le hérisson se lève pour repartir, quand la renarde lui propose de rester dormir. Refus de Ježurka qui, droit dans ses bottes, insiste de rentrer chez lui, expliquant que rien n'est plus agréable que sa maison, qu'il a hâte de retrouver. Et le hérisson de repartir en pleine nuit, sous la lune brillante qui lui sert de lumière, pour regagner sa demeure. </span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-27UpNLkAt2c/XaN7t_0lFBI/AAAAAAAAEQQ/wfmVe8DMmF4mIo-ZL4BsXUeAfXLAmZQDACLcBGAsYHQ/s1600/Jezeva%2BKucica%2B5.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="279" data-original-width="397" height="224" src="https://1.bp.blogspot.com/-27UpNLkAt2c/XaN7t_0lFBI/AAAAAAAAEQQ/wfmVe8DMmF4mIo-ZL4BsXUeAfXLAmZQDACLcBGAsYHQ/s320/Jezeva%2BKucica%2B5.jpg" width="320" /></a></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-1gqWEw3hWWU/XaN8svZlXRI/AAAAAAAAEQw/_HgCw3GjevEqS3eVeWSle39b_2GjqyT8gCLcBGAsYHQ/s1600/jezevkucica7.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="272" data-original-width="403" height="215" src="https://1.bp.blogspot.com/-1gqWEw3hWWU/XaN8svZlXRI/AAAAAAAAEQw/_HgCw3GjevEqS3eVeWSle39b_2GjqyT8gCLcBGAsYHQ/s320/jezevkucica7.jpg" width="320" /></a></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Intriguée, la renarde se demande que peut bien avoir de si extraordinaire une telle maison, pour que son hôte ait absolument envie d'y retourner en pleine nuit. Sans doute une maison très belle et très riche, se dit-elle, et la renarde de s'élancer à la suite du hérisson, pour voir de plus près sa maison. En chemin, elle croise successivement trois autres figures de la forêt, le loup, l'ours et le sanglier. Ceux-là ne pensent qu'à manger vite et bien, et à une maison préfèrent un bon gueuleton. Ils n'ont que sarcasmes envers ce hérisson stupide, qui préfère un chez-soi à un repas solide. </span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-NhaYLwhGrnk/XaN8AJtBkRI/AAAAAAAAEQY/DdVlZtfRDEI0rK5V4-Cpcoi5-UuJGbkCACLcBGAsYHQ/s1600/JK%2B6.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="360" data-original-width="480" height="300" src="https://1.bp.blogspot.com/-NhaYLwhGrnk/XaN8AJtBkRI/AAAAAAAAEQY/DdVlZtfRDEI0rK5V4-Cpcoi5-UuJGbkCACLcBGAsYHQ/s400/JK%2B6.jpg" width="400" /></a></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Ils décident toutefois de suivre la renarde, pour voir à quoi peut bien ressembler cette maison, mais davantage pour se payer la tête de ce hérisson qui semble passer à côté des bonnes choses de la vie. Le quatuor arrive donc chez Ježurka Ježić. Surprise, la maison est fruste, pauvre, et prend l'eau. Et la petite bande, de ricaner sur le sort du hérisson. Mais ce dernier, sans se départir, explique alors que, peu importe le cadre et l'état du logis, il s'y sent heureux, libre et à l'abri.</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-4YNRKDA4Bkw/XaN8MPGgMjI/AAAAAAAAEQg/WbBneHmlbmUku29pohLbSSzPNuwZaoLcgCLcBGAsYHQ/s1600/Jezeva%2BKucica%2B4.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="453" data-original-width="656" height="220" src="https://1.bp.blogspot.com/-4YNRKDA4Bkw/XaN8MPGgMjI/AAAAAAAAEQg/WbBneHmlbmUku29pohLbSSzPNuwZaoLcgCLcBGAsYHQ/s320/Jezeva%2BKucica%2B4.jpg" width="320" /></a></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">La renarde, qui, comme dans d'autres cultures, est intelligente et rusée, reconnaît que le hérisson a raison, sans convaincre les trois autres, à qui Ćopić prédit une fin tragique: préférant leur gourmandise insatiable à la recherche d'un foyer protecteur, le loup sera traqué sans relâche par les villageois, l'ours mourra de trop de piqûres d'abeille, et le sanglier finira abattu par les chasseurs.</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-iSdn3lJWC5o/XaN8JO1Sb1I/AAAAAAAAEQc/71jqDwSd77Yap56G5rsPPoRVKRVmEwD-QCEwYBhgL/s1600/Jezeva%2BKucica%2B%25283%2529.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="411" data-original-width="620" height="212" src="https://1.bp.blogspot.com/-iSdn3lJWC5o/XaN8JO1Sb1I/AAAAAAAAEQc/71jqDwSd77Yap56G5rsPPoRVKRVmEwD-QCEwYBhgL/s320/Jezeva%2BKucica%2B%25283%2529.jpg" width="320" /></a></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">La morale de l'histoire, chacun l'aura deviné, c'est qu'il faut vivre modestement et se contenter de peu, que la gourmandise, et sa cousine, la cupidité, mènent l'humain à sa perte, et qu'enfin, il faut aimer son foyer comme il est, le foyer étant ici le pays, la Yougoslavie. Cette dernière, appauvrie et dévastée par la guerre, est, en 1949, en pleine reconstruction. Le régime est, par ailleurs, engagé dans une grande opération de confiscation des biens de la bourgeoisie, ainsi que de collectivisation de l'agriculture. Il n'est pas exclu que les trois animaux obsédés par leur gourmandise symbolisent à la fois la bourgeoisie cupide et le monde paysan, ce dernier étant accusé de réactionnarisme et d'égoïsme, en raison de sa résistance à la collectivisation, mais aussi aux "réquisitions" forcées de bétail, de lait ou de farine, opérées par les cadres locaux du parti (et pas toujours suivies de la redistribution promise dans la communauté...). A l'opposé, la renarde incarne le nouveau citoyen yougoslave qui se convertit au socialisme, après observation attentive et constat de ses bienfaits, sans compter qu'il s'agit d'un personnage féminin: c'est aussi la femme, intelligente, travailleuse et pragmatique, dans la symbolique du nouveau pouvoir, qui est ici décrite, celle qui a compris les qualités du nouveau système, et pourra fonder un beau foyer socialiste! </span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Le hérisson, enfin, droit dans ses bottes en matière de principes, et jaloux de sa liberté, symbolise probablement la voie à part qui se dessine en Yougoslavie, alors qu'un an avant, Tito rompait avec Staline. </span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-NoBq0pMjFNc/XaN-QOKwf3I/AAAAAAAAEQ8/aUAIvzxQrkc-Nzuapyol2y225Ltl_IqSACLcBGAsYHQ/s1600/Branko%2BCopic%2Bmlad.JPG" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="1600" data-original-width="1093" height="400" src="https://1.bp.blogspot.com/-NoBq0pMjFNc/XaN-QOKwf3I/AAAAAAAAEQ8/aUAIvzxQrkc-Nzuapyol2y225Ltl_IqSACLcBGAsYHQ/s400/Branko%2BCopic%2Bmlad.JPG" width="272" /></a></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Branko Ćopić est alors un yougoslaviste et un socialiste convaincu. Sa famille, des Serbes de Bosnie-Herzégovine, a payé un lourd tribut durant la IIe Guerre Mondiale : son frère et sa soeur y sont morts au combat. Lui-même a, dès 1941, rejoint les Partisans. Ces derniers, sensibles à ses talents d'écriture, le nommeront correspondant de guerre pour la journal "Borba" ("Combat"). </span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">L'oeuvre est donc au diapason des préoccupations du régime d'alors, mais cet aspect, que certains esprits chagrins qualifieront de "propagandiste", n'enlève rien à sa beauté poétique, à sa manière de faire sonner la langue, et à la douce pulsation de sa narration en vers, évoquant l'agitation invisible mais fébrile de la forêt et du monde animal qui y évolue (le texte <a href="https://www.6yka.com/novosti/branko-copic-jezeva-kucica" target="_blank">ici</a>, en serbo-croate)...<br />Et puis, la philosophie de la fable (vivre modestement et librement en cultivant son indépendance), n'est pas en soi contestable, et peut de toute façon frayer avec plusieurs orientations idéologiques, qui y verront chacune midi à leur porte: de la gauche anticapitaliste à l'écologie décroissante, de la démocratie chrétienne se voulant "sociale-libérale" et bonne gestionnaire, à la droite paternaliste et austéritaire appelant à faire des efforts...</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">L'oeuvre puise aussi dans certains éléments de la culture et du  mysticisme slaves, comme, par exemple, l'amour et le culte du foyer:  chez les Slaves, davantage que dans d'autres cultures européennes, la  maison n'est pas seulement le lieu où l'on habite, c'est aussi et avant  tout un espace protecteur, chaleureux, à l'abri des tumultes du monde,  qui obéit à ses propres règles, et que chacun doit préserver et  cultiver. Dans les anciennes croyances, la maison avait même ses esprits, qu'il fallait se garder de fâcher. Quant à la nature et au monde animal, au coeur du récit de  Branko Ćopić, les anciens Slaves les percevaient comme un univers mystique possédant ses propres forces et énergies, un univers tantôt mystérieux voire effrayant, tantôt bienveillant et complice, avec qui il fallait savoir cohabiter en bonne intelligence. Ces croyances ont survécu dans l'inconscient collectif, et il est intéressant de relever ici que les différents régimes communistes, désireux de créer un "homme nouveau", loin de combattre ces croyances et "archaïsmes", les ont au contraire cultivés. En Yougoslavie, la "folkloristika" (étude des arts et traditions populaires) était par exemple un domaine de recherche encouragé. L'idée, non dénuée de pragmatisme, mais aussi d'ambiguïtés, était que le chemin vers "l'homme nouveau" serait progressif, et que ce processus se devait de respecter la sagesse du peuple, fusse-t-elle emprunte d'archaïsmes. Par ailleurs, cette bienveillance envers les traditions et le folklore permettait de cultiver l'identité nationale, qui, dans le cas de la Yougoslavie, s'inspirait du "panslavisme". De fait, puiser dans un référentiel traditionnel n'était pas répréhensible, au contraire, c'était une manière de rapprocher l'intelligentsia et le peuple.</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">"Ježeva Kučica" a bercé des générations de petits Yougoslaves. L'ouvrage figurait au programme de l'Ecole Primaire. Pour l'écrivain <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Miljenko_Jergovi%C4%87" target="_blank">Miljenko Jergovic</a>, Ježurka Ježić a été le premier compagnon imaginaire de beaucoup d'enfants, et leur premier contact avec la poésie et la littérature.</span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><br /></span><br /><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/bTmvMHmwh4A" width="560"></iframe></span></div></div><div style="text-align: justify;"><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><i><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Une version chantée du poème de Branko </span></span></i><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Ćopić avec le texte.</i></span></span></span></span></span></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Le culte autour de cette oeuvre, qui perdure jusqu'à aujourd'hui, a véritablement démarré en 1957, lorsqu'une nouvelle édition de l'ouvrage est illustrée par le peintre croate Vilko Gliha Selan. Inspirées par l'art naïf et populaire, ainsi que par une certaine esthétique que l'on retrouve chez d'autres imagiers d'Europe Centrale et Orientale (je pense en particulier au Tchèque <a href="http://www.tresbohemes.com/2017/06/jiri-trnka-and-the-czech-year-aka-spalicek/" target="_blank">Jiri Trnka</a>), ces illustrations magnifiques nous transportent dans un imaginaire sensible et rustique dont la magie opère immédiatement. J'en ai repris la plupart pour illustrer ce post.</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Maîtrisant son art jusque dans ses plus profondes subtilités, le peintre a entre autres recouru à une gamme de couleurs restreintes, mais fortes, celles que l'oeil de l'enfant perçoit le mieux, ce qui donne à l'ensemble cette tonalité chromatique particulière qui renforce le pouvoir poétique de l'ensemble. De fait, même si d'autres éditions paraîtront, y compris récemment, avec d'autres illustrateurs, rien n'égalera ni ne dépassera les peintures de Vilko Gliha Selan, définitivement et exclusivement associées à la fable de Branko Ćopić.</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-jM6041s_wDw/XaOCJNr5-oI/AAAAAAAAERk/_19M3OK8jro85vLmdvjPJqennDD6GVMvQCLcBGAsYHQ/s1600/nada-iveljic-sestinski-kisobran-ilustracije-vilko-gliha-selan-slika-28574193.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="463" data-original-width="330" height="400" src="https://1.bp.blogspot.com/-jM6041s_wDw/XaOCJNr5-oI/AAAAAAAAERk/_19M3OK8jro85vLmdvjPJqennDD6GVMvQCLcBGAsYHQ/s400/nada-iveljic-sestinski-kisobran-ilustracije-vilko-gliha-selan-slika-28574193.jpg" width="285" /></a></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-xdEJ4YovT44/XaOCOf5hSnI/AAAAAAAAERo/6uxUkQ21KV0xybPpHY1NWxhvzNyHGjSewCLcBGAsYHQ/s1600/Vilka%2BSelan.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="1600" data-original-width="1136" height="400" src="https://1.bp.blogspot.com/-xdEJ4YovT44/XaOCOf5hSnI/AAAAAAAAERo/6uxUkQ21KV0xybPpHY1NWxhvzNyHGjSewCLcBGAsYHQ/s400/Vilka%2BSelan.jpg" width="283" /></a></span></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Autres illustrations de Vilko Gliha Selan.</i></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Le texte fera l'objet de plusieurs livre-disques pour enfants, ainsi que d'adaptations au théâtre ou au cinéma. La récente version en film d'animation (2017), dans une coproduction croato-canadienne, <span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption">tournée par la réalisatrice d'origine bosnienne Eva Cvijanović, parvient esthétiquement à rivaliser avec les illustrations de Vilko Gliha Selan, sans toutefois selon moi les rattraper. Mais la réalisatrice a fait un beau travail, mieux en tout cas que certaines autres illustrations, entre la BD franco-belge et la touche Walt Disney, qui sont quasiment une insulte à l'oeuvre de Gliha Selan, laquelle, à mon sens, a bien vieilli, et suscite une émotion intacte.</span></span></span></span></span><br /><br /><div style="text-align: center;"><div style="padding: 56.25% 0 0 0; position: relative;"><iframe allow="autoplay; fullscreen" allowfullscreen="" frameborder="0" src="https://player.vimeo.com/video/305564592" style="height: 100%; left: 0; position: absolute; top: 0; width: 100%;"></iframe></div><script src="https://player.vimeo.com/api/player.js"></script><i><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption">Le film d'</span></span></span></span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption">Eva Cvijanović</span></span></span></span></span></span></span></span></span></i><br /><script src="https://player.vimeo.com/api/player.js"></script><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption"><br /></span></span></span></span></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption">Loin de ces mondes imaginaires et de leurs oniriques échappées, la politique la plus politicienne rattrapera le petit hérisson flegmatique et têtu, lorsqu'une autre forme de gourmandise, celle du nationalisme, viendra détruire la maison yougoslave qui déjà prenait l'eau. Le tort de Ježurka Ježić sera que son géniteur était serbe, et, dans la Croatie fraîchement indépendante, &eci